Espaces, instants - Page 2

  • Quand des larmes font une chanson / Cuando lágrimas hacen una canción

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    Nous sommes en 1929 et le musicien-compositeur et chanteur cubain Miguel Matamoros (Santiago de Cuba 1894-1971) se trouve en déplacement à Saint Domingue.

    L’histoire raconte qu’un soir, dans la chambre de la pension où il séjournait, il entend des pleurs de femme dans la chambre voisine. Il pense à un deuil, puis il apprend que le mari de la dame l’a quitté la veille pour une autre.

    Ceci lui aurait inspiré les paroles de la chanson “Lágrimas negras”

    La liste des interprètes est très longue, mais nous allons nous centrer sur la version de Bebo y  El Cigala, extraordinaire réunion d’artistes variés.

     

     

    D’abord Bebo Valdés, le connaissez-vous ?  Pianiste de jazz et compositeur cubain, lié au latin-jazz et au jazz afro-cubain.

    El Cigala, né à Madrid, célèbre cantaor de flamenco, gitan, espagnol donc mais de nationalité Dominicaine depuis 2014.

    Il reste le saxophoniste, magnifique, mais pas de nom fixe ai-je vu, il semble être différent à chaque concert ou enregistrement.

    L’album Produit par les Espagnols Javier Limón et Fernando Trueba et la chanson d’aujourd’hui ont le même titre “Lágrimas (larmes ) negras”.

     

    Allez, écoutez, laissez-vous emporter, regardez leur plaisir. (les paroles, qui diffèrent d’un chanteur/chanteuse à l’autre) sont plus bas. 

     

     

     

    Bien que tu m'aies jeté dans l’abandon
    Bien que tu aies tué mes illusions
    Au lieu de te maudire d'une juste rancœur
    dans mes rêves, je te couvre
    dans mes rêves, je te couvre de bénédictions


    Ton égarement me fait souffrir d'une peine immense
    je sens la douleur profonde de ton départ
    Je pleure, sans que tu saches que mes pleurs
    sont des larmes noires
    sont des larmes noires comme ma vie

    Aïe, dans le Guadalquivir

    Les gitanes lavent

    les enfants sur les berges

    en regardant passer les bateaux,



    Eau du citronnier

    Eau du citronnier

    Si je te caresse la figure

    Tu dois me donner un baiser


    Tu veux me quitter, je ne veux pas souffrir
    je pars avec toi, ma sainte même si je dois en mourir

     

    (Dans ces mots chantés par Cigala, je soupçonne que le Guadalquivir, les gitanes et l'eau du citronnier sont des ajouts personnels du cantaor...)

  • Dit la pierre / Dice la piedra

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    Certains poèmes courts en disent tant...

    IV

    La pierre dit

     

    La pluie me baigne

    juillet me cuit

    l’hiver me fend.

     

    Sans douceur

    sans humeur

    sans mollesse

     

    Je tiens, dit-elle,

    c’est ma vertu

    elle me tient lieu

                 d’ivresse.

     

    Anne Le Maître

     

    Extrait de “Journal d’une pierre” IV

    L’Atelier des Noyers,

     

                               Dessin de Michel Rouvière
                                  https://www.pierreseche.com/dessins_Rouviere.html

     

     

     

    Dice la piedra

     

    La lluvia me baña

    julio me asa

    el invierno me quiebra

     

    Sin dulzura

    sin humor

    sin blandura

     

    Aguanto, dice,

    es mi virtud

    me sirve de

             embriaguez.

    (Trad: Colette)

  • Mémoire / Memoria

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    Restons au Chili.

    Michaela Paredes Barraza est une jeune poète Chilienne, née à Santiago de Chile, en 1993

     

                                    Álvaro Bindis, Chili,

     

     

    Cérémonies d’intérieur

     

    Il y a quelque chose de permanent dans la distance

    entre objet et souvenir, ici ou là,

    hier, aujourd’hui et demain.

