le sud

  • L'odeur du jasmin / El olor del jazmín

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    Le Sud

    Du fond d’un de tes patios avoir regardé
    les antiques étoiles,
    d’un banc de l’ombre avoir regardé
    ces lumières éparses
    que mon ignorance n’a pas appris à nommer
    ni à ordonner en constellations,
    avoir senti le cercle d’eau
    dans la secrète citerne,
    l’odeur du jasmin et du chèvrefeuille,
    le silence de l’oiseau endormi,
    la voûte du vestibule, l’humidité
    – ces choses, peut-être, sont le poème.

    Jorge Luis Borges, Ferveur de Buenos Aires [1923], in Éloge de l’ombre [1967-1969], L’Or des tigres, Gallimard, Collection Poésie, 1976, page 158.
    ( traduction trouvée sur Terre de femmes http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/)
     
     

    EL SUR

    Desde uno de tus patios haber mirado
    las antiguas estrellas,
    desde el banco de
    la sombra haber mirado
    esas luces dispersas
    que mi ignorancia no ha aprendido a nombrar
    ni a ordenar en contelaciones,
    haber sentido el circulo del agua
    en el secreto aljibe,
    el olor del jazmin y la madreselva,
    el silencio del pájaro dormido,
    el arco del zanguán, la hemedad
    –esas cosas, acaso, son el poema.

    Jorge Luis Borges, Fervor de Buenos Aires.