poème

  • Oublis et souvenirs / Olvidos y recuerdos

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    Oubli

     

    CARMINA CASALA         ( España, 1949 )



    J’ai oublié ton nom,

    je ne me souviens pas

    si tu t’appelais lumière ou lierre,

    mais que je sais que tu étais eau

    car mes mains tremblent quand il pleut.



    J’ai oublié ton visage et tes cils

    et ta peau où glissait ma bouche

    quand nous tombâmes sous les cyprès

    vaincus par le vent,

    mais je sais que tu étais lune

    car quand la nuit approche

    mes yeux se brisent

    de tant désirer te voir par la fenêtre.



    J’ai oublié ta voix, et tes mots,

    mais je sais que tu es musique

    car quand les heures se dissolvent

    dans les sources du sang

    mon cœur te chante.

    (Trad:Colette)

     



    CARMINA CASALA         ( España, 1949 )
     
     
    Olvido


    Se me olvidó tu nombre,
    no recuerdo
    si te llamabas luz o enredadera,
    pero sé que eras agua
    porque mis manos tiemblan cuando llueve.
     
    Se me olvidó tu rostro y tu pestaña
    y tu piel por mi boca transitada
    cuando caímos bajo los cipreses
    vencidos por el viento,
    pero sé que eras luna
    porque cuando la noche se aproxima
    se me rompen los ojos
    de tanto querer verte en la ventana.
     
    Se me olvidó tu voz, y tu palabra,
    pero sé que eres música
    porque cuando las horas se disuelven
    entre los manantiales de la sangre
    mi corazón te canta.
  • Prendre l'air / Tomar el aire

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    Tomás Sanchez Transcendencia  http://www.tomassanchez.com/    
     
    Invitation à l’air
     
    Rafael Alberti

    Ombre Je t’invite, à l’air.
    Ombre de vingt siècles,
    à la vérité de l’air,
    de l’air, air, air.

    Ombre qui jamais ne sors
    de ta grotte, et qui ne rendis pas
    au monde le souffle qu’en naissant
    te donna l’air
    l’air, l’air, l’air.

    Ombre sans lumière, minière
    des profondeurs
    de vingt tombes, vingt
    siècles vides sans air,
    de l’air, air, air.

    Ombre, aux sommets! Ombre,
    de la vérité de l’air,
    de l’air, air, air.
    (Trad: Colette)

     

    INVITACIÓN AL AIRE

    -- de Rafael Alberti --
    Te invito, sombra, al aire.
    Sombra de veinte siglos,
    a la verdad del aire,
    del aire, aire, aire.
    Sombra que nunca sales
    de tu cueva, y al mundo
    no devolviste el silbo
    que al nacer te dio el aire,
    del aire, aire, aire.
    Sombra sin luz, minera
    por las profundidades
    de veinte tumbas, veinte
    siglos huecos sin aire,
    del aire, aire, aire.
    ¡Sombra, a los picos, sombra,
    de la verdad del aire,
    del aire, aire, aire!
     
    Tomás Sanchez
    Though-Cloud, 2017
     
     
    L’Air
    Gabriela Mistral
     
    Ce qui passe et qui reste,
    c’est l’Air, c’est l’Air,
    et, sans bouche visible,
    il te prend et t’embrasse, père aimant.
    Aïe, nous le brisons sans le casser;
    blessé il vole sans se plaindre,
    et il semble emporter tout le monde
    et, bienveillant, à tous il pardonne, l’Air...
    (Trad:Colette)
     
     
    EL AIRE
    Gabriela Mistral
    Esto que pasa y que se queda,
    esto es el Aire, esto es el Aire,
    y sin boca que tú le veas
    te toma y besa, padre amante.
    ¡Ay, le rompemos sin romperle;
    herido vuela sin quejarse,
    y parece que a todos lleva
    y a todos deja, por bueno, el Aire...
  • À pas de sauterelle / A pasos de saltamonte

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    J’ai trouvé ce court poème de Rafael Alberti. Il m’a semblé parfait pour alléger l’ambiance...
    Encontré este poema corto de Rafael Alberti. Me pareció perfecto para aligerar el ambiente...
     
     
    Seule
     
     
     
    Rafael Alberti (Marins à terre)
     
    Celle qui fut hier mon aimée
    marche seule parmi les lavandes.
     
    Derrière elle, un papillon
    et une sauterelle guerrière.
     
