Espaces, instants - Page 4

  • Une faim inutile / Un hambre inútil

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    Dans ce poème, Pablo Neruda dit la nature, la mer, alliées à l’absence d'amour ou plutôt d'un amour. Lu à voix haute il sonne bien, très bien même en espagnol; je crois qu'en traduction il n'est pas trop mal non plus...
     
    http://the-warriors-rpg.eklablog.com/pinede-a144892898
     


    Ici je t’aime.
    Dans les pins sombres se démêle le vent.
    La lune étincelante luit sur les eaux vagabondes.
    Et les jours, tous égaux, se poursuivent.
     
    La brume se défait en figures dansantes.
    Une mouette argentée se décroche du crépuscule.
    Une voile parfois. Hautes, hautes étoiles.
     
    Ou la croix noire d’un bateau.
    Seul.
    Je me lève parfois à l’aube, et même mon âme est humide.
    Sonne, résonne la mer lointaine.
    Voici un port.
    Ici je t’aime.
     
    Ici je t’aime, en vain te cache l’horizon.
    Je t’aime encore parmi ces froides choses.
    Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux
    qui courent sur la mer sans
    jamais arriver.
     
    Je me vois oublié comme ces vieilles ancres.
    Si tristes sont les quais lorsque le soir accoste.
    Ma vie est fatiguée de sa faim inutile.
    J’aime ce que je n’ai pas. Toi tu es si distante.
     
    Mon ennui se débat dans les lents crépuscules.
    Mais la nuit vient, chante
    déjà pour moi .
    La lune fait tourner ses rouages de songe.
     
    Avec tes yeux me voient les étoiles majeures.
    Du même amour que moi, les grands pins dans le vent
    veulent chanter ton nom de leurs feuilles de fer.
     
    Pablo NERUDA, Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée (1923-1924)
    Trad Colette inspirée de celle de Pierre Thiollière
     
     
     
    Aquí te amo.
    En los oscuros pinos se desenreda el viento.
    Fosforece la luna sobre las aguas errantes.
    Andan días iguales persiguiéndose.

    Se desciñe la niebla en danzantes figuras.
    Una gaviota de plata se descuelga del ocaso.
    A veces una vela. Altas, altas estrellas.

    O la cruz negra de un barco.
    Solo.
    A veces amanezco, y hasta mi alma está húmeda.
    Suena, resuena el mar lejano.
    Este es un puerto.
    Aquí te amo.

    Aquí te amo y en vano te oculta el horizonte.
    Te estoy amando aún entre estas frías cosas.
    A veces van mis besos en esos barcos graves,
    que corren por el mar hacia donde no llegan.

    Ya me veo olvidado como estas viejas anclas.
    Son más tristes los muelles cuando atraca la tarde.
    Se fatiga mi vida inútilmente hambrienta.
    Amo lo que no tengo. Estás tú tan distante.

    Mi hastío forcejea con los lentos crepúsculos.
    Pero la noche llega y comienza a cantarme.
    La luna hace girar su rodaje de sueño.

    Me miran con tus ojos las estrellas más grandes.
    Y como yo te amo, los pinos en el viento,
    quieren cantar tu nombre con sus hojas de alambre.
     
    Pablo Neruda

  • Golden hour

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    Derniers jours d'août
     

     

    Se balader en plein été ici n’est agréable qu’avant huit heures du matin, mais cette semaine il y a eu, enfin, un gros orage et hier soir il faisait délicieux. Une brise fraîche caressait nos peaux nues, personne au village ne voulait rater ce moment si rare depuis des mois.
     
    Ces dames âgées, grandes connaisseuses de la nature et surtout très gourmandes, nous ont fait sourire puis rire. En passant devant les figuiers, sans hésitation, hop, elles ont levé leurs cannes pour décrocher les fruits les plus appétissants. Ensemble, et additionné de quelques mûres voisines, un apéritif-fruits s’est improvisé.
     
     
     

     

     

     

     
    Un mouton gourmand et affamé sans doute attend patiemment que les figues tombent

    À 8h du soir, la lumière est de celles qu’on voudrait garder en soi pour longtemps. Tout près de chez nous, pourquoi diable aller loin?
     
    C’est cette lumière, cette paix qu’à travers ces photos je voudrais partager avec vous aujourd'hui.
     
     

     

     

     

     

  • Les algues de la mémoire / Las algas de la memoria

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    Julia Uceda, née à Sevilla en 1925 est poète et fut professeur de Lettres dans des Universités Espagnoles et Nord-Américaines.
     
    Julia Uceda, nacida en Sevilla en 1925 es poeta y fue profesora de Letras en Universidades españolas y norte americanas.
     
    Il me plaît ce poème où l’on joue avec le temps, un temps où l’eau et la lumière sont si présents.
     
    Me gusta este poema donde se juega con el tiempo, un tiempo donde el agua y la luz están muy presentes.
     
    Le temps me rappelle
     
    Se souvenir n’est pas toujours revenir à ce qui a été.
    Il est dans la mémoire des algues qui entraînent d’étranges merveilles;
    des objets qui ne nous appartiennent pas ou qui n’ont jamais surnagé.
    La lumière qui parcourt les abîmes
    illumine les années antérieures à moi, pas vécues
    mais dont je me souviens comme si c’était hier.
    Vers l’an mille neuf cents
    je me suis promenée dans un parc qui est à Paris -était -
    enveloppé de brume.
    Ma robe avait la même couleur que la brume.
    La lumière était la même qu’aujourd’hui
    -septante ans plus tard -
    quand la brève tempête a passé
    et qu’à travers les vitres je vois passer les gens,
    depuis cette fenêtre si proche des nuages.
    Dans mes yeux semble pleuvoir
    un temps qui n’est pas le mien.
    (Trad:Colette)
     
