poésie - Page 4

  • Arrivé jusqu'ici / Llegado hasta aqui

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    Quel âge avait Pedro Mairal, ce brillant écrivain (romans, contes et poèmes) Argentin de 47 ans, quand il écrivit ce poème-bilan? Peut-être 30 ans, l'âge moyen qu'atteint  un cheval…
    ¿Cuántos años tenía Pedro Mairal, ese brillante escritor (novelas, cuentos y poemas) Argentino de 47 años, cuando escribió este poema? Tal vez 30 años, edad media que alcanza un caballo….
     
    Offrande
     
    J'ai l'âge où meurent les chevaux,
    l'âge où l'arbre
    s'offre tout entier au ciel.
    Ma peur est une faune secrète qui me cherche,
    de la mer je ne suis qu'un nombre de vagues.
    J'ai des dents et des peines et des souliers,
    j'ai une fête éternelle qui parfois me convoque.
    Je connais une femme, peut-être, sauf le mystère
    du ventre des étoiles de la nuit.
    Je ne sais combien de soleils il reste à ma poitrine,
    je sais qu'il a fait bon vivre et j'élève ces années
    comme une offrande brûlante.
    Par dessus le taureau d'ombre des jours,
    par dessus le dégoût et la peur et les miroirs,
    je suis arrivé jusqu'ici.
    (Trad: Colette)
     
    OFRENDA Pedro Mairal
     
    Tengo la edad en la que mueren los caballos,
    la edad en la que el árbol
    se ofrece entero al cielo.
    Mi miedo es una fauna secreta que me busca,
    del mar soy sólo un número de olas.
    Tengo dientes y penas y zapatos,
    tengo una fiesta eterna que a veces me convoca.
    Conozco a una mujer, tal vez, salvo el misterio
    de la panza de estrellas de la noche.
    Yo no sé cuántos soles le quedan a mi pecho,
    yo sé que ha sido bueno vivir y alzo estos años
    como una ofrenda ardiendo.
    Por encima del toro de sombra de los días,
    por encima del asco y el miedo y los espejos,
    he llegado hasta aquí.
     
     

     

     
  • Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

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     Ana Pérez Cañamares
    Santa Cruz de Tenerife, 1968

     

     

    LES ASSIETTES offertes par ma mère
    sont maintenant ternes et démodées.
     
    Quand nous faisons le ménage
    elles nous regardent tels des malades agonisants
    qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
     
    Mais ce sont les assiettes de ma mère
    qui ne m’offrira jamais plus
    rien.
    Si un jour nous nous décidions à les jeter
    j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
    les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
     
    Ma mère n’est pas dans l’assiette.
    Ma mère est dans le pain que je mange.
    Trad: Colette
     
    463
    http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

     
    LOS PLATOS que me regaló mi madre
    están ya deslucidos y pasados de moda.

    Cuando hacemos limpieza
    nos miran como enfermos agonizantes
    que no entienden qué queremos de ellos.

    Pero son los platos que me regaló mi madre
    que ya nunca volverá a regalarme
    nada.
    Si un día nos decidiéramos a tirarlos
    intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
    “las cosas, hija, son sólo cosas“.

    Mi madre no está en un plato.
    Mi madre está en el pan que como.
  • Reconnaissante / Agradecida

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    ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)
     
    ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE
     
    Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
    écrasant les feuilles brunies.
    À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.
    
    Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
    me laissant seule
    emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.
    
    Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
    me laissant là
    à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.
    
    Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
    et à voir, ensommeillée, 
    les troncs bordés de laines fanées. 
    
    Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
     
    (Trad: Colette)
     
     
     
    EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 
     
    Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
    moliendo las hojas tostadas.
    A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.
    
    Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
    y me dejaron sola
    enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 
    
    Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
    y me dejaron ahí
    bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 
    
    Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
    y viendo soñolienta
    los troncos bordados de lanas marchitas.
    
    Ahora voy indemne entre las gentes. 

    Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm 
     
  • Doutes et amples horizons / Dudas y anchos horizontes

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    Quand j'arriverai à la vieillesse
    -si j'y arrive-
    et me regarderai dans le miroir
    et compterai mes rides
    comme une délicate orographie
    de peau distendue.
    Quand je pourrai compter les marques
    qu'ont laissé les larmes
    et les préoccupations,
    et que déjà mon corps répondra lentement
    à mes désirs,
    quand je verrai ma vie enrobée
    de veines bleues,
    de profondes cernes,
    et que je lâcherai ma chevelure blanche
    pour m’endormir tôt
    -comme il se doit-
    quand viendront mes petits-enfants
    s’asseoir sur mes genoux
    rouillés par le passage de tant d’hivers,
    je sais qu’encore mon cœur
    sera -rebelle- à tictaquer
    et que les doutes et les amples horizons
    salueront aussi
    mes matins.

