Espagne

  • Algorithmes / Algoritmos

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     Dans le journal "El País" ce matin

     

    "Leurs algorithmes ne fonctionnent pas si nous devenons imprédictibles"

    El Roto

    El Roto

    Viñeta de El Roto del 25 de octubre de 2021

    Lien permanent Catégories : billet, Espagne 0 commentaire
  • Garder ou jeter les lettres d'amour / Guardar o tirar las cartas de amor

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    Voilà, comme annoncé, le second poème sur les lettres de Joan Margarit. Malgré qu’il soit bien plus connu et apprécié que le premier, je préfère ce dernier, plus sensuel et moins sombre.

    Mais ce n’est peut-être pas votre avis...

                                     

                              La lettre (ou les jeunes) Goya 1812-1819, détail


     

    Ne jette pas les lettres d’amour

    Joan Margarit

     

    Ne jette pas les lettres d’amour

    Elles ne t’abandonneront pas.

    Le temps passera, s’effacera le désir

    - cette flèche d’ombre -

    et les visages, sensuels, beaux et intelligents,

    se nicheront en toi, au fond d’un miroir.

    Couleront les ans. Les livres te fatigueront.

    Tu descendras encore plus

    et tu perdras même la poésie.

    Le bruit de la ville aux fenêtres

    finira par être ta seule musique,

    et les lettres d’amour que tu avais gardées

    seront ta dernière littérature.

    Trad: Colette

     

                                            
                                                 The Notebook (2004) - Nick Cassavetes

     

     

    "No tires las cartas de amor"

    No tires las cartas de amor
    Ellas no te abandonarán.
    El tiempo pasará, se borrará el deseo
    -esta flecha de sombra-
    y los sensuales rostros, bellos e inteligentes,
    se ocultarán en ti, al fondo de un espejo.
    Caerán los años. Te cansarán los libros.
    Descenderás aún más
    e, incluso, perderás la poesía.
    El ruido de ciudad en los cristales
    acabará por ser tu única música,
    y las cartas de amor que habrás guardados
    serán tu última literatura.

     

  • Seul un fin papier nous unit encore / Sólo un papel fino aún nos une

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    Joan Margarit, grand poète catalan né en 1938 à Lerida, écrivit en espagnol du temps de Franco puis peu à peu en catalan et il traduisit lui-même ses poèmes dans cette langue.

     

    Pas grand chose de traduit en français si ce n’est, publié en 2016 ,“Leçons de vertige”, un bel article à lire ici.

    Cette semaine et la suivante, deux poèmes traitant du même sujet: les lettres d’amour…ces lettres qu’on relit cent fois, qu’on garde parfois toute la vie. Pas vous ?

    Voilà le premier.

     

     

    La lettre



    Tu regardais toujours vers l’avant

    comme si la mer s’y trouvait. Tu créais

    ainsi un mouvement de vagues

    étrange et mythique sur une plage. 

     

    Nous unissait la force dangereuse

    qui donne à l’amour la solitude.

    Tremble encore entre mes doigts,

    de façon imperceptible, ce papier. 

     

    Chemin abandonné entre toi et moi,

    couvert de lettres, feuilles mortes.

    Mais je sais que le chemin perdure.

    Si j’abandonne la main sur le petit tas,

    je la sens reposer sur ton dos. 

     

    Tu regardais souvent vers l’avant

    comme si la mer y était, déjà transformée

    en une voix fatiguée, rauque et chaude.

    Peu nous unit encore: seul le tremblement

    de ce papier si fin entre les doigts.

    (Trad: Colette)

     

     

     

    La carta de Joan Margarit

    Mirabas siempre hacia adelante
    como si allí estuviese el mar. Creabas
    de esta manera un movimiento de olas
    ajeno y mítico en alguna playa.
    Nos unía la fuerza peligrosa
    que da al amor la soledad.
    Aún hace temblar entre mis dedos,
    de forma imperceptible este papel.
    Camino abandonado entre tú y yo,
    cubierto por las cartas, hojas muertas.
    Pero sé que el camino persiste.
    Si abandono la mano sobre el pequeño fajo,
    la siento descansar sobre tu espalda.
    Solías escuchar hacia adelante
    como si allí estuviese el mar, ya transformado
    en una voz cansada, ronca y cálida.
    Poco nos une aún: sólo el temblor
    de este papel tan fino entre los dedos.

