poésie espagnole

  • Une lettre cachetée / Una carta sellada

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    D'abord il y a une enveloppe...
    Primero hay un sobre....

     
     


    ...suivie d'un timbre,
    ...seguido de un sello,
                                                                       

     
     

    À l'intérieur ce court poème pour vous souhaiter une bonne fin d'Année.
    Y dentro este corto poema para desearos un buen fin de Año.

     

     

     
     NOCTURNE (extrait)
    JR Jimenéz

    «Que t’importe toute chose,

    si nous pouvons brûler
    chaque peine oh passion ! en chaque étoile,
    si nous pouvons faire
    de l’immense ciel noir
    notre immense joie toute illuminée ? 
     
    (Trad. Trouvée sans nom du traducteur sur le site http://emmila.canalblog.com)

    Nocturno (Extracto)
    JR Jimenéz
     
    ¡Qué te importa de todo,
    si podemos quemar
    cada pena ¡o, pasión! en cada estrella,
    si podemos hacer
    del negro cielo inmenso
    nuestra inmensa alegría iluminada?
     
     
  • Illusions bénies / Benditas ilusiones

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     On sait, à travers ses poèmes, qu' Antonio Machado aimait profondément la nature, et grâce à son frère José, qu’il était un peu gourmand.
    Dans le poème d’aujourd’hui on trouve l’eau, si présente dans ses vers, puis les abeilles et “le doux miel”.
    Je vous parlerai de l’homme dans le prochain billet.

    Se sabe, a través de sus poemas, que a Antonio Machado le gustaba profundamente la naturaleza, y gracias a su hermano José, que era algo goloso.
    En el poema de hoy se encuentra el agua, si presente en sus versos, luego las abejas y su “dulce miel”. 

    En la próxima entrada os hablaré del hombre.

     
    Hier soir, en dormant

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    Que coulait une fontaine
    dans mon cœur

    Dis-moi, pourquoi, filet caché,
    eau, viens-tu jusqu’à moi,
    source de vie nouvelle
    d’où je n’ai jamais bu?

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    Que dans mon cœur
    j’avais une ruche;

    et que les abeilles dorées
    y faisaient
    avec mes vieilles amertumes
    cire blanche et doux miel.

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    qu’en mon cœur
    luisait un soleil brûlant.

    Il était brûlant, car il donnait
    une chaleur de brasier rouge,
    et c’était un soleil parce qu’il éclairait
    et faisait pleurer.

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    que c’était Dieu
    que j’avais dans mon cœur.
    (Trad: Colette)

     

    Foto: JURE MAKOVEC AFP



    Anoche cuando dormía
     
    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que una fontana fluía
    dentro de mi corazón.

    Di, ¿por qué  acequia escondida,
    agua, vienes hasta mí,
    manantial de nueva vida
    de donde nunca bebí?

    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que una colmena tenía
    dentro de mi corazón;

    y las doradas abejas
    iban fabricando en él,
    con las amarguras viejas,
    blanca cera y dulce miel.

    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que un ardiente sol lucía
    dentro de mi corazón.

    Era ardiente porque daba
    calores de rojo hogar,
    y era sol porque alumbraba
    y porque hacía llorar.

    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que era Dios lo que tenía
    dentro de mi corazón.

  • Tristes les armes qui ne sont la parole / Tristes armas si no son la palabra

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    C’est la courte vie, surprenante, affreusement tragique, faite de rencontres décisives et d’une production poétique très abondante de Miguel Hernández dont je voudrais vous parler aujourd’hui.
    La page du blog “Esprits nomades” sur ce poète est si belle, si complète ( http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/hernandez/hernandezmiguel.html) que je me demande comment l'aborder autrement…
     
    Es de la corta vida de Miguel Hernández, sorprendente, trágica, hecha de encuentros decisivos y de una producción poética abundante, de lo que hoy querría hablaros.
     
    Nous sommes à Orihuela, aux environs d'Alicante, en 1910. Dans une famille de chevriers naît en octobre Miguel Hernández. Une famille pauvre, une maison très modeste. Il fréquente l'école, ce qui à l'époque n'était pas obligatoire, jusqu'à 14 ans, puis aide la famille en étant berger.
    Sa vie c’est la terre, les palmiers, orangers, figuiers, et puis mettre son oreille sur le ventre plein des chèvres, brebis.
     
    Estamos en Orihuela, en los alrededores de Alicante, en 1910. Nace en una familia de cabreros. Una familia pobre, una casa muy modesta. A pesar de no ser obligatorio va a la escuela hasta los 14 años y ayuda a la familia haciendo de pastor. Si vida es la tierra, las palmeras, los naranjos, las higueras, las cabras, las ovejas.
     
    Mais, autodidacte, d’une intelligence supérieure, il lit tout ce qui lui tombe sous la main, les poètes, spécialement, et c'est fort curieux, Góngora. Curieux, car les vers de ce dernier sont cultes, compliqués, tortueux, remplis de tournures latines, de métaphores inattendues...Et vers l'âge de 16 ans, inspiré par lui et Saint Jean de la Croix, Miguel se met à écrire ses premiers poèmes.
     
