poète

  • À l'envers / Al revés

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    Nous partons au Guatemala, il y a des merveilles partout.

    Cette fois avec un poète, Humberto Ak’abal, d’origine Maya Quiché et qui pensait (il est décédé il y a peu) et écrivait dans cette langue, et traduisait lui-mème ses poèmes en espagnol.

    Très connu en Amérique centrale et latine, il a aussi été traduit en plusieurs langues dont le français. Un recueil de lui “Les traces du jour et de la nuit” si cela vous tente.

     

    Aujourd’hui deux poèmes, courts. Le premier plutôt philosophique, le second sur la nature.

     

    Camino al revés
    De vez en cuando
    camino al revés:
    es mi modo de recordar.

    Si caminara sólo hacia delante,
    te podría contar
    cómo es el olvido.



    Je marche à l’envers

    De temps en temps

    je marche à l’envers:

    c’est ma façon de me souvenir.

     

    Si je ne marchais qu’en avant

    je pourrais te dire

    comment est l’oubli.

    (Trad: Colette)

     

     

    Walk backwards (https://mygoodtimestories.com/2020/10/20/walk-backwards/)
     

     

     

    LA PLUIE

     

    Hier j'ai rencontré un nuage en pleurs.

    Il m'a raconté qu'il avait porté son eau

    à la ville
    et qu'il s'était perdu.

    Il a cherché des paysages
    mais la ville les avait tous avalés.

    Pieds nus, triste et seul,
    il est revenu.

    Il a plu à nouveau sur les champs ;
    charas et quiscale
    ont fait la fête.

    Et les crapauds ont chanté.

     

    (Trad:Colette)

     

     

    La Lluvia

     

    Ayer encontré una nube llorando.

     

    Me contó que había llevado su agua

    a la ciudad

    y se perdió.

     

     

    Buscó paisajes

    y la ciudad se los había tragado.

     

    Descalza, triste y sola

    regresó.

     

    Volvió a llover en el campo;

    xaras y sanates

    hicieron fiesta.

     

    Y cantaron los sapos.

     

     

     

     

  • Mémoire / Memoria

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    Restons au Chili.

    Michaela Paredes Barraza est une jeune poète Chilienne, née à Santiago de Chile, en 1993

     

                                    Álvaro Bindis, Chili,

     

     

    Cérémonies d’intérieur

     

    Il y a quelque chose de permanent dans la distance

    entre objet et souvenir, ici ou là,

    hier, aujourd’hui et demain.

    Répété et différent dans la mémoire

    tout reste circonscrit à ce lieu

    où un jour il nous fut donné d’aimer le monde.

    Perdurent ses images : l’angoisse

    du rite des dimanches, les miettes du pain

    et du désamour

    que nous nions une fois derrière la fenêtre.

     

    Nous changeons de ville, d’endroits,

    mais là, et seulement là, nous fûmes et sommes

    condamnés pour toujours à l’étreinte

    au secret de la lumière qui, les nuits, nous rappelle

    notre ruine originaire.

     

    (Trad: Colette)

     

    Alvaro Bindis, peintre Chilien 

     

     

    Ceremonias de interior



    Micaela Paredes Barraza (Santiago de Chile 1993)



     

    Hay algo permanente en la distancia

    entre objeto y recuerdo, aquí o allá,

    ayer, hoy y mañana.

    Repetido y diferente en la memoria

    todo queda circunscrito a ese lugar

    en que un día nos fue dado amar al mundo.

    Perduran sus imágenes: la angustia

    del rito los domingos, las migajas del pan

    y el desamor

    que negamos una vez tras la ventana.

     

    Cambiamos de ciudad, contamos sitios,

    pero allí y solo allí fuimos y somos

    para siempre condenados al abrazo,

    al secreto de la luz que nos recuerda por las noches

    nuestra ruina originaria.

     

     
  • Le sablier / El reloj de arena

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     Si la littérature s'est emparée du sablier pour signifier le temps qui passe et nous mène inexorablement vers la mort, cet objet, tombé en désuétude, avait jadis de multiples usages, vous le savez; navigation, cuisine, église (messe)...

     
    Si la literatura ha convertido el reloj de arena en signo del tiempo que pasa y nos lleva irremediablemente a la muerte, ese objeto, hoy en desusso, tenía antaño múltiples usos; navegación, cocina, iglesia (misa)...
     
     
    El reloj de arena (Le sablier) José Cirilo Henao, artista Colombiano
     

     

     
    Le sablier
    joue
    à se remplir de lumière
    à se vider d'ombre.
    Nous le retournons
    jouons à ne pas nous perdre
    à ne pas nous vider de lumière
    à ne pas nous remplir d'ombre.
     
    (Trad: Colette)
     
     
    Jorge H Cadavid (poète et essayiste Colombien (1962-   ))
     
     
    El reloj de arena
    juega
    a llenarse de luz
    a vaciarse de sombra.
    Nosotros le damos vuelta
    jugamos a no perdernos
    no vaciarnos de luz
    no llenarnos de sombra.

    NB: Ce billet est plus ou moins une reprise d'il y a des années...
  • Des chemins ouverts / Caminos abiertos

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    Maruja Vieira ( 1922) est une poétesse, ex-journaliste et professeur d'université colombienne.