     

  • Le vieil orme / El olmo viejo

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    https://www.verpueblos.com/castilla+la+mancha/guadalajara/picazo/foto/1149961/

     

    Jeune, avec les amies ou seule, le plus souvent seule, je montais dans les arbres ; plaisir de m'asseoir sur une branche pour me cacher, voir sans être vue, ou pour cueillir des cerises, des pommes. Ou juste pour m'isoler au milieu des feuilles. 

    Peut-être en avez-vous planté, moi jamais quand j'étais très jeune. Mais ils ont toujours été mes endroits refuge.

    Si dans mes souvenirs il y a peu ou pas d'ormes, j'ai vu grandir et parfois lentement se dessécher les marronniers de la rue devant la maison.

    Parfois aussi les croire morts puis...

    C'est qu'a vu Antonio Machado qui l'écrit dans ce poème que je trouve si beau et émouvant.

    La traduction que j'ai lue en français me plaît beaucoup, je l'ai gardée.

    Joan Manuel Serrat en a fait une adaptation, la voici:

     

     

     

     

     

    À un orme desséché

     

     À un orme desséché

    Sur le vieil orme, fendu par la foudre,

    pourri en son milieu,

    avec les pluies d'avril et le soleil de mai,

    ont poussé quelques feuilles vertes.

     

    L'orme centenaire sur la colline

    que baigne le Douro ! Une mousse jaunâtre

    salit l'écorce blanchâtre

    du tronc vermoulu et poussiéreux.

     

    Il ne doit pas comme les peupliers chantant

    qui gardent le chemin et le rivage

    être habité de rossignols gris.

     

    Une armée de fourmis en file

    grimpe sur lui ; dans ses entrailles,

    les araignées tissent leurs toiles grises.

     

    Avant que de sa hache, orme du Douro,

    le bûcheron ne t'abatte, et avant que le charpentier

    ne te transforme en sommier de cloche,

    en timon de chariot ou en joug de charrette,

    avant que tu ne brûles tout rouge demain

    dans l'âtre d'une misérable chaumière

    sur le bord du chemin ;

    avant que la tempête ne te déracine

    que ne te brise le souffle des sierras blanches,

    et avant que le fleuve à la mer ne t'emporte

    par les vallées et les escarpements

    orme, je veux noter sur mon carnet

    la grâce de ta branche reverdie.

     

    Mon cœur attend

    aussi, vers la lumière et vers la vie,

    un nouveau miracle de printemps.

     

     

    Soria, 1012

    Antonio Machado / Champs de Castille

    traduit de l'espagnol par Sylvie Léger et Bernard Sesé

     

    A un olmo seco

    Al olmo viejo, hendido por el rayo
    y en su mitad podrido,
    con las lluvias de abril y el sol de mayo
    algunas hojas verdes le han salido.

    ¡El olmo centenario en la colina
    que lame el Duero! Un musgo amarillento
    le mancha la corteza blanquecina
    al tronco carcomido y polvoriento.

    No será, cual los álamos cantores
    que guardan el camino y la ribera,
    habitado de pardos ruiseñores.

    Ejército de hormigas en hilera
    va trepando por él, y en sus entrañas
    urden sus telas grises las arañas.

    Antes que te derribe, olmo del Duero,
    con su hacha el leñador, y el carpintero
    te convierta en melena de campana,
    lanza de carro o yugo de carreta;
    antes que rojo en el hogar, mañana,
    ardas de alguna mísera caseta,
    al borde de un camino;
    antes que te descuaje un torbellino
    y tronche el soplo de las sierras blancas;
    antes que el río hasta la mar te empuje
    por valles y barrancas,
    olmo, quiero anotar en mi cartera
    la gracia de tu rama verdecida. 


    Mi corazón espera
    también, hacia la luz y hacia la vida,
    otro milagro de la primavera.

  • J'escalade ton souvenir / Trepo por tu recuerdo

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    Joaquín Sabina, est un auteur, compositeur, poète contemporain, de 72 ans maintenant. Un rebelle talentueux extrêmement connu ici en Espagne.

    Ses poèmes-chansons racontent des histoires de vies, certaines contiennent énormément de références à la vie sociale, politique, aux révoltes, à la vie à Madrid qui vous auraient peut-être échappées, alors j’en ai choisi un, vraiment très connu, plus universel.

     

     



    Rue Mélancolie

    Comme qui voyage à dos d’une jument sombre

    Dans la ville je marche, ne me demandez pas vers où,

    Je cherche peut-être une rencontre qui illuminera ma journée

    Mais je ne trouve que des portes qui refusent ce qu’elles cachent.

