lumière

  • Le sablier / El reloj de arena

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     Si la littérature s'est emparée du sablier pour signifier le temps qui passe et nous mène inexorablement vers la mort, cet objet, tombé en désuétude, avait jadis de multiples usages, vous le savez; navigation, cuisine, église (messe)...

     
    Si la literatura ha convertido el reloj de arena en signo del tiempo que pasa y nos lleva irremediablemente a la muerte, ese objeto, hoy en desusso, tenía antaño múltiples usos; navegación, cocina, iglesia (misa)...
     
     
    El reloj de arena (Le sablier) José Cirilo Henao, artista Colombiano
     

     

     
    Le sablier
    joue
    à se remplir de lumière
    à se vider d'ombre.
    Nous le retournons
    jouons à ne pas nous perdre
    à ne pas nous vider de lumière
    à ne pas nous remplir d'ombre.
     
    (Trad: Colette)
     
     
    Jorge H Cadavid (poète et essayiste Colombien (1962-   ))
     
     
    El reloj de arena
    juega
    a llenarse de luz
    a vaciarse de sombra.
    Nosotros le damos vuelta
    jugamos a no perdernos
    no vaciarnos de luz
    no llenarnos de sombra.

    NB: Ce billet est plus ou moins une reprise d'il y a des années...
  • Lumière d'automne / Luz de otoño

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    “L’automne a lui aussi son été, cette minute où s’incendie son or et se transforme en feu; l’air se densifie et la lumière devient pâteuse, épaisse, plus visible qu’en été, et permet, invite même à la regarder et, avant de tomber, devient pâle comme un fantôme d’elle-même, image pure de la lumière solaire; astre qui sans décadence aucune a cédé devant la requête du regard humain. C’est, plus que le printemps, l’instant d’accomplissement des noces entre le Soleil et la vie terrestre. Et une paix et une secrète douceur pénètrent partout, la vie humaine aussi; c’est le moment de l’amitié, de se sentir en amitié, même si on n’en n’a pas; de l’intimité de l’amitié, de son accomplissement, si on l’a.” (trad:Colette)

    Délire et destin ; les vingt ans d'une espagnole   MaríaZambrano

     

                            Photo Colette 17 octobre 2020

     «El otoño tiene también su verano, ese minuto en que se incendia su oro y se convierte en fuego; el aire se adensa y la luz se hace pastosa, corpórea, más visible que en el verano, y sólo permite, y hasta invita, a que se le mire y, antes de caer, se vuelve pálido como un fantasma de sí mismo, imagen pura de la luz solar; astro que sin decadencia alguna ha cedido ante el requerimiento de la mirada humana. Es, más que la primavera, el instante de cumplimiento de las nupcias entre el Sol y la vida terrestre. Y una paz y una secreta dulzura lo penetra todo, la vida humana también; es el momento de la amistad, de sentirse en amistad, aunque no se tenga; de la intimidad de la amistad, de su cumplimiento, si se la tiene».                         

     (ZAMBRANO, María. Delirio y destino: los veinte años de una española.)

     

     

  • Golden hour

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    Derniers jours d'août
     

     

    Se balader en plein été ici n’est agréable qu’avant huit heures du matin, mais cette semaine il y a eu, enfin, un gros orage et hier soir il faisait délicieux. Une brise fraîche caressait nos peaux nues, personne au village ne voulait rater ce moment si rare depuis des mois.
     
    Ces dames âgées, grandes connaisseuses de la nature et surtout très gourmandes, nous ont fait sourire puis rire. En passant devant les figuiers, sans hésitation, hop, elles ont levé leurs cannes pour décrocher les fruits les plus appétissants. Ensemble, et additionné de quelques mûres voisines, un apéritif-fruits s’est improvisé.
     
     
     

     

     

     

     
    Un mouton gourmand et affamé sans doute attend patiemment que les figues tombent

    À 8h du soir, la lumière est de celles qu’on voudrait garder en soi pour longtemps. Tout près de chez nous, pourquoi diable aller loin?
     
    C’est cette lumière, cette paix qu’à travers ces photos je voudrais partager avec vous aujourd'hui.
     