    Répété et différent dans la mémoire

    tout reste circonscrit à ce lieu

    où un jour il nous fut donné d’aimer le monde.

    Perdurent ses images : l’angoisse

    du rite des dimanches, les miettes du pain

    et du désamour

    que nous nions une fois derrière la fenêtre.

     

    Nous changeons de ville, d’endroits,

    mais là, et seulement là, nous fûmes et sommes

    condamnés pour toujours à l’étreinte

    au secret de la lumière qui, les nuits, nous rappelle

    notre ruine originaire.

     

    (Trad: Colette)

     

    Alvaro Bindis, peintre Chilien 

     

     

    Ceremonias de interior



    Micaela Paredes Barraza (Santiago de Chile 1993)



     

    Hay algo permanente en la distancia

    entre objeto y recuerdo, aquí o allá,

    ayer, hoy y mañana.

    Repetido y diferente en la memoria

    todo queda circunscrito a ese lugar

    en que un día nos fue dado amar al mundo.

    Perduran sus imágenes: la angustia

    del rito los domingos, las migajas del pan

    y el desamor

    que negamos una vez tras la ventana.

     

    Cambiamos de ciudad, contamos sitios,

    pero allí y solo allí fuimos y somos

    para siempre condenados al abrazo,

    al secreto de la luz que nos recuerda por las noches

    nuestra ruina originaria.

     

     
  • Gabriela (2)

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    Nous avions quitté Gabriela Mistral la semaine dernière alors qu’elle partait faire des conférences de par monde. Finalement elle est nommée consul honoraire du Chili à Naples.
    C’est en 1945 qu’on lui attribue le prix Nobel (le premier donné à une écrivaine de langue espagnole) et en 1951 elle reçut le Prix national de Littérature du Chili.
    Elle poursuit de pair sa carrière diplomatique, la poésie, et ses nombreux voyages jusqu’à sa mort en 1957 à New York. Selon son désir ses restes furent amenés au Chili. Certaines de ses œuvres inédites furent publiées après sa mort.
     

    Alors, et comme le dit Angèle Paoli (ici, sur Terres de femmes):

    La poésie de Gabriela Mistral est malheureusement quasi inaccessible aux non-hispanisants, compte tenu de la rareté – du moins en France – des traductions de ses recueils poétiques, publiées pour la plupart en 1946, au lendemain de son Prix Nobel (et non rééditées depuis), hors une anthologie poétique parue en 1989 à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance (D’amour et de désolation, Orphée/La Différence). Cette anthologie a été rééditée en 2012.”


     

     
    Je ne vous mets qu’un seul poème aujourd’hui car il est long. Et pas gai, mais la poésie doit-elle l'être à toux prix?
     
    Pour comprendre ce poème, le plus connu sans doute des francophones, il vous faut savoir ceci: le Chili vécut, au milieu du XIXºs, ce qu’ils appellent une colonisation sélective. Le gouvernement avait ouvert ses frontières pour recevoir des étrangers, catholiques, qui avaient eu une éducation secondaire.
    C’est ainsi qu’arrivèrent des Allemands, qui imposèrent plus ou moins leur langue et leurs coutumes dans les zones où ils habitaient. Gabriela élève la voix devant la transformation de son paysage affectif, devant l’étrangeté d’un espace qui commençait à perdre son identité.
     

    DÉSOLATION


    La brume épaisse, éternelle, pour me faire oublier où
    m’a rejetée la mer dans son flot saumâtre.
    La terre où j'ai abordé n'a pas de printemps :
    sa nuit sans fin me couvre comme une mère.

    Autour de mon logis, le vent fait sa ronde de sanglots
    et de hurlements et, tel un fil de cristal, brise mon cri.
    Sur la plaine blanche, à l'horizon sans fin,
    je regarde mourir d'immenses couchants douloureux.

    Qui pourra appeler celle qui est venue jusqu'ici,
    puisque seuls les morts sont allés plus loin ?
    Ils regardent une mer muette et glacée
    s'allonger entre leurs bras et les bras chéris.

