froid

  • Le secret du rouge-gorge / El secreto del petirrojo

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    Et si, pour nous extraire du bruit du monde, on écoutait chanter le rouge-gorge?

    Différentes latitudes, différents climats. Ici les rouges-gorges ne gèlent ni ne marchent dans la neige.

    Jamais non plus je n'en ai entendu chanter la nuit, mais des audios et l'auteure de ce petit poème l'assurent. Je les crois.

     

    Nous avons croisé Anne Le Maître en janvier ici.

    La revoici, admirant la vaillance de l'oiseau. Poésie claire, mots choisis.

     

    Reçu d'un rouge-gorge

     

    J’ai ouvert la fenêtre

    sur le chant de l’oiseau

    le givre est entré

    la nuit était pâle

     

    le chant m’a dit

    attarde-toi

    entends celui qui veille

     

    nul ne peut dire 

    le secret

    de l’oiseau.

     

     

    La leçon du rouge-gorge

    c’est ce chant obstiné

    dans la nuit

    sertie de givre bleu

     

    Avec le brouillard monté de la rivière

    et les petits animaux

    endormis dans les trous.

     

     

    31 décembre

    j’ai la peau bleue de froid

    pieds nus

    à la fenêtre

     

    la vaillance

    cette nuit

    a la gorge vermeille

     

    je reçois de l’oiseau

    la dernière leçon

                                de l’année.

     


      Et ma traduction à l'espagnol.

    Recibido de un petirrojo

     

     

    Abrí la ventana

    al canto del pájaro

    la escarcha entró

    la noche era pálida

     

    el canto me dijo

    demórate

    escucha al que vela

     

    nadie puede decir

    el secreto

    del pájaro.

     

    La lección del petirrojo

    es este canto obstinado

    en la noche

    engarzada de hielo azul

     

    Con la niebla que sube del río

    y los pequeños animales

    dormidos en los agujeros.

     

    31 de diciembre

    tengo la piel azul de frio

    descalza

    en la ventana

     

    la valentía

    esta noche

    tiene la garganta roja

     

    recibo del pájaro

    la última lección

    del año.

     

    (Trad: Colette) 

     

     

  • Un soubresaut de gratitude / Un sobresalto de gratitud

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     Quand nous sommes arrivés elle était recroquevillée, minuscule, dans un coin de sa chaise roulante. 

    Ensuite elle a souri.
    Février, hiver. 
     
    C’est l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a fait choisir cet extrait du roman « Pleine lune » d’Antonio Muñoz Molina, un grand roman. (si vous ne l'avez pas lu, cliquez sur le lien vous en saurez plus).
     
     
    Es el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio Muñoz Molina, una gran novela.
     
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    « Il passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond pas fort attention, de la même façon qu’il ne s'arrêtait pas à penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bonbonne de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. »
    (Trad. Colette, je ne possède pas la version en français) 
     
     
    https://i2.wp.com/www.lechangeoirdecriture.fr/wp-content/uploads/2016/11/Pleine-Lune.png

     


     
    Pasaba solo demasiado tiempo, contaminándose despacio de postergación y vejez a la que no daba crédito y a la que en el fondo no se fijaba mucho, igual que no se paraba a considerar el tedio de los alimentos sin sal, el frío de las baldosas de su cuarto, la fealdad y el mal olor de la bombona de butano con la que se calentaba, contemporánea del jarrón azul eléctrico y de los sillones y el sofá tapizados de plástico verde. No hacía caso de su pesadumbre ni se quejaba de su soledad, pero cuando reconoció al visitante que permanecía frente a él, en la luz escasa del recibidor, callado, inhábil, aún sin decir su nombre, tuvo una efusión impúdica de jovialidad, un sobresalto de gratitud que le humedeció los ojos y le despertó las emociones más escondidas de su alma, ternura antigua y nostalgia sin motivo, remordimiento más precioso y más firme que los recuerdos ya en parte borrados que lo provocaban.”