surréaliste

  • Une valse surréaliste / Un vals surrealista

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    Cette chanson de Leonard Cohen, tant écoutée dans ma jeunesse, vous la connaissez sans doute: Take This Waltz.

    Esa canción de Leonard Cohen, escuchado tantas veces en mi juventud, le conocéis tal vez,

     





    Peut-être comme moi ne compreniez-vous pas alors les paroles. 

    Et bien cette chanson est la traduction d'un poème, (très) surréaliste, de F. Garcia Lorca, extrait de "Poète à New-York".
    Alors "mon travail" est de vous livrer ce poème, non ?

    Quizás, al igual que yo entonces, no entendíais las palabras. Esa canción es la traducción de un poema, (muy) surrealista, de F. Garcia Lorca, del poemario “Poeta en Nueva York”.
    Aquí van el poema y la canción interpretada por Ana Belén.


    Ana Belén, entres autres, la chante en espagnol.

                             




     

    Petite Valse Viennoise

     
    F. Garcia Lorca

    À Vienne il y a dix jeunes filles,
    une épaule où sanglote la mort
    et une forêt de colombes disséquées.
    Il y a un fragment du matin
    dans le musée du givre.
    Il y a un salon à mille fenêtres.

    Ay, ay, ay, ay !
    Prends cette valse la bouche fermée.
     
    Cette valse, cette valse, cette valse,
    de oui, de mort et de cognac
    qui mouille sa traîne dans la mer.
     
    Je t’aime, je t’aime, je t’aime,
    avec le fauteuil et le livre mort,
    dans le couloir mélancolique,
    dans l’obscur grenier de l’iris,
    dans notre lit de la lune
    et dans la danse que rêve la tortue.

    Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
    Prends cette valse à la taille brisée.
     
    À Vienne il y a quatre miroirs
    où jouent ta bouche et les échos.
    Il y a une mort pour piano
    qui peint en bleu les garçons.
    Il y a des mendiants sur les toits.
    Il y a de fraîches guirlandes de larmes.

    Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
    Prends cette valse qui se meurt dans mes bras.
     
    Parce que je t'aime, je t'aime, mon amour,
    dans le grenier où jouent les enfants,
    en rêvant de vieux lustres de Hongrie
    dans la rumeur de la soirée tiède,
    en voyant des brebis et des iris de neige
    dans le silence obscur de ton front.

    Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
    Prends cette valse du : « Je t’aime toujours. »
     
    À Vienne je danserai avec toi
    costumé avec
    une tête de fleuve.
    Regarde mes rives de jacinthes !
    Je laisserai ma bouche entre tes jambes,
    mon âme dans des photographies et des lys ;
    et dans les ondes obscures de ta démarche
    je veux, mon amour, mon amour, laisser,
    violon et sépulcre, les rubans de la valse.

     
     
     
     

    Pequeño vals vienés
    F. Garcia Lorca

    En Viena hay diez muchachas,
    un hombro donde solloza la muerte
    y un bosque de palomas disecadas.
    Hay un fragmento de la mañana
    en el museo de la escarcha.
    Hay un salón con mil ventanas.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals con la boca cerrada.

    Este vals, este vals, este vals,
    de sí, de muerte y de coñac
    que moja su cola en el mar.

    Te quiero, te quiero, te quiero,
    con la butaca y el libro muerto,
    por el melancólico pasillo,
    en el oscuro desván del lirio,
    en nuestra cama de la luna
    y en la danza que sueña la tortuga.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals de quebrada cintura.

    En Viena hay cuatro espejos
    donde juegan tu boca y los ecos.
    Hay una muerte para piano
    que pinta de azul a los muchachos.
    Hay mendigos por los tejados.
    Hay frescas guirnaldas de llanto.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals que se muere en mis brazos.

