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  • Garcia Lorca, l'ombre / G. Lorca, la sombra

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    L'ombre de mon âme

     

     Garcia Lorca

     

     

    L'ombre de mon âme
    s'enfuit dans un couchant d'alphabets,
    brouillard de livres
    et de mots.

    L'ombre de mon âme !

    J'ai atteint la ligne où cesse
    la nostalgie,
    et là, la goutte de pleur se transforme,
    albâtre de l'esprit

    L'ombre de mon âme !

    Le flocon de la peine
    s'achève,
    mais il me reste raison et substance
    de mon ancien midi de lèvres,
    mon ancien midi
    des regards.

    Un trouble labyrinthe
    d'étoiles voilées
    emmêle mes espoirs
    presque fanés.

    L'ombre de mon âme !

    Une hallucination
    Aspire mes regards.
    Je vois le mot amour
    démantelé

    Rossignol !
    Mon rossignol !
    Chantes-tu encore ?


    Mix d'une traduction trouvée sur la Toile (sans nom d'auteur) et de version personnelle-Colette.
     

    "Derrière chez moi" Photo Colette

     

    La sombra de mi alma
     
    Federico García Lorca
     
     
    La sombra de mi alma
    huye por un ocaso de alfabetos,
    niebla de libros
    y palabras.

    ¡La sombra de mi alma!

    He llegado a la línea donde cesa
    la nostalgia,
    y la gota de llanto se transforma
    alabastro de espíritu.

    (¡La sombra de mi alma!)

    El copo del dolor
    se acaba,
    pero queda la razón y la sustancia
    de mi viejo mediodía de labios,
    de mi viejo mediodía
    de miradas.

    Un turbio laberinto
    de estrellas ahumadas
    enreda mi ilusión
    casi marchita.

    ¡La sombra de mi alma!

    Y una alucinación
    me ordeña las miradas.
    Veo la palabra amor
    desmoronada.

    ¡Ruiseñor mío!
    ¡Ruiseñor!
    ¿Aún cantas?
     
  • Léve-toi et vis! / ¡Levántate y vive!

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    Lève-toi et vis! / ¡Levántate y vive!

     

    Je crois que la vérité est parfaite pour les mathématiques, la chimie, la philosophie, mais pas pour la vie. Dans la vie, l’illusion, l’imagination, le désir, l’espoir comptent plus. (Ernesto Sabato)
    (lu sur le bog de Lali)

     


    Qué costumbre tan salvaje...
    Quelle coutume si sauvage...


    Jaime Sabines
     
         Quelle coutume si sauvage que celle d'enterrer les morts!, de les tuer, de les néantiser, de les effacer de la terre! C'est les traiter traîtreusement, c'est leur nier la possibilité de revivre.
     Moi j'attends toujours que les morts se lèvent et brisent le cercueil et disent joyeusement: pourquoi pleures-tu?
    C'est pour cette raison que l'enterrement m'effraye. On assujettit le couvercle, l'introduit, lui met la pierre dessus, et puis de la terre, tras, tras, tras, pelletée après pelletée, mottes, poussière, pierres, tassant, solidifiant, tu restes là, de là tu ne sors plus.
    Après, les couronnes, les fleurs, les pleurs, les baisers me font rire. C'est une moquerie: pourquoi l'ont-ils enterré?, pourquoi ne l'ont-ils pas laissé dehors jusqu'à ce qu'il sèche, jusqu'à ce que ses os nous parlent de sa mort? Ou pourquoi ne l'ont-ils pas brûlé, ou donné aux animaux, à un fleuve?

    Il faudrait qu'il y ait une maison de repos pour les morts, ventilée, propre, avec de la musique et de l'eau courante. Il y en aurait au moins deux ou trois qui, chaque jour, se lèveraient pour vivre.
    (Trad: Colette)


    ¡Qué costumbre tan salvaje esta de enterrar a los muertos!, ¡de matarlos, de aniquilarlos, de borrarlos de la tierra! Es tratarlos alevosamente, es negarles la posibilidad de revivir. 
    Yo siempre estoy esperando a que los muertos se levanten, que rompan el ataúd y digan alegremente: ¿por qué lloras? 
    Por eso me sobrecoge el entierro. Aseguran las tapas de la caja, la introducen, le ponen lajas encima, y luego tierra, tras, tras, tras, paletada tras paletada, terrones, polvo, piedras, apisonando, amacizando, ahí te quedas, de aquí ya no sales.
    Me dan risa, luego, las coronas, las flores, el llanto, los besos derramados. Es una burla: ¿para qué lo enterraron?, ¿por qué no lo dejaron fuera hasta secarse, hasta que nos hablaran sus huesos de su muerte? ¿O por qué no quemarlo, o darlo a los animales, o tirarlos a un río? 
    Había de tener una casa de reposo para los muertos, ventilada, limpia, con música y con agua corriente. Lo menos dos o tres, cada día, se levantarían a vivir.
    Jaime Sabines

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    Curieusement je n'ai trouvé aucune biographie online de ce grand poète mexicain du XXºs. En voici une en anglais: http://francais.agonia.net/index.php/author/0009497/index.html#bio
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  • Une femme si légère.../ Una mujer tan ligera...