     
    Trois sentiers:
    Mon aimée, au milieu.
    Le papillon, sur la gauche.
    Et la sauterelle guerrière,
    sautillante, sur la droite.
     
    (Trad: Colette)
     

     

     
     
    Sola
     
    Rafael Alberti
    Marinero en tierra
     
     
    La que ayer fue mi querida
    va sola entre los cantuesos.

    Tras ella, una mariposa
    y un saltamonte guerrero.

    Tres veredas:
    Mi querida, la del centro.
    La mariposa, la izquierda.
    Y el saltamonte guerrero,
    saltando, por la derecha.
     
  • Aimer l'imperfection / Amar lo imperfecto

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    Découvert il y a peu le concept japonais de Wabi Sabi. Il parait qu'il a envahi les magasins de décoration, ça je n'en ai aucune idée, mais sa portée philosophique et personnelle m'intéresse. Le concept se base sur la simplicité et l'imperfection de la nature qui, en révélant ses défauts, montre sa beauté.
     
    Descubierto hace poco el concepto japònés de Wabi sabi. Parece que ha invadido las tiendas de decoración, no tengo ni idea de ello, pero su ámbito filosófico y personal me interesa. El concepto se basa en la simplicidad y la imperfección de la naturaleza que, al descubrir sus defectos, muestra su belleza.
     
    Cette imperfection qui ronge certains, dont d'autres s’accommodent et qui fait penser Roberto Juarroz.
     
    Esa imperfección que corroe a algunos, con la cual otros se arreglan y que hace pensar a Roberto Juarroz.
     
     
     

                                                      

     
     
    L’imparfait

    Roberto Juarroz
     
     

    Comment aimer l'imparfait
    si l'on écoute au travers des choses
    combien le parfait nous appelle?

    Comment parvenir à suivre
    dans la chute ou l'échec des choses
    la trace de ce qui ne tombe ni n'échoue?

    Peut-être nous faudrait-il apprendre que l'imparfait
    est une autre forme de la perfection:
    la forme que la perfection assume
    pour pouvoir être aimée

     

    (Trad: Colette)

     

    Lo imperfecto

    Roberto Juarroz 

     

    ¿Cómo amar lo imperfecto,
    Si escuchamos a través de las cosas
    Cómo nos llama lo perfecto?

    ¿Cómo alcanzar a seguir
    En la caída o el fracaso de las cosas
    La huella de lo que no cae ni fracasa?

    Quizá debamos aprender que lo imperfecto
    Es otra forma de la perfección:
    La forma que la perfección asume

    Para poder ser amada

  • Le poids du papier / El peso del papel

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    Aujourd'hui un poème sans prétentions mais qui dit si bien l'amour des livres...

     

    Une vie parmi les livres
    Mercedes  Escolano. Cádiz 1964
     
    Dans la rue attend le camion
    chargé des livres d’une vie.
    Qu’est-ce qui me retient dans ces
    pièces vides? Peut-être l’odeur
    laissée par les livres? Les heures, peut-être,
    partagées dans l’intimité et la tristesse?
    Les étagères sont restées nues
    et les pièces commencent à acquérir
    un air d’orphelinage et de non-sens.
     
    Le poids de l’encre,
    le poids du papier caressé,
    le poids subtil et aérien des mots,
    quel autre plaisir pourraient-ils me donner?
    En bas attend le camion de déménagement.
    Les caisses ont été soigneusement empilées,
    comme si de porcelaine il s’agissait.
     
    (Trad:Colette) 
     
     
    UNA VIDA ENTRE LIBROS 
    de "Placeres y mentiras" 
     
    Mercedes Escolano 
     
     
     En la calle aguarda el camión de la mudanza
    cargado con los libros de una vida.
    ¿Qué me retiene en estas
    habitaciones vacías? ¿Tal vez el olor
    que los libros dejaron? ¿Las horas, tal vez,
    compartidas en intimidad y tristeza?
    Los estantes han quedado desnudos
    y los cuartos comienzan a adquirir
    un aire de orfandad y sinsentido. 
     
     El peso de la tinta,
    el peso del papel acariciado,
    el peso sutil e ingrávido de las palabras,
    ¿qué más placer podrían darme?
    Abajo aguarda el camión de la mudanza.
    Las cajas han sido cuidadosamente apiladas,
    como si de fina porcelana se tratase.
     
