nuages

  • D'autres cieux / Otros cielos

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    Foto Colette, 27 de febreo 2017


     
    Autre ciel  Mario Benedetti
     
    Il n'existe pas d'éponge pour laver le ciel
    mais même si tu pouvais le savonner
    et ensuite lui jeter des seaux et des seaux de mer
    et le tendre au soleil pour qu'il sèche
    il manquerait toujours l'oiseau en silence
    (Trad: Colette)
     
     

    Otro cielo  Mario Benedetti

    No existe esponja para lavar el cielo
    pero aunque pudieras enjabonarlo
    y luego echarle baldes y baldes de mar
    y colgarlo al sol para que se seque
    siempre faltaría el pájaro en silencio
     
                                                            


                                                                    --------------
    Ces vers pour vous dire aussi que ce blog prend une pause-vacances: je m'en vais vers des cieux aussi gris, je crois, mais remplis de voix, de sourires chaleureux...
     
     
    Source photo
     
     
     
    Estos versos para deciros que este blog coge una pausa, me voy hacia unos cielos también grises, creo, pero hacia voces y sonrisas calurosas... 
  • Nuages 2 / Nubes 2

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      Cette semaine j'ai découvert des extraits de ZOCALO d'Adonis...et ces écrits m'ont enchantée, dans le sens premier du mot: envoûté donc.


    Esta semana descubrí (en francés ya que creo que esta obra no está todavía traducida al español) unos extractos de ZOCALO de Adonis y esos textos me han realmente encantado.


    Foto Colette                              

    Une mouette dort sur le bras d'une mouette
    Une vague pend au cou d'une vague - berceau pour ceux affublés du saroual de la mer.
    Calmez-vous, calmez-vous, papillons du sens.
    Les images improvisent les ailes et l'espace improvise l'encre.
    C'est ainsi que je mets les choses entre parenthèses, et que je fends mon chemin entre ses signes.
    J'ai sellé des chevaux que je n'ai pas touchés et touché des autres que je n'ai pas vus.
    Les montagnes marchaient autour de moi, nuages serrés dans leurs mains.

    Adonis (Ali Ahmed Said Esther), Zocalo, extrait


    Una gaviota duerme en el brazo de una gaviota
    Una ola cuelga del cuello de una ola – cuna para los adornadoscon los bombachos del mar.
    Calmaos, calmaos, mariposas del sentido.
    Las imágenes improvisan las alas y el espacio improvisa la tinta.
    Así es como pongo las cosas entre paréntesis, y que surco mi camino entre los signos.
    Ensillé caballos que no toqué y toqué otros que no vi.
    Las montañas andaban alrededor mío, apretando nubes en sus manos.
    Adonis (Ali Ahmed Said Esther)- Extracto de Zocalo

    (Trad: Colette)

     

  • Nuages / Nubes

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                                 Photo Colette, aube à Puigpunyent, Mallorca 2014
     
                Nuages ( Jorge Luis Borges)
    I. Pas une chose au monde qui ne soit
    nuage. Nuages, les cathé­drales,
    pierre impo­sante et bibliques ver­rières,
    qu’aplanira le temps. Nuage l’
    Odys­sée,
    mou­vante, comme la mer, neuve
    tou­jours quand nous l’ouvrons. Le reflet
    de ta face est un autre, déjà, dans le miroir
    et le jour, un laby­rinthe impal­pable.
    Nous sommes ceux qui partent. Le nuage
    nom­breux qui s’efface au cou­chant
    est notre nuage. Telle rose
    en devient une autre, indé­fi­ni­ment.
    Tu es nuage, tu es mer, tu es oubli.
    Tu es aussi ce que tu as perdu.
    Nuages (I), Jorge Luis Borges, Les Conju­rés,
    tra­duc­tion par Claude Este­ban,

                             Photo Colette, aube à Puigpunyent, Mallorca 2014


    NUBES   (de Jorge Luis Borges)
     
    1. No habrá una sóla cosa que no sea
      una nube. Lo son las catedrales
      de vasta piedra y bíblicos cristales
      que el tiempo allanará. Lo es la Odisea,
      que cambia como el mar. Algo hay distinto
      cada vez que la abrimos. El reflejo
      de tu cara ya es otro en el espejo
      y el día es un dudoso laberinto.
      Somos los que se van. La numerosa
      nube que se deshace en el poniente
      es nuestra imagen. Incesantemente
      la rosa se convierte en otra rosa.
      Eres nube, eres mar, eres olvido.
      Eres también aquello que has perdido.
                            Photo Colette, Mallorca
     
     
     
     
     

    Nubes II (extracto) JL Borges
    (...)
    ¿Qué son las nubes? ¿Una arquitectura
    del azar? Quizá Dios las necesita
    para la ejecución de Su infinita
    obra y son hilos de la trama oscura.
    Quizá la nube sea no menos vana
    que el hombre que la mira en la mañana.
     
            Nuages ll (extrait) JL Borges
     
            (...)
            Que sont les nuages? Une architecture
            du hasard? Dieu, peut-être, en a-t-il besoin
            pour l'exécution de son oeuvre infinie.
            Ils sont le fil d'une trame obscure.
            Le nuage, peut-être, est aussi vain
            que l'homme qui le regarde dans le matin.
             (Trad: Colette)
     

  • Anges clandestins / Ángeles clandestinos

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    Si ce que je te montre et ce que je te donne te semblent moindres que ce que je te cache, ma balance est pauvre, ma glane est sans vertu.

    Les Matinaux (1950)

    René Char

     

    Si lo que te enseño y lo que te doy te parecen menos importante que lo que te escondo,

    mi balanza es pobre, mi búsqueda sin virtud.