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    Oliverio Girondo ((Buenos Aires, 1881 – 1967), poète argentin qui révolutiona l'esthétique de son pays, à travers une oeuvre qui incorpora les principaux courants vangardistes.
    (Nous retrouvons ici l'ultraïsme; c'est promis, mon prochain billet vous expliquera ce mouvement!)
    Dans ses recueils, dont Épouvantails d'où est extrait le poème d'aujourd'hui, il démontre qu'il est passé maître dans le maniement de la métaphore ainsi qu' une confiance absolue dans le pouvoir de l'image poétique pour atteindre l'essence des choses.
    Il possédait une étonnante habilité pour le maniement de l'ironie, ceci doublé d'une attitude irrévérencieuse du point de vue moral et esthétique. De plus son sens de l'humour, que vous pourrez apprécier dans le poème, était réjouissant.
     
     
    Oliverio Girondo (Buenos Aires, 1881 - 1967), poeta argentino que revolucionó la estética de su país a través de una obra que incorpora las principales corrientes vanguardistas.
    (Encontraremos aquí el ultraísmo; como prometí, en mi próxima entrega explicaré ese movimiento)
    En sus libros, como Espantapájaros del cual he extraído el poema de hoy, demuestra que se ha convertido en un maestro en el manejo de la metáfora y adquirido una absoluta confianza en el poder de la imagen poética para alcanzar la esencia de las cosas.
    Posee una sorprendente habilidad para el manejo de la ironía acompañada de una actitud irreverente desde el punto de vista moral y estético. Por otra parte, su sentido del humor, que podréis apreciar en el poema, resulta regocijante.
    Fuente: http://www.biografiasyvidas.com/biografia/g/girondo.htm

     

     

     

    Agatha Belaya "Following an umbrella"
     
     

     

    Je me fiche éperdument que les femmes
    aient des seins comme des magnolias ou comme des figues sèches;
    un cutis de pêche ou de papier de verre.
    Je donne une importance égale à zéro,
    à ce qu'elles se lèvent avec une haleine aphrodisiaque
    ou une haleine d'insecticide.
    Je suis parfaitement capable de supporter chez elles
    un nez qui obtiendrait le premier prix
    dans une exposition de carottes;

     

    Mais ça oui! -et sur ce point je suis irréductible- je ne leur pardonne,
    sous aucun prétexte, de ne pas savoir voler.
    Si elles ne savent pas voler, celles qui prétendent me séduire perdent leur temps!
    Ceci fut- et pas une autre- la raison de tomber si follement
    amoureux de María Luisa.

     

    Que m'importaient ses lèvres intermittentes et ses chaleurs sulfureuses?
    Que m'importaient ses extrémités de palmipède
    et ses regards de pronostic réservé?
    María Luisa était une vraie plume!
    Dès l'aube elle volait de la chambre à la cuisine,
    de la salle à manger à la réserve.
    C'est en volant qu'elle me préparait le bain, la chemise.
     
    Elle réalisait ses courses, son ménage en volant...
    Avec quelle impatience j'attendais qu'elle revienne, en volant,
    d'une promenade dans les environs!
    Au loin, perdu entre les nuages, un petit point rose.
    María Luisa! María Luisa!”...et quelques secondes plus tard,
    elle m’enlaçait de ses jambes de plume,
    pour m'emmener, tout volant, n'importe où.
    Pendant des kilomètres de silence nous projetions une caresse
    qui nous rapprochait du paradis;
    des heures entières nous nichions dans un nuage,
    comme deux anges, et soudain,
    en vrille, en feuille morte,
    l’atterrissage forcé d'un spasme.
     
    *Quel délice d’avoir une femme aussi légère…,
    même si elle nous fait voir trente-six chandelles, de temps en temps!
    Quelle volupté de passer ses journées dans les nuages
    et ses nuits dans un vol sans escale!
    Après avoir connu une femme éthérée,
    Quelle sorte d’attrait une femme terrestre peut-elle offrir?
    Il n’y a pas de différence substantielle, n’est-ce pas?
     
    entre vivre avec une vache ou  avec une femme 
    qui a les fesses à soixante-dix huit centimètres au-dessus du sol.
    Moi, du moins, je suis incapable de comprendre
    la séduction d’une femme pédestre,
    et pour autant que je m’efforce de le concevoir,
    je ne peux même pas imaginer
    qu’on puisse faire l’amour autrement qu’en volant.
     
    * Cette dernière partie de la traduction est empruntée à Juliette Gheerbrant et Olivier Favier sur l'excellent site
    http://dormirajamais.org/girondo/
    Le reste est de moi.