     

    Les cheminées déversent leur vomi de fumée

    Sur un ciel de plus en plus lointain et haut,

    Des murs ocres se répand le jus

    D’un fruit de sang cultivé sur l’asphalte.

     

    La campagne est déjà verte, ce doit être le printemps,

    Un train sans fin croise mon regard

    Le quartier où j’habite n’est pas vraiment une prairie

    Paysage désolé d’antennes et de câbles.

     

    J’habite au numéro 7, rue Mélancolie

    Depuis longtemps je veux déménager dans le quartier de la joie

    Mais chaque fois que j’essaye le tram est déjà parti,

    Sur les escaliers je m’assieds et siffle ma mélodie.

     

    Comme qui voyage à bord d’un bateau devenu fou

    Qui vient de la nuit et va nulle part,

    Ainsi mes pieds descendent la pente de l’oubli

    Fatigués de tant marcher sans te trouver.

     

    De retour chez moi, j’allume une cigarette,

    Je range mes papiers, résous un mot croisé,

    Me fâche avec les ombres qui peuplent les couloirs

    J’embrasse l’absence que tu laisses dans mon lit.

     

    J’escalade ton souvenir comme une plante grimpante

    Qui ne trouve pas de fenêtre où s’accrocher. Je suis

    Cette absurde épidémie dont souffrent les trottoirs

    Si tu veux me trouver, tu sais où je suis.

     

    J’habite au numéro 7, rue Mélancolie

    Depuis longtemps je veux déménager dans le quartier de la joie

    Mais chaque fois que j’essaye le tram est déjà parti,

    Sur les escaliers je m’assieds et siffle ma mélodie.

    (Trad: Colette)

     


     

     

    Calle Melancolía

    Joaquín Sabina

    Como quien viaja a lomos de una yegua sombría
    Por la ciudad camino, no preguntéis adónde
    Busco acaso un encuentro que me ilumine el día
    Y no hallo más que puertas que niegan lo que esconden.

     

    Las chimeneas vierten su vómito de humo
    A un cielo cada vez más lejano y más alto
    Por las paredes ocres se desparrama el zumo
    De una fruta de sangre crecida en el asfalto.

     

    Ya el campo estará verde, debe ser primavera
    Cruza por mi mirada un tren interminable
    El barrio donde habito no es ninguna pradera
    Desolado paisaje de antenas y de cables.

     

    Vivo en el número siete, calle Melancolía
    Quiero mudarme hace años al barrio de la alegría
    Pero siempre que lo intento ha salido ya el tranvía
    En la escalera me siento a silbar mi melodía.

     

    Como quien viaja a bordo de un barco enloquecido
    Que viene de la noche y va a ninguna parte
    Así mis pies descienden la cuesta del olvido
    Fatigados de tanto andar sin encontrarte.

     

    Luego, de vuelta a casa enciendo un cigarrillo
    Ordeno mis papeles, resuelvo un crucigrama
    Me enfado con las sombras que pueblan los pasillos
    Y me abrazo a la ausencia que dejas en mi cama.

     

    Trepo por tu recuerdo como una enredadera
    Que no encuentra ventanas donde agarrarse, soy
    Esa absurda epidemia que sufren las aceras
    Si quieres encontrarme ya sabes dónde estoy.

     

    Vivo en el número siete, calle Melancolía
    Quiero mudarme hace años al barrio de la alegría
    Pero siempre que lo intento ha salido ya el tranvía
    En la escalera me siento a silbar mi melodía

     

     

     

  • Une valse surréaliste / Un vals surrealista

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    Cette chanson de Leonard Cohen, tant écoutée dans ma jeunesse, vous la connaissez sans doute: Take This Waltz.

    Esa canción de Leonard Cohen, escuchado tantas veces en mi juventud, le conocéis tal vez,

     





    Peut-être comme moi ne compreniez-vous pas alors les paroles. 

    Et bien cette chanson est la traduction d'un poème, (très) surréaliste, de F. Garcia Lorca, extrait de "Poète à New-York".
    Alors "mon travail" est de vous livrer ce poème, non ?

    Quizás, al igual que yo entonces, no entendíais las palabras. Esa canción es la traducción de un poema, (muy) surrealista, de F. Garcia Lorca, del poemario “Poeta en Nueva York”.
    Aquí van el poema y la canción interpretada por Ana Belén.


