mohammed dib

  • Silences et bruits d'arbres /Silencios y ruidos de árboles

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    Une vieille photo retrouvée, quelques arbres qui entouraient la maison de grand-mère.

    Tous les étés, les jeux de ma jeunesse.

    Des lieux, des arbres, des moments de vie.

    Una vieja foto encontrada, unos árboles que rodeaban la casa de la abuela.

    Cada verano, los juegos de mi juventud.

    Lugares, árboles, momentos de vida.

     

    El Bourlette.jpg

    Deux rangées de marronniers devant ma maison natale en Flandres ; là c’était se rouler et donner gaiment des coups de pied dans les couches humides et colorées des feuilles tombées, et ouvrir les coques dures des fruits en se blessant les mains, et admirer les pyramides de fleurs blanches qui annonçaient les vacances.

     

    Dos filas de castaños ante mi casa natal en Flandes; allí era revolcarse y dar alegres patadas a las capas húmedas y coloradas de hojas caídas, y abrir las duras cápsulas de los frutos hiriéndose las manos, y admirar las pirámides de flores blancas que anunciaban las vacaciones.

     

    L'Arbre

     

    L'arbre attendait.

    Puis il fit sombre.

     

    Il restait là-bas.

    L'enfant le regardait.

     

    Il dit : il fait nuit.

    Et cela dit il rentra

     

    On dîna. On veilla.

    Et l'arbre ? dit-il.

     

    Se demanda l'enfant

    Sous le clair de lampe

     

    L'enfant à qui l'arbre

    Vint fermer les yeux.

    Mohammed Dib

     

     

    El árbol

     

    El árbol esperaba.

    Después oscureció.

     

    Se quedaba allí.

    El niño lo miraba.

     

    Dijo: hace de noche.

    Y dicho esto entró en casa.

     

    Cenamos. Velamos.

    ¡Y el árbol? dijo.

     

    Se preguntó el niño

    Bajo la luz de la lámpara.

     

    El niño a quien el árbol

    Vino a cerrar los ojos.

    Mohammed Dib

    (Trad: Colette)


    Dans mes souvenirs diffus de la première année passée en Espagne, aux îles Canaries, ce sont les gigantesques avocatiers chargés de fruits; puis ce fut la découverte sur une autre île, Ibiza, des amandiers et oliviers qui me suivront ici à Majorque.

    En mis difusos recuerdos del primer año pasado en España, en las islas Canarias, son los gigantescos aguacates cargados de frutos; luego fue el descubrimiento en otra isla, Ibiza, de los almendros y olivos que me seguirán hasta aquí, Mallorca.

     

    VERANO 2008 014.jpg

    Ici …hésitation. Et puis non, pourquoi choisir? Les palmiers et les pins, tous deux habitent mon paysage quotidien.

    Solitaire, le palmier aux gestes lents se suffit à lui seul, il est le décor. Tandis que ce sont les forêts de pins qui donnent la couleur générale; odeurs et bruits dans le vent.

    Aquí....hesitación. Pero no,¿por qué elegir? Las palmeras y los pinos, ambos habitan mi paisaje cotidiano.

    Solitaria, la palmera de gestos lentos se basta a si misma, ella es el decorado. Mientras que son los bosques de pinos que dan el color general; olores y ruidos en el viento.


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  • Vague au bout de son errance / Ola al final de su andanza

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    Pour une fin d'année voluptueuse, recherche de poèmes sensuels, délicatement érotiques.
    Partir vers le Sud, le Maghreb, et découvrir, enchantée, la poésie de
    Mohammed Dib.

    Para un fin de año voluptuoso, búsqueda de poemas sensuales, delicadamente eróticos.
    Dirigirme hacia el Sur, el Magreb, y descubrir, encantada, la poesía de Mohammed Dib.


    Horizon féminin

    gestes
    de même longueur
    dans le présent
    et l'après
    de même fraîcheur
    dans l'espoir
    et l'après
    de même lenteur
    dans la fatigue
    et l'après

    Horizonte femenino


    gestos
    igual de largos
    en el presente
    y el después
    igual de frescos
    en la esperanza
    y el después
    igual de lentos
    en la fatiga
    y el después

    (Trad: Colette)

    Picasso la femme nue couchée ou la dormeuse 1932.jpg

     

     

     

    Les marches de la mer

    rien ne sera dit
    porté par le désir
    jusqu'aux lèvres

    ce murmure
    plus monte la marée
    sonne l'hallali

    mêmes hanches mêmes reins
    vague au bout de son errance
    vive à vanner

    ô rivages pour abus tendres
    et la main première conviée
    d'un vœu à tirer ce feu

    Los peldaños de la mar

    nada será dicho
    llevado por el deseo
    hasta los labios

    ese murmullo
    más sube la marea
    suena el hallali*

    las mismas caderas el mismo talle
    ola al final de su andanza
    viva a reventar

    oh riveras para abusos tiernos
    y la mano primera convidada
    de un deseo de disparar ese fuego

    (Trad: Colette)


    "L'air qu'il fait entendre sur son clavecin est une musique intérieure qui parle au cœur"
    Jean Déjeux, dans Hommage à Mohammed Dib
    "El aire que deja oír en su clavicordio es una música interior que habla al corazón"

    Illustration: Picasso, 1932, Femme nue couchée ou la dormeuse

    **Hallali: toque de acoso, término de caza cuando el ciervo está acorralado.