Espaces, instants - Page 3

  • Aimer l'imperfection / Amar lo imperfecto

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    Découvert il y a peu le concept japonais de Wabi Sabi. Il parait qu'il a envahi les magasins de décoration, ça je n'en ai aucune idée, mais sa portée philosophique et personnelle m'intéresse. Le concept se base sur la simplicité et l'imperfection de la nature qui, en révélant ses défauts, montre sa beauté.
     
    Descubierto hace poco el concepto japònés de Wabi sabi. Parece que ha invadido las tiendas de decoración, no tengo ni idea de ello, pero su ámbito filosófico y personal me interesa. El concepto se basa en la simplicidad y la imperfección de la naturaleza que, al descubrir sus defectos, muestra su belleza.
     
    Cette imperfection qui ronge certains, dont d'autres s’accommodent et qui fait penser Roberto Juarroz.
     
    Esa imperfección que corroe a algunos, con la cual otros se arreglan y que hace pensar a Roberto Juarroz.
     
     
     

                                                      

     
     
    L’imparfait

    Roberto Juarroz
     
     

    Comment aimer l'imparfait
    si l'on écoute au travers des choses
    combien le parfait nous appelle?

    Comment parvenir à suivre
    dans la chute ou l'échec des choses
    la trace de ce qui ne tombe ni n'échoue?

    Peut-être nous faudrait-il apprendre que l'imparfait
    est une autre forme de la perfection:
    la forme que la perfection assume
    pour pouvoir être aimée

     

    (Trad: Colette)

     

    Lo imperfecto

    Roberto Juarroz 

     

    ¿Cómo amar lo imperfecto,
    Si escuchamos a través de las cosas
    Cómo nos llama lo perfecto?

    ¿Cómo alcanzar a seguir
    En la caída o el fracaso de las cosas
    La huella de lo que no cae ni fracasa?

    Quizá debamos aprender que lo imperfecto
    Es otra forma de la perfección:
    La forma que la perfección asume

    Para poder ser amada

  • Le secret du rouge-gorge / El secreto del petirrojo

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    Et si, pour nous extraire du bruit du monde, on écoutait chanter le rouge-gorge?

    Différentes latitudes, différents climats. Ici les rouges-gorges ne gèlent ni ne marchent dans la neige.

    Jamais non plus je n'en ai entendu chanter la nuit, mais des audios et l'auteure de ce petit poème l'assurent. Je les crois.

     

    Nous avons croisé Anne Le Maître en janvier ici.

    La revoici, admirant la vaillance de l'oiseau. Poésie claire, mots choisis.

     

    Reçu d'un rouge-gorge

     

    J’ai ouvert la fenêtre

    sur le chant de l’oiseau

    le givre est entré

    la nuit était pâle

     

    le chant m’a dit

    attarde-toi

    entends celui qui veille

     

    nul ne peut dire 

    le secret

    de l’oiseau.

     

     

    La leçon du rouge-gorge

    c’est ce chant obstiné

    dans la nuit

    sertie de givre bleu

     

    Avec le brouillard monté de la rivière

    et les petits animaux

    endormis dans les trous.

     

     

    31 décembre

    j’ai la peau bleue de froid

    pieds nus

    à la fenêtre

     

    la vaillance

    cette nuit

    a la gorge vermeille

     

    je reçois de l’oiseau

    la dernière leçon

                                de l’année.

     


      Et ma traduction à l'espagnol.

    Recibido de un petirrojo

     

     

    Abrí la ventana

    al canto del pájaro

    la escarcha entró

    la noche era pálida

     

    el canto me dijo

    demórate

    escucha al que vela

     

    nadie puede decir

    el secreto

    del pájaro.

     

    La lección del petirrojo

    es este canto obstinado

    en la noche

    engarzada de hielo azul

     

    Con la niebla que sube del río

    y los pequeños animales

    dormidos en los agujeros.

     

    31 de diciembre

    tengo la piel azul de frio

    descalza

    en la ventana

     

    la valentía

    esta noche

    tiene la garganta roja

     

    recibo del pájaro

    la última lección

    del año.