    No se me importa un pito que las mujeres
    tengan los senos como magnolias o como pasas de higo;
    un cutis de durazno o de papel de lija.
    Le doy una importancia igual a cero,
    al hecho de que amanezcan con un aliento afrodisíaco
    o con un aliento insecticida.
    Soy perfectamente capaz de sorportarles
    una nariz que sacaría el primer premio
    en una exposición de zanahorias;
    ¡pero eso sí! -y en esto soy irreductible- no les perdono,
    bajo ningún pretexto, que no sepan volar.
    Si no saben volar ¡pierden el tiempo las que pretendan seducirme!
    Ésta fue -y no otra- la razón de que me enamorase,
    tan locamente, de María Luisa.
    ¿Qué me importaban sus labios por entregas y sus encelos sulfurosos?
    ¿Qué me importaban sus extremidades de palmípedo
    y sus miradas de pronóstico reservado?
    ¡María Luisa era una verdadera pluma!
    Desde el amanecer volaba del dormitorio a la cocina,
    volaba del comedor a la despensa.
    Volando me preparaba el baño, la camisa.
    Volando realizaba sus compras, sus quehaceres…
    ¡Con qué impaciencia yo esperaba que volviese, volando,
    de algún paseo por los alrededores!
    Allí lejos, perdido entre las nubes, un puntito rosado.
    « ¡María Luisa! ¡María Luisa! »… y a los pocos segundos,
    ya me abrazaba con sus piernas de pluma,
    para llevarme, volando, a cualquier parte.
    Durante kilómetros de silencio planeábamos una caricia
    que nos aproximaba al paraíso;
    durante horas enteras nos anidábamos en una nube,
    como dos ángeles, y de repente,
    en tirabuzón, en hoja muerta,
    el aterrizaje forzoso de un espasmo.
    ¡Qué delicia la de tener una mujer tan ligera…,
    aunque nos haga ver, de vez en cuando, las estrellas!
    ¡Que voluptuosidad la de pasarse los días entre las nubes…
    la de pasarse las noches de un solo vuelo!
    Después de conocer una mujer etérea,
    ¿puede brindarnos alguna clase de atractivos una mujer terrestre?
    ¿Verdad que no hay diferencia sustancial
    entre vivir con una vaca o con una mujer
    que tenga las nalgas a setenta y ocho centímetros del suelo?
    Yo, por lo menos, soy incapaz de comprender
    la seducción de una mujer pedestre,
    y por más empeño que ponga en concebirlo,
    no me es posible ni tan siquiera imaginar
    que pueda hacerse el amor más que volando.


    Una biografía http://www.biografiasyvidas.com/biografia/g/girondo.htm
    Más poemas de Girondo: http://amediavoz.com/girondo.htm

     

  • Un souffle / Un soplo

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    Souffle
    (La fanfare sauvage)

    Pressée par le temps,
    à chaque instant je donne son rythme.
    Comme je ne suis qu'un souffle
    dans le présent des jours,
    je ne recherche plus un seul chemin.
    Marcher, sauter, ou courir,
    m'est indifférent.
    Parfois je m'arrête.
    Je peux savoir, je peux ignorer.
    Parfois je doute.
    Certitudes et obscurités,
    passent comme moi,
    comme un souffle
    de vie et de sens.
    Mais je ne me rends pas.
    (Trad: Colette)
     
    Agatha Belaya, A Puff, un soplo, un souffle
     
     
     
     
    SOPLO 
     
    (La fanfarria salvaje) 

    Asediada por el tiempo,
    a cada momento le doy su ritmo.
    Como soy nada más que un soplo
    en el ahora de los días,
    ya no busco un solo camino.
    Caminar, o saltar, o correr,
    me da lo mismo.
    A veces me detengo.
    Puedo saber, puedo ignorar.
    A veces dudo.
    Certezas y  oscuridades,
    transcurren como yo,
    como un soplo
    de vida y de sentido.
    Pero no me rindo

     

     
    *Jacinta Lanusse nació en Buenos Aires, ciudad en la que reside. Es cantante lírica
     
    profesional y pertenece al Coro Estable del Teatro Colón. Su temprana inclinación
     
    por las letras la llevó a realizar estudios en la Facultad de Filosofía y Letras de la UBA,
     
    además de estudios de francés e inglés.
     
    Jacinta Lanusse est née à Buenos Aires, ville où elle vit. Elle est cantatrice lyrique
     
    professionnelle et appartient au Choeur Permanent du Théâtre Colón.
     
    Son attrait pour les Lettres lui fit réaliser des études à la Faculté de Philosophie et
     
    Lettres; de plus elle a étudia le français et l'anglais.

     

  • L'odeur du jasmin / El olor del jazmín

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    Le Sud

    Du fond d’un de tes patios avoir regardé
    les antiques étoiles,
    d’un banc de l’ombre avoir regardé
    ces lumières éparses
    que mon ignorance n’a pas appris à nommer
    ni à ordonner en constellations,
    avoir senti le cercle d’eau
    dans la secrète citerne,
    l’odeur du jasmin et du chèvrefeuille,
    le silence de l’oiseau endormi,
    la voûte du vestibule, l’humidité
    – ces choses, peut-être, sont le poème.