    Ana Belén, entres autres, la chante en espagnol.

                             




     

    Petite Valse Viennoise

     
    F. Garcia Lorca

    À Vienne il y a dix jeunes filles,
    une épaule où sanglote la mort
    et une forêt de colombes disséquées.
    Il y a un fragment du matin
    dans le musée du givre.
    Il y a un salon à mille fenêtres.

    Ay, ay, ay, ay !
    Prends cette valse la bouche fermée.
     
    Cette valse, cette valse, cette valse,
    de oui, de mort et de cognac
    qui mouille sa traîne dans la mer.
     
    Je t’aime, je t’aime, je t’aime,
    avec le fauteuil et le livre mort,
    dans le couloir mélancolique,
    dans l’obscur grenier de l’iris,
    dans notre lit de la lune
    et dans la danse que rêve la tortue.

    Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
    Prends cette valse à la taille brisée.
     
    À Vienne il y a quatre miroirs
    où jouent ta bouche et les échos.
    Il y a une mort pour piano
    qui peint en bleu les garçons.
    Il y a des mendiants sur les toits.
    Il y a de fraîches guirlandes de larmes.

    Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
    Prends cette valse qui se meurt dans mes bras.
     
    Parce que je t'aime, je t'aime, mon amour,
    dans le grenier où jouent les enfants,
    en rêvant de vieux lustres de Hongrie
    dans la rumeur de la soirée tiède,
    en voyant des brebis et des iris de neige
    dans le silence obscur de ton front.

    Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
    Prends cette valse du : « Je t’aime toujours. »
     
    À Vienne je danserai avec toi
    costumé avec
    une tête de fleuve.
    Regarde mes rives de jacinthes !
    Je laisserai ma bouche entre tes jambes,
    mon âme dans des photographies et des lys ;
    et dans les ondes obscures de ta démarche
    je veux, mon amour, mon amour, laisser,
    violon et sépulcre, les rubans de la valse.

     
     
     
     

    Pequeño vals vienés
    F. Garcia Lorca

    En Viena hay diez muchachas,
    un hombro donde solloza la muerte
    y un bosque de palomas disecadas.
    Hay un fragmento de la mañana
    en el museo de la escarcha.
    Hay un salón con mil ventanas.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals con la boca cerrada.

    Este vals, este vals, este vals,
    de sí, de muerte y de coñac
    que moja su cola en el mar.

    Te quiero, te quiero, te quiero,
    con la butaca y el libro muerto,
    por el melancólico pasillo,
    en el oscuro desván del lirio,
    en nuestra cama de la luna
    y en la danza que sueña la tortuga.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals de quebrada cintura.

    En Viena hay cuatro espejos
    donde juegan tu boca y los ecos.
    Hay una muerte para piano
    que pinta de azul a los muchachos.
    Hay mendigos por los tejados.
    Hay frescas guirnaldas de llanto.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals que se muere en mis brazos.

    Porque te quiero, te quiero, amor mío,
    en el desván donde juegan los niños,
    soñando viejas luces de Hungría
    por los rumores de la tarde tibia,
    viendo ovejas y lirios de nieve
    por el silencio oscuro de tu frente.

    ¡Ay, ay, ay, ay!
    Toma este vals del “Te quiero siempre”.

    En Viena bailaré contigo
    con un disfraz que tenga
    cabeza de río.
    ¡Mira qué orilla tengo de jacintos!
    Dejaré mi boca entre tus piernas,
    mi alma en fotografías y azucenas,
    y en las ondas oscuras de tu andar
    quiero, amor mío, amor mío, dejar,
    violín y sepulcro, las cintas del vals.

    Federico García Lorca
    Poeta en Nueva York (1929-30)

  • Norritures terrestres / Alimentos terrenales

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    Gabriela Mistral ne m’en voudra pas, vous non plus j’espère, si je postpose le billet sur elle.

    Les travaux du potager m’accaparent, comme à chaque printemps. Oui, il est arrivé ici et il s’agit de ne pas rater le moment idéal pour certaines plantations.

    Avant ça, il faut remettre en état le terrain qui n’en a fait qu’à sa tête pendant des mois.

     

    Alors je vais vous montrer ce que nous mangeons en ce moment, ce qui est déjà fait et...ce qu’il reste à faire !!!