     

    (Trad: Colette) 

     

     

  • Fais du bruit! / ¡Haz ruido!

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    Voici un second poème d'Elvira Sastre.
    La simplicité est un choix, une décision qu'elle a prise après des études de philologie.
    Tant, trop de poèmes hermétiques, alambiqués, et donc loin de la compréhension de tous pense-t-elle. 


    Vasili Kandinsky, Bruit / Ruido



    BRUIT
     
    Si tu pars
    fais-le avec du bruit;
    casse les fenêtres,
    insulte mes souvenirs,
    jette par terre toutes et chacune
    de mes tentatives
    pour t’atteindre,
    transforme en cri les orgasmes,
    frappe avec rage la chaleur
    abandonnée, le calme disparu, l’amour
    qui ne résiste pas,
    détruis la maison
    qui ne sera plus un foyer.
    Fais-le comme tu voudras,
    mais avec du bruit.
    Ne me laisse pas seule avec mon silence.
    Trad: Colette
                        .....................................
     Vous penserez sans doute, comme moi, à Prévert,

    On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va.”
    Et à la chanson de  Renaud Boucan d’enfer https://www.youtube.com/watch?v=kkAEErrHaJE


    Enrique Rogriguez Guzpana Sin ruido /Sans bruit
     
    RUIDO Elvira Sastre

    Si te marchas
    hazlo con ruido:
    rompe las ventanas,
    insulta a mis recuerdos,
    tira al suelo todos y cada uno
    de mis intentos
    de alcanzarte,
    convierte en grito a los orgasmos,
    golpea con rabia el calor
    abandonado, la calma fallecida, el amor
    que no resiste,
    destroza la casa
    que no volverá a ser hogar.
    Hazlo como quieras,
    pero con ruido.
    No me dejes a solas con mi silencio.
     
     
  • Le silence est ma voix / El silencio es mi voz

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    Après “Sagesse de l’herbe” que j’avais tant aimé, je découvre “Journal d’une pierre” d’Anne Le Maître.
     
    https://alm-bleudeprusse.blogspot.com/  
     
     
    Comme un cahier très soigné à emporter avec soi, à chaque page un court texte poétique et une illustration en noir encre, gris et blanc réalisée par elle-même. L’ensemble est des plus réussis.
     
     
    Diario de una piedra” por Anne Le Maître
    El librito, como un cuaderno muy cuidado para llevar consigo, en cada página un texto corto y una ilustración hecha por ella en tinta china, gris y blanco. El conjunto es precioso.
     
    J’ai choisi deux pages et les ai traduites en espagnol.
     
    VI
    Pierre à secret
    pierre à mémoire
     
            je dis
     
    Pierre de patience
    et de silence
     
    Sans chagrin
    sans voix
    sans espoir
     
    Que connais-tu des larmes
    que sais-tu d’être tendre
    que sais-tu de l’amour
    que sais-tu de la joie
    que je pourrais t’apprendre?
     
    VII
     
    - Et à qui parles-tu,
    toi qui bruisses et qui geins
    et de quoi?
    Et pourquoi?
     
    La leçon
    je la donne
     
    Se taire est mon langage
    le silence
           est ma voix.
     
                              …
    Ce que j’ai dans le cœur,
    dit la pierre,
    m’appartient.
                                   
    Carte postale Anne Le Maître, photo Colo
     
     
     

     

    VI
    Piedra de secretos
    piedra de memoria
     
              digo
     
    Piedra de paciencia
    y de silencio
     
    Sin pena
    sin voz
    sin esperanza
     
    ¿Qué sabes de las lágrimas
    qué sabes de ser tierno
    qué sabes del amor
    qué sabes de la alegría
    que podría enseñarte?
     
    VII
     
    - ¿Y con quién hablas,
    tú que susurras y gimes
    y de qué?
    Y por qué?
     
    La lección
    la doy yo
     
    Callar es mi lenguaje
    el silencio
    es mi voz
     
    ---------
     
    Lo que tengo en el corazón,
    dice la piedra
    me pertenece.
     