    Jorge Luis Borges, Ferveur de Buenos Aires [1923], in Éloge de l’ombre [1967-1969], L’Or des tigres, Gallimard, Collection Poésie, 1976, page 158.
    ( traduction trouvée sur Terre de femmes http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/)
     
     

    EL SUR

    Desde uno de tus patios haber mirado
    las antiguas estrellas,
    desde el banco de
    la sombra haber mirado
    esas luces dispersas
    que mi ignorancia no ha aprendido a nombrar
    ni a ordenar en contelaciones,
    haber sentido el circulo del agua
    en el secreto aljibe,
    el olor del jazmin y la madreselva,
    el silencio del pájaro dormido,
    el arco del zanguán, la hemedad
    –esas cosas, acaso, son el poema.

    Jorge Luis Borges, Fervor de Buenos Aires.

     

     

  • Le xylophone / El xilófono

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    Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
    Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.

     
    La mère

        ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.
     
    Trad: Colette

     

     



    Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba. Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appellée Cero
     
     
     
     

     

     
    LA MADRE


        mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

  • Au bord de la paupière / Al borde del párpado

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                                Photo : http://www.bombfu.com/art/des-pierres-et-de-lequilibre/

     
     
    Chaque fois que tu me traverses
    tu abandonnes sur les os une fleur sèche
    je suis un pays jonché de tes signes
    pourtant je joue à brouiller ton nom
    jetant à l'écho de tes falaises
    mes phrases tremblantes
     
    peut-être es-tu assise juste au bord de la paupière
    adossée à ma seule larme
     
    Poème de Rabah Belamri extrait de “Pierres d'équilibre” p. 26
     
    Cada vez que me traspasas
    abandonas en los huesos una flor seca
    soy un país cubierto de tus signos
    pero juego a confundir tu nombre
    tirando en el eco de tus barrancos
    mis frases temblorosas
     
     
    tal vez estés sentada justo al borde del párpado
    reclinada en mi única lágrima
    (Trad: Colette)

     

  • Lettre à Ulysse / Carta a Ulises

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    Ah l'Odyssée! Le nom grec de l’œuvre Odusseus est aussi celui du héros, ce cher Ulysse dont on raconte les aventures.
    Pénélope, on le sait, est un personnage secondaire qui l'aime et l'attend et attend...
    ¡Ah la Odisea! El nombre griego de la obra Odusseus es también el de su héroe, el famoso Ulises del que se cuentan sus aventuras.
    Penélope, es bien sabido, es un personaje secundario que le ama y le espera y espera...
     
    John William Waterhouse / Penelope
     
    Ce mythe, comme tous les mythes, a été mille fois interprété, réécrit et ce personnage s'est un peu éloigné de la version initiale. Des centaines de Pénélope parcourent la poésie, le roman et le théâtre contemporains, principalement en Europe et sur le continent américain. La reine d’Ithaque s’est échappée de son manoir pour voyager jusqu’en Amérique Centrale. Elle y habite l’imaginaire de nombreuses poétesses, (…) dont...Claribel Alegría”*
     
    Ese mito, como todos los mitos ha sido mil veces interpretado y reescrito y el personaje se ha alejado un poco de la versión inicial. “Cientos de Penélopes recorren la poesía, la novela y el teatro contemporáneo, principalmente en Europa y en el continente americano. La reina de Itaca se ha escapado de su mansión para viajar hasta América Central donde habita el imaginario de numerosas poetisas, (…) entre ellas...Claribel Alegría
     
     

     


    Homère qualifie Pénélope de “la plus sage des femmes”, et on la trouve presque toujours en larmes.
    Cependant, elle ne cherche pas à se consoler de sa peine, en acceptant l’un de ses prétendants, par exemple. Pénélope semble faire preuve de presque toutes les caractéristiques de l’idéal machiste de la femme décrit par la mexicaine Rosario Castellanos. Cette pionnière du féminisme latino-américain décline les vertus de la parfaite épouse, qui seraient rien moins que : « la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio ». Pour les poétesses centre-américaines, bien souvent en lutte contre le machisme, il s’agit d’un modèle à bannir.” ( la constance, la loyauté, la patience, la chasteté, la soumission, l'humilité, la pudeur, l'abnégation, l'esprit de sacrifice)*
     
    Homero califica a Penélope como “la mujer más sensata” y casi siempre nos la encontramos llorando.
    Sin embargo no trata de consolar su pena aceptando, por ejemplo, uno de sus pretendientes. Penélope parece poseer casi todas casi todas las características del ideal machista de la mujer descritas por la mejicana Rosario Castellanos. Esta pionera del feminismo latinoamericano desgrana las virtudes de la esposa perfecta, a saber:«la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio».Para las poetisas centroamericanas, que luchan con frecuencia contra el machismo, se trata de un modelo que hay que desterrar.
     
                                          Pénélope et ses prétendants, John W. Waterhouse
     
     
    Alors voilà ce que Claribel Alegría a imaginé: une Pénélope libre, qui veut vivre sa vie.
    Le ton du poème est dur, puis ironique, sarcastique.
    Por eso he aquí lo que Claribel Alegría ha imaginado: una Penélope libre, que quiere vivir su vida.
    El tono de la obra es duro, finalmente irónico, sarcástico.
     
    La traduction n'est pas de moi, elle est inclue dans l' excellente analyse citée en bas de page.
     