    Julia Uceda
     
    El tiempo me recuerda
     
    Recordar no es siempre regresar a lo que ha sido.
    En la memoria hay algas que arrastran extrañas maravillas;
    objetos que no nos pertenecen o que nunca flotaron.
    La luz que recorre los abismos
    ilumina años anteriores a mí, que no he vivido
    pero recuerdo como ocurrido ayer.
    Hacia mil novecientos
    paseé por un parque que está en París -estaba-
    envuelto por la bruma.
    Mi traje tenía el mismo color de la niebla.
    La luz era la misma de hoy
    -setenta años después-
    cuando la breve tormenta ha pasado
    y a través de los cristales veo pasar la gente,
    desde esta ventana tan cerca de las nubes.
    En mis ojos parece llover
    un tiempo que no es mío.
  • Pour les siècles des siècles / Por los siglos de los siglos

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    L’amusant poème d’aujourd’hui est une plongée dans nos enfances, jeunesses, et cette question que je me suis posée: quelles recettes de ma grand-mère, de ma mère ai-je copiées ou transformées? Il y en a pas mal, et vous? (les hommes sont bien sûr inclus!)
     
    El divertido poema de hoy es una inmersión en nuestras infancias, juventudes, y esa pregunta que me hice:¿qué recetas de mi abuela, de mi madre copié, trasformé yo? Hay bastantes, ¿y vosotros?
     
     
    L'auteure est une jeune espagnole, Patricia García-Rojo née à Jaen en 1984
                                                 --------

     

     
     

    Et alors dieu unit les femmes par des recettes,
    et de mère en fille,
    et de grand-mère en petite-fille,
    elles copièrent, améliorèrent,
    perfectionnèrent, défirent
    et confessèrent
    premiers et seconds plats,

    sucreries, desserts et goûters
    avec une touche de sel, une griotte,
    miel, cannelle,
    s’éternisant toutes
    les unes dans les autres
    pour les siècles des siècles
    amen.
     
    (Trad; Colette)
     
    1903, les crêpes
     
     
    Y entonces dios unió a las mujeres con recetas,
    y de madre a hija,
    y de abuela a nieta,
    copiaron, mejoraron,
    perfeccionaron, destrozaron
    y confesaron
    primeros y segundos platos,
    dulces, postres y meriendas
    con un toque de sal, una guinda,
    miel, canela,
    eternizándose todas
    unas en las otras,
    por los siglos de los siglos
    amén.
     
    Patricia García-Rojo (Jaén 1984)
     
     
  • À la recherche de la maison / Buscando la casa

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    The house among the roses Claude Monet 1925  

     Alors...le poème d'aujourd'hui parle de ce tableau. L'auteure est la jeune
    Martha Asunción Alonso (Madrid 1986); j'imagine qu'elle l'a vu au Musée 
    Thyssen de Madrid et celui qu'elle a vu est celui-ci (je ne peux le copier, il est
     protégé) https://coleccioncarmenthyssen.es/en/work/la-casa-entre-las-rosas/

     

     Vous voyez? La maison n'y est pas décelable!

    El poema de hoy habla de este cuadro.  La autora del poema es Martha Asunción Alonso (Madrid 1986), me imagino que lo vio en el Museo Thyssen de Madrid, y el que vio es el siguiente (no lo puedo copiar, está protegido)
    https://coleccioncarmenthyssen.es/en/work/la-casa-entre-las-rosas/ 
    ¿Veis? ¡La casa no se distingue!

    En fait il existe 6 versions différentes du même tableau, peintes par Monet en
      automne 1925, avec différentes lumières.

     
    Existen 6 versiones distintas del mismo cuadro, pintadas por Monet en otoño
     
     1925, con luces distintas.

     

     
    The house among the roses (Monet, 1925)
    Martha Asunción Alonso
     
    Tous la signalaient du doigt, ils acquiesçaient,
    s’éloignaient pour mieux observer, fixement,
    comme des enfants suivant des yeux un cerf-volant sur la plage.
     
    Une femme utilisait même des jumelles,
    très sérieuse et discrète, la tête inclinée,
    comme elle le ferait pour scruter la fausse carte d’un trésor.
     
    Je me sentais imbécile. Je me souviens avoir pensé: peut-être
    la maison parmi les roses se trouve-t-elle en dehors du cadre,
    là où personne ne pense,
    là où la vue se voile.
    Peut-être avons-nous perdu le temps à chercher l’animal
    jamais son ombre;
    l’éclat du soleil sur la source, pas la soif.
     
    J’y pensai un bon moment, comme aveugle,
    tandis que les japonais souriaient.
     
    Car peut-être la maison n’est que les roses
    et ce ciel bleu turquoise,
    joie compacte et feu facile.
     
    Aujourd’hui je crois que la maison parmi les roses a toujours été
    nous. À sa recherche.
     
    Trad: Colette
     
     
     

    The house among the roses (Monet, 1925)

    Martha Asunción Alonso

    Todos la señalaban con el dedo, asentían,
    se alejaban para observar mejor, muy fijamente,
    como niños siguiendo una cometa por la playa.


    Una mujer incluso usaba unos prismáticos,
    muy seria y sigilosa, la cabeza inclinada,
    igual que si escrutase un mapa falso del tesoro.


    Yo me sentía imbécil. Recuerdo que pensé: quizá
    la casa entre las rosas esté fuera del cuadro,
    donde nadie la piensa,
    allí donde se nubla tu mirada.
    Quizá hayamos perdido el tiempo buscando el animal,
    nunca su sombra;
    el destello del sol sobre la fuente, no la sed.


    Seguí pensando un rato, como ciega,
    mientras los japoneses sonreían.


    Porque tal vez la casa sólo fuera las rosas
    y aquel cielo turquesa,
    alegría compacta y lumbre fácil.


    Hoy creo que la casa entre las rosas siempre fuimos
    nosotros. En su busca.