    (Trad: Colette)

    Vous trouverez une présentation et une page sur le blog d’Anne: https://alm-bleudeprusse.blogspot.com/2019/12/parution-dhiver.html
     
     
     
     
  • La vie en vert

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    Voici une non-recette car vous n’y trouverez pas de proportions. Il est peu probable aussi que vous ayez autour de vous les ingrédients qui poussent, sauvages, sur notre terrain.
    Mais peut-être cela vous inspirera-t-il?
     
    Ma famille les appellent “Croquettes de sorcière” car à cette époque de l’année je pars avec un panier et récolte des plantes sauvages.
    La vie en vert…
     
    Poireaux

     
    Bettes ou blettes
     
    Voici déjà de tendres bettes, de petits poireaux...et puis ces feuilles que je crois être de la chicorée (à gauche sur la photo ci-dessous). Je sais qu’elles sont comestibles car j’en mets depuis des années et nous sommes vivants:-)
     
                                                                
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Bien laver toutes les plantes, puis dans une grande poêle (ou casserole), huile et une tête entière de gousses d’ail émincées et des petits piments piquants. À feu lent, poco a poco, on ajoute les poireaux coupés en filles rondelles et finalement les bettes. Saler et laisser cuire un bon moment, les plantes sauvages sont coriaces.
     
            
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Quand l’eau des légumes a disparu, ajouter un peu de farine (celle que vous voulez), la faire cuire quelques minutes en remuant, puis un peu de lait. Il ne s’agit pas faire une béchamel (si souvent on nous sert des croquettes où on distingue à peine le jambon, crevettes ou épinards) mais de lier légèrement les éléments entre eux.
    Finalement j’ajoute du fromage râpé.
     

     
    Voilà, c’est prêt. On laisse le tout à refroidir, couvert, dans la glacière une nuit.
     
    Le lendemain, ça vous le savez, vous formez des croquettes, les passez dans de l’œuf battu et de la chapelure. Les frire, of course.
    Bon appétit.

  • Le poids du papier / El peso del papel

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    Aujourd'hui un poème sans prétentions mais qui dit si bien l'amour des livres...

     

    Une vie parmi les livres
    Mercedes  Escolano. Cádiz 1964
     
    Dans la rue attend le camion
    chargé des livres d’une vie.
    Qu’est-ce qui me retient dans ces
    pièces vides? Peut-être l’odeur
    laissée par les livres? Les heures, peut-être,
    partagées dans l’intimité et la tristesse?
    Les étagères sont restées nues
    et les pièces commencent à acquérir
    un air d’orphelinage et de non-sens.
     
    Le poids de l’encre,
    le poids du papier caressé,
    le poids subtil et aérien des mots,
    quel autre plaisir pourraient-ils me donner?
    En bas attend le camion de déménagement.
    Les caisses ont été soigneusement empilées,
    comme si de porcelaine il s’agissait.
     
    (Trad:Colette) 
     
     
    UNA VIDA ENTRE LIBROS 
    de "Placeres y mentiras" 
     
    Mercedes Escolano 
     
     
     En la calle aguarda el camión de la mudanza
    cargado con los libros de una vida.
    ¿Qué me retiene en estas
    habitaciones vacías? ¿Tal vez el olor
    que los libros dejaron? ¿Las horas, tal vez,
    compartidas en intimidad y tristeza?
    Los estantes han quedado desnudos
    y los cuartos comienzan a adquirir
    un aire de orfandad y sinsentido. 
     
     El peso de la tinta,
    el peso del papel acariciado,
    el peso sutil e ingrávido de las palabras,
    ¿qué más placer podrían darme?
    Abajo aguarda el camión de la mudanza.
    Las cajas han sido cuidadosamente apiladas,
    como si de fina porcelana se tratase.
     
     
  • Communiquer / Comunicar

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    Photo Colette, Nord de Mallorca
     

     

     
    Le mur
    il ne sait rien de la mer

    La mer
    elle ne sait rien du mur

    Entre eux
    le va-et-vient du vent
     
    La pared
    no sabe nada del mar

    El mar
    no sabe nada de la pared

    Entre ellos
    el vaivén del viento

    (Trad, Colette) 
     
    extrait de Komboloï, Werner Lambersy
     
    (Billet en partie repris d'un précédent, il y a des lunes..)
  • La lisière des mots / La linde de las palabras

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    LISIÈRES
    (extrait)


    Quand trop de voix familières
    jonchaient le bas-côté des jours
    j’écrivais
    pour détourner le temps
    prendre le pouls de la mémoire
    dans le ravissement d’un arrêt sur image.