    Porque te quiero, te quiero, amor mío,
    en el desván donde juegan los niños,
    soñando viejas luces de Hungría
    por los rumores de la tarde tibia,
    viendo ovejas y lirios de nieve
    por el silencio oscuro de tu frente.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals del “Te quiero siempre”.

    En Viena bailaré contigo
    con un disfraz que tenga
    cabeza de río.
    ¡Mira qué orilla tengo de jacintos!
    Dejaré mi boca entre tus piernas,
    mi alma en fotografías y azucenas,
    y en las ondas oscuras de tu andar
    quiero, amor mío, amor mío, dejar,
    violín y sepulcro, las cintas del vals.

    Federico García Lorca
    Poeta en Nueva York (1929-30)

  • Tout jeter / Tirarlo todo

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    Dans la série “poésie du quotidien” voici Amalia Bautista, le nettoyage est à l'honneur aujourd'hui, mais pas seulement...

    En la serie “poesía de lo cotidiano”, Amalia Bautista nos habla de la limpieza, pero no sólo de ella....

    Oceanic's kitchen Yacek Yerka      
     
                       
    On va faire un grand nettoyage

     

     
    On va faire un grand nettoyage
    et on va jeter toutes les choses
    qui ne nous servent à rien, ces
    choses que nous n'employons plus, ces
    autres qui ne font que prendre la poussière,
    celles que nous évitons de trouver car
    elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
    celles qui nous font mal, occupent de la place
    ou que nous n'avons jamais voulues proches.
     
    On va faire un grand nettoyage
    ou, mieux encore, un déménagement
    qui nous permette d'abandonner les choses
    sans même les toucher, sans nous salir,
    les laissant là où elles ont toujours été;
    c'est nous qui allons partir, mon cœur,
    pour recommencer à accumuler.
    Ou bien nous allons mettre le feu à tout
    et rester tranquilles, avec cette image
    des braises du monde devant les yeux
    et le cœur deshabité.
     
    Trad: Colette
     

    Vamos a hacer limpieza general

    Amalia Bautista

     
    Vamos a hacer limpieza general
    y vamos a tirar todas las cosas
    que no nos sirven para nada, esas
    cosas que ya no utilizamos, esas
    otras que no hacen más que coger polvo,
    las que evitamos encontrarnos porque
    nos traen los recuerdos más amargos,
    las que nos hacen daño, ocupan sitio
    o no quisimos nunca tener cerca.

    Vamos a hacer limpieza general
    o, mejor todavía, una mudanza
    que nos permita abandonar las cosas
    sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
    dejándolas donde han estado siempre;
    vamos a irnos nosotros, vida mía,
    para empezar a acumular de nuevo.
    O vamos a prenderle fuego a todo
    y a quedarnos en paz, con esa imagen
    de las brasas del mundo ante los ojos
    y con el corazón deshabitado.
  • Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

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    Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

     

    Photo Colette, port de Valldemossa
     
     
     

     

    Marine

    Je t'ai vu, océan
    je t'ai galopé
    sur le dos d'un violon
    de bois poli
    d'un lutrin courbe
    de couleur du cerisier
    et tu étais, océan
    un champ
    d'herbe bleue
    en mouvement.

    Comme si tu étais
    l'oubli même
    je t'ai visité
    océan
    empereur des eaux
    miroir profond du ciel
    et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
    des céréales bleues et des fleurs du silence.
    (trad: Colette)
    "El sueño oscuro" 1994
     
    Photo Colette , miroirs de lune?
     
    Marina

    Blanca Andreu‏


    Te he visto, océano
    te he galopado
    a lomos de un violín
    de madera pulida
    de un potro alabeado
    del color del cerezo
    y eras, océano
    un prado
    de hierba azul
    en movimiento.

    Como si fueras
    el propio olvido
    te he visitado
    océano
    emperador de las aguas
    espejo profundo del cielo
    y he visto en tus eternas barbas de espuma
    cereales azules y flores del silencio.

    "El sueño oscuro" 1994