voix

  • Voix / Voz

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    Un beau visage est le plus beau de tous les spectacles ; et l'harmonie la plus douce est le son de voix de celle que l'on aime. “

    Jean de La Bruyère



    Pourquoi diable cette citation aujourd’hui penserez vous avec raison.
    Et bien, vous me connaissez un peu, pour introduire ce court poème
    d’Alejandra Pizarnik.

     

    Présence
    ta voix
    là où les choses ne peuvent s’extraire
    de mon regard
    elles me dépouillent
    font de moi une barque sur un fleuve de pierres
    si ce n’est ta voix
    pluie seule dans mon silence de fièvres
    tu me détaches les yeux
    et s’il te plaît
    que tu me parles
    toujours

     

    (traduction Silvia Baron Supervielle)

     

                               Paul Klee, harmonie des couleurs.

     

     

    Presencia - Pizarnik

     

     

    tu voz

    en este no poder salirse las cosas

    de mi mirada

    ellas me desposeen

    hacen de mí un barco sobre un río de piedras

    si no es tu voz

    lluvia sola en mi silencio de fiebres

    tú me desatas los ojos

    y por favor

    que me hables

    siempre

  • Bateau / Barco

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    Lisière, un site dont nous avons déjà parlé ici. Vous vous en souvenez ? Des Kinépoèmes.

     

    ¿Os acordáis de los Kinépoèmes en Lisière ?

    Esta vez, el autor del sitio web me pidió que grabará, susurrando, una frase de un

     poema de Alejandra Pizarnik. Parecía fácil...pero sude y me reí mucho.

    Podéis encontrar todo aquí.

     

    Cette fois l’auteur, Deylan Caylon, m’a demandé d’enregistrer une phrase - en 

    espagnol - d’Alejandra Pizarnik, ceci en chuchotant. Il m’avait prévenue “ c’est plus

     compliqué qu’il n'y paraît“.

    En effet, oh là, là, après moultes essais, pas mal de gouttes de sueur, de fous 

    rires aussi...c’est fini.(mon pseudo est Colo)

     

                                        (c'est plus beau en écran complet - es más bonito en plena pantalla)

     

    Vous trouverez l’ensemble sur son site, mais voilà ce qu’il écrit au-dessous du montage:

     

    Poème en mouvement réalisé par Deylan Caylon inspiré par un texte de Alejandra Pizarnik et

    une musique d’Arcangelo Corelli.

    Alejandra Pizarnik a partagé sa courte vie entre l’Argentine et Paris où elle croisa notamment Octavio Paz et Julio Cortázar. Écrivain, journaliste, poétesse, les mots étaient pour elle comme l’air qu’elle respirait.

    Deylan a choisi ce texte pour faire contrepoint (contre-pied ?) à celui d’Italo Calvino dans « Écume ». C’est pourquoi il a repris le troisième mouvement du Concerto Grosso op6 n°1 d’Arcangelo Corelli, mais dans une interprétation toute différente.

    Les mots ont emprunté la voix de Brigitte Bardou (elle-même auteure de poèmes et de pièces de théâtre) et de Colo (passionnée de culture hispanique et latino-américaine).

     

  • Une main amicale / Una mano amiga

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    Du seuil d’un rêve on m'appela…
    C’était la bonne voix, la voix aimée.
    — Dis-moi: viendras-tu avec moi visiter l’âme?…

    À mon cœur parvint une caresse.
    Avec toi, toujours… Et dans mon rêve j’avançai
    par une galerie longue et nue,
    sentant m’effleurer la robe pure,
    doucement palpiter la main amicale.
    (Trad: Colette)
    Antonio Machado

    Desde el umbral de un sueño me llamaron...
    Era la buena voz, la voz querida.
    -Dime: ¿vendrás conmigo a ver el alma?...
    Llego a mi corazón una caricia.
    -Contigo siempre...Y avancé en mi sueño
    por una larga, escueta galería
    sintiendo el roce de la veste pura
    y el palpitar suave de la mano amiga.
     