    Mais déjà le chemin s’effaçait
    à la lisière des mots

    et l’on n’entendait plus que des voix
    indistinctes
    rudes comme la rouille
    des faux abandonnées

    et l’image n’était plus
    qu’un obscur reflet
    qui à tout moment
    pouvait blesser la lumière.
     
     
     
     
     Irène Dubœuf, « Lisières » in Effacement des seuils, éditions Unicité, 2019, page 45. 
     
    Poème et références trouvés sur le blog Terres de Femmes:
    https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2019/12/ir%C3%A8ne-dub%C5%93uf-lisi%C3%A8res.html 
     
     
    Vicente Verdú
     
     
     
     
    Orillas
    (Extracto)
     
    Cuando demasiadas voces familiares
    cubrían el arcén de los días
    escribía
    para desviar el tiempo
    para tomar el pulso de la memoria
    en el encanto de un estudio minucioso.
     
    Pero el camino ya se borraba
    en la linde de la palabras
     
    y ya sólo se oían voces
    indistintas
    rugoso como el óxido
    de las hoces abandonadas
     
    y la imagen ya no era más
    que un oscuro reflejo
    que en cualquier momento
    podía herir la luz.
     
    (Traducción Colette)

  • Une lettre cachetée / Una carta sellada

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    D'abord il y a une enveloppe...
    Primero hay un sobre....

     
     


    ...suivie d'un timbre,
    ...seguido de un sello,
                                                                       

     
     

    À l'intérieur ce court poème pour vous souhaiter une bonne fin d'Année.
    Y dentro este corto poema para desearos un buen fin de Año.

     

     

     
     NOCTURNE (extrait)
    JR Jimenéz

    «Que t’importe toute chose,

    si nous pouvons brûler
    chaque peine oh passion ! en chaque étoile,
    si nous pouvons faire
    de l’immense ciel noir
    notre immense joie toute illuminée ? 
     
    (Trad. Trouvée sans nom du traducteur sur le site http://emmila.canalblog.com)

    Nocturno (Extracto)
    JR Jimenéz
     
    ¡Qué te importa de todo,
    si podemos quemar
    cada pena ¡o, pasión! en cada estrella,
    si podemos hacer
    del negro cielo inmenso
    nuestra inmensa alegría iluminada?
     
     
  • Une fleur sans épines / Una flor sin espinas

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    Les longues soirées devant la cheminée, ce vague à l’âme qui peut nous envahir en laissant notre regard se perdre dans les flammes...et ce poème que j'ai lu un soir.
    Il est de Claribel Alegría, (Nicaragua, 1924-2018) nous l'avons déjà rencontrée sur ce blog; son nom m'a toujours enchantée.


     Évoquant des souvenirs
     
    Évoquant des souvenirs
    j’ai trouvé le tien.
    Il ne faisait pas mal.
    Je l’ai sorti de son étui,
    j’ai secoué ses racines
    dans le vent,
    je l’ai mis à contre-jour:
    C’était un cristal poli
    qui reflétait des poissons de couleurs,
    une fleur sans épines
    qui ne brûlait pas.
    Je l’ai jeté contre le mur
    et la sirène de mon alarme a sonné.
    Qui a éteint son feu?
    Qui a usé le fil
    de mon souvenir-lance
    que j’aimais tant?
     
