berceuse

  • Silences II / Silencios II

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    Une dame très cultivée, mélomane et poétesse, Tutú García Sidón est galicienne et vit actuellement à La Coruña.
    Un prénom étrange Tutú? Oui, dit-elle, en riant, que voulez-vous, quand on s'appelle “Esclavitud”... (c'était le nom de sa grand-mère)
    Sa poésie est généralement agréable et très simple ;  j'ai sélectionné cette “nana” (berceuse) pour ses quatre premiers vers.
    Et aussi en souvenir de lointaines mais innombrables, inoubliables, nuits blanches à bercer mes enfants, à leur chantonner sur un ton de plus en plus énervé, épuisé...
     
    Berthe Morisot
     
    Una señora muy culta, melómana y poetisa, Tutú García Sidón es gallega y vive en A Coruña.
    ¿Un nombre extraño Tutú? Sí, dice riéndose, qué quiere cuando una se llama Esclavitud... (era el nombre de su abuela).
    Su poesía es generalmente agradable y muy  simple; he seleccionado esta nana por sus cuatro primeros versos. 
    Y también en recuerdo de lejanas pero innumerables, inolvidables, noches en vela meciendo a mis hijos, canturreándoles en un tono cada vez más nervioso, agotado...
     
    Le silence se déchaussa
     
    Le silence se déchaussa
    et passa sur la pointe des pieds
    très doucement, doucement
    pour ne pas l'éveiller.
    Mon enfant dort
    dans son berceau d'argent,
    posé et tranquille
    entre des draps blancs.
     
    La lune caresse
    son petit visage rose,
    les orangers en fleur
    parfument la pièce.
    Dors, ma vie,
    un ange veille sur toi;
    Dors et ne t'éveille pas
    jusqu'à ce que pointe l'aube.
    (Trad: Colette, Summer Watosn)
     
     
    Se descalzó el silencio 
     Tutú García Sidón
     
    Se descalzó el silencio
    y pasó de puntillas
    muy quedito, quedito
    para no despertarle.
    Es que duerme mi niño
    en su cuna de plata,
    reposado y tranquilo
    entre sábanas blancas.
     
    Le acaricia la luna
    su carita rosada,
    los naranjos en flor
    le perfuman la estancia.
    Duérmete, vida mía,
    que te vela tu ángel;
    Duerme y no te despiertes
    hasta que se asome el alba.

     
    Je suppose que beaucoup de berceuses parlent d'anges, mais la sachant mélomane, comment ne pas faire le lien avec ce poème de Lamartine, transposé en opéra dans cet air si connu: “ Berceuse de Jocelyn”?
     
    Supongo que muchas nanas hablan de ángeles, pero sabiendo que es melómana, ¿cómo no pensar en el poema de Lamartine traspuesto en ópera por Godard en este refrán tan conocido?
     
    Tant de sopranos et ténors l'ont chanté..que choisir? La version qui m'a le plus émue est celle de Summer Watson.
    Lo han cantando multitud de sopranos, tenores...¿cuál elegir? La versión que más me emocionó es la de Summer Watson.

                                    

    Berceuse de Jocelyn

    Poème de Lamartine et opéra de Benjamin Godard




        
    Oh ne t'éveille pas encor
    Pour qu'un bel ange de ton rêve
    En déroulant son long fil d'or,
    Enfant, permette qu'il s'achève.
    Dors, dors, le jour à peine a lui.
    Vierge Sainte, veillez sur lui.
    
    Sous l'aile du Seigneur loin du bruit de la foule
    Et comme un flot sacré qui doucement s'écoule
    Nous avons vu les jours passer après les jours
    Sans jamais nous lasser d'implorer son secours.
    

  • Un berceuse de Lorca / Una canción de cuna de Lorca

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    JUAN CARDONA Llados Mi espacio Flamenco.jpg
    Joan Cardona Llados 1877-1957 (soliloquiosflamencos.blogspot.com)

    García Lorca avait observé que, contrairement aux berceuses européennes qui sont douces et tendres, les « chansons de berceau »  espagnoles, du nord au sud (excepté au Pays Basque) étaient tristes :

    Gracía Lorca había observado que, al contrario que las nanas europeas que son dulces y tiernas, las canciones de cuna españolas, del norte al sur (excepto en el País Vasco), eran tristes:

    “Il y a quelques années, me promenant dans les alentours de Granada, j’entendis chanter une femme du village qui endormait son enfant. J’avais toujours remarqué la tristesse aiguë des berceuses de notre pays ; mais jamais je n’avais ressenti cette vérité si concrète comme ce jour-là. En m’approchant de la chanteuse pour noter la chanson j’ai observé que c’était un belle andalouse, gaie et sans le moindre tic de mélancolie ; mais une tradition vive travaillait en elle et elle exécutait fidèlement l’ordre, comme si elle écoutait les vieilles voix impérieuses qui glissaient dans son sang. Depuis lors j’ai essayé de recueillir des berceuses de partout en Espagne ; j’ai voulu savoir comment les femmes de mon pays endormaient leurs enfants, et après un temps j’ai eu l’impression que l’Espagne emploie ses mélodies pour imprégner le premier sommeil de ses enfants. »

    "Hace unos años, paseando por las inmediaciones de Granada, oí cantar a una mujer del pueblo mientras dormía a su niño. Siempre había notado la aguda tristeza de las canciones de cuna de nuestro país; pero nunca como entonces sentí esta verdad tan concreta. Al acercarme a la cantora para anotar la canción observé que era una andaluza guapa, alegre sin el menor tic de melancolía; pero una tradición viva obraba en ella y ejecutaba el mandado fielmente, como si escuchara las viejas voces imperiosas que patinaban por su sangre. Desde entonces he procurado recoger canciones de cuna de todos los sitios de España; quise saber de qué modo dormían a sus hijos las mujeres de mi país, y al cabo de un tiempo recibí la impresión de que España usa sus melodías para teñir el primer sueño de sus niños"

    Federico García Lorca -Conferencias
    Las nanas infantiles 1930.

     

     

    Avec Lorca au piano! En voici les paroles. "Galapaguito" que j'ai traduit par "petite tortue" est
    ici, un terme affectueux.

    Berceuse de Séville (F.G. Lorca)

    Cette petite tortue
    n’a pas de mère ;
    l’a enfanté un gitane,
    l’a jeté à la rue.
    N’a pas de mère, oui,
    n’a pas de mère, non ;
    n’a pas de mère,
    l’a jeté à la rue.

    Ce petit enfant
    n’a pas de berceau ;
    son père est menuisier
    et lui en fera un.

    Nana de Sevilla (F.G. Lorca)

    Este galapaguito
    no tiene mare;

    lo parió una gitana,

    lo echó a la calle.

    No tiene mare, sí,

    no tiene mare, no;

    no tiene mare,
    lo echó a la calle.


    Este niño chiquito

    no tiene cuna;

    su padre es carpintero
    y le hará una.