    CARTA A UN DESTERRADO
    LETTRE À UN EXILÉ
    Mi querido Odiseo: Mon cher Ulysse,
    ya no es posible más
    il n’est plus possible
    esposo mío mon époux
    que el tiempo pase y vuele que le temps passe et vole
    y no te cuente yo et que je ne te dise rien
    de mi vida en Ítaca. de ma vie à Ithaque.
    Hace ya muchos años Il y a bien des années déjà
    que te fuiste que tu es parti
    tu ausencia nos pesó ton absence fut douloureuse
    a tu hijo y a mí. pour ton fils et pour moi.
    Empezaron a cercarme Des prétendants
    pretendientes ont commencé à m’encercler
    eran tantos ils étaient si nombreux
    tan tenaces sus requiebros et leur cour si pressante
    que apiadándose un dios qu’un dieu a eu pitié
    de mi congoja de ma peine
    me aconsejó tejer et m’a conseillé de tisser
    una tela sutil une toile fine
    interminable interminable
    que te sirviera a ti qui te servirait
    como sudario. de suaire.
    Si llegaba a concluirla Si je parvenais à l’achever
    tendría yo sin mora je devrais sans délai
    que elegir un esposo. choisir un époux.
    Me cautivó la idea L’idée m’a captivée
    al levantarse el sol au lever du soleil
    me ponía a tejer je me mettais à tisser
    y destejía por la noche. et défaisais mon ouvrage la nuit.
    Así pasé tres años J’ai ainsi passé trois ans
    pero ahora, Odiseo, mais désormais, Ulysse,
    mi corazón suspira por un joven
    mon cœur soupire pour un jeune homme
    tan bello como tú cuando eras mozo
    aussi beau que toi dans ta jeunesse
    tan hábil con el arco
    aussi habile à l’arc
    y con la lanza. et de sa lance.
    Nuestra casa está en ruinas
    Notre maison est en ruines
    y necesito un hombre et j’ai besoin d’un homme
    que la sepa regir. qui sache la gouverner.
    Telémaco es un niño todavía
    Télémaque est encore un enfant
    y tu padre un anciano.
    et ton père est un vieil homme.
    Preferible, Odiseo, Il est préférable, Ulysse
    que no vuelvas que tu ne reviennes pas
    de mi amor hacia ti
    de mon amour pour toi
    no queda ni un rescoldo
    ne restent que des cendres
    Telémaco está bien Télémaque va bien
    ni siquiera pregunta por su padre
    il ne réclame même pas son père
    es mejor para ti mieux vaut pour toi
    que te demos por muerto. que nous te considérions mort.
    Sé por los forasteros J’ai su par les voyageurs
    de Calipso pour Calypso
    y de Circe. et pour Circé.
    Aprovecha, Odiseo, Profite, Ulysse,
    si eliges a Calipso, si tu choisis Calypso,
    recobrarás la juventud tu retrouveras la jeunesse
    si es Circe la elegida
    si Circé est l’élue
    serás entre sus cerdos tu seras parmi ses pourceaux
    el supremo. le plus auguste.
    Espero que esta carta J’espère que cette lettre
    no te ofenda ne t’offensera pas
    no invoques a los dioses n’invoque pas les dieux
    será en vano ce serait en vain
    recuerda a Menelao souviens-toi de Ménélas
    con Helena et d’Hélène
    por esa guerra loca à cause de cette guerre folle
    han perdido la vida les meilleurs de nos hommes
    nuestros mejores hombres ont perdu la vie
    y estás tú donde estás. et te voilà là où tu es.
    No vuelvas, Odiseo, Ne reviens pas, Ulysse,
    te suplico. je t’en supplie.
    Tu discreta Penélope Ta discrète Pénélope

    Claribel Alegría
    © Cahiers d’études romanes
     
    **Article : Sandra Gondouin, « Quand Claribel Alegría retisse le mythe de Pénélope : les enjeux d’une réécriture », Cahiers
     
    d’études romanes [En ligne], 20 | 2009, mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 08 février 2016. 
  • Entre eux / Entre ellos

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    Bonne journée!
     
    ¡Qué tengáis un buen día!
     
     
    Photo Colette, Nord de Mallorca
     

     

     
    Le mur
    il ne sait rien de la mer

    La mer
    elle ne sait rien du mur

    Entre eux
    le va-et-vient du vent
     
    La pared
    no sabe nada del mar

    El mar
    no sabe nada de la pared

    Entre ellos
    el vaivén del viento

    (Trad, Colette) 
     
    extrait de Komboloï, Werner Lambersy
  • Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

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    Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

     

    Photo Colette, port de Valldemossa
     
     
     

     

    Marine

    Je t'ai vu, océan
    je t'ai galopé
    sur le dos d'un violon
    de bois poli
    d'un lutrin courbe
    de couleur du cerisier
    et tu étais, océan
    un champ
    d'herbe bleue
    en mouvement.

    Comme si tu étais
    l'oubli même
    je t'ai visité
    océan
    empereur des eaux
    miroir profond du ciel
    et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
    des céréales bleues et des fleurs du silence.
    (trad: Colette)
    "El sueño oscuro" 1994
     
    Photo Colette , miroirs de lune?
     