    (Trad: Colette)

     

     
    In memoriam, Enrique Grau 1990, Colombia
     
     
     
    Barajando recuerdos
     
    Barajando recuerdos
    me encontré con el tuyo.
    No dolía.
    Lo saqué de su estuche,
    sacudí sus raíces
    en el viento,
    lo puse a contraluz:
    Era un cristal pulido
    reflejando peces de colores,
    una flor sin espinas
    que no ardía.
    Lo arrojé contra el muro
    y sonó la sirena de mi alarma.
    ¿Quién apagó su lumbre?
    ¿Quién le quitó su filo
    a mi recuerdo-lanza
    que yo amaba?
  • Ils brisent le mythe de la mort / Rompen el mito de la muerte

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    Les plus vieux / Los más viejos

    Rafael Felipe Oteriño (Argentina 1945)

    Acostumbrados a caminar por la sombra,
    los más viejos tienen conductas extravagantes:
    van al mercado, cultivan flores,
    como si la muerte no fuera un telón sino un reto
     

    Habitués à marcher dans l'ombre

    les plus âgés ont des conduites extravagantes:

    ils vont au marché, cultivent des fleurs,
    comme si la mort n'était pas un rideau mais un défi.


    Guardan la moneda de hoy para el concierto de mañana,
    anotan, con tinta gruesa, los números de teléfono,
    mantienen una conversación con los difuntos,
    disimulando las ofensas para que no parezcan excesivas.
     
    Ils gardent la monnaie d'aujourd'hui pour le concert de demain,
    ils notent, à l'encre épaisse, les numéros de téléphone,
    entretiennent des conversations avec les défunts,
    et dissimulent les offenses pour qu'elles ne semblent pas excessives.
     

    Adolf Humborg (1847-1921)
     
    Dicen que fueron felices,
    aunque las pruebas demuestran lo contrario,
    hablan de los hijos como si los vieran a diario,
    comienzan un tejido y aprenden computación.
     
    Ils disent qu'ils furent heureux,
    bien que les preuves démontrent le contraire,
    parlent des enfants comme s'ils les voyaient tous les jours,
    commencent un tricot et apprennent l'informatique.
     
    No hay en ellos señales de alarma
    ni sueños malos que los persigan,
    no se sienten hostigados ni piden auxilio,
    sus relojes no marcan las horas a menos que se rompan.
     
    En eux pas de signaux d'alarme
    ni de mauvais rêves qui les poursuivent,
    ils ne se sentent pas harcelés et ne demandent pas d'aide,
    à moins de se rompre, leurs montres ne marquent pas les heures.

     
    Cecilio Pla y Gallardo / Hombre en la playa

    Maestros de lo improbable,
    pasan muchas horas con las ventanas abiertas,
    están y no están en sus sillas caldeadas, son y no son.
     
    Maîtres de l'improbable,
    ils passent de nombreuses heures les fenêtres ouvertes,
    ils sont et ne sont pas sur leurs chaises chaudes, ils sont et ne sont pas.


    Barren la vereda como si nada estuviera a punto de estallar,
    como si los cuatro puntos cardinales
    no se hubieran fundido, para ellos, en uno solo.
     
    Ils balayent le trottoir comme si rien n'était sur le point d'exploser
    comme si les quatre points cardinaux
    pour eux ne s'étaient pas fondus en un seul.

    Rompen el mito de la muerte,
    sumando un anillo más al árbol que los cobija.
    Dicen que fueron felices.
     
    Ils brisent le mythe de la mort,
    ajoutant un anneau de plus à l'arbre qui les abrite.
    Ils disent qu'ils furent heureux.

    Rafael Felipe Oteriño (La Plata, 1945), Viento extranjero,

    Trad:Colette
     

  • Le pont de la nuit / El puente de la noche

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    Juan Ramón Jiménez, peut-être vous souvenez-vous de lui

     Oublier un peu, rien , trop... ah si nous pouvions décider, être les maîtres de nos mémoires!
     
     
    No os lo tengo que presentar, y ya publiqué varios poemas de él
    ¿Recordar y olvidar. Olvidar un poco, nada, demasiado...¡si pudiéramos decidir y ser dueños de nuestras memorias!
     
    Je vous souhaite une bonne semaine. ¡Qué paséis una buena semana!
     