    (De Detener la primavera, Madrid, Hiperión 2011

     

  • Lo nuestro es pasar (Notre destin est de passer) A. Machado, fin

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    Entre la dictature de Primo de Rivera et celle de F. Franco, les huit ans de République furent une époque faste (pour certains!) mais bien courte, bien trop courte pour A. Machado.
    Si, dès l’arrivée du nouveau dictateur, il met sa plume et son énergie au service de la République, il connaît une des plus grandes souffrance de sa vie: son frère Manuel qu’il aime tant et avec lequel il a écrit, voyagé, prend le parti des nationalistes. Rupture définitive entre les deux frères.
     
    Cette guerre civile dura trois ans de ‘36 à ‘39 et les poèmes écrits par Machado à cette époque ont, vous l’imaginez bien, perdu cette symbiose avec la nature. On y parle de mort, de morts.
     

     

    https://www.slideshare.net/100005043120186/el-crimen-fue-en-granada-81190512  Machado Y Lorca
     
     
     
    Voici le premier, sur l’exécution de F.Garcia Lorca:

    Il y a eu crime dans Grenade

    A Federico Garcia Lorca
    I
    Le crime

    On l’avait vu, cheminant entre des fusils
    par une longue rue,
    apparaître dans la campagne froide,
    encore étoilée, la campagne du matin.
    Ils ont tué Frédéric
    à l’heure où surgissait la lumière.
    Le peloton des bourreaux
    n’osait le regarder en face.
    Ils ont tous fermé les yeux,
    ils ont prié : Dieu lui-même ne te sauverait pas !
    Il est tombé mort, Frédéric
    - sang au front et aux entrailles. –
    Il y a eu crime dans Grenade !
    Vous savez ? – pauvre Grenade ! – sa Grenade !...

    Traduit de l’espagnol par Jean Cassou 
     
     
     
     

    El crimen fue en Granada

    A Federico Garcia Lorca
     
    I
    El crimen

    Se le vio, caminando entre fusiles,
    por una calle larga,
    salir al campo frío,
    aún con estrellas, de la madrugada.
    Mataron a Federico
    cuando la luz asomaba.
    El pelotón de verdugos
    no osó mirarle la cara.
    Todos cerraron los ojos;
    rezaron: ¡ni Dios te salva!
    Muerto cayó Federico.
    -sangre en la frente y plomo en las entrañas-.
    ...Que fue en Granada el crimen
    sabed -¡pobre Granada!-, en su Granada...

     
    Et puis ces vers qui m’ont toujours tant émue, bouleversée:
     
    Petit Espagnol qui viens au monde.
    Que Dieu te garde.
    Une des deux Espagne
    Va te geler le coeur”
     
    Españolito que vienes
    al mundo te guarde Dios.
    una de las dos Españas
    ha de helarte el corazón.”
     
    Juan Manuel Serrat a tant chanté les poèmes de Machado:
     
    Ici, Serrat, jeune:
     
    Puis il y eût la fuite, Valencia, Barcelona enfin, il est déjà en mauvaise santé. Le 2 février 1939, en compagnie de sa mère et d’un de ses frères, ils entreprennent à pied, dans le froid, le voyage épuisant vers la France. Et ils arrivent à Colliure où ils logent dans une auberge. Il y mourra une vingtaine de jours plus tard, sa mère ne lui survivra que quelques jours.
     
     
     
    « Machado dort à Collioure 
    Trois pas suffirent hors d'Espagne
    Que le ciel pour lui se fit lourd 
    Il s'assit dans cette campagne 
    Et ferma les yeux pur toujours” Aragon.
    (lire le poème entier:
     
    Jean Ferrat l’a chanté:
     
     
     
    Voilà, vie et mort, comme écrivait le poète: “Lo nuestro es pasar” (Notre destin est de passer)
     
    Sur sa tombe, ces vers:
     
     
    « Et quand viendra le jour du dernier voyage,

    quand partira la nef qui jamais ne revient,

    vous me verrez à bord, et mon maigre bagage,

    quasiment nu, comme les enfants de la mer ».
     
     
    PS: Je n'ai pas traduit ces billets sur A.Machado en espagnol parce que les natifs le connaissent fort bien, du moins ils devraient:-)
  • A. Machado, au revoir à Soria / A. Machado se marcha de Soria

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    Machado suite

    Pour terminer cette époque de la vie d’Antonio Machado à Soria qu’il va quitter, je voudrais vous faire lire ce poème le long du fleuve Douro ou Duero en español, fleuve qui est aussi appelé la colonne vertébrale de Castilla y León, c’est à dire la partie septentrionale de la Castille. 

    Mais d’abord jetez un coup d’oeil à ces belles photos du Monastère de San Juan de Duero prises il y a peu par Sergio: https://escapadesphoto.fr/monastere-san-juan-de-duero


    À cette époque, l’Espagne qui reste neutre lors de la guerre 14’-18’, Machado entretient une longue correspondance avec le poète Unamuno où les préoccupations religieuses tiennent un grand rôle. Machado plaide pour un christianisme humaniste, un Christ salvateur qu'on retrouve dans “Champs de Castille”. Il se trouvera bientôt pris, pour des raisons politiques, dans un autre “entre” dont nous parlions la semaine dernière.
     