    Zut, on ne peut pas voyager, mais je vous inviterais bien, histoire de bavarder en désherbant ou retournant la terre, plantant des patates…

    J’ai pris ces photos le 16 février, sous un ciel gris.

     

     

     

    Gabriela Mistral no me lo reprochará, vosotros tampoco espero, si pospongo la entrada sobre ella.

    Los trabajos de la huerta me acaparan, al igual que a cada primavera. Sí, aquí ya ha llegado y se trata de no perder el momento ideal para algunas plantaciones.

    Pero antes hay que cuidar de la tierra que hizo lo que quería durante meses.

    Entonces os voy a enseñar lo que comemos en este momento, lo que ya está hecho...y lo que queda por hacer !!!

    Si os apetece echarnos un mano...

    Saqué esas fotos  el 15 de febrero, bajo un cielo gris.

     

    Choux et laitues tout l'hiver, les fèves commencent à compléter nos assiettes


     

    Nous avons planté des oignons, des poireaux et de l'ail frais

     


     

     


     


    Bientôt au menu artichauts et fraises




     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le terrain est en terrasses, il reste du boulot !

     

    Ce blog, pour des "motifs potagers", est en pause pour un moment.

  • Dessiner les villes / Dibujar las ciudades

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    Vous savez sans doute ce que sont les Urban Sketchers, vous les avez peut-être vus en ville ces dessinateurs -professionnels ou amateurs. 

    Sin duda conocéis a los Urban Sketchers, tal vez los habéis visto en la ciudad esos dibujantes - profesionales o aficionados.

     

    Voilà des dessinateurs /  Aquí están unos dibujantes

    https://www.ultimahora.es/noticias/palma/2020/06/10/1170467/palma-ilustrada.html

     

    Je vous propose ici quelques dessins de Palma de Mallorca, trouvés dans des journaux ou des blogs. 

    Si vous en avez envie, ce serait gai, envoyez-moi un dessin de votre ville, de celle d'à côté, de la capitale... réalisé par l'un d'eux et je le publierai ci-dessous.

    Os propongo unos dibujos de Palma de Mallorca.  Si tenéis ganas, sería divertido, enviadme un dibujo de vuestra ciudad, de la de al lado...realizado por uno de ellos y lo publicaré debajo.

     

    http://www.urbansketchers.org/2014/05/mallorca.html

     

    La cathédrale

     

                   https://www.pinterest.es/pin/415316396863614633/

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    https://juanjoramoscom.wordpress.com/tag/urban-sketchers-mallorca/

     

     

                                   Le bar Cristal, le plus connu de Palma / el más conocido

           http://www.comicmallorca.com/es/2017/08/feliu-renom-y-los-urban-sketchers-mallorca-en-el-bar-cristal-de-palma/

     


    Rues et bars vides-confinement

    Calles y bares vacíos - confinamiento

     

    Fuente de las ilustraciones abajo / Source des illustrations ci-dessous: https://www.diariodemallorca.es/cultura/2021/01/27/dibujantes-reporteros-retratan-cierre-palma-31402638.html

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

    À Genève, Les eaux vives

    : dessins villes palma de mallorca,urban sketchers

    Source : https://www.facebook.com/Tarek-Souissi-Artiste-Plasticien-155610545057815/photos/a.155623595056510/155624691723067

     

    https://main-designyoutrust.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/2017/12/13395090_148419922235686_1214267049_n.jpg?iv=149

    Shangai, ville d'adoption de Rabbit, merci

     

     

    Voici Genève, la vieille ville, vue par Marion Jiranek. Ses sites : http://marionjiranek.com/vieille-ville/ et http://marionjiranek.com/panoramiques-geneve/

    Merci Jacques, c'est fort beau.

     

    : dessins villes palma de mallorca,urban sketchers

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  • Croquer un soupir / Dibujar un suspiro

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    A part les doux appels de la pluie, tout était silencieux; elle lisait, le chien, couché sur le canapé interdit, dormait, paisible.

    Soudain un long soupir.

    Qui?

    Oubliant l’obligation de passer inaperçu et pouvoir ainsi prolonger son confortable somme, ce souffle lui avait échappé.

    Bien-être ? Ennui ?

    Elle écarta, peut-être à tort, l’idée d’un mal d’amour ou de mélancolie.

    Musique de la pluie ; notes, silences, soupirs.

    Le soupir entendu semblait plutôt léger….

    Tant de soupirs, exaspérés ou satisfaits. Quand, pourquoi soupirons-nous ? Y faisons-nous attention, parfois ?