    Oswaldo Guayasamín 1919-1999 Ecuador*
     
    La mémoire
    Juan Ramón Jiménez
     
    Quelle tristesse voir passer
    le débit de chaque jour
    (tours en haut et en bas!),
    par le pont de la nuit
    (tours en bas et en haut),
    vers le soleil du lendemain!
    Qui saurait
    laisser sa cape, content,
    dans les mains du passé;
    ne plus regarder ce qui fut;
    entrer de front et ravi,
    tout nu, dans la libre
    allégresse du présent!
    (Trad Colette)
     
     
    La memoria
    JR Jiménez
     
    ¡Qué tristeza este pasar
    el caudal de cada día
    (¡vueltas arriba y abajo!),
    por el puente de la noche
    (¡vueltas abajo y arriba!),
    al otro sol!
    ¡Quién supiera
    dejar el manto, contento,
    en las manos del pasado;
    no mirar más lo que fue;
    entrar de frente y gustoso,
    todo desnudo, en la libre
    alegría del presente!
     
     
  • Une voix et un piano / Una voz y un piano

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    Diana Navarro, née en 1978 à Malaga, est une jeune chanteuse à la voix…vous entendrez. J’ai choisi une copla traditionnelle, me suis laissé envoûter.
    Alors, je n’ai pas traduit les paroles, ces mots souvent pathétiques d’antan, genre “Je t’aime plus que ma vie, plus que l’air que je respire, plus que ma mère”…sachez seulement que c’est l’histoire d’une jeune fille qui tombe éperdument amoureuse d’un homme mûr.
     
     
     


    Coplas de amor
     
     
    Cuando nos vieron, del brazo,
    bajar platicando la Calle Real,
    pa las comadres del pueblo
    fue la letanía
    de nunca acabar:

    - Que si puede ser su pare...
    - Que es mucho lo que ha corrío...
    - Que un hombre así, de sus años,
    no es bueno para marío...

    Fueron tantas cosas
    las que yo sentí,
    que al pie de mi reja,
    de cara a tus ojos,
    me oyeron decir:
     
    Fueron tantas cosas
    Las que yo sentí,
    Que tras de las rejas,
    De cara a tus ojos,
    Me oyeron decir:
     
    Dime que me quieres, ¡dímelo por Dios!
    Aunque no lo sientas, aunque sea mentira,
    Pero dímelo.
    Dímelo bajito,
    Te será más fácil decírmelo así,
    Y el "cariño" tuyo será "pa" mis penas
    Lo mismo que lluvia de mayo y abril.
    Ten misericordia de mi corazón,
    Dime que me quieres, dime que me quieres,
    ¡Dímelo por dios!
     
    Te quiero más que a mis ojos,
    Te quiero más que a mi vida,
    Más que al aire que respiro
    Y más que a la madre mía.
     
    Que se me paren los pulsos
    Si te dejo de querer,
    Que las campanas me doblen
    Si te falto alguna vez.
     
    Eres mi vida y mi muerte,
    Te lo juro, compañero;
    No debía de quererte,
    No debía de quererte
    Y sin embargo yo te quiero.
     
    Por mi salud, yo te juro
    Que eres pa mí lo primero,
    Y me duele hasta la sangre
    De lo mucho que te quiero.
     
    No se me importan tus canas
    Ni el sentir de los demás,
    Lo que me importa es que sepas
    Que yo te quiero de verdad.
     
    Soy de tus besos cautiva.
    Y así escribí en mi bandera:
    Te he de querer mientras viva,
    Compañero, mientras viva,
    Y hasta después que me muera...

  • Dialogues avec nous-mêmes / Diálogos con nosotros mismos

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    Né en Italie en 1886, Antonio Pochia a passé toute sa vie en Argentine où il mourut en 1949.
    Au début des années 40 il a réuni ses Voix, ses aphorismes, dans un recueil. VOCES /VOIX. (traduit en français par Roger Caillois en 1949).
     
    L’aphorisme est, selon le dictionnaire: Phrase, sentence qui résume en quelques mots une vérité fondamentale ou énoncé succinct d'une vérité banale mais il est aussi une forme authentique et profonde de dialogue avec soi-même.
    Il aide l’écrivain et le lecteur à maintenir les yeux ouverts, à être lucides, à  illuminer des zones de la pensée occulte en niant, doutant, découvrant,
     
    Les aphorismes de Porchia me semblent moins noirs que ceux de Cioran. Je vous en propose quelques uns, en lire beaucoup à la fois sature l’esprit:-)

     

     

     

    https://www.quo.es/ser-humano/a62471/curiosa-escultura-de-un-pensador-encontrada-en-israel/

     

     



    * L’homme ne va nulle part. Tout vient à l’homme, comme le lendemain.
     