     

     

    Rives du Douro (Champs de Castille)

     

    Printemps de Soria, humble printemps,
    comme le songe d’un bienheureux
    d’un pauvre voyageur assoupi de fatigue
    au milieu d’une lande infinie! Carré de champ jaunâtre
    comme bure grossière de paysanne,
    prairie de velours poussiéreux
    prairie de velours poussiéreux
    où paissent de maigres brebis! Petits lopins de terre dure et froide
    où pointent le seigle et le blé
    qui nous donneront un jour
    notre pain noir. Et de nouveau des rocs et des rochers,
    des pierres nues, des crêtes dénudées,
    le domaine des aigles royaux,
    broussailles et cistes,
    herbes sauvages, buissons et ronces. Ô terre ingrate et forte, terre mienne !
    Castille, tes villes décrépites !
    l’âpre mélancolie
    qui peuple tes sombres solitudes! Castille virile, terre austère,
    Castille du mépris envers le sort,
    Castille de la douleur et de la guerre,
    terre immortelle, Castille de la mort! C’était un soir, quand les champs
    fuyaient le soleil et que dans la stupeur de la planète
    comme un globe violet apparaissait
    la belle lune, aimée du poète. Dans le ciel mauve et violacé
    une étoile claire brillait.
    L’air assombri
    rafraîchissait mes tempes et rapprochait
    le murmure de l’eau à mon oreille. Entre des collines de plomb et de cendre,
    parsemées de chênaies rongées
    et entre des rocailles chauves de calcaire,
    Les huit arches du pont allaient être assaillies
    par le fleuve-père
    qui sillonne le froid désert de Castille. Oh ! Douro, ton eau coule
    et coulera tandis que le soleil de mai
    fera couler les neiges blanches de janvier
    par les gorges et les ravins,
    tant que les montagnes auront
    leur turban de neige et d’orage,
    et que brillera l’olifant
    du soleil, sous la nuée de cendres !…Et le vieux romancero
    fut-il près de la rive le songe d’un trouvère ?
    Peut-être comme toi et à jamais, Douro,
    comme toi vers la mer coulera la Castille ?
    (Traduction trouvée sans nom du traducteur) 
     
    Orillas del Duero Campos de Castilla
     
    ¡Primavera soriana, primavera
    humilde, como el sueño de un bendito,
    de un pobre caminante que durmiera
    de cansancio en un páramo infinito!¡Campillo amarillento,
    como tosco sayal de campesina,
    pradera de velludo polvoriento
    donde pace la escuálida merina!¡Aquellos diminutos pegujales
    de tierra dura y fría,
    donde apuntan centenos y trigales
    que el pan moreno nos darán un día!Y otra vez roca y roca, pedregales
    desnudos y pelados serrijones,
    la tierra de las águilas caudales,
    malezas y jarales,
    hierbas monteses, zarzas y cambrones.¡Oh tierra ingrata y fuerte, tierra mía!
    ¡Castilla, tus decrépitas ciudades!
    ¡La agria melancolía
    que puebla tus sombrías soledades!¡Castilla varonil, adusta tierra;
    Castilla del desdén contra la suerte,
    Castilla del dolor y de la guerra,
    tierra inmortal, Castilla de la muerte!Era una tarde, cuando el campo huía
    del sol, y en el asombro del planeta,
    como un globo morado aparecía
    la hermosa luna, amada del poeta. En el cárdeno cielo violeta
    alguna clara estrella fulguraba.
    El aire ensombrecido
    oreaba mis sienes y acercaba
    el murmullo del agua hasta mi oído. Entre cerros de plomo y de ceniza
    manchados de roídos encanares,
    y entre calvas roquedas de caliza,
    iba a embestir los ocho tajamares
    del puente el padre río,
    que surca de Castilla el yermo frío.¡Oh Duero, tu agua corre
    y correrá mientras las nieves blancas
    de enero el sol de mayo
    haga fluir por hoces y barrancas;
    mientras tengan las sierras su turbante
    de nieve y de tormenta,
    y brille el olifante
    del sol, tras de la nube cenicienta!…¿Y el viejo romancero
    fue el sueño de un juglar junto a tu orilla?
    ¿Acaso como tú y por siempre, Duero,
    irá corriendo hacia la mar Castilla?



    Castilla la vieja
     
    Certains excellents sites, comme celui-ci (2 parties) racontent en détails la vie de Machado http://jacqueline.baldran.over-blog.com/pages/Antonio_Machado_1-8816808.html alors je vous la raconte à ma façon:-)
     
    Notre Antonio part à Ségovie où il reste simple professeur de français, mais cette Espagne qu’il aime tant, à laquelle il souhaite de sortir de la pauvreté, de l’inculture, va bientôt entrer dans une époque très noire. En 1923 Primo de Rivera installe la dictature militaire. Machado fonde une section de la Ligue des Droits de l’homme. Il là il va s’engager, avec tant d’autres”plumes” amies comme Albertí et Garcia Lorca. Il publie “Proverbes et chansons” puis “Nouvelles chansons”, des textes philosophique sous un pseudo...Et il écrit avec son frère tant aimé, Manuel, des pièces de théâtre.
     
    Et voilà, et je terminerai ci pour aujourd’hui, que l’amour revient dans sa vie. Non, sans un autre “entre” car la dame est mariée. Pauvre Antonio, si droit dans ses bottes: deux coups de foudre, d’abord une jeune fille mineure puis une dame mariée qui est surnommée Guiomar. 
     
  • A. Machado, un homme de l'ombre / A. Machado, un hombre de la sombra

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    Antonio Machado (Première partie) (Primera parte)
     
     
    Neruda disait d'Antonio Machado qu’il était « très silencieux et discret, doux et sévère comme un très vieil arbre d’Espagne ».
    Dans toutes les biographies que j’ai lues de lui, Antonio Machado est décrit comme une homme bon et humble, un homme qui aime l'ombre et les gens simples, les travailleurs qu’il mentionne souvent dans ses vers.
     



    « Chaque fois que j’ai affaire à des hommes de la campagne, je pense à toutes les choses qu’ils savent et que nous ignorons et combien il leur importe peu de connaître tout ce que nous savons. »
     
    Jamais je n’ai cherché la gloire
    Ni voulu dans la mémoire
    des hommes
    Laisser mes chansons
    Mais j’aime les mondes subtils
    Aériens et délicats
    Comme des bulles de savon.
    J’aime les voir s’envoler,
    Se colorer de soleil et de pourpre,
    Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
    Puis éclater.
     