    Les bateaux dont les voiles blanchissent le port
    viennent de terres où ne sont pas les miens ;
    leurs hommes aux yeux clairs ne connaissent pas mes fleuves,
    et n'apportent que des fruits pâles, qui n'ont pas la lumière de mes vergers.

    La question qui monte à ma gorge
    lorsque je les vois passer, retombe, accablée :
    ils parlent des langues étrangères, non l'émouvante
    langue que, sur des terres dorées, chante ma pauvre mère.

    Je regarde tomber la neige comme poussière dans la tombe ;
    je regarde s'épaissir le brouillard comme l'agonisant,
    pour ne pas tomber dans la folie, je ne compte pas les instants ;
    la longue nuit ne fait que commencer.

    Je contemple la plaine figée et en recueille le deuil,
    car je suis venue voir les paysages de mort.
    La neige est le visage qui regarde à travers mes vitres,
    sa blancheur descend sans trêve des cieux.

    Toujours elle, silencieuse, ainsi que le vaste
    regard de Dieu sur moi, toujours ses jasmins sur mon toit ;
    toujours, tel le destin égal, présent,
    elle viendra me couvrir, terrible, extasiée.

     

    Gabriela Mistral, Poèmes choisis, Éditions Stock. Traduction de Mathilde Pomès. (Trouvé sur le même site :“Terres de femmes”

     

    La bruma espesa, eterna, para que olvide dónde
    me ha arrojado la mar en su ola de salmuera.
    La tierra a la que vine no tiene primavera:
    tiene su noche larga que cual madre me esconde.

    El viento hace a mi casa su ronda de sollozos
    y de alarido, y quiebra, como un cristal, mi grito.
    Y en la llanura blanca, de horizonte infinito,
    miro morir intensos ocasos dolorosos.

    ¿A quién podrá llamar la que hasta aquí ha venido
    si más lejos que ella sólo fueron los muertos?
    ¡Tan sólo ellos contemplan un mar callado y yerto
    crecer entre sus brazos y los brazos queridos!

    Los barcos cuyas velas blanquean en el puerto
    vienen de tierras donde no están los que no son míos;
    sus hombres de ojos claros no conocen mis ríos
    y traen frutos pálidos, sin la luz de mis huertos.

    Y la interrogación que sube a mi garganta
    al mirarlos pasar, me desciende, vencida:
    hablan extrañas lenguas y no la conmovida
    lengua que en tierras de oro mi pobre madre canta.

    Miro bajar la nieve como el polvo en la huesa;
    miro crecer la niebla como el agonizante,
    y por no enloquecer no encuentro los instantes,
    porque la noche larga ahora tan solo empieza.

    Miro el llano extasiado y recojo su duelo,
    que viene para ver los paisajes mortales.
    La nieve es el semblante que asoma a mis cristales:
    ¡siempre será su albura bajando de los cielos!

    Siempre ella, silenciosa, como la gran mirada
    de Dios sobre mí; siempre su azahar sobre mi casa;
    siempre, como el destino que ni mengua ni pasa,
    descenderá a cubrirme, terrible y extasiada.

     

     

  • Il y a...

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    (Cette version n'est disponible que si vous cliquez sur le lien Yoube qui apparaît)

     


    Mais voici une version au saxophone très intéressante.

     

     

     Aujourd'hui, il y a 100 ans, naissait Astor Piazzola, le maître du tango Argentin, vous le connaissez sûrement.

     

    J'ai choisi ce titre, pas le plus connu,  "Ausencias" (Absences), car ce 11 mars est aussi la date où eut lieu en 2011 le terrible tremblement de terre au Japon avec les conséquences que nous avons peut-être un peu oubliées mais dont les Japonais souffrent encore, et pour longtemps.

     

     

  • Gabriela (1)

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    Autant vous le dire tout de suite: la poésie de Gabriela Mistral ne m’enthousiasme pas vraiment. Peut-être y a-t-il des clés pour y entrer que je n’ai pas perçues. Pourtant la nature, omniprésente, devrait m’enchanter. 