    (Trad: Colette)

    *André Derain -  Madame Matisse au kimono

     

     
    Desafío a la vejez Gioconda Belli
    Cuando yo llegue a vieja
    -si es que llego-
    y me mire al espejo
    y me cuente las arrugas
    como una delicada orografía
    de distendida piel.
    Cuando pueda contar las marcas
    que han dejado las lágrimas
    y las preocupaciones,
    y ya mi cuerpo responda despacio
    a mis deseos,
    cuando vea mi vida envuelta
    en venas azules,
    en profundas ojeras,
    y suelte blanca mi cabellera
    para dormirme temprano
    -como corresponde-
    cuando vengan mis nietos
    a sentarse sobre mis rodillas
    enmohecidas por el paso de muchos inviernos,
    sé que todavía mi corazón
    estará -rebelde- tictaqueando
    y las dudas y los anchos horizontes
    también saludarán
    mis mañanas.
     
     
    *André Derain (Chatou, 1880 - Garches, 1954) peintre fauviste, grand ami de Matisse.
  • Fauves dorés / Doradas fieras

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    Sans doute, oui sans doute un billet sur nos 17 lapins nouveaux-nés accompagné d’adorables photos aurait-il été plus approprié en ces jours de Pâques.
    Mais non, c’est un poème surréaliste d’Octavio Paz qui m’a étonnée, m'a fait sourire et me demander où il avait été chercher tant de choses à dire sur...deux yeux.
     
    Tal vez, sí tal vez una entrada sobre nuestros 17 conejitos recién nacidos , acompañada de fotos muy monas hubiera sido más apropiado en estos días de Pascua.
    Pero no, es un poema surrealista de Octavio Paz que me ha sorprendido, hecho sonreír y preguntarme de dónde había sacado tantas cosas que decir sobre...dos ojos.
     
    Octavio Paz ( Mexique 1914-1998)
     
    Tes yeux 
     
    Tes yeux sont la patrie
    de l'éclair et de la larme,
    silence disert,
    tempêtes sans vent, mer sans vagues,
    oiseaux prisonniers, fauves dorés endormis,
    topazes impies comme la vérité,
    automne dans une clairière
    où la lumière chante sur l’épaule
    d'un arbre, et où toutes les feuilles sont oiseaux,
    plage que le matin trouve constellé d'yeux,
    panier de fruits de feu,
    mensonge nourricier,
    miroirs de ce monde, porte de l'au delà,
    pulsation tranquille de la mer à midi
    absolu qui scintille,
    désert.
     
    traduction Colette (inspirée par celle d’ E. Dupas )
     
     
    Silvana Canetti (Uruguay)
    " Los ojos de Ariadna"
     
     
    Tus ojos O. Paz
    TUs ojos son la patria
    del relámpago y de la lágrima,
    silencio que habla,
    tempestades sin viento,
    mar sin olas, pájaros presos,
    doradas fieras adormecidas,
    topacios impíos como la verdad,
    otoño en un claro del bosque
    en donde la luz canta en el hombro
    de un árbol y son pájaros todas las hojas,
    playa que la mañana
    encuentra constelada de ojos,
    cesta de frutos de fuego,
    mentira que alimenta,
    espejos de este mundo,
    puertas del más allá,
    pulsación tranquila del mar a mediodía,
    absoluto que parpadea, páramo.
     

  • Souvenirs citadins / Recuerdos urbanos

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    Les lieux communs
     
     
    Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974

     

     
    La ville se conserve dans le souvenir,
    pliée et disponible,
    comme une carte affective
    sur qui la mémoire a signalé
    d’une croix la rue
    et le bar et la terrasse
    et la cafétéria
    et le petit bout de trottoir
    où l’on a entrevu un instant
    un bonheur insaisissable.
     
    (Trad: Colo)
    Extrait de "Las palabras y los días"
     
     
     
    Antwerpen, Anvers, Amberes, ma ville natale
     
    Los lugares comunes
     
    Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974
     
    La ciudad se conserva en el recuerdo,
    doblada y disponible,
    como un mapa afectivo
    en el que la memoria ha señalado
    con una cruz la calle
    y el bar y la terraza
    y la cafetería
    y el trocito de acera
    donde se adivinó por un instante
    una felicidad esquiva. 
     
    (De Las palabras y los días)
  • D'autres cieux / Otros cielos

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    Foto Colette, 27 de febreo 2017


     
    Autre ciel  Mario Benedetti
     
    Il n'existe pas d'éponge pour laver le ciel