    Né à Sevilla en 1875, mais, comme il l’écrit dans son autobiographie “De huit à trente deux ans j’ai vécu à Madrid, exception faite des années 1899 et 1902 que j’ai passées à Paris. J’ai été éduqué à l’ Institución Libre de Enseñanza et je conserve un grand amour pour mes maîtres. Je suis passé par L’institut et L’université, mais la trace que je conserve de de ces centres est une grande aversion pour tout ce qui est académique”.
    Son premier recueil de poèmes parut en 1903 “Soledades”, (Solitudes), sa poésie est déjà et restera toujours simple, sobre, pleine de réflexions sincères qui le rendent si humain et le rapproche de nous tous. 
     
     
     
     
    Antonio Machado était traducteur mais surtout professeur de français et lorsqu’une place intéressante lui est offerte à Soria, petite ville de Castille, il accepte et s’installe dans une pension. Et là il tombe éperdument amoureux de la fille des propriétaires qui n’a, selon les biographies, que 13 ou 15 ou 16 ans. Lui en a 32, ses amis se moquent de lui mais... Leonor Izquierdo est sous son charme et dès qu’elle atteint l’âge requis, ils se marient. Ils voyagent à Paris, font des projets, mais hélas elle meurt 3 ans après de tuberculose. A. Machado est inconsolable et elle restera le grand amour de sa vie.
    Leonor Izquierdo
     
    Machado sera toute sa vie une personne “entre”, ici entre ses souvenirs d’enfance andalouse et la fascination pour La Castille, il publie en 1912 le superbe recueil “Champs de Castille”. (nous verrons d’autres “entre” dans le prochain billet.)

     

    Soria

     

    Je terminerai cette première partie de sa vie par ces mots de lui:
    Quatre principes dont il faut tenir compte: Le contraire est aussi fréquent. Il ne suffit pas de bouger pour rénover. Il ne suffit pas de rénover pour améliorer. Il n’y a rien qui soit absolument “empirable”.
     
     

    Decía Neruda de Machado que era ”muy silencioso y discreto, dulce y severo como un viejísimo árbol de España”.

    En todas la biografías  que leí de él, se le describe como un hombre bueno y humilde, que nunca buscó la luz y a quién gustaba la gente del pueblo, los trabajadores que tantas veces menciona en sus versos.
    «Siempre que trato con hombres del campo pienso en lo mucho que ellos saben y nosotros ignoramos, y en lo poco que a ellos importa conocer cuanto nosotros sabemos»
     
    Nunca perseguí la gloria
    ni dejar en la memoria
    de los hombres mi canción;
    yo amo los mundos sutiles,
    ingrávidos y gentiles
    como pompas de jabón.
    Me gusta verlos pintarse
    de sol y grana, volar
    bajo el cielo azul, temblar
    súbitamente y quebrarse.
     
    Nació en Sevilla en 1875, pero, tal y como lo escribe en su autobiografía .!
    Desde los ocho a los treinta y dos años he vivido en Madrid con excepción del año 1899 y del 1902 que los pasé en París. Me eduqué en la Institución Libre de Enseñanza y conservo gran amor a mis maestros: (...). Pasé por el Instituto y la Universidad, pero de estos centros no conservo más huella que una gran aversión a todo lo académico.”
     
    Su primer libro de poemas, titulado Soledades salió en 1903, su poesía es y será siempre simple, sobria, llena de reflexiones sinceras que le dan un lado tan humano, tan cercano a nosotros.
     
    Antonio Machado era traductor pero sobre todo profesor de francés y cuando se le ofreció un puesto interesante en Soria aceptó y se instaló en una pensión. Allí se enamoró locamente de la hija de los dueños que, según las biografías no tenia más de 13, 15 o 16 años. Él tenía 32 años y sus amigos se burlaron de él, pero...Leonor Izquierdo , bajo los encantos del profesor, tuvo que esperar hasta tener la edad para casarse y se fueron de viaje a París. Tenían muchos planes juntos pero a las tres años de la boda elle murió de tuberculosis. A. Machado fue inconsolable y Leonor quedará el gran amor de su vida.
     
    A.M. será toda su vida una persone “entre”, aquí entre sus recuerdos de infancia andaluza y la fascinación y el amor que tiene por Castilla. En 1912 publica los poemas “Campos de Castilla”, magnífico. (veremos otros “entre” en la próxima entrada).
     
    Termino esta primera parte con estas palabras de él:
    Cuatro principios a tener en cuenta: Lo contrario es también frecuente. No basta mover para renovar. No basta renovar para mejorar. No hay nada que sea absolutamente empeorable”
  • Illusions bénies / Benditas ilusiones

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     On sait, à travers ses poèmes, qu' Antonio Machado aimait profondément la nature, et grâce à son frère José, qu’il était un peu gourmand.
    Dans le poème d’aujourd’hui on trouve l’eau, si présente dans ses vers, puis les abeilles et “le doux miel”.
    Je vous parlerai de l’homme dans le prochain billet.

    Se sabe, a través de sus poemas, que a Antonio Machado le gustaba profundamente la naturaleza, y gracias a su hermano José, que era algo goloso.
    En el poema de hoy se encuentra el agua, si presente en sus versos, luego las abejas y su “dulce miel”. 

    En la próxima entrada os hablaré del hombre.

     
    Hier soir, en dormant

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    Que coulait une fontaine
    dans mon cœur

    Dis-moi, pourquoi, filet caché,
    eau, viens-tu jusqu’à moi,
    source de vie nouvelle
    d’où je n’ai jamais bu?

