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  • La sympathie de Lorca pour les gitans

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    Lorca.jpgL’Andalousie, terre multiculturelle ; phéniciens, grecs, romains, juifs, arabes, gitans…Malheureusement dès 1492 l’histoire s’est chargée d’en réduire la riche diversité par des persécutions et en forçant l’assimilation dans le but de faire une Espagne unie, homogène. (historique fort intéressant ici)

    Je vous traduis les mots de F.G. Lorca lus sur un excellent blog  (en espagnol).

    Lorca parle de la chute de Granada en 1492 : « Ce fut un très mauvais moment, même si l’on dit le contraire dans les écoles. On a perdu une civilisation admirable, une poésie, une astronomie, une architecture, une délicatesse uniques au monde, pour céder le pas à une ville pauvre, humiliée ; à une « terre du chavico » où s’agite actuellement la pire bourgeoisie de l’Espagne. » (Journal El Sol, le 10 juin 1936)

     L’auteur du blog  explique qu’on ne sait pas trop pourquoi Lorca s’est toujours senti proche des marginaux : « cette vision dénuée de préjugés qu’a Lorca sur le noirs et les gitans, cette affinité et solidarité avec ceux qui sont persécutés était due, selon lui (Lorca) au fait d’être né à Granada.

    « Je crois qu’être de Granada m’incline à la compréhension sympathique des persécutés. Du gitan, du noir, du juif….de maure, que nous portons tous en nous » (Garcia Lorca, 1936 : 503)

    Et l’auteur termine son analyse par ces mots auxquels je souscris entièrement : « Au XXI siècle, Lorca continue à donner des leçons de solidarité, justice et humilité »

     

    Para saber más sobre la relación privilegiada que existía entre Lorca y los gitanos, negro,…los excluidos, os recomiendo la lectura de un análisis en un blog muy interesante sobre el tema: aquí.

     

    Voici un poème magnifique, plein d’érotisme, d’images poétiques, de vie gitane. Il est un peu long, mais n’en perdez pas une miette !

     

     

    La femme adultère de Frederico Garcia Lorca   (éditions Gallimard) Traduction : Jean Prévost

    Je la pris près de la rivière,
    Car je la croyais sans mari
    Tandis qu'elle était adultère.


    gitana con flor picasso.jpg

     

    Ce fut la Saint-Jacques, la nuit,
    Par rendez-vous et compromis
    Quand s'éteignirent les lumières
    Et s'allumèrent les cri-cris
    Au coin des dernières enceintes,
    Je touchai ses seins endormis ;
    Sa poitrine pour moi s'ouvrit
    Comme des branches dejacinthes. 
    Et dans mes oreilles l'empois   
    De ses jupes amidonnées
    Crissait comme soie arrachée
    Par douze couteaux à la fois.
    Les cimes d'arbres sans lumière
    Grandissaient au bord du chemin
    Et tout un horizon de chiens
    Aboyait loin de la rivière

     


    Quand nous avons franchi les ronces
    Les épines et les ajoncs
    Sous elle son chignon s'enfonce
    Et fait un trou dans le limon.
    Quand ma cravate fut ôtée,
    Elle retira ses jupons
    Puis (quand j'ôtai mon ceinturon)
    Quatre corsages d'affilée
    Ni le nard ni les escargots
    N'eurent jamais la peau si fine,
    Ni, sous la lune, les cristaux
    N'ont de lueurs si cristalline
    Ses cuisses s'enfuyaient sous moi
    Comme des truites effrayées
    Une moitié toute embrasée,                                                             
    L'autre moitié pleine de froid.                                                     
    Cette nuit me vit galoper
    De ma plus belle chevauchée,
    Sur une pouliche nacrée,
    Sans brides et sans étriers
    Je suis homme et ne peux redire
    Les choses qu'elle me disait ;
    Le clair entendement m'inspire
    De me montrer fort circonspect,
    Sale de baisers et de sable
    Du bord de l'eau je la sortis ;
    Les iris balançaient leur sabre
    Contre les brises de la nuit.

    Pour agir en pleine droiture
    Comme fait un loyal gitan,
    Je lui fis don en la quittant,
    D'un beau grand panier à couture
    Mais sans vouloir en être épris ;
    Parce qu'elle était adultère
    Et se prétendait sans mari
    Quand nous allions vers la rivière.

     

    lorcadibujo.jpg 

    La casada infiel

    Y que yo me la llevé al río
    creyendo que era mozuela,
    pero tenía marido.

     

    Fue la noche de Santiago
    y casi por compromiso.
    Se apagaron los faroles
    y se encendieron los grillos.
    En las últimas esquinas
    toqué sus pechos dormidos,
    y se me abrieron de pronto
    como ramos de jacintos. 

     

    El almidón de su enagua
    me sonaba en el oído,
    como una pieza de seda
    rasgada por diez cuchillos.
    Sin luz de plata en sus copas
    los árboles han crecido,
    y un horizonte de perros
    ladra muy lejos del río.

    *

    Pasadas las zarzamoras,
    los juncos y los espinos,
    bajo su mata de pelo
    hice un hoyo sobre el limo.
    Yo me quité la corbata.
    Ella se quitó el vestido.
    Yo el cinturón con revólver.
    Ella sus cuatro corpiños.
    Ni nardos ni caracolas
    tienen el cutis tan fino,
    ni los cristales con luna
    relumbran con ese brillo.
    Sus muslos se me escapaban
    como peces sorprendidos,
    la mitad llenos de lumbre,
    la mitad llenos de frío.
    Aquella noche corrí
    el mejor de los caminos,
    montado en potra de nácar
    sin bridas y sin estribos.
    Lorca dibujo.jpgNo quiero decir, por hombre,
    las cosas que ella me dijo.
    La luz del entendimiento
    me hace ser muy comedido.
    Sucia de besos y arena
    yo me la llevé del río.
    Con el aire se batían
    las espadas de los lirios.

    Me porté como quien soy.
    Como un gitano legítimo.
    Le regalé un costurero
    grande de raso pajizo,
    y no quise enamorarme
    porque teniendo marido
    me dijo que era mozuela
    cuando la llevaba al río.


     Les dessins sont de Lorca et le tableau de Picasso; gitana con flor