     

                                                          Distorsión de un suspiro Cristobal Delgado- España

     

    Excepto las dulces llamadas de la lluvia, todo estaba en silencio; ella leía, el perro, tumbado en el sofá prohibido, dormía, apacible.

    De repente un largo suspiro.

    ¿Quién?

    Olvidándose de la obligación de pasar desapercibido y poder así prolongar su confortable sueño, ese soplo le había escapado.

    ¿Bienestar? ¿Aburrimiento?

    Descartó, tal vez sin razón, la idea de un mal de amores o de melancolía.

    Música de la lluvia; notas, silencios, suspiros.

    El suspiro parecía mas bien ligero….

     


     

     

     

    Poème d'Antonio Gala chanté par Clara Montés

                                    

    A pied vont mes soupirs

    chemin de mon bien

     

    Avant qu’ils n’arrivent

    j’arriverai

     

    Mon cœur  avec des ailes

    mes soupirs à pied

     

    Tiens la porte ouverte

    et ouverte l’âme aussi.

     

    Avant qu’ils n’arrivent

    j’arriverai

     

    Mon cœur a des ailes

    mes soupirs vont à pied

    (Trad:Colette) 

     

     

    A PIÉ VAN MIS SUSPIROS poema de Antonio Gala

     

     A pié van mis suspiros

    camino de mi bien.

    Antes de que ellos lleguen
    yo llegaré.

    Mi corazón con alas
    mis suspiros a pié.

    Abierta ten la puerta
    y abierta el alma ten.

    Antes de que ellos lleguen
    yo llegaré.

    Mi corazón con alas
    mis suspiros a pié.



    Tantos suspiros, exasperados o satisfechos. ¿Cuándo, por qué suspiramos? ¿A veces les prestamos atención a esos suspiros?

     

    Cette note a été en partie publiée ici il y a des années.

  • Le rire de l'ail / La risa del ajo

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    Nous terminons pour le moment ce petit tour de la poésie cubiste, avec Picasso.

    Alors là inutile d'y chercher midi à 14 heures à mon avis ;  ce sont des écrits pleins de fantaisie où se côtoient réel et imaginaire, concret et abstrait. Images, couleurs et sourires.

    J’ai traduit 2 poèmes, un “en prose” et puis un autre.

     

                                              Pablo Picasso 1939 Femme avec oiseau

     

    Pablo Picasso Mai / mayo de 1936

    ah si l’oiseau tisse des guirlandes avec les heures endormies dans le ventre de l’araignée de bronze pouvait se faire une friture d’étoiles dans le fond de l’air de la mer des numéros la colère déchaînée des chevreaux vêtus de plumes et chanter sur le fil du télégraphe rose de l’œil de l’œuf bleu de l’écharpe nouée au clou ardent planté exactement au milieu du front entre les cornes de la tête du toro quel silence

    (Trad: Colette)

    ah si el pájaro teje guirnaldas con las horas dormidas en el vientre de la araña de bronce pudiera hacerse una fritura de estrellas en el fondo del aire del mar de los números la cólera desatada de los chivos vestidos con plumas y cantar sobre el tendido del telégrafo rosa del ojo del huevo azul de la bufanda anudada al clavo ardiente plantado exactamente en medio de la frente entre los cuernos de la testa del toro qué silencio

     

                                               Picasso 1936 Nature morte / Bodegón

     

    Pablo Picasso Juin / junio de 1936

     

    il rit l’ail de sa couleur d’étoile feuille sèche

    il rit de son air moqueur de la rose le poignard que sa couleur lui inflige

    l’ail de l’étoile qui est feuille sèche

    rit de son air malin du bouquet de roses l’odeur d’étoile tombante

    qui est feuille morte

    l’ail de l’aile

    (Trad: Colette)

     

    se ríe el ajo de su color de estrella hoja seca

    se ríe con su aire burlón de la rosa el puñal que su color le clava

    el ajo de la estrella que es hoja seca

    se ríe con su aire astuto del piñal de rosas el olor de la estrella caediza

    que es hoja seca

    el ajo del ala

     

    Un autre billet sur le cubisme chez Jacques Davier : https://jacquesdavier.blog.tdg.ch/archive/2020/09/29/apollinaire-poete-cubiste-309441.html?c

     

  • Une nouvelle histoire / Una nueva historia

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    Rien n’est pareil        Ángel González (1925-2008 Oviedo-Madrid)

     

                                                                                 La larme fut dite…
    Oublions
    les pleurs
    et recommençons,
    avec patience,
    observant les choses
    jusqu’à y trouver la minime différence
    qui les sépare
    de leur identité d’hier
    et qui définit
    le cours du temps et son efficacité.