    Marina

    Blanca Andreu‏


    Te he visto, océano
    te he galopado
    a lomos de un violín
    de madera pulida
    de un potro alabeado
    del color del cerezo
    y eras, océano
    un prado
    de hierba azul
    en movimiento.

    Como si fueras
    el propio olvido
    te he visitado
    océano
    emperador de las aguas
    espejo profundo del cielo
    y he visto en tus eternas barbas de espuma
    cereales azules y flores del silencio.

    "El sueño oscuro" 1994 

     

  • Dans le ventre des moineaux / En el vientre de los gorriones

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    Parmi les livres reçus en cette fin d'année, il y a "Poètes aujourd'hui, un panorama de la poésie francophone de Belgique" qui m'a enchantée.

    Alors, et pour commencer une année à l'envers, cette fois j'ai traduit du français à l'espagnol...en espérant que ce changement enclenche une année meilleure, ce que je vous souhaite à toutes/tous!


    Entre los libros recibidos en este fin de año, está "Poetas hoy, un panorama de la poesía francófona de Bélgica" que me ha encantado.

    Entonces, y para empezar un año al revés, esta vez traduje del francés al español...con la esperanza de que ese cambio inicie una año mejor, ¡lo que os deseo a todas/todos!
     
    Les oiseaux 
     
    Lucien Noullez (Etterbeek, Belgique, 1957)


    Tous les jours, tous les jours je dessinais sur notre
    table un visage avec des miettes
    et tous les jours la faim l'effaçait
    ou parfois le vent en été
    qui aime les oiseaux, le vent
    du sud, à peine plus léger qu'un cœur.
    Maintenant le visage est parti dans le ventre
    des moineaux.
    L'enfance appelle et je réponds
    avec des miettes blanches. On vit de peu.
    On vit d'un peu d'amour lointain.

    (extrait de "Comme un pommier")
     
    Léonard de Vinci, anamorphose d’un visage d’enfant et d’un œil, Codex Atlanticus,1485




    Los pájaros Lucien Noullez

    Todos los días, todos los días dibujaba en nuestra
    mesa una cara con migas
    y todos los días el hambre la borraba
    o a veces el viento en verano
    al que le gustan los pájaros, el viento
    del sur, apenas más ligero que un corazón.
    Ahora se fue la cara en el vientre
    de los gorriones.
    Llama la infancia y contesto
    con migas blancas. Se vive con poco.
    Se vive de un poco de amor lejano.

    Trad: Colette


    Ref: Poètes aujourd'hui
    Un panorama de la poésie francophone de Belgique
    Liliane Wouters
    Yves Namur
    Ed: Le Taillis Pré
    en coédition avec
    La Noroît
  • Dans la marge / En el margen

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    Roberto Juarroz (Argentina 1925-1995)
    Décima poesía vertical
     


    Il m'est arrivé de rêver des mots.
    Les mots ne me laissent pas dormir.
    Ils me cognent depuis l'envers du décor,
    personnages subversifs
    qui arrivent à déchirer le rideau
    et pour toujours changer l’œuvre.

    Les mots n'attendent pas.
    Jusque quand dureront-ils?
    Ils sont comme des gouttes de sang
    qui tombent sur le texte
    et parfois aussi dans la marge.

    Mais ils ne se contentent pas des formes du jour,
    de la veille éclairée entre la vie et la mort.
    Le texte est infini
    la marge l'est aussi.
    Peut-être le texte devrait-il être dans la marge.

    Le rêve est une région abandonnée
    ou du moins disponible
    à la nécessaire entrée du verbe.
     
    (Trad: Colette)
     
     
    He llegado a soñar con las palabras.
    Las palabras no me dejan dormir.
    Me golpean desde atrás del decorado,
    personajes subversivos
    que hasta llegan a rasgar el telón
    para cambiar siempre la obra. 
     
    Las palabras no esperan.
    ¿Hasta cuándo durarán?
    Son como gotas de sangre
    que van cayendo sobre el texto
    y también a veces en el margen. 
     
    Pero no les bastan las figuras del día,
    la vigilia ilustrada entre la vida y la muerte.
    El texto es infinito
    y también lo es el margen. 
     
    Quizá el texto debiera estar en el margen.
    El sueño es una región abandonada
    o por lo menos disponible
    para la entrada necesaria del verbo.
     

  • Chutes et ombres / Caídas y sombras

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    Nous poursuivons donc avec Roberto Juarroz. Né dans la Pampa Humide Argentine en 1925, il est mort à Buenos Aires en 1995. Très lié à la France où il étudia la Philosophie et les Lettres à la Sorbonne, sa “Poésie verticale”, œuvre de sa vie entière, est publiée d'abord en France.
     
    J'ai choisi et traduit deux poèmes de lui aujourd'hui, avec une explication tirée de la dernière interview qu'il avait donnée en 1993.
     
    Seguimos con Roberto Juarroz. Nacido en la Pampa húmeda Argentina en 1925, murió en Buenos Aires en 1995. Muy ligado a Francia donde estudió Filosofía y Letras en La Sorbona, su “Poesía Vertical”, es la obra de toda su vida, y fue publicada primero en Francia.