    Mais la femme est digne de toute mon admiration .
    Comme elle est une des toutes grandes poétesses sud-américaines, qu’elle a eu un prix Nobel, qu’elle a toujours lutté contre la pauvreté, la démocratie, pour les enfants...je vous raconte un peu sa vie. Pas facile car il y a la version officielle du gouvernement chilien (dictature) et l’autre. Je me contenterai donc des faits.

    Née en en 1889 au nord du Chili, son vrai nom est Lucila de María del Perpetuo Socorro Godoy Alcayaga, et Gabriela Mistral un nom qu’elle a choisi à cause de ses deux poètes préférés: Gabriele D’Annunzio et Frédéric Mistral.
    Elle avait 3 ans quand son père quitta la maison, laissant la famille dans des conditions fort difficiles. Elle arrive pourtant à poursuivre son éducation et à 14 ans devient “aide-institutrice”. Déjà elle écrit des poèmes, a un amoureux, un mauvais garçon qu’elle quitte puis qui se suicide. L’histoire dit qu’elle gardera cette blessure sa vie durant.


    Ensuite elle s’installe à Santiago, poursuit des études supérieures et elle va travailler  comme institutrice dans différentes parties du Chili, C’est là qu’elle rencontre le jeune Neftali Reyes Basoalto. Vous devinez qui c’est ? C’est Pablo Neruda ! Elle l’initie à l’écriture.


    À ce moment, 1922, le gouvernement mexicain lui demande de venir organiser les bibliothèques et les écoles. Elle publie « Desolación» qui a un succès international, et aussi « Lectures pour femmes » sur la maternité et l’éducation des enfants. Devenue professeure d’espagnol à l’Université du Chili, Gabriela part donner des conférences aux États-Unis et en Europe puis parcourt l’Amérique Latine.
    Elle publie des comptines pour enfants.


     

    Voici une ronde.

     

    CEUX QUI NE DANSENT PAS

    Une petite infirme

    dit: comment danserai-je ?

    Nous lui répondons

    fais danser ton cœur.

     

    Et l’estropiée

    dit: comment chanterai-je ?

    Nous lui répondons

    fais chanter ton cœur.

     

    Le pauvre chardon mort dit :

    comment danserai-je ?

    Nous lui disons: laisse le vent

    emporter ton cœur.

     

    Dieu dans la hauteur

    dit: comment descendre de l’azur ?

    Nous lui disons de descendre danser

    pour nous dans la lumière.

     

    Toute la vallée danse

    en vaste ronde sous le soleil

    et qui n’entre pas

    son cœur de terre deviendra.

                                                                                                        (Trad Colette)

     

    (suite la semaine prochaine, avec un autre poème).

     

    Los que no danzan  Gabriela Mistral



    Una niña que es inválida
    dijo: ?«¿Cómo danzo yo?»
    Le dijimos que pusiera
    a danzar su corazón...

    Luego dijo la quebrada:
    ?«¿Cómo cantaría yo?»
    Le dijimos que pusiera
    a cantar su corazón...

    Dijo el pobre cardo muerto:
    ?«¿Cómo danzaría yo?»
    Le dijimos: ?«Pon al viento
    a volar tu corazón...»

    Dijo Dios desde la altura:
    ?«¿Cómo bajo del azul?»
    Le dijimos que bajara
    a danzarnos en la luz.

    Todo el valle está danzando
    en un corro bajo el sol,
    y al que no entra se le hace
    tierra, tierra el corazón.

     

  • Norritures terrestres / Alimentos terrenales

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    Gabriela Mistral ne m’en voudra pas, vous non plus j’espère, si je postpose le billet sur elle.

    Les travaux du potager m’accaparent, comme à chaque printemps. Oui, il est arrivé ici et il s’agit de ne pas rater le moment idéal pour certaines plantations.

    Avant ça, il faut remettre en état le terrain qui n’en a fait qu’à sa tête pendant des mois.