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    Que dans mon cœur
    j’avais une ruche;

    et que les abeilles dorées
    y faisaient
    avec mes vieilles amertumes
    cire blanche et doux miel.

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    qu’en mon cœur
    luisait un soleil brûlant.

    Il était brûlant, car il donnait
    une chaleur de brasier rouge,
    et c’était un soleil parce qu’il éclairait
    et faisait pleurer.

    Hier soir, en dormant,
    j’ai rêvé, illusion bénie!
    que c’était Dieu
    que j’avais dans mon cœur.
    (Trad: Colette)

     

    Foto: JURE MAKOVEC AFP



    Anoche cuando dormía
     
    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que una fontana fluía
    dentro de mi corazón.

    Di, ¿por qué  acequia escondida,
    agua, vienes hasta mí,
    manantial de nueva vida
    de donde nunca bebí?

    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que una colmena tenía
    dentro de mi corazón;

    y las doradas abejas
    iban fabricando en él,
    con las amarguras viejas,
    blanca cera y dulce miel.

    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que un ardiente sol lucía
    dentro de mi corazón.

    Era ardiente porque daba
    calores de rojo hogar,
    y era sol porque alumbraba
    y porque hacía llorar.

    Anoche cuando dormía
    soñé, ¡bendita ilusión!,
    que era Dios lo que tenía
    dentro de mi corazón.

  • Un air de guitares / Una melodía con guitarras

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    L'air s'appelle Mediterranean Sundance, quoi de plus approprié?

    La melodía se llama Mediterranean Sundance, nada más apropiado.

    Pas besoin de vous présenter Paco de Lucía je crois, quant à Al Di Meola, que je ne connaissais pas, c'est un guitariste américain de Jazz fusion.

    No importa presentaros Paco de Lucía creo, en cuanto a Al Di Meola, que yo no conocía, es un guitarriste americano de Jazz fusion. 




    Bonne écoute, avec ou sans pas de danse...

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  • De fleurs et d'insectes / De flores e insectos

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    A travers les vitres bien fermées, je regarde l'agitation sur le buddleia, l'arbre à papillons. Puis sur le bougainvillier, alors là je sors. Tant pis s'il fait 37º à l'ombre, il faut voir et photographier cela de près.

     

     

     

     

    A través de los cristales bien cerrados, miro la agitación encime del buddleia, el árbol de las mariposas. Luego en la buganvilia, y entonce salgo. Ni importa si hace 37º a la sombra, hay que ver i fotografiar eso de cerca.



    Plus loin c'est la lavande où de curieux insectes qui s'affairent. Qui sont-ils? Peut-être des guêpes géantes...
    Il faut être insecte pour rester ainsi exposés au soleil....!
    Más allá es la lavanda donde curiosos insectos trajinan. ¿Quién son? Tal taz avispas gigantes.
    ¡Hay que ser insecto para quedar así expuesto al sol....!
     
     
     
     

     

    Revenue à l'ombre de la terrasse, des centaines d'abeilles butinent sur les fleurs de la vigne vierge, un bourdonnement presque assourdissant
    . Qui a dit que la nature est silencieuse?
     J'entends et lis que partout le nombre d'abeilles, de papillons, diminue, on sait pourquoi. Nous sommes certainement des privilégiés et il faut croire que les habitants des alentours sont très soucieux de leur environnement.
     
    De vuelta a la sombra de la terraza, centenas de abejas liban en las flores de la parra virgen, un zumbido muy fuerte.
    ¿Quién ha dicho d que la naturaleza es silenciosa?
    Oigo por todo que el número de abejas, de mariposas, disminuye, se sabe por qué. Somo sin duda unos privilegiados y hay que creer que los habitantes de los alrededores son muy cautelosos con su entorno.
     
    Bonne semaine, que pasen una buena semana.
     
  • Découvertes / Descubrimientos

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    Il vous est peut-être arrivé de vous rendre dans un musée et de vous dire que le bâtiment, les salles, sont plus intéressants et beaux que les œuvres exposées.
    C’est ce qui m’est arrivé en visitant le CCA d’Andratx. Il est vrai que je n’avais aucune idée des expositions en cours, que je suis peut-être mal tombée comme on dit.
     
    http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
     
     
     
    http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
    Voici ce qu’en dit le prospectus (cliquez, il y a photos qui défilent aussi): “ Le CCA Andratx a été crée en 2001 par Jacob et Patricia Asbaek. L’édifice de 4.000m2 en référence à l ‘architecture traditionnelle, s’intègre parfaitement dans l’impressionnant paysage de montagnes et est un des centres d’art contemporain les plus grands des Baléares et du reste de l’Europe." (Trad: Colette)
     
    Ce centre, qui accueille des artistes en résidence, semble destiné d’abord aux étrangers (ou fréquenté par eux); l’agréable jeune femme à l’accueil ne parlait que vaguement l’espagnol, mais les divers feuillets explicatifs étaient en plusieurs langues. 
     
    http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
    Si je n’ai pas été sensible aux œuvres présentée dans les énormes salles, dans une alcôve j’ai découvert un artiste danois, Bent Holstein, qui m’a inspirée. Une petite série de photos sur lesquelles il a peint, une légère inspiration japonaise ai-je pensé.
     

     

     

     

     

     
    Rentrée chez moi j’ai vu que cet artiste est connu, qu’il a une variété de styles, a beaucoup exposé, et...que son œuvre est très intéressante.

    Tal vez le ha ocurrido ir a un museo y pensar que el edificio, las salas, son más inteŕesantes y bellos que las obras expuestas..

    Es lo que me pasó al vistar el CCA de Andratx. Bien est cierto que no tenía ni idea de las exposiciones en curso y que tal vez caí mal.
     