     

     

     

     

     

  • Sourires et images

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    C’était à la frontière avec la Guinée Bissau, tout au sud du Sénégal. Nous sommes restés une semaine dans ce petit village.
     
    Ce n’était pas vraiment un endroit touristique (à part un club Med. dont les clients ne sortent pas ou peu) mais il y a de nombreux résidents européens, retraités, qui y passent la saison sèche. Principalement des français et des belges.
     
    Il y avait le doux Adama, avec son magasin savamment installé sur son vélo. Il était fier Adama car lors de la course cycliste il était“le troisième africain”. “Les français étaient forts” disait-il, moi je pense qu’ils avaient de meilleurs vélos…
     
     
    Il y avait la souriante Mané qui m’a enseigné à préparer un poulet yassa, délicieux. Les cubes de bouillon Jumbo sont omniprésents dans leur cuisine.
     
    Il y avait Moudou qui, à 7h30, passait, bonnet de laine et veste à longues manches. Il faisait 23º. “Vous avez froid Moudou?” “Oui, il fait froid”.
     
    Et tant d’autres qui semblaient si contents qu’on parle avec eux (ils disent que certains européens les ignorent...relents de colonialisme). Les pêcheurs et les ramasseurs de coquillages vides (ils les vendent pour faire du coquillé, un mélange de morceaux de coquillages et de ciment).
     

     

     
    Les plages, immenses, étaient vides d’humains, seuls des chiens puis des vaches. 
     

     

     
     
    Et la poésie me direz-vous? Elle est partout: les sourires et la lumière jaunâtre à l’aube, rosâtre le soir, cet arbre qui semble porter une jupe, des coquillages sur la plage qui semblent être des papillons…
     

     

     
     
    C’était la première fois que je sortais de l’Europe. Ce voyage m’a énormément intéressée, bouleversée aussi.
     
    Dans le prochain billet, un poème et un bois sacré...l’animisme est très présent là-bas.
     
    Lo siento amigos españoles, tuve pereza esta vez de traducirlo al español. Pero tenéis las fotos...
    Lien permanent Catégories : Air du temps, billet 2 commentaires
  • Fiat lux

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    Foto Colette, Puigpunyent nov. 2016

     Dans toute chose il y a une faille. C'est ainsi qu'entre la lumière.

    En cada cosa hay un fallo. Así es como entra la luz.

     

    There is a crack in everything. That's how light gets in.
     


    Paroles chanson Anthem de Leonard Cohen

  • La voix de la fée / La voz del hada

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    Paul-Gauguin-Fatata-Te-Miti-.jpg

    Pour commencer l’année, deux courts  poèmes de l’ Iranienne Forough Farrokhzad

    Para empezar el año, dos poemas cortos de la iraní Forough Farrokhzad

     

     

    Moi
    Je connais une petite fée triste
    Qui demeure dans un océan
    Et joue son coeur dans un pipeau de bois
    Doucement doucement
    Une petite fée triste
    Qui la nuit venue d'un baiser meurt
    Et à l'aube d'un baiser renaît.

     

    Yo

    Conozco una pequeña hada triste

    Que vive en un océano

    Y toca su corazón en una flauta de madera

    Suavemente suavemente

    Una pequeña hada triste

    Quien, venida la noche, de un beso muere

    Y al alba de un beso resucita. (trad Colette)


    Forough Farrokhzad (poète iranienne 1935-1967)

    `

    Tanha sedast ke mimanad - Il n’y a que la voix qui reste- Sólo queda la voz

     

    La voix, la voix, seulement la voix

    La voix du désir de l’eau de couler

    La voix de l’écoulement de la lumière sur la féminité de la terre

    La voix de la formation d’un embryon de sens...

     

    La voz, la voz, sólo la voz

    La voz del deseo de correr del agua

    La voz del discurso de la luz sobre la feminidad de la tierra

    La voz de un embrión de sentido… (trad. Colette)

    Foroukh Farrokhzâd

     

    Poèmes trouvés sur : http://www.pierdelune.com/farrok3.htm

     Illustration: Gauguin. Fatata te Miti