     
  • Communiquer / Comunicar

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    Photo Colette, Nord de Mallorca
     

     

     
    Le mur
    il ne sait rien de la mer

    La mer
    elle ne sait rien du mur

    Entre eux
    le va-et-vient du vent
     
    La pared
    no sabe nada del mar

    El mar
    no sabe nada de la pared

    Entre ellos
    el vaivén del viento

    (Trad, Colette) 
     
    extrait de Komboloï, Werner Lambersy
     
    (Billet en partie repris d'un précédent, il y a des lunes..)
  • Le pont de la nuit / El puente de la noche

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    Juan Ramón Jiménez, peut-être vous souvenez-vous de lui

     Oublier un peu, rien , trop... ah si nous pouvions décider, être les maîtres de nos mémoires!
     
     
    No os lo tengo que presentar, y ya publiqué varios poemas de él
    ¿Recordar y olvidar. Olvidar un poco, nada, demasiado...¡si pudiéramos decidir y ser dueños de nuestras memorias!
     
    Je vous souhaite une bonne semaine. ¡Qué paséis una buena semana!
     
    Oswaldo Guayasamín 1919-1999 Ecuador*
     
    La mémoire
    Juan Ramón Jiménez
     
    Quelle tristesse voir passer
    le débit de chaque jour
    (tours en haut et en bas!),
    par le pont de la nuit
    (tours en bas et en haut),
    vers le soleil du lendemain!
    Qui saurait
    laisser sa cape, content,
    dans les mains du passé;
    ne plus regarder ce qui fut;
    entrer de front et ravi,
    tout nu, dans la libre
    allégresse du présent!
    (Trad Colette)
     
     
    La memoria
    JR Jiménez
     
    ¡Qué tristeza este pasar
    el caudal de cada día
    (¡vueltas arriba y abajo!),
    por el puente de la noche
    (¡vueltas abajo y arriba!),
    al otro sol!
    ¡Quién supiera
    dejar el manto, contento,
    en las manos del pasado;
    no mirar más lo que fue;
    entrar de frente y gustoso,
    todo desnudo, en la libre
    alegría del presente!
     
     
  • Au centre du cri / En el centro del grito

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    Il est des animaux aimés, et d’autres qui, souvent à cause de leur laideur, provoquent en nous, et de façon irraisonnée, peur, dégoût voire terreur.
    Voici un poème très visuel, surprenant, de la poète, romancière et essayiste Mexicaine Rosario Castellanos (1925-1974).
     
    Hay animales queridos, y otros que, a menudo por su fealdad, nos provocan , de manera irracional, miedo, aversión incluso pánico.
    Hoy un poema muy visual, sorprendente, de la poeta, ensayista, novelista Mejicana Rosario Castellanos (1925-1974).
     
     

     
    La soirée du crapaud
     
    Assis dans l’ombre
    -solennel avec ton goitre exophtalmique; cruel
    (en apparence, du moins, dû au gonflement
    des paupières); froid,
    froid répulsif de sang froid.
     
    Assis dans l’ombre tu regardes brûler la lampe.
     
    Autour de la lampe nous parlons et peut-être
    L’un de nous dit ton nom.
     
    (En septembre. Il a plu)
     
    Comme mû par le ressort de la surprise, tu sautes
    Et te voilà, au milieu de la conversation,
    Au centre du cri.
     
    Quelle peur en sentant palpiter
    le cœur nu
    de la nuit à la campagne!
     
    (Trad: Colette)
     
     
     
    La velada del sapo
     
    Sentadito en la sombra
    -solemne con tu bocio exoftálmico; cruel
    (en apariencia, al menos, debido a la hinchazón
    de los párpados); frío,
    frío de repulsiva sangre fría.

    Sentadito en la sombra miras arder la lámpara

    En torno de la luz hablamos y quizá
    Uno dice tu nombre.

    (En septiembre. Ha llovido)

    Como por el resorte de la sorpresa, saltas
    Y aquí estás ya, en medio de la conversación,
    En el centro del grito.

    ¡Con qué miedo sentimos palpitar
    el corazón desnudo
    de la noche en el campo!
  • Reste l'important / Queda lo importante

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    La première passion de Rafael Alberti, grand poète espagnol né en Andalousie en 1902, fut la peinture. Dans le prochain billet je vous raconterai sa vie, son œuvre, mais aujourd’hui c’est un poème où il évoque l’œuvre picturale de Gogh qui m’a attirée, amusée et fait frémir aussi.
    Alors j’ai décidé de ne mettre aucune illustration, et si vous êtes comme moi, vous “verrez” les tableaux dont il parle.(à part les hirondelles qui ne me disent rien).
     