     

    Alors je vais vous montrer ce que nous mangeons en ce moment, ce qui est déjà fait et...ce qu’il reste à faire !!!

    Zut, on ne peut pas voyager, mais je vous inviterais bien, histoire de bavarder en désherbant ou retournant la terre, plantant des patates…

    J’ai pris ces photos le 16 février, sous un ciel gris.

     

     

     

    Gabriela Mistral no me lo reprochará, vosotros tampoco espero, si pospongo la entrada sobre ella.

    Los trabajos de la huerta me acaparan, al igual que a cada primavera. Sí, aquí ya ha llegado y se trata de no perder el momento ideal para algunas plantaciones.

    Pero antes hay que cuidar de la tierra que hizo lo que quería durante meses.

    Entonces os voy a enseñar lo que comemos en este momento, lo que ya está hecho...y lo que queda por hacer !!!

    Si os apetece echarnos un mano...

    Saqué esas fotos  el 15 de febrero, bajo un cielo gris.

     

    Choux et laitues tout l'hiver, les fèves commencent à compléter nos assiettes


     

    Nous avons planté des oignons, des poireaux et de l'ail frais

     


     

     


     


    Bientôt au menu artichauts et fraises




     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le terrain est en terrasses, il reste du boulot !

     

    Ce blog, pour des "motifs potagers", est en pause pour un moment.

  • Un Air Chilien / Un Aire Chilieno

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    Le nom de Gabriela Mistral vous dit sans doute quelque chose, sinon je vous raconterai la semaine prochaine qui était cette femme extraordinaire, cette poète chilienne qui reçut, avant Pablo Neruda et Vicente Huidobro, le prix Nobel de littérature en 1945.

    Mais aujourd’hui, un « apéritif » poétique.

     

    Sin duda conocéis, por lo menos el nombre, a Gabriela Mistral. La próxima semana os contaré en detalle quién era esa mujer extraordinaria quien recibió, antes que P. Neruda o V. Huidobro, el premio Nobel de literatura en 1945.

    Pero hoy un « aperitivo » poético. 

     

     

                              

       

                          Brumes Chili

     
    L’Air
     
    Gabriela Mistral
     
    Ce qui passe et qui reste,
    c’est l’Air, c’est l’Air,
    et, sans bouche visible,
    il te prend et t’embrasse, père aimant.
    Aïe, nous le brisons sans le casser;
    blessé il vole sans se plaindre,
    et il semble emporter tout le monde
    et, bienveillant, à tous il pardonne, l’Air...
     
    (Trad:Colette)
    EL AIRE
    Gabriela Mistral
    Esto que pasa y que se queda,
    esto es el Aire, esto es el Aire,
    y sin boca que tú le veas
    te toma y besa, padre amante.
    ¡Ay, le rompemos sin romperle;
    herido vuela sin quejarse,
    y parece que a todos lleva
    y a todos deja, por bueno, el Aire...

    Brumes Chili

  • Dessiner les villes / Dibujar las ciudades

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    Vous savez sans doute ce que sont les Urban Sketchers, vous les avez peut-être vus en ville ces dessinateurs -professionnels ou amateurs. 

    Sin duda conocéis a los Urban Sketchers, tal vez los habéis visto en la ciudad esos dibujantes - profesionales o aficionados.

     

    Voilà des dessinateurs /  Aquí están unos dibujantes

    https://www.ultimahora.es/noticias/palma/2020/06/10/1170467/palma-ilustrada.html

     

    Je vous propose ici quelques dessins de Palma de Mallorca, trouvés dans des journaux ou des blogs. 

    Si vous en avez envie, ce serait gai, envoyez-moi un dessin de votre ville, de celle d'à côté, de la capitale... réalisé par l'un d'eux et je le publierai ci-dessous.

    Os propongo unos dibujos de Palma de Mallorca.  Si tenéis ganas, sería divertido, enviadme un dibujo de vuestra ciudad, de la de al lado...realizado por uno de ellos y lo publicaré debajo.