    Autodidacta, dotado de gran inteligencia, lee todo lo que encuentra, poesía especialmente y curiosamente a Góngora. Curiosamente ya que los versos de este ultimo son cultos, complicados, tortuosos, llenos de formas latinas, de metáforas inesperadas… Y hacia sus 16 años, inspirado por Góngora y San Juan de la Cruz escribe sus primeros poemas.
     
     
    Si je suis sorti de la terre,
    si je suis né d'un ventre
    malheureux et pauvre,
    ce ne fut que pour devenir
    le rossignol des malheurs,
    l'écho de la malchance,
    et pour chanter et répéter
    à qui se doit de m'écouter,
    tout ce qui se réfère
    aux peines, aux pauvres et à la terre.
    (Extrait de “Assis sur les morts”)
     
     
    Si yo salí de la tierra,
    si yo he nacido de un vientre
    desdichado y con pobreza,
    no fue sino para hacerme
    ruiseñor de las desdichas,
    eco de la mala suerte,
    y cantar y repetir
    a quien escucharme debe
    cuanto a penas, cuanto a pobres,
    cuanto a tierra se refiere.
    (extracto de “Sentado sobre los muertos”)
     
     
    Très vite il est attiré par Madrid où tout se passe. Plusieurs séjours dans cette ville où il rencontre Lorca et surtout Pablo Neruda, de six ans son aîné, qui le prend sous son aile, lui fait prendre conscience de la souffrance du peuple, et peu à peu il deviendra communiste. Miguel a 21-22 ans. Ses amis poètes sont Républicains, il s’unit à eux, la guerre civile approche, il la sent venir, le vit dans ses poèmes.
     
    Pronto es atraído por Madrid donde todo ocurre. Allí encuentra a Lorca y sobre todo a Pablo Neruda que, seis años mayor que él, le toma bajo su manto, le hace ser consciente del sufrimiento del pueblo y poco a poco, bajo esa influencia, se hará comunista. Miguel tiene 21 – 22 años. Sus amigos poetas son Republicanos. La guerra civil se aproxima, la siente, la vive en sus poemas.
     

     


    J’appelle la jeunesse
    Sang qui ne déborde,
    jeunesse qui n’ose,
    ni est sang, ni jeunesse,
    ni brillent, ni fleurissent.

     

    Corps qui naissent vaincus,
    vaincus et tristes meurent:
    âgés d’un siècle ils arrivent,
    et sont vieux à l’arrivée.
    (trad: Colette)
     
    Llamo a la juventud
    Sangre que no se desborda,
    juventud que no se atreve,
    ni es sangre, ni es juventud,
    ni relucen, ni florecen.
     
    Cuerpos que nacen vencidos,
    vencidos y grises mueren:
    vienen con la edad de un siglo,
    y son viejos cuando vienen.
     
     
     
    Miguel Hernández se marie et a un fils qui, pour son grand malheur et celui de sa femme, meurt à moins d’un an. Il en aura un autre, mais Miguel ne sera plus chez lui.
    Miguel Hernández se casa, tiene un hijo que desgraciadamente muere con menos de un año. Tendrá otro pero Miguel ya no estará en su casa.
     
    Il prend une part fort active dans la Guerre civile, essaye de fuir au Portugal, est arrêté à la frontière et condamné à mort. L’intervention de ses amis, dont Pablo Neruda bien sûr, font commuer cette peine en 30 ans de prison. Mais il mourra avant, de tuberculose, à 32 ans, par manque de soins.
     
    Toma parte activa en la guerra civil, trata de huir a Portugal pero es arrestado en la frontera y condenado a muerte. La intervención de sus amigos, entre los cuales Pablo Neruda, consigue rebajar la pena a 30 años de prisión. Pero morirá en prisión, a los 32 años, de una tuberculosis.
     
    Tristes guerras
    Tristes guerras
    si no es amor la empresa.
    Tristes, tristes.
    Tristes armas
    si no son las palabras.
    Tristes, tristes.
    Tristes hombres
    si no mueren de amores.
    Tristes, tristes.
     
    Tristes guerres
    Tristes guerres
    si l’amour n’en est le but.
    Tristes, tristes.
    Tristes les armes
    qui ne sont la parole.
    Tristes, tristes.
    Tristes hommes
    s’ils ne meurent d’amour.
    Tristes, tristes.
    (Tard: Colette)
     
    Ce récit de sa vie est forcément très incomplet mais vous donne une idée de l’homme, du poète.
    Este relato de su vida es, por fuerza, muy incompleto pero os dará una idea del hombre y del poeta.