    La primera pasión de Rafël Alberti, nacido en 1902, fue la pintura. En la próxima entrada os contaré su vida, su obra, pero hoy es un poema donde evoca la obra pictórica de Van Gogh que me atrajo, me divirtió.
    Decidí pues no poner ninguna ilustración y, si sois como yo, “veréis” los cuadros de los cuales habla.


    Van Gogh

    Coup de pinceau
    brûlé.
    Source
    de courant
    apparent
    désordonné.
    Matinale
    hirondelle
    source.
     
    Tourbillonne,
    paysanne,
    ondule.
    Nuit en cercle roue,
    bleuit
    le bois.
     
    Crépite,
    petit chêne infini,
    tison,
    le paysage:
    braise mouvante,
    mer,
    houle.
     
    Nucléaire
    démence en jaune,
    pinceau couteau,
    tournesol,
    sanglant
    jaune soleil,
    violent
    anneau.
     
    Jaune des blés,
    verte hallucination,
    orange, vermillon,
    métal,
    crie,
    cauchemar
    mortel,
    humble chaise.
    Fleur,
    chandelle
    jaune.
     
    Se coupe,
    se recoupe
    ta couleur,
    s’exalte,
    vole,
    peintre.
     
    Mais reste ce qui importe:
    haute,
    la trace.
     
    (Trad: Colette)                                  Dans "À la peinture" 1948
     
     
     
     

     

    Rafael Alberti Van Gogh
     
    Pincelada
    quemada.
    Fuente
    de aparente
    corriente
    desordenada.
    Matutina,
    golondrina
    fuente.

    Se arremolina,
    campesina,
    ondula.
    Noche en círculo rueda,
    azula
    la arboleda.

    Crepita,
    carrasca infinita,
    tizo,
    el paisaje:
    rescoldo movedizo,
    mar,
    oleaje.

    Nuclear
    demencia en amarillo,
    pincel cuchillo,
    girasol,
    cruento
    amarillo sol,
    violento
    anillo.

    Gualda trigal,
    verde alucinación,
    naranja, bermellón,
    metal,,
    chilla,
    pesadilla
    mortal,
    humilde silla.
    Flor,
    candela
    amarilla.

    Se corta,
    se recorta
    tu color,
    se exalta,
    vuela,
    pintor.

    Mas permanece lo que importa:
    alta,
    la estela.
    en A la pintura, 1948
     
  • Une faim inutile / Un hambre inútil

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    Dans ce poème, Pablo Neruda dit la nature, la mer, alliées à l’absence d'amour ou plutôt d'un amour. Lu à voix haute il sonne bien, très bien même en espagnol; je crois qu'en traduction il n'est pas trop mal non plus...
     
    http://the-warriors-rpg.eklablog.com/pinede-a144892898
     


    Ici je t’aime.
    Dans les pins sombres se démêle le vent.
    La lune étincelante luit sur les eaux vagabondes.
    Et les jours, tous égaux, se poursuivent.
     
    La brume se défait en figures dansantes.
    Une mouette argentée se décroche du crépuscule.
    Une voile parfois. Hautes, hautes étoiles.
     
    Ou la croix noire d’un bateau.
    Seul.
    Je me lève parfois à l’aube, et même mon âme est humide.
    Sonne, résonne la mer lointaine.
    Voici un port.
    Ici je t’aime.
     
    Ici je t’aime, en vain te cache l’horizon.
    Je t’aime encore parmi ces froides choses.
    Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux
    qui courent sur la mer sans
    jamais arriver.
     
    Je me vois oublié comme ces vieilles ancres.
    Si tristes sont les quais lorsque le soir accoste.
    Ma vie est fatiguée de sa faim inutile.
    J’aime ce que je n’ai pas. Toi tu es si distante.
     
    Mon ennui se débat dans les lents crépuscules.
    Mais la nuit vient, chante
    déjà pour moi .
    La lune fait tourner ses rouages de songe.
     
    Avec tes yeux me voient les étoiles majeures.
    Du même amour que moi, les grands pins dans le vent
    veulent chanter ton nom de leurs feuilles de fer.
     
    Pablo NERUDA, Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée (1923-1924)
    Trad Colette inspirée de celle de Pierre Thiollière
     
     
     
    Aquí te amo.
    En los oscuros pinos se desenreda el viento.
    Fosforece la luna sobre las aguas errantes.
    Andan días iguales persiguiéndose.

