sud américaine

  • Une fleur sans épines / Una flor sin espinas

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    Les longues soirées devant la cheminée, ce vague à l’âme qui peut nous envahir en laissant notre regard se perdre dans les flammes...et ce poème que j'ai lu un soir.
    Il est de Claribel Alegría, (Nicaragua, 1924-2018) nous l'avons déjà rencontrée sur ce blog; son nom m'a toujours enchantée.


     Évoquant des souvenirs
     
    Évoquant des souvenirs
    j’ai trouvé le tien.
    Il ne faisait pas mal.
    Je l’ai sorti de son étui,
    j’ai secoué ses racines
    dans le vent,
    je l’ai mis à contre-jour:
    C’était un cristal poli
    qui reflétait des poissons de couleurs,
    une fleur sans épines
    qui ne brûlait pas.
    Je l’ai jeté contre le mur
    et la sirène de mon alarme a sonné.
    Qui a éteint son feu?
    Qui a usé le fil
    de mon souvenir-lance
    que j’aimais tant?
     
    (Trad: Colette)

     

     
    In memoriam, Enrique Grau 1990, Colombia
     
     
     
    Barajando recuerdos
     
    Barajando recuerdos
    me encontré con el tuyo.
    No dolía.
    Lo saqué de su estuche,
    sacudí sus raíces
    en el viento,
    lo puse a contraluz:
    Era un cristal pulido
    reflejando peces de colores,
    una flor sin espinas
    que no ardía.
    Lo arrojé contra el muro
    y sonó la sirena de mi alarma.
    ¿Quién apagó su lumbre?
    ¿Quién le quitó su filo
    a mi recuerdo-lanza
    que yo amaba?