     
    El prospecto  (donde podeís ver muchas fotos) dice esto: “El CCA Andratx fue fundado en 2001 por Jacob y Patricia Asbaek. El edificio de 4.000 m2 de estilo minimal, con referencias a la arquitectura tradicional, se integra perfectamente en el impresionante paisaje de montaña convirtiéndose en uno de los centros de arte contemporáneo más grandes de las Baleares y del resto de Europa.”
     
    Ese centro, que acoge artistas en residencia, parece destinado a los extranjeros ( o frecuentado por ellos); la agradable señorita en la entrada/taquilla apenas hablaba español, pero los distintos folletos eran en varios idiomas.
     
     http://www.ccandratx.com/es/c1/inicio.html
     
    Si no fui sensible a las obras presentadas en las salas enormes, en una recamara descubrí un artista danés, Bent Holstein, que me inspiró. Una pequeña serie de fotos sobre las cuales ha pintado. Una inspiración ligeramente japonesa pensé.
     

     

     
    De vuelta en casa vi que ese artista es conocido, que tiene una variedad de estilos, ha expuesto mucho y que es muy interesante.
  • Gris et très frais / Gris y muy fresco

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    12 juin, il fait 16º ce matin, et gris.
    Ceci m'a fait penser à republier un article d'il y a 9 ans et que j'aime bien.


    Ennuyeux le gris? ¿Aburrido el gris?



    Il n’est pas facile d’avouer son attirance pour le gris, il a mauvaise réputation : ennui, manque de caractère, mauvaise mine...Mais il me plaît depuis ma jeunesse; je me souviens que toujours je voulais que les pulls que me tricotait ma mère soient de cette couleur.
     
    No resulta fácil confesar su gusto por el gris, tiene mala fama: aburrimiento, falta de carácter, mala cara…Pero me agrada desde mi juventud; me acuerdo que siempre quería que los jerséis que mi madre tejía fueran de ese color. 
     
     
     
    Le gris, s’il n’est pas une couleur, est une « valeur d’intensité lumineuse dont la perception par l’œil humain se situe entre le blanc et le noir » (Wikipedia) qui possède une variété infinie de nuances. Voilà bien tout son intérêt !
     
    El gris, si bien no es un color, es un “valor de intensidad luminosa cuya percepción por el ojo humano se sitúa entre el blanco y el negro” (Wikipedia) que tiene una variedad infinita de facetas. ¡De ahí todo su interés!
     
    Tristes ou monotones la femme-fleur de Picasso ou ce ciel gris?
     
     
    Mirad la mujer-flor de Picasso, esta foto de un cielo gris. ¿Son acaso tristes? ¿Monótonos?
     
     
    On remarque souvent en peinture que le gris sert de fond, il donne du relief aux autres couleurs. La couleur que Cézanne choisit pour les murs de son atelier est un gris qu'il a conçu à base de noir, de blanc, d'ocres et de bleus. Il disait : « On n'est pas un peintre tant qu'on n'a pas fait un gris ». Et ce gris, il l'avait observé en plein air, lorsqu'il allait peindre ses paysages. Il avait constaté que pour qu'une séance de peinture soit bonne, il fallait que le ciel soit gris clair. 
     


    Con frecuencia vemos en pintura que el gris sirve de trasfondo, pone de relieve los otros colores. El color que Cézanne escoge para las paredes de su taller es un gris elaborado a partir del negro, el blanco, ocre y azul. Cézanne decía:”No se es pintor mientras no se ha hecho un gris”. Y este gris, lo había observado al aire libre, pintando paisajes. Había constatado que hacía falta que el cielo sea gris claro para que una sesión de pintura fuera buena.
     
    Enfin, en navigant entre le noir et le blanc, le gris permet à la pensée d’éviter le manichéisme et laisse place au doute, à la subtilité. Comme dit Michel Pastoureau dans « Le petit livre des couleurs » (un beau cadeau à faire), « Pour nous, il (le gris, sa couleur préférée) évoque la tristesse, la mélancolie, l'ennui, la vieillesse; mais, à une époque où la vieillesse n'était pas si dévalorisée, il renvoyait au contraire à la sagesse, à la plénitude, à la connaissance. Il en a gardé l'idée d'intelligence (la matière grise) ».
     
    Para terminar, navegando entre el negro y el blanco, el gris permite al pensamiento evitar el maniqueísmo y deja espacio para la duda, la sutilidad. Como dice Michel Pastoureau en “El pequeño libro de los colores” (un bonito regalo para ofrecer), “Para nosotros, el gris (su color preferido) evoca la tristeza, la melancolía, el aburrimiento, la vejez; pero, en una época en que la vejez no estaba tan desvalorizada, significaba sabiduría, plenitud, conocimiento. Ese color ha guardado la idea de inteligencia (la materia gris)”.
     
    Oh, ce billet est un peu décousu... comme les nuages aux nuances gris-tourterelle-fumée qui se poursuivent derrière ma vitre.
    Oh, esta nota es un poco descosida….como las nubes de matices gris-tórtola y humo que se persiguen tras mi cristal.
    Lien permanent Catégories : billet, Espagne 4 commentaires
  • Questions / Preguntas

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    En prose et sans ponctuation ce poème de Juan Gelman.
     
    Un peu de travail mental vous sera nécessaire..
     
     
     
    Poema en prosa y sin puntuación de Juan Gelman.
     
    Hay que pensar leyendo...
     


    Puisque tu navigues dans mon sang et connais mes limites et m’éveilles au milieu du jour pour me coucher dans ton souvenir et que tu es furie de ma patience pour moi dis-moi ce que diable je fais pourquoi j'ai besoin de toi qui es muette seule me parcourant raison de ma passion pourquoi je désire te remplir de moi seul et t'envelopper et t’épuiser me mêler à tes petits os et tu es l’unique patrie contre les bêtes l'oubli.”