    Se desciñe la niebla en danzantes figuras.
    Una gaviota de plata se descuelga del ocaso.
    A veces una vela. Altas, altas estrellas.

    O la cruz negra de un barco.
    Solo.
    A veces amanezco, y hasta mi alma está húmeda.
    Suena, resuena el mar lejano.
    Este es un puerto.
    Aquí te amo.

    Aquí te amo y en vano te oculta el horizonte.
    Te estoy amando aún entre estas frías cosas.
    A veces van mis besos en esos barcos graves,
    que corren por el mar hacia donde no llegan.

    Ya me veo olvidado como estas viejas anclas.
    Son más tristes los muelles cuando atraca la tarde.
    Se fatiga mi vida inútilmente hambrienta.
    Amo lo que no tengo. Estás tú tan distante.

    Mi hastío forcejea con los lentos crepúsculos.
    Pero la noche llega y comienza a cantarme.
    La luna hace girar su rodaje de sueño.

    Me miran con tus ojos las estrellas más grandes.
    Y como yo te amo, los pinos en el viento,
    quieren cantar tu nombre con sus hojas de alambre.
     
    Pablo Neruda

  • À la recherche de la maison / Buscando la casa

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    The house among the roses Claude Monet 1925  

     Alors...le poème d'aujourd'hui parle de ce tableau. L'auteure est la jeune
    Martha Asunción Alonso (Madrid 1986); j'imagine qu'elle l'a vu au Musée 
    Thyssen de Madrid et celui qu'elle a vu est celui-ci (je ne peux le copier, il est
     protégé) https://coleccioncarmenthyssen.es/en/work/la-casa-entre-las-rosas/

     

     Vous voyez? La maison n'y est pas décelable!

    El poema de hoy habla de este cuadro.  La autora del poema es Martha Asunción Alonso (Madrid 1986), me imagino que lo vio en el Museo Thyssen de Madrid, y el que vio es el siguiente (no lo puedo copiar, está protegido)
    https://coleccioncarmenthyssen.es/en/work/la-casa-entre-las-rosas/ 
    ¿Veis? ¡La casa no se distingue!

    En fait il existe 6 versions différentes du même tableau, peintes par Monet en
      automne 1925, avec différentes lumières.

     
    Existen 6 versiones distintas del mismo cuadro, pintadas por Monet en otoño
     
     1925, con luces distintas.

     

     
    The house among the roses (Monet, 1925)
    Martha Asunción Alonso
     
    Tous la signalaient du doigt, ils acquiesçaient,
    s’éloignaient pour mieux observer, fixement,
    comme des enfants suivant des yeux un cerf-volant sur la plage.
     
    Une femme utilisait même des jumelles,
    très sérieuse et discrète, la tête inclinée,
    comme elle le ferait pour scruter la fausse carte d’un trésor.
     
    Je me sentais imbécile. Je me souviens avoir pensé: peut-être
    la maison parmi les roses se trouve-t-elle en dehors du cadre,
    là où personne ne pense,
    là où la vue se voile.
    Peut-être avons-nous perdu le temps à chercher l’animal
    jamais son ombre;
    l’éclat du soleil sur la source, pas la soif.
     
    J’y pensai un bon moment, comme aveugle,
    tandis que les japonais souriaient.
     
    Car peut-être la maison n’est que les roses
    et ce ciel bleu turquoise,
    joie compacte et feu facile.
     
    Aujourd’hui je crois que la maison parmi les roses a toujours été
    nous. À sa recherche.
     
    Trad: Colette
     
     
     

    The house among the roses (Monet, 1925)

    Martha Asunción Alonso

    Todos la señalaban con el dedo, asentían,
    se alejaban para observar mejor, muy fijamente,
    como niños siguiendo una cometa por la playa.


    Una mujer incluso usaba unos prismáticos,
    muy seria y sigilosa, la cabeza inclinada,
    igual que si escrutase un mapa falso del tesoro.


    Yo me sentía imbécil. Recuerdo que pensé: quizá
    la casa entre las rosas esté fuera del cuadro,
    donde nadie la piensa,
    allí donde se nubla tu mirada.
    Quizá hayamos perdido el tiempo buscando el animal,
    nunca su sombra;
    el destello del sol sobre la fuente, no la sed.