     

    Elegí dos poemas, con una explicación sacada de la última entrevista que dió en 1993.

     

    Ce billet est un peu long, prenez votre temps...

     Esta entrada es un poca larga, tomad vuestro tiempo...

     

     

     

     

    "C'est toujours un instant, un instant de plénitude, qui nous signale ou nous situe avec les yeux ouverts dans la réalité la plus libre, la plus illimitée.

    (...) la poésie est justement la voie pour exprimer l’ineffable. Dans le poème il se peut qu'il reste quelques morceaux, fragments qui parfois nous transmettent des messages inattendus. Ceci se rattache à ce que disait Rimbaud pour qui le poète n'est pas un prophète, dans le sens de quelqu’un qui anticipe les choses, mais celui qui cultive la vision verbale qui l'amène un peu plus loin, habituée à ce que le regard devienne "vision". C'est ici qu'entre en jeux le rôle fondamental de l’imagination qui découvre des ressorts insoupçonnables entre les choses.
    J'ai la sensation qu'on s'est méfié de la présence de l'intelligence et de la raison dans le poème et je pense que c'est une erreur. Je pense que l'intellect joue intensément dans l'écriture. Le poème n'est pas un délire plus ou moins modelé par des recherches capricieuses.(..)"

    "Siempre es un instante, un instante de plenitud, lo que nos señala o nos sitúa con los ojos abiertos en la realidad más suelta, más ilimitada.  (…) la poesía es justamente la vía para expresar lo inefable. En el poema pueden quedar algunos pedazos, fragmentos que nos transmiten a veces mensajes inesperados. Esto también se empalma con lo que decía Rimbaud, para quien el poeta no es profeta, en el sentido de alguien que anticipa las cosas, sino que cultiva la visión verbal y eso lo lleva un poco más allá, acostumbra a que la mirada se vuelva "visión". Aquí es donde entra a jugar un papel fundamental la imaginación, que descubre resortes insospechados en todas las cosas. 

    Yo tengo la sensación de que se ha desconfiado de la presencia de la inteligencia y de la razón en el poema y pienso que es un error. Pienso que también lo intelectual juega con intensidad en la escritura. El poema no es un delirio más o menos configurado de búsquedas caprichosas,(...)"

     

    Night shadows Edward Hopper

     


    Quand s'éteint la dernière lampe
    s'éteint plus que la lumière:
    l'ombre s'allume elle aussi.
    Il devrait pourtant y avoir des lampes
    qui serviraient exclusivement
    à allumer l'ombre.
    N'y a-t-il pas peut-être des regards pour ne pas voir,
    des vies rien que pour mourir
    et des amours destinés à l'oubli?

    Il y a du moins certains ténèbres préférés
    qui méritent leur propre lampe de l'obscurité. 

    (Trad: Colette)  



    Cuando se apaga la última lámpara

    no sólo se apaga algo mayor que la luz:

    también se enciende la sombra.

    Debería haber sin embargo lámparas

    que sirvieran exclusivamente para encender la sombra.

    ¿No hay acaso miradas para no ver,

    vidas nada más que para morir

    y amores sólo para el olvido?



    Hay por lo menos ciertas tinieblas predilectas

    que merecen su propia lámpara de oscuridad.

     

     
     
     
    "J'ai été attiré par une vision, celle que de tous les mouvements de l'homme il y en a un vers lequel nous allons inévitablement, qui se répète au long de la vie jusqu'à prendre une forme définitive: la chute. Tomber comprend depuis la chute de la feuille de l'arbre à tout ce qui existe dans l'univers. La chute est un peu le centre de nos vies et de nous-mêmes.
    J'ai pourtant senti que, paradoxalement, le mouvement inverse se produisait également. Comme si dans le fond de la chute il y avait un rebond, où se trouve l’ascension. (...) Héraclite dit "le chemin qui descend est le même chemin qui monte". (...) une espèce de loi de la gravité à l'envers."
    "Me atrajo una visión, y es que de todos los movimientos del hombre hay uno hacia el cual inevitablemente vamos, que se repite a lo largo de la vida hasta que se da en forma definitiva: la caída. El caer abarca desde la hoja del árbol hasta todo lo que existe en el universo. La caída es algo así como el centro de nuestras vidas y de nosotros mismos.
    Sin embargo sentí que paradójicamente se producía también el movimiento inverso. Como si en el fondo de la caída hubiera un rebote, y es allí donde se encuentra el ascenso. (...) Dice Heráclito "el camino que baja es el mismo camino que sube". (...) una especie de ley de gravedad invertida."
     
    Picasso La chute d'Icare  
     
    Il faut tomber et on ne peut choisir où.
    Mais il existe une certaine forme du vent dans les cheveux,
    une certaine pause du coup,
    un certain angle du bras
    que nous pouvons obliquer dans la chute.
    Ce n'est que l'extrémité d'un signe,
    la pointe sans y penser d'une pensée.
    Mais il suffit pour éviter le fond avare de mains
    et la misère bleue d'un Dieu désert.

    Il s'agit de plier plus qu'une virgule
    dans un texte que nous ne pouvons corriger.
     