     

    A quoi bon pleurer le fruit
    tombé,
    l’échec
    de ce profond désir,
    compact comme une graine de semence?
    Il n’est pas bon de répéter ce qui est dit.
    Après avoir parlé,
    avoir versé des larmes,
    taisez vous et souriez:
    Rien n’est pareil.
    Il y aura des mots nouveaux pour la nouvelle histoire
    et il faut les trouver avant qu’il ne soit trop tard.

    (Trad:Colette)



    Nada es lo mismo Ángel Gonzáles
                                                                     La lágrima fue dicha...

    Olvidemos
    el llanto
    y empecemos de nuevo,
    con paciencia,
    observando a las cosas
    hasta hallar la menuda diferencia
    que las separa
    de su entidad de ayer
    y que define
    el transcurso del tiempo y su eficacia.
     
    ¿A qué llorar por el caído
    fruto,
    por el fracaso
    de ese deseo hondo,
    compacto como un grano de simiente?
     
    No es bueno repetir lo que está dicho.
    Después de haber hablado,
    de haber vertido lágrimas,
    silencio y sonreíd:
     
    Nada es lo mismo.
    Habrá palabras nuevas para la nueva historia
    y es preciso encontrarlas antes de que sea tarde.
  • Lieux propices à l'amour / Lugares propicios al amor

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    Le poème d’aujourd’hui m’a fait repenser à l’époque où, adolescente, il fallait trouver un coin tranquille pour embrasser un garçon, loin “des regards obliques des passants honnêtes”.

    Ici nous sommes à l’époque franquiste où le moindre baiser était traqué, même dans les films où, tout un temps, ils furent censurés.

     

    Ninguna duda al leer este poema, fue escrito durante la época franquista: para besarse había que esconderse, incluso en las películas, los besos fueron, durante algún tiempo, censurados.
     
     
     
    Inventaire de lieux propices à l’amour

    Ángel González (1922-2008, Espagne)
     

    Ils sont peu.

    Le printemps est très prestigieux, mais

    l’été est meilleur.

    Et aussi ces fissures que l’automne

    forme en intercédant avec les dimanches

    dans certaines villes

    elles-mêmes jaunes comme des bananes.

    L’hiver élimine beaucoup d’endroits:

    seuils de portes orientées au nord,

    berges des rivières,

    bancs publics.

    Les contreforts extérieurs

    des vieilles églises

    laissent parfois des renfoncements

    utilisables même s’il neige.

    Mais ouvrons les yeux: les basses

    températures et les vents humides

    rendent tout difficile.

    Les ordonnances, de plus, interdisent

    la caresse (avec exemptions

    pour certaines zones épidermiques

    - sans aucun intérêt -

    des enfants, chiens et autres animaux)

    et le “pas toucher, danger d’ignominie”

    peut se lire dans mille regards.

    Où fuir, alors?

    Partout des yeux qui louchent,

    des cornées tortueuses,

    d’implacables pupilles,

    des rétines réticentes,

    surveillent, se méfient, menacent.

    Il reste peut-être le recours de marcher seul,

    de vider l’âme de tendresse

    et de la remplir de lassitude et d'indifférence,

    en ces temps hostiles, propices à la haine.

    (Trad:Colette)

     
     
    Foto: Cuartoscuro/Archivo
     

     

    Inventario de lugares propicios al amor

     

    Ángel González (Oviedo 1922- Madrid 2008)

    Son pocos.
    La primavera está muy prestigiada, pero
    es mejor el verano.
    Y también esas grietas que el otoño
    forma al interceder con los domingos
    en algunas ciudades
    ya de por sí amarillas como plátanos.
    El invierno elimina muchos sitios:
    quicios de puertas orientadas al norte,
    orillas de los ríos,
    bancos públicos.
    Los contrafuertes exteriores
    de las viejas iglesias
    dejan a veces huecos
    utilizables aunque caiga nieve.