     

    http://www.urbansketchers.org/2014/05/mallorca.html

     

    La cathédrale

     

                   https://www.pinterest.es/pin/415316396863614633/

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    https://juanjoramoscom.wordpress.com/tag/urban-sketchers-mallorca/

     

     

                                   Le bar Cristal, le plus connu de Palma / el más conocido

           http://www.comicmallorca.com/es/2017/08/feliu-renom-y-los-urban-sketchers-mallorca-en-el-bar-cristal-de-palma/

     


    Rues et bars vides-confinement

    Calles y bares vacíos - confinamiento

     

    Fuente de las ilustraciones abajo / Source des illustrations ci-dessous: https://www.diariodemallorca.es/cultura/2021/01/27/dibujantes-reporteros-retratan-cierre-palma-31402638.html

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

    À Genève, Les eaux vives

    : dessins villes palma de mallorca,urban sketchers

    Source : https://www.facebook.com/Tarek-Souissi-Artiste-Plasticien-155610545057815/photos/a.155623595056510/155624691723067

     

    https://main-designyoutrust.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/2017/12/13395090_148419922235686_1214267049_n.jpg?iv=149

    Shangai, ville d'adoption de Rabbit, merci

     

     

    Voici Genève, la vieille ville, vue par Marion Jiranek. Ses sites : http://marionjiranek.com/vieille-ville/ et http://marionjiranek.com/panoramiques-geneve/

    Merci Jacques, c'est fort beau.

     

    : dessins villes palma de mallorca,urban sketchers

    : dessins villes palma de mallorca,urban sketchers

  • Bateau / Barco

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    Lisière, un site dont nous avons déjà parlé ici. Vous vous en souvenez ? Des Kinépoèmes.

     

    ¿Os acordáis de los Kinépoèmes en Lisière ?

    Esta vez, el autor del sitio web me pidió que grabará, susurrando, una frase de un

     poema de Alejandra Pizarnik. Parecía fácil...pero sude y me reí mucho.

    Podéis encontrar todo aquí.

     

    Cette fois l’auteur, Deylan Caylon, m’a demandé d’enregistrer une phrase - en 

    espagnol - d’Alejandra Pizarnik, ceci en chuchotant. Il m’avait prévenue “ c’est plus

     compliqué qu’il n'y paraît“.

    En effet, oh là, là, après moultes essais, pas mal de gouttes de sueur, de fous 

    rires aussi...c’est fini.(mon pseudo est Colo)

     

                                        (c'est plus beau en écran complet - es más bonito en plena pantalla)

     

    Vous trouverez l’ensemble sur son site, mais voilà ce qu’il écrit au-dessous du montage:

     

    Poème en mouvement réalisé par Deylan Caylon inspiré par un texte de Alejandra Pizarnik et

    une musique d’Arcangelo Corelli.

    Alejandra Pizarnik a partagé sa courte vie entre l’Argentine et Paris où elle croisa notamment Octavio Paz et Julio Cortázar. Écrivain, journaliste, poétesse, les mots étaient pour elle comme l’air qu’elle respirait.

    Deylan a choisi ce texte pour faire contrepoint (contre-pied ?) à celui d’Italo Calvino dans « Écume ». C’est pourquoi il a repris le troisième mouvement du Concerto Grosso op6 n°1 d’Arcangelo Corelli, mais dans une interprétation toute différente.

    Les mots ont emprunté la voix de Brigitte Bardou (elle-même auteure de poèmes et de pièces de théâtre) et de Colo (passionnée de culture hispanique et latino-américaine).

     

  • Un coeur triste / Un corazón triste

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    Coeur dans la nuit

    José Ángel Buesa (Cuba, 1910-1982)

     

    Une fenêtre ouverte, La pluie. Et un lointain souvenir.

    Une rue vide. Seulement une rue et le vent.

    Cœur dans la nuit sans personne qui partage un rêve.

    La pluie, un homme seul. Et la douleur des roses qui sont mortes.

    La vie passe. C’est la vie, et non le temps qui passe.