    Antonio Machado
     
     
     
     
    Luís Enrique Gómez (Cuba)

     

     
  • La voix de la fée / La voz del hada

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    Paul-Gauguin-Fatata-Te-Miti-.jpg

    Pour commencer l’année, deux courts  poèmes de l’ Iranienne Forough Farrokhzad

    Para empezar el año, dos poemas cortos de la iraní Forough Farrokhzad

     

     

    Moi
    Je connais une petite fée triste
    Qui demeure dans un océan
    Et joue son coeur dans un pipeau de bois
    Doucement doucement
    Une petite fée triste
    Qui la nuit venue d'un baiser meurt
    Et à l'aube d'un baiser renaît.

     

    Yo

    Conozco una pequeña hada triste

    Que vive en un océano

    Y toca su corazón en una flauta de madera

    Suavemente suavemente

    Una pequeña hada triste

    Quien, venida la noche, de un beso muere

    Y al alba de un beso resucita. (trad Colette)


    Forough Farrokhzad (poète iranienne 1935-1967)

    `

    Tanha sedast ke mimanad - Il n’y a que la voix qui reste- Sólo queda la voz

     

    La voix, la voix, seulement la voix

    La voix du désir de l’eau de couler

    La voix de l’écoulement de la lumière sur la féminité de la terre

    La voix de la formation d’un embryon de sens...

     

    La voz, la voz, sólo la voz

    La voz del deseo de correr del agua

    La voz del discurso de la luz sobre la feminidad de la tierra

    La voz de un embrión de sentido… (trad. Colette)

    Foroukh Farrokhzâd

     

    Poèmes trouvés sur : http://www.pierdelune.com/farrok3.htm

     Illustration: Gauguin. Fatata te Miti

     

  • La voix des portraits / La voz de los retratos

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    Il y a plus de deux ans que j’ai lu sur un  article très original  écrit par Susana Fortes et intitulé « Les figures d’il y a 500 ans » (El País 25-05-2008). Depuis lors « j’écoute attentivement » les portraits.

     

        Il débute ainsi : « Beaux, étranges, puissants. Les artistes de la Renaissance réussirent à capter l’âme dans un visage. (…) Derrière chaque visage il y a un secret, une histoire que nous ignorons et que nous avons un besoin urgent de connaître, quand nous le contemplons, seuls, dans un tableau. Il n’est pas aisé d’expliquer cette pulsion qui bat dans certains portraits, mais il existe également dans la vie des figures qui ont sur nous un puissant ascendant. (…) Ceci n’a rien à voir avec la beauté, mais avec le mystère. Parfois ce qui attire notre attention dans un visage c’est un détail aussi insignifiant que le lobe d’une oreille, ou un point blanc, minuscule et brillant dans les pupille ». C’est ainsi, explique-t-elle, que la première fois qu’elle a vu La Joconde, elle n’a pensé ni à son sourire ni à son regard, mais au son de sa voix.

    Elle s’est imaginée une voix grave, un peu rauque, semblable à celle de Jeanne Moreau.

     

       Peindre la voix. « Il suffit parfois d’un coup de pinceau estompé juste sur  le bord supérieur de la lèvre, comme un souffle, pour que le tableau parle. La vie n’est qu’un souffle d’air, mais à travers lui  émergent peu à peu le désir, la douleur, l’incertitude, le mépris, l’expérience…Tous les masques de l’âme ».

     

       Ici elle nous raconte l’histoire d’une autre femme, Ginevra de Benci, à travers le mystérieux portrait réalisé par Leonardo. « Il y a quelque chose dans son visage qui inquiète. Peut-être son intrépidité statique, la sévérité de son expression, l’air fantomatique. » Cette jeune fille, intelligente, cultivée et riche venait d’une excellente famille florentine qui fréquentait le palais des Médicis. Pourtant ce n’est pas avec un poète, mais avec un marchand de chiffons, que ses parents la marièrent peu avant ses seize ans.