    (Trad: Colette)
     
    Hay que caer y no se puede elegir dónde.

     Pero hay cierta forma del viento en los cabellos,

    cierta pausa del golpe,
     
    cierta esquina del brazo

     que podemos torcer mientras caemos.

    Es tan sólo el extremo de un signo,
     
    la punta sin pensar de un pensamiento.
     
    Pero basta para evitar el fondo avaro de unas manos

     y la miseria azul de un Dios desierto. 

     

    Se trata de doblar algo más que una coma

     en un texto que no podemos corregir.

     

     
  • Sans le savoir / Sin saberlo

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    Roberto Juarroz. 


     
    Argentina (1925-1995)

    "Una hoja en el árbol, justifica al árbol. Pero un árbol sin hojas lo justifica todo."
    "Une feuille dans l'arbre justifie l'arbre. Mais un arbre sans feuilles justifie tout"
     
    (les poèmes de Juarroz sont sans titre) (los poemas de Juarroz no tienen título)
     
     
     Le jour où sans le savoir
    Nous faisons une chose pour la dernière fois,
    regarder une étoile,
    passer une porte,
    aimer quelqu’un,
    écouter une voix,
    si quelque chose nous prévenait
    que jamais nous n’allions la refaire,
    la vie probablement s’arrêterait
    comme une poupée sans enfant ni ressort.

    Et pourtant, chaque jour
    nous faisons quelque chose pour la dernière fois,
    regarder un visage,
    nous appeler par notre nom,
    achever d’user une chaussure,
    éprouver un frisson
    comme si la première ou la millième fois
    pouvait nous préserver de la dernière.

    Il nous faudrait un tableau noir
    marquant toutes les entrées et les sorties,
    où serait clairement annoncé, jour après jour,
    avec des craies de couleur et des voyelles
    ce que chacun doit terminer
    jusqu’à quand on doit faire chaque chose,
    jusqu’à quand on vit
    jusqu’à quand on meurt.
     
     
    (Trad: Colette)
     

    Ce poème a été traduit par Jacques Ancet, bien avant moi; vous trouverez sa version ici: http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/juarroz/juarroz.html

    Tommy Ingberg http://www.ingberg.com/



    El día en que sin saberlo
    hacemos por última vez una cosa
    mirar una estrella,
    atravesar una puerta,
    amar a alguien,
    escuchar cierta voz
    si algo nos advirtiera
    que nunca volveremos a hacer eso,
    probablemente la vida se detendría
    como un muñeco sin niño ni resorte.
    .
    Sin embargo, cada día
    hacemos algo por última vez
    mirar un rostro,
    llamarse con su propio nombre,
    terminar de gastar un zapato,
    probar un temblor
    como si la primera vez o la milésima
    pudiera preservarnos de la última.
    .
    Nos haría falta un tablero
    con todas las entradas y salidas marcadas,
    donde se anuncie claramente, día por día,
    con tiza de colores y con vocales
    qué le toca terminar a cada uno,
    hasta cuándo se hace cada cosa,
    hasta cuándo se vive
    hasta cuándo se muere.

    Roberto Juarroz.
     
     
     
     
    Le prochain billet sera consacré à ce poète Argentin (1925-1995), auteur d'une “poésie verticale”; les pieds sur terre, la tête imprégnée de spiritualité, de philosophie. Une poésie sans artifices, à la recherche d'une “troisième dimension”, entre la vie et la mort, le bonheur et la disgrâce...loin du manichéisme d'une certaine poésie traditionnelle.


    La próxima entrada será dedicada a ese poeta Argentino (1925-1995), autor de una “Poesía Vertical”; los pies en la tierra, la cabeza impregnada de espiritualidad, de filosofía. Una poesía sin artefactos, que busca una “tercera dimensión” entre la vida y la muerte, la felicidad y la desgracia...lejos del maniqueísmo de cierta poesía tradicional.
  • Patio poétique / Patio poético

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    Un patio

    J.L Borges (Buenos Aires 1899 - Genève 1986)

    Avec le soir
    les deux ou trois couleurs du patio se lassèrent.
    Cette nuit, la lune, le cercle clair,
    ne domine pas son espace.
    Patio, ciel canalisé.
    Le patio est la déclive
    par laquelle le ciel se répand dans la maison.
    Sereine,
    l'éternité attend au croisement des étoiles.
    Il est doux de vivre dans l'amitié sombre
    d'un seuil, d'une vigne et d'un puits.
     
    Trad:Colette


    Patio Andaluz J.R de torres 1900
    Patio andaluz Julio Romero de Torres 1900

     
     
     
    Un patio J.L. Borges
     
    Con la tarde
    se cansaron los dos o tres colores del patio.
    Esta noche, la luna, el claro círculo,
    no domina su espacio.
    Patio, cielo encauzado.
    El patio es el declive
    por el cual se derrama el cielo en la casa.
    Serena,
    la eternidad espera en la encrucijada de estrellas.
    Grato es vivir en la amistad oscura
    de un zaguán, de una parra y de un aljibe.
     
    (Fervor de Buenos Aires 1923)