    Los Matinales, René Char

     

     

     

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            Si las nubes no anticipan... de Raúl Gómez Jattin (Colombien)


    Si las nubes no anticipan en sus formas la
    historia de los hombres
    Si los colores del río no figuran los designios del
    Dios de las Aguas
    Si no remiendas con tus manos de astromelias las
    comisuras de mi alma
    Si mis amigos no son una legión de ángeles
    clandestinos Qué será de mí

     

    Si les nuages n’anticipent…R. Gómez Jattin

     

    Si les nuages n’anticipent dans leurs formes

    l’histoire des hommes

    Si les couleurs du fleuve ne figurent les desseins du

    Dieu des Eaux

    Si tu ne raccommodes de tes mains d’astromelia les

    commissures de mon âme

    Si mes amis ne sont une légion d’anges

    clandestins Qu’en sera-t-il de moi (Trad. Colette)

     

     

     

    fleurs insectes 010.jpgNuages et éclaircies ; le buddléia en fleurs a lancé des invitations tous azimuts. Sans distinction de taille ni de couleur, les convives se livrent dès l’aube, qui gaiement, qui lascivement, qui laborieusement à un festin sans nom. Il y en a même qui en profitent pour faire une sieste. Je les ai observés des heures durant.

     

     

     

     

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    Nubes y claros; el buddleia en flor ha lanzado invitaciones « todos azimut ».

    Sin distinción de talla ni de color, los convidados se dedican desde el alba, quien alegremente, quien lascivamente, quien laboriosamente a un festín sin nombre. Los hay incluso que aprovechan para echar una siesta. Los he observado durante horas.

     

    .

     

     

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  • Rencontre de vents / Encuentro de vientos

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    novembre_09_030.jpg

     

    “Toda cultura nace de la mezcla, del encuentro, de los choques. Por el contrario, a raíz del aislamiento mueren las civilizaciones” Octavio Paz

     

     "Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations." Octavio Paz

     

     

     

    Hier et toujours c’est le mexicain Octavio Paz  et ses vers qui m’ont séduite, emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

    Ayer y siempre el mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a bailar en el espacio; instantes mágicos.

     

     

     

     

                               Viento          Octavio Paz

    Cantan las hojas,
    bailan las peras en el peral;
    gira la rosa,
    rosa del viento, no del rosal.

    Nubes y nubes
    flotan dormidas, algas del aire;
    todo el espacio
    gira con ellas, fuerza de nadie.

    Todo es espacio;
    vibra la vara de la amapola
    y una desnuda
    vuela en el viento lomo de ola.

    Nada soy yo,
    cuerpo que flota, luz, oleaje;
    todo es del viento
    y el viento es aire siempre de viaje.

     

    Vent   O. Paz

     

    Chantent les feuilles,

    dansent les poires sur le poirier ;

    tourne la rose,

    rose du vent, pas du rosier.

     

    Nuages et nuages

    flottent endormis, algues de l’air ;

    tout l’espace

    tourne avec eux, force de personne.

     

    Tout est espace ;

    vibre la  tige du coquelicot

    et l’un, nu,

    vole dans le vent dos de la vague.

     

    Rien je suis,

    corps qui flotte, lumière, houle ;

    tout est au vent,

    et le vent est de l’air toujours en voyage.

    (Trad. Colette)

     

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    Extrait d’une interview d’Octavio Paz datant du 2 septembre 1992 dans le journal belge Le Soir.

     

    - De quelle époque datent vos premiers poèmes?


     - J'inventais des poèmes quand j'étais enfant mais je ne les écrivais pas de manière délibérée: des imitations, c'est normal! Aristote dit que l'homme est surtout l'animal capable d'imiter. C'est ce qui nous permet d'apprendre, et la création commence comme un pastiche: il faut l'accepter ainsi, même chez Mozart.
    Après vient la transgression.
    Et l'amour de la transgression. Ce «passage à travers» n'a pas la même importance pour tout le monde, peut-être pas pour moi, alors qu'elle en a eu tant pour les surréalistes. J'aimais beaucoup la transgression sur le plan moral, philosophique, politique, ce qu'on appelle la subversion, mais, au point de vue littéraire, je suis plus attaché à une idée de perfection, au sens de rendre perfectible.

     Les amis de Breton aimaient la poésie dans une sorte de spontanéité alors que, moi, je crois que la poésie doit pouvoir résister à l'érosion du temps, qu'elle doit se couler dans la forme d'un poème.

     

     

     Extracto de una entrevista a Octavio Paz del 2 de septiembre 1992 en el periódico belga Le Soir.

     ¿De qué época datan sus primeros poemas?

    Inventaba poemas cuando era niño, pero no los escribía de forma deliberada: imitaciones, ¡es normal! Aristóteles dice que el hombre es sobre todo capaz de imitar. Es lo que nos permite aprender, y la creación empieza como un plagio, hay que aceptarlo así, incluso con Mozart.

    Luego viene la trasgresión.

    Y el amor de la trasgresión. Ese “tránsito” no tiene la misma importancia para todo el mundo, tal vez no para mí, y sin embargo tanta para los surrealistas. Me gustaba mucho la trasgresión en el plano moral, filosófico, político, lo que se llama la subversión, pero, desde el  punto de vista literario, estoy más ligado a una idea de perfección, en el sentido de volverse perfectible.

    A los amigos de André Breton les gustaba la poesía como un tipo de espontaneidad mientras que, yo, creo que la poesía debe poder resistir a la erosión del tiempo, que debe moldearse en la forma de un poema.

    (Trad: Colette)

     

    (Photo 1, CM, JEA, Photo 2, CM)

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