                                         El Rompido 2000 / Soledad Sevilla , 
    http://www.soledadsevilla.com/inicio/el-rompido/

     
     
    Temps défini
     
     
    Il est bon que parfois la vie
    nous dépouille de tout.
    Dans l’obscurité les yeux apprennent
    à y voir plus clair.
    Quand la solitude est le vide intense
    du corps et des mains,
    il y a des chemins ouverts sur le plus profond
    et sur le plus distant.
    Dans le silence les voix aimées
    renouvellent doucement leurs mots
    et les murs veillent sur le bruit infini
    des pas absents.
    Les lèvres qui avant furent
    lieu d’amour, apprennent, par ces après-midi silencieux,
    la grandeur
    de la chanson rebelle et angoissée.
    Sur le haut des arbres, un vent en suspens,
    un son de pluie. (...)
    (Trad: Colette)
     
    Soledad Sevilla El Rompido 2000, http://www.soledadsevilla.com/inicio/el-rompido/          
     



    Tiempo definido, Maruja Vieira
    Está bien que la vida de vez en cuando
    nos despoje de todo.
    En la oscuridad los ojos aprenden
    a ver más claramente.
    Cuando la soledad es el vacío intenso
    del cuerpo y de las manos,
    hay caminos abiertos hacia lo más profundo
    y hacia lo más distante.
    En el silencio las amadas voces
    renuevan dulcemente sus palabras
    y los muros custodian el rumor infinito
    de los ausentes pasos.
    Los labios que antes fueran
    sitio de amor en las calladas tardes
    aprenden la grandeza
    de la canción rebelde y angustiada.
    Hay un viento en suspenso sobre los altos árboles,
    un repique de lluvia (...)
  • Décès d'un poète / Muerte de un poeta

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    Il avait 95 ans et il est mort le 1er mars. Je vous parlerai très prochainement de ce personnage extraordinaire qu’était le poète - théologien- révolutionnaire - prêtre Nicaraguayen Ernesto Cardenal. Pour vous donner une idée du personnage,  et alors qu’on le félicitait pour ses 90 ans, il y a 5 ans donc, il a répondu: No sé por qué me felicitan porque cumplí 90 años. Es horrible” ( Je ne sais pas pourquoi on me félicite parce que j’ai eu 90 ans. C’est horrible.) 
     
     
     
    Son œuvre est immense, j’ai choisi un poème d’amour pour commencer...
     
     
    Épigramme
     
    Je te donne, Claudia, ces vers,
    parce que tu en es la propriétaire.
     
    Je les ai écrits simples
    pour que tu les comprennes.
     
    Il sont pour toi seule
    mais s’ils ne t’intéressent pas,
    peut-être un jour seront-ils divulgués,
    dans toute l’Amérique latine…
     
    Et si l’amour qui les dicta,
    toi aussi tu le méprises,
     
    d’autres rêveront
    de cet amour
    qui ne fut pas pour elles.
     
    Et peut-être verras-tu,
    Claudia,
    que ces poèmes,
    (écrits pour te séduire, toi)
    éveillent
    dans d’autres couples
    amoureux qui les liront
    les baisers qu’en toi
    n’a pas éveillés le poète.
    (Trad:Colette)
     
     

    Epigrama


    Te doy Claudia, estos versos,
    porque tú eres su dueña.

    Los he escrito sencillos
    para que tú los entiendas.

    Son para ti solamente,
    pero si a ti no te interesan,
    un día se divulgarán,
    tal vez por toda Hispanoamérica...

    Y si al amor que los dictó,
    tú también lo desprecias,

    otras soñarán
    con este amor
    que no fue para ellas.

    Y tal vez verás,
    Claudia,
    que estos poemas,
    (escritos para conquistarte a ti)
    despiertan
    en otras parejas
    enamoradas que los lean
    los besos que en ti
    no despertó el poeta.
     
  • Quelques mots pour vous / Unas palabras para ustedes

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    Je fais miens ces mots de Julos Beaucarne pour vous souhaiter une Bonne Année.

    Hago mías la palabras de Julos Beaucarne* para desearos un Feliz Año.

     

    Foto Toni Catany

     

     

    Je rêve d'un concert que je donnerais où je pourrais me taire pendant deux heures
    Et que personne ne s'ennuie
    Je rêve de me taire et de passer mon temps à vous écouter vous raconter
    Je rêve de n'avoir plus rien à dire
    (...)
    Je rêve de passer ma vie à aller rendre visite à tout un chacun chez lui, à l'écouter
    Je rêve de m'asseoir dans les fauteuils de tout le monde

     

    (texte complet en voix et musique, superbe, dans la vidéo plus bas)

     

    Sueño con dar un concierto donde me pudiera callar durante dos horas

    Y que nadie se aburriera

    Sueño con callarme y pasar el tiempo escuchando vuestra historia

    Sueño con no tener nada más que decir

    (...)

    Sueño con pasarme la vida visitando a cada uno en su casa, a escucharle

    Sueño con sentarme en los sillones de cada uno.

    (Trad: Colette)

     

    * Julos Beaucarne es un poeta y cantante belga.