    On a cru très longtemps que c’était un portrait de mariage commandé par son mari.

    Mais l’histoire est plus croustillante…mais banale aussi. Une vraie histoire d’amour et d’infidélité.

     Il y a peu on a découvert que ledit portrait avait été commandité par un diplomate vénitien de 40 ans qui, arrivé à Florence en 1475 avec femme et enfants, était tombé follement amoureux  de la jeune fille. Leur idylle passionnée durera cinq ans, moment où il fut envoyé ailleurs. Éplorée Ginevra se retira du monde et vécut à la campagne.

     

        Les seules choses qui sont restées d’elle sont le tableau de Leonardo et un unique vers, écrit de sa main : 

    J’implore la clémence ; je suis un tigre sauvage.

     

    «  Il faut contempler son portrait en tenant compte de ces mots, prononcés sans doute avec un timbre de voix plus sombre que mélancolique. La voix du tableau.»

     

    Leonardo Da Vinci.jpg

     

     

    Hace más de dos años que leí un artículo muy original escrito por Susana Fortes y titulado « Las caras de hace 500 años » (El País 25-05-2008).

    Desde entonces “escucho atentamente” los retratos.

     

    Empieza así:” Bellos, extraños, poderosos. Los artistas del Renacimiento lograron captar el alma en un rostro (…). Detrás de cada cara hay un secreto, una historia que desconocemos y que necesitamos urgentemente conocer, cuando la contemplamos a solas en un cuadro. No es fácil explicar esa pulsión que late en algunos retratos, pero en la vida también hay rostros que ejercen sobre nosotros un poderoso influjo (…). No es algo que tenga que ver con la belleza, sino con el misterio. A veces lo que nos llama la atención de un rostro es un detalle tan insignificante como el lóbulo de una oreja, o un punto blanco diminuto y brillante en las pupilas”. Es así. Explica, que la primera vez que vio la Gioconda, no pensó ni en su sonrisa ni en su mirada, sino en el sonido de su voz. Se imaginó un tono grave, un poco ronco, parecido al de Jeanne Moreau.

     

    Pintar la voz. “A veces basta una pincelada difuminada justo al borde superior del labio como un soplo para que el retrato hable. La vida no es más que un soplo de aire, pero a través de él empieza a asomarse el deseo, el dolor, la incertidumbre, el desprecio, la experiencia…Todas las máscaras del alma”.

     

    Aquí nos cuenta la historia de otra mujer, Ginebra de Benci, a través del misterioso retrato realizado por Leonardo. “Hay algo en su rostro que inquieta. Tal vez su impavidez estática, la severidad de la expresión, el aire fantasmal”. Esa chica joven, bella, culta y rica pertenecía a una excelente familia florentina que frecuentaba el palacio de los Médicis. Sin embargo no fue con un poeta sino con un comerciante de paños que sus padres la casaron, poco antes de cumplir los 16 años.

    Durante mucho tiempo se creyó que el retrato era un encargo de su marido.

    Pero la historia es más  crujiente…banal también. Una verdadera historia de amor e infidelidad.

    Se descubrió, hace poco, que dicho retrato había sido encargado por un diplomático veneciano de 40 años quien, llegado a Florencia en 1475 con mujer e hijos, se había enamorado locamente de la joven. Su idilio duró cinco años y terminó cuando le mandaron lejos de Florencia. Desconsolada, Ginebra se retiró del mundo y vivió en el campo.

     

    Las únicas cosas que quedaron de ella fueron el cuadro de Leonardo y ese único verso, escrito de su mano:

    Pido clemencia; soy un tigre salvaje.

     

    “Hay que contemplar su retrato al amparo de estas palabras, pronunciadas tal vez con un timbre más oscuro que melancólico. La voz del retrato”.

     

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