    Seguí pensando un rato, como ciega,
    mientras los japoneses sonreían.


    Porque tal vez la casa sólo fuera las rosas
    y aquel cielo turquesa,
    alegría compacta y lumbre fácil.


    Hoy creo que la casa entre las rosas siempre fuimos
    nosotros. En su busca.

    (De Detener la primavera, Madrid, Hiperión 2011

     

  • Questions / Preguntas

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    En prose et sans ponctuation ce poème de Juan Gelman.
     
    Un peu de travail mental vous sera nécessaire..
     
     
     
    Poema en prosa y sin puntuación de Juan Gelman.
     
    Hay que pensar leyendo...
     


    Puisque tu navigues dans mon sang et connais mes limites et m’éveilles au milieu du jour pour me coucher dans ton souvenir et que tu es furie de ma patience pour moi dis-moi ce que diable je fais pourquoi j'ai besoin de toi qui es muette seule me parcourant raison de ma passion pourquoi je désire te remplir de moi seul et t'envelopper et t’épuiser me mêler à tes petits os et tu es l’unique patrie contre les bêtes l'oubli.”


    (Trad:Colette)

     

     
     
    Ya que navegas por mi sangre y conoces mis límites y me despiertas en la mitad del día para acostarme en tu recuerdo y eres furia de mí paciencia para mí dime qué diablos hago por qué te necesito quién eres muda sola re recorriéndome razón de mi pasión por qué quiero llenarte solamente de mí y abarcarte acabarte mezclarme a tus huesitos y eres única patria contra las bestias el olvido”.
  • Je visite la vie / Visito la vida

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    Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez.”
    G. Bachelard.
    Roberto Juarroz est sans aucun doute un poète qui emploie l’imagination, les images, pour étudier, analyser le réel. Ce poème illustre bien, je trouve, le propos de G. Bachelard.

    Un nuage m’a visité.
    Et m’a laissé en s’en allant
    son contour dans le vent. 

     
    Une ombre m’a visité.
    Et m’a laissé en s’en allant
    le poids d’un autre corps. 

     
    Une bouffée d’images m’a visité.
    Et m’a laissé en s’en allant
    l’irréligion du rêve. 

     
    Une absence m’a visité.
    Et m’a laissé en s’en allant
    mon image dans le temps. 

     
    Et moi je visite la vie.
    Je lui laisserai en m’en allant
    la grâce de ces restes.

    Roberto Juarroz

    Poésie verticale, traduction Roger Munier

    Hace falta que la imaginación coja demasiado para que el pensamiento tenga suficiente”. G. Bachelard.
    Roberto Juarroz es, sin duda, un poeta que usa la imaginación, las imágenes, para estudiar, analizar la realidad. Este poema ilustra bien el propósito de G. Bachelard.
     
    Me visitó una nube.
    Y me dejó al marcharse
    su contorno de viento.
     
    Me visitó una sombra.
    Y me dejó al marcharse
    el peso de otro cuerpo.
     
    Me visitó una ráfaga de imágenes.
    Y me dejó al marcharse
    la irreligión del sueño.
     
    Me visitó una ausencia.
    Y me dejó al marcharse
    mi imagen en el tiempo.
     
    Yo visito la vida.
    Le dejaré al marcharme
    la gracia de estos restos.
     
    Roberto Juarroz

  • Pieds nus / Descalzo

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    Ce poème m’a émue, m'a fait penser à ma très vieille amie, Margarita, qui est analphabète.
    Este poema me conmovió, me hizo pensar en mi amiga, muy mayor, Margarita, que es analfabeta.

    Antònia Vicens nació en Santanyí (Mallorca) en 1941. Es novelista y poeta.
    Née à Santanyí (Mallorca) en 1941, elle est romancière et poète.
    Sorolla, el viejo pescador

     
     
    Il avait toujours mal aux pieds
     
    Les pieds le faisaient toujours souffrir
    mon père.
    C’est en boitant qu’il parcourait tous les magasins de chaussure
    à la recherche de souliers confortables qui l’aideraient
    à supporter le poids de toutes les blessures
    déchirements et coupures
    que la mer lui avait faits.
    Il n’en trouva jamais. Il a dû s’en aller
    pieds nus avec sa montre et son couteau
    à couper le pain, à couper les larmes, dans la poche de la veste et
    la figure blanche comme l’écume des vagues
    tant de fois surfées.
     
    Toujours il me le disait:
    Je n’ai pas eu d’enfance.
     