    C’est ainsi. Et c’est égal. Le reste est un long silence.

    (Trad:Colette)

    "Callejón después de la lluvia / Alley After Rain" © Gus (Fine Art)

     

     

    Corazón en la noche

    José Ángel Buesa (Cuba, 1910-1982)

    Una ventana abierta. La lluvia. Y un lejano recuerdo.
    Una calle vacía. Nada más que una calle y el viento.
    Corazón en la noche sin que nadie comparta un sueño.
    La lluvia, un hombre solo. Y el dolor de las rosas que han muerto.
    La vida está pasando. La vida es lo que pasa no el tiempo.
    Eso es así. Y no importa. Lo demás es un largo silencio.

     

     

    Pas gai le poème de la semaine, les poètes ont des moments comme ça….

    Triste el poema de esta semana, los poetas tienen momentos así…

     

                             

                               "Que llueva / Let it Rain" © Gus (Fine Art)

     

    La pluie me fait penser aux photos de cet homme (qui signe Gus) que je vois souvent amener sa petite fille à la garderie, on se salue, toujours. J’ignorais jusqu’à présent qu’il était photographe, et renommé, pourtant dans notre petit village tout est censé se savoir, non?

    La lluvia me hace pensar en las fotos de ese hombre (que firma Gus) que a menudo veo llevando a su hija a la guardería y nos saludamos, siempre. Hasta ahora ignoraba que era fotógrafo, de renombre, sin embargo en nuestro pequeño pueblo se supone que todo lo sabemos, ¿verdad?

     

     

                               "Oscuridad / Darkness" © Gus (Fine Art)

     

     

     

                              "El gran bosque / The Great Forest" © Gus (Fine Art)

     

    Voilà quelques unes de ses photos, vous pouvez en admirer beaucoup plus ici:

    Hé aquí unas fotos pero podéis ver muchas más aquí: 

     

    https://elhurgador.blogspot.com/2020/01/gus-fotografia-fotomanipulacion.html

    Et là /Y allí: https://carretedigital.com/gus-fine-art-el-fotografo-del-mes/

  • Peurs et courages / Miedos y valentías

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      Courageux

    GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

     Il avait peur des pas
    des portes entrouvertes
    des rideaux
    des pieds des sphinx
    de la langue des chats

    Il était effrayé par les rires des vieux
    et par les photos d'enfants en cravate
    par les ours en peluche
    par les mouettes au cinéma
    des années soixante

    Il craignait surtout de
    voir pleurer son père
    de parcourir un couloir
    de se couper avec du papier
    et de mourir chaque nuit

    Mais il était si courageux
    qu'il regardait dans les yeux
    et qu'il épanchait son âme
    et disait je t'aime
    et c'était vrai.

    (Trad: Colette)


    Valiente  
           

    GRACIA IGLESIAS LODARES
    (Madrid 1977)
     
    Le daban miedo las pisadas
    las puertas entreabiertas
    las cortinas
    los pies de las esfinges
    la lengua de los gatos.

    Le asustaban la risa de los viejos
    y las fotos de niños con corbata
    los osos de peluche
    las gaviotas de cine
    de los años sesenta.

    Temía sobre todo
    ver llorar a su padre
    recorrer un pasillo
    cortarse con papel
    y morir cada noche.

    Pero era tan valiente
    que miraba a los ojos
    y derramaba el alma
    y decía te amo
    y era cierto.

  • À fleur de peau / A flor de piel

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    Gioconda Belli, une poétesse que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois sur ce blog.

    Si vos sens sont un peu engourdis par le froid, par l’apathie de ces derniers mois, je pense que

    ce poème vous réveillera ...

     

    Ya hemos encontrado esta poetisa varias veces en este blog.

    Si tenéis los sentidos algo adormecidos por el frío o la apatía de esos últimos meses,creo que este poema os despertará...

     

     

                                          El visitante / Le visiteur  Fernando de Szyszlo (Perú)

     

    Gioconda Belli

     

    Je te vois comme un tremblement...