    Pero desengañémonos: las bajas
    temperaturas y los vientos húmedos
    lo dificultan todo.
    Las ordenanzas, además, proscriben
    la caricia ( con exenciones
    para determinadas zonas epidérmicas
    -sin interés alguno-
    en niños, perros y otros animales)
    y el «no tocar, peligro de ignominia»
    puede leerse en miles de miradas.
    ¿Adónde huir, entonces?
    Por todas partes ojos bizcos,
    córneas torturadas,
    implacables pupilas,
    retinas reticentes,
    vigilan, desconfían, amenazan.
    Queda quizá el recurso de andar solo,
    de vaciar el alma de ternura
    y llenarla de hastío e indiferencia,
    en este tiempo hostil, propicio al odio.

     

     
  • Succès et revers

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    Certaines questions amènent le sourire, -Vous n’avez pas besoin d’un coq pour 
    avoir des œufs? Ou alors,- ils s’appellent comment vos lapins? Ou encore, l'air horrifié – vous mangez vos animaux?
     
     



    Ça va faire 6 ans que le projet familial est lancé et que nous travaillons dur mais avec enthousiasme afin de nous nourrir tous les 6 et d'offrir nos produits aux amis, voisins....
    La terre (2000m2) était terre morte, peu à peu le compost et l’humus lui ont rendu vie. Retour des insectes (ça c’est bon pour les plantes, mais nous énerve et pique!). Si nous n’employons aucun produit chimique, c’est pour ne pas, c’est évident, nous empoisonner, mais nous n’employons pas le mot bio si à la mode.
    Alors cette année le confinement a été un moment privilégié pour innover, varier les cultures, garder la forme….
     
     
    Ce n’est pas moi qui vous ferai croire que tout est rose ou facile. Nous avons des échecs, des attaques de pucerons dont les coccinelles n’arrivent pas à bout, des maladies diverses sur les plantes…et puis, comme tous les agriculteurs, nous sommes tributaires du temps. Cette année le mois de mai a été très pluvieux, humide, et à chaque fois que nous plantions des graines de haricots, à peine sortaient-ils de terre qu’escargots et limaces se goinfraient.
     
    Mais il y a aussi de belles récoltes. En fait, en deux mois et demi nous faisons des provisions (conserves) pour toute l’année. Les pommes de terre, les oignons et l’ail sont déjà stockés.
     
    En ce début juillet nous récoltons surtout des haricots mais aussi des courgettes, les premières aubergines, quelques tomates et des concombres.
     
     
    Peut-être tout ceci ne vous intéresse-t-il pas particulièrement, mais voilà, vous comprendrez ainsi pourquoi mon été sur le blog sera en pointillé...
     
    Voici quelques photos de promesses de saveurs…si tout va bien. Ojalá, et Inch Allah !
     
    Figues pour septembre

     

    concombre encore mini

     

    Pastèques

     

    melon

     

     

     

    Aubergines

     

    Poivrons

     

    Tomates cherry
    Passez un bel été!
  • Musique sans mots / Música sin palabras

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    Trop de mots, on entend trop de mots en ce moment. Des chiffres surtout.
    Trop de maux.


    Alors pour ce jour, un peu de musique. Le compositeur est espagnol, Mauricio Sotelo ( Madrid 1961), le guitariste est Juan Manuel Cañizares et la pièce s'appelle " Comment l'eau pleure" -Como llora el agua.

    Passez une paisible journée.

     Si vous ne pouvez pas écouter:
    https://www.youtube.com/watch?v=5pycM63yCHQ

  • À pas de sauterelle / A pasos de saltamonte

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    J’ai trouvé ce court poème de Rafael Alberti. Il m’a semblé parfait pour alléger l’ambiance...
    Encontré este poema corto de Rafael Alberti. Me pareció perfecto para aligerar el ambiente...
     
     
    Seule
     
     
     
    Rafael Alberti (Marins à terre)
     
    Celle qui fut hier mon aimée
    marche seule parmi les lavandes.
     
    Derrière elle, un papillon
    et une sauterelle guerrière.
     
     
    Trois sentiers:
    Mon aimée, au milieu.
    Le papillon, sur la gauche.
    Et la sauterelle guerrière,
    sautillante, sur la droite.
     
    (Trad: Colette)
     

     

     
     
    Sola
     
    Rafael Alberti
    Marinero en tierra
     
     
    La que ayer fue mi querida
    va sola entre los cantuesos.

    Tras ella, una mariposa
    y un saltamonte guerrero.

    Tres veredas:
    Mi querida, la del centro.
    La mariposa, la izquierda.
    Y el saltamonte guerrero,
    saltando, por la derecha.