    (Trad:Colette)

     

     
     
    Ya que navegas por mi sangre y conoces mis límites y me despiertas en la mitad del día para acostarme en tu recuerdo y eres furia de mí paciencia para mí dime qué diablos hago por qué te necesito quién eres muda sola re recorriéndome razón de mi pasión por qué quiero llenarte solamente de mí y abarcarte acabarte mezclarme a tus huesitos y eres única patria contra las bestias el olvido”.
  • Au-delà de l'ultime horizon / Más allá del último horizonte

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    Le poème d’aujourd’hui est un peu le prolongement du billet de

    la semaine dernière.

     

    Il est de Vicente Huidobro, poète Chilien qui a eu tant d’influence

    sur les surréalistes,.

     

    El poema de hoy es de alguna forma la prolongación de la entrada

    de la semana pasada.

     

    Es de Vicente Huidobro, poeta chileno que tanta influencia tuvo

    sobre los surrealistas.

     

     

    «... La poésie n’est autre chose que l’ultime horizon qui est, à son tour, l’arête où les extrêmes se touchent, où il n’y a ni contradiction ni doute. Le poète vous tend la main pour conduire au-delà de l’ultime horizon, plus haut que la pointe de la pyramide, en ce champ qui s’étend au-delà du vrai et du faux, au-delà de la vie et de la mort, au-delà de l’espace et du temps, au-delà de la raison et de l’imaginaire, au-delà de l’esprit et de la matière. » Vicente Huidobro, Madrid 1921


    "... la poesía no es otra cosa que el último horizonte, que es, a su vez, la arista en donde los extremos se tocan, en donde no hay contradicción ni duda.El poeta os tiende la mano para conduciros más allá del último horizonte, más arriba de la punta de la pirámide, en ese campo que se extiende más allá de lo verdadero y lo falso, más allá de la vida y de la muerte, más allá del espacio y del tiempo, más allá de la razón y la fantasía, más allá del espíritu y la materia." Vicente Huidobro, Madrid, 1921
     
    Aujourd’hui un poème qui vous emmène loin et tout près, dont certains vers pourraient être un roman, où n’existe aucune limite. Mieux vaut se laisser porter, se laisser faire avec plaisir.

    Rob Gonsalves
    https://culturainquieta.com/es/arte/pintura/item/14984-la-pintura-surrealista-de-rob-gonsalves-nos-hace-creer-en-lo-imposible.html
     
     
    IMPOSSIBLE

    de Vicente Huidobro

    Impossible de savoir quand ce coin de mon âme s’est endormi
    et quand il fera à nouveau partie de mes fêtes intimes
     
    Ou si ce morceau est parti pour toujours
    Ou bien s’il fut volé et se trouve entier dans un autre
     
    Impossible de savoir si l’arbre primitif sent encore en son être le vent millénaire
    Si tu te souviens du chant de la mère quaternaire
    Et des cris de ton rapt
    Et de la voix sanglotante de l’océan qui venait d’ouvrir les yeux
     
    Et qui agitait les mains et pleurait dans son berceau
     
    Pour vivre nous n’avons pas besoin de tant d’horizons
    Les têtes de coquelicot que nous avons mangées souffrent pour nous
    Mon amandier parle pour une partie de moi-même
    Je suis près et je suis loin
     
    En mon temps bref, j’ai des centaines d’époques
    En mon être profond, j’ai mille lieues
    Cataclysmes de la terre accidents de planètes
    Et quelques étoiles de deuil
    Tu te souviens de quand tu étais un son entre les arbres
    Et de quand tu étais un petit rayon vertigineux?
     
    Maintenant nous avons la mémoire trop chargée
    Les fleurs de nos oreilles pâlissent
    Je vois parfois des reflets de plumes sur ma poitrine
    Ne me regarde pas avec tant de fantasmes
     
    Je veux dormir je veux entendre à nouveau les voix perdues
    Comme les comètes qui sont passées à un autre système
     
    Où étions-nous? Dans quelle lumière et dans quel silence?
    Oû serons-nous?
    Tant de choses tant de choses tant de choses
     
    Je souffle pour éteindre tes yeux
    Tu te souviens de quand tu étais un soupir entre deux branches?
    (Trad:Colette)
     
     
    Van Gogh, Oliviers
     

    Imposible

    de Vicente Huidobro


    Imposible saber cuándo ese rincón de mi alma se ha dormido
    y cuándo volverá otra vez a tomar parte en mis fiestas íntimas

    O si ese trozo se fue para siempre
    O bien si fue robado y se encuentra íntegro en otro

    Imposible sabe si el árbol primitivo adentro de su ser siente todavía el viento milenario
    Si tú recuerdas el canto de la madre cuaternaria
    Y los grandes gritos de tu rapto
    Y la voz sollozante del océano que acababa de abrir los ojos

    Y agitaba las manos y lloraba en su cuna

    Para vivir no necesitamos tantos horizontes
    Las cabezas de amapola que hemos comido sufren por nosotros
    Mi almendro habla por una parte de mí mismo
    Yo estoy cerca y estoy lejos

    Tengo centenares de épocas en mi breve tiempo
    Tengo miles de leguas en mi ser profundo
    Cataclismos de la tierra accidentes de planetas
    Y algunas estrellas de luto
    ¿Recuerdas cuando eras un sonido entre los árboles
    Y cuando eras un pequeño rayo vertiginoso?

    Ahora tenemos la memoria demasiado cargada
    Las flores de nuestras orejas palidecen
    A veces veo reflejos de plumas en mi pecho
    No me mires con tantas fantasmas
    Quiero dormir quiero oír otra vez las voces perdidas
    Como los cometas que han pasado a otros sistemas

    ¿En dónde estábamos? ¿En qué luz en qué silencio?
    ¿En dónde estaremos?
    tantas cosas tantas cosas tantas cosas

    Yo soplo para apagar tus ojos
    ¿Recuerdas cuando eras un suspiro entre dos ramas?