     

    Je te vois comme un tremblement

    dans l’eau.

    Tu vas

    tu viens,

    et laisses des ronds dans mon imagination.



    Quand je suis avec toi

    j’aimerais avoir plusieurs moi,

    envahir l’air que tu respires,

    me transformer en un amour chaud

    pour que tu me sues

    et pouvoir entrer et sortir de toi.

     

    Te caresser cérébralement

    ou me glisser dans ton cœur et exploser

    à chacun de tes battements.

     

    Te semer, tel un grand arbre, dans mon corps

    et soigner tes feuilles et ton tronc,

    te donner mon sang de sève

    et, pour toi, me convertir en terre.

     

    Je sens un souffle chatouilleur

    quand nous sommes ensemble,

    je voudrais me transformer en rire,

    pleine de plaisir,

    batifoler sur plages de tendresse

    récentes,

    mais que j’ai toujours pressenties,

    t’aimer, t’aimer

    jusqu’à ce que nous oubliions tout

    et ne sachions plus qui est qui.

    (Trad: Colette)

     

     

     

     

    Te veo como un temblor...

    Te veo como un temblor
    en el agua.
    Te vas,
    te venís,
    y dejás anillos en mi imaginación.

    Cuando estoy con vos
    quisiera tener varios yo,
    invadir el aire que respiras,
    transformarme en un amor caliente
    para que me sudes
    y poder entrar y salir de vos.

    Acariciarte cerebralmente
    o meterme en tu corazón y explotar
    con cada uno de tus latidos.

    Sembrarte como un gran árbol en mi cuerpo
    y cuidar de tus hojas y tu tronco,
    darte mi sangre de savia
    y convertirme en tierra para vos.

    Siento un aliento cosquilloso
    cuando estamos juntos,
    quisiera convertirme en risa,
    llena de gozo,
    retozar en playas de ternuras
    recién descubiertas,
    pero que siempre presentí,
    amarte, amarte
    hasta que todo se nos olvide
    y no sepamos quién es quién.

     

  • Toc, toc !

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     Nous voilà en début d'Année, souhaitons pour 2021 que le tempête s'éloigne et que chacun de nous puisse donner et recevoir visites, baisers et caresses, avoir travail, logement, tout ce qui lui manque.

     

     

    Foto: https://www.ultimahora.es/noticias/local/2020/12/29/1226099/tiempo-mallorca-amaina-borrasca-bella.html

     

    Gioconda Belli Poeta Nicaragua 1948-

     

    “Dis-moi que tu ne me façonneras jamais, 

    ni ne me donneras le bonheur de la résignation 

    mais celui dont souffrent les élus, ceux qui peuvent

     embrasser des yeux la mer et le ciel 

    et amener l'Univers dans leurs corps.”

    (Trad: Colette)

     

     

    Bonne Année                          Feliz Año

     

    “Dime que no me conformarás nunca, 

    ni me darás la felicidad de la resignación, 

    sino la felicidad que duele de los elegidos, 

    los que pueden abarcar el mar y el cielo con sus ojos 

    y llevar el Universo dentro de sus cuerpos.” 

     

    Nota:  Poema entero aquí.

  • Risette / Sonrisita

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     Voilà une carte postale, achetée je ne sais plus où et toujours gardée.

    He aquí una postal, comprada ya no sé donde y siempre guardada.

    Elle s'intitule "Risette". Se titula "Risette" (sonrisita)

     

     


     

     

     

    Passez une agréable fin d'Année, et souvenez-vous des mots de Charlie Chaplin: 

    "Un sourire signifie beaucoup. Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui l'offre. Il dure une seconde  mais son souvenir, parfois, ne s'efface jamais.

     

    Os deseo un agradable fin de Año, y acordaos de las palabras de Charlie Chaplin:

    "Una sonrisa significa mucho. Enriquece a quien la recibe; sin empobrecer a quien la ofrece. Dura un segundo pero su recuerdo, a veces, nunca se borra."



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