    * Si tu ne lèves pas les yeux, tu croiras que tu es le point le plus haut.

     

    https://www.esculturaurbanaaragon.com.es/ninosentado.htm

    * Quand toi et la vérité me parlent, je n’écoute pas la vérité. Je t’écoute toi.

     
    * Oui, c’est ça le bien: pardonner le mal. Il n’y a pas d’autre bien.

     
    * Tu ne vois pas le fleuve de pleurs parce qu'il lui manque une larme de toi
    .

    (Trad: Colette)
     (En lire plus ici.)

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    Nacido en Italia en 1886, Antonio Porchia pasó toda su vida en Argentina donde murió en 1949.
    A principios de los años 40, reunió sus VOCES, sus aforismos en un libro.
     
    El aforismo es, según el diccionario “Frase o sentencia breve y doctrinal que se propone como regla en alguna ciencia o arte”, pero es también una forma auténtica y profunda de diálogo con uno mismo.
    Ayuda al escritor y el lector a mantener los ojos abiertos, a ser lúcido, a iluminar las zonas del pensamiento oculto negando, dudando, descubriendo.
     
    Los aforismos de Porchia me parecen menos negros que los de Cioran, os propongo unos pocos ya que muchos a la vez satura la mente:-)


    * El hombre no va a ninguna parte. Todo viene al hombre, como el mañana.

    * Si no levantas los ojos, creerás que eres el punto más alto.


    http://marthadicroce.blogspot.com/2016/08/


     * Cuando tú y la verdad me hablan, no escucho a la verdad. Te escucho a ti.

    * Sí, eso es el bien: perdonar el mal. No hay otro bien.


    * El río del llanto no lo ves, porque le falta una lágrima tuya


    Fuente: http://www.materialdelectura.unam.mx/images/stories/pdf5/antonio-porchia-133.pdf

  • Au centre du cri / En el centro del grito

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    Il est des animaux aimés, et d’autres qui, souvent à cause de leur laideur, provoquent en nous, et de façon irraisonnée, peur, dégoût voire terreur.
    Voici un poème très visuel, surprenant, de la poète, romancière et essayiste Mexicaine Rosario Castellanos (1925-1974).
     
    Hay animales queridos, y otros que, a menudo por su fealdad, nos provocan , de manera irracional, miedo, aversión incluso pánico.
    Hoy un poema muy visual, sorprendente, de la poeta, ensayista, novelista Mejicana Rosario Castellanos (1925-1974).
     
     

     
    La soirée du crapaud
     
    Assis dans l’ombre
    -solennel avec ton goitre exophtalmique; cruel
    (en apparence, du moins, dû au gonflement
    des paupières); froid,
    froid répulsif de sang froid.
     
    Assis dans l’ombre tu regardes brûler la lampe.
     
    Autour de la lampe nous parlons et peut-être
    L’un de nous dit ton nom.
     
    (En septembre. Il a plu)
     
    Comme mû par le ressort de la surprise, tu sautes
    Et te voilà, au milieu de la conversation,
    Au centre du cri.
     
    Quelle peur en sentant palpiter
    le cœur nu
    de la nuit à la campagne!
     
    (Trad: Colette)
     
     
     
    La velada del sapo
     
    Sentadito en la sombra
    -solemne con tu bocio exoftálmico; cruel
    (en apariencia, al menos, debido a la hinchazón
    de los párpados); frío,
    frío de repulsiva sangre fría.

    Sentadito en la sombra miras arder la lámpara

    En torno de la luz hablamos y quizá
    Uno dice tu nombre.

    (En septiembre. Ha llovido)

    Como por el resorte de la sorpresa, saltas
    Y aquí estás ya, en medio de la conversación,
    En el centro del grito.

    ¡Con qué miedo sentimos palpitar
    el corazón desnudo
    de la noche en el campo!