    REF: Pour ceux qui comprennent un peu l’espagnol, il y a ce récit, émouvant, de sa femme: http://mujeresiluminandosombras.blogspot.com.es/2010/10/biografia-de-josefina-manresa-marhuenda.html
    Dans “J’avoue que j’ai vécu” Pablo Neruda parle longuement de Miguel Hernández. Je publierai l’extrait dans le prochain billet.
    En “Confieso que he vivido” Pablo Neruda habla mucho de Miguel Hernández, publicaré en la próxima entrada esta parte del libro.

     

     
     
  • Jouer à oui et non / Jugar al sí y al no

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    Balançoire 
     
                                   Gerardo Diego 1896-1987
     
     
    À cheval sur le bord du monde
    un rêveur jouait à oui et non
     
    Les pluies de couleurs
    émigraient au pays des amours
     
     
     
    Vol de fleurs
     
     
    Fleurs du oui
     
     
    Fleurs du non
     
     
    Couteaux dans l'air
    qui lui déchirent la chair
    forment un pont
     
     
    Oui
     
     
    Non
     
     
    Chevauchait le rêveur
    Des oiseaux arlequins
     
     
    ils chantent le oui
     
     
    ils chantent le non

    (Trad: Colette)
     
     
    Une balançoire en Équateur, lisez ceci, c'est extraordinaire: http://voyagerloin.com/actualite/activites-sport/equateur-balancoire-flippante-du-monde-face-volcan-en-eruption/
     
     
     
     
     
    Columpio 
                                                    Gerardo Diego
     
    A caballo en el quicio del mundo
    un soñador jugaba al sí y al no

    Las lluvias de colores
    emigraban al país de los amores



    Bandadas de flores


    Flores de sí


    Flores de no

    Cuchillos en el aire
    que le rasgan las carnes
    forman un puente





    No

    Cabalgaba el soñador
    Pájaros arlequines


    cantan el sí


    cantan el no
  • Bribes estivales / Fragmentos veraniegos

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    Foto Colette / Golondrinas - Hirondelles  Mallorca 2015

     

    Balade quotidienne à 7h du matin, avant que le soleil ne rende le plaisir vivre par trop chaleureux.
    Paseo cotidiano a las 7h de la mañana, antes que el sol convierta el placer de vivir demasiado caluroso.
     
    Trois femmes et un chien noir, groupe d'âges disparates. Nous rencontrons pas mal de gens qui profitent de la relative fraîcheur du matin. Marche lente dans la campagne, rien ou presque ne nous échappe. V, la plus âgée, s'arrête souvent pour parler des choses de la terre, de la vie dans le village de sa jeunesse. Son père était berger de moutons, elle raconte si bien la vie d'alors.
     
    Tres mujeres y un perro negro, grupo de edades variadas. Nos encontramos con bastante gente que aprovecha el relativo frescor de la mañana. Paseo lento por el campo, nada o casi nada se nos escapa. V, la mayor, se para a menudo para hablar de cosas de la tierra, de la vida en el pueblo de su juventud. Su padre era pastor de ovejas, cuenta tan bien la vida entonces.

     

    De nombreux lapins cette année, des hirondelles à foison, et l'autre jour ces cochons qui ont à peine daigné ouvrir un oeil à notre passage.
    Hay numerosos conejos este año, golondrinas en abundancia y, el otro día, esos cerdos que apenas se dignaron a abrir un ojo a nuestro paso.
     

     

    Sommeil de porcs / Sueño de cerdos Mallorca 2015 Foto Colette



    Cette semaine, à l'ombre, j'ai lu ce poème qui résume si bien nos petites peurs et nos grands courages.
    Esta semana, a la sombra, leí este poema que resume tan bien nuestros pequeños miedos y nuestras grandes valentías.

     

    Valiente / Courageux

     

    GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

     

     

    Le daban miedo las pisadas
     
    las puertas entreabiertas
     
    las cortinas
     
    los pies de las esfinges
     
    la lengua de los gatos.

     

     Il avait peur des pas
     
    des portes entrouvertes
     
    des rideaux
     
    des pieds des sphinx
     
    de la langue des chats

     

    Le asustaban la risa de los viejos
     
    y las fotos de niños con corbata
     
    los osos de peluche
     
    las gaviotas de cine
     
    de los años sesenta.
     
     
    Il était effrayé par les rires des vieux
     
    et par les photos d'enfants en cravate
     
    par les ours en peluche
     
    par les mouettes au cinéma
     
    des années soixante

     

    Temía sobre todo
     
    ver llorar a su padre
     
    recorrer un pasillo
     
    cortarse con papel
     
    y morir cada noche.

      

    Il craignait surtout de
     
    voir pleurer son père
     
    de parcourir un couloir
     
    de se couper avec du papier
     
    et de mourir chaque nuit

     

    Pero era tan valiente
     
    que miraba a los ojos
     
    y derramaba el alma
     
    y decía te amo
     
    y era cierto.

     

     

    Mais il était si courageux
     
    qu'il regardait dans les yeux
     
    et qu'il épanchait son âme

    et disait je t'aime

    et c'était vrai.
     

     

    Trad: Colette

     

    Source / Fuente: http://trianarts.com/gracia-iglesias-valiente/