    Il ne se l’ôtait pas de la tête:
    J’ai appris à écrire mon nom à la guerre
     
    Sifflaient les balles glissaient les étoiles
    de sang quand j’ai appris à écrire mon nom.
    Je ne voulais pas être un aide-maçon quelconque
     
    Et ma mère disait :
    C’est un bel homme. Dommage
    qu’il ne sache pas écrire. Toi
    tu dois aller à l’école Antonia.Tu
    ne dois pas être une ignorante comme ton père, ma fille.
     
    Et le bleu de ses yeux se répandait sur ses joues quand,
    diluvienne,
    elle pleurait son absence.
    (Traduction Colette) 
     
    Alexander Ignatius Roche, the old fisherman
     
    LOS PIES SIEMPRE LE DOLÍAN

    Los pies siempre le dolían
    a mi padre.
    Cojeando recorría todas las zapaterías
    buscando unos zapatos bastante cómodos que lo ayudaran
    a sobrellevar el peso de  todos los daños
    los desgarros y los cortes
    que el mar le había hecho.
    Nunca los encontró. Tuvo que marcharse
    descalzo con el reloj de pulsera y el cuchillo
    de rebanar pan de rebanar lágrimas en el bolsillo de la chaqueta y
    una cara blanca como la espuma de las olas
    que tantas veces montó.
     
    Me lo decía siempre:
    No tuve infancia.
     
    No se lo sacaba de la cabeza:
    Aprendí a escribir mi nombre en el frente.
     
    Chillaban balas se deslizaban estrellas
    de sangre cuando yo aprendía a escribir mi nombre.
    No quería ser un peón cualquiera.
     
    Y decía mi madre:
    Es un hombre apuesto. Lástima
    que no sepa escribir. Tú
    tienes que ir a la escuela Antònia. No
    tienes que ser un ignorante como tu padre hija.
     
    Y el azulete de los ojos se le esparcía por las mejillas cuando
    diluviana
    lloraba su ausencia.
     
    *

    Traducción de Carlos Vitale*

    L'original en catalan:

    ELS PEUS SEMPRE LI FEIEN MAL /// Els peus sempre li feien mal / al pare. / Ranquejant recorria totes les sabateries / cercant unes sabates prou còmodes que l’ajudessin / a dur el pes de tots els traus / els treps i els talls / que la mar li havia fet. / No les va trobar mai. Va haver d’anar-se’n / descalç amb el rellotge de polsera i el ganivet / de llescar pa de llescar llàgrimes dins la butxaca del gec i / una cara blanca com l’escuma de les ones / que tantes vegades va muntar. / M’ho deia sempre: / No vaig tenir infància. / No s’ho treia del cap: / Vaig aprendre a escriure el meu nom al front. / Giscaven bales lliscaven estrelles / de sang quan jo aprenia a escriure el meu nom. / No volia ser un peó qualsevol. / I deia la mare: / És un home plantós. Llàstima / que no sàpiga escriure. Tu / has d’anar a l’escola Antònia. No / has de ser una ignorant com ton pare filla. / I el blavet dels ulls se li escampava per les galtes quan / diluviana / plorava la seva absència.
     
     

     

     
     
  • De solitude en noces / De soledad a bodas

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    Nous avons tous vu et regardé des gouttes d’eau couler le long d’une vitre. Souvent distraitement, un peu moroses peut-être.

    Aujourd'hui il pleut ici; ces gouttes ont pris une autre vie après la lecture du poème. Quand on y met des mots, du rythme, du talent...

     
     
    Ida Vitale
     
    Gouttes
     
    Se blessent et se fondent-elles?
    Déjà elles ne sont plus la pluie.
    Coquines à la récré,
    petits chats d'un royaume transparent,
    elles courent, libres, sur vitres et rampes,
    seuils de leur limbe,
    elles se suivent, se poursuivent,
    peut-être vont-elles, de solitude en noces,
    se fondre et s'aimer.
    Imaginant une autre mort.
    (Trad:Colette)
     
     

    Gotas

     

    ¿Se hieren y se funden?
    Acaban de dejar de ser la lluvia.
    Traviesas en recreo,
    gatitos de un reino transparente,
    corren libres por vidrios y barandas,
    umbrales de su limbo,
    se siguen, se persiguen,
    quizá van, de soledad a bodas,
    a fundirse y amarse.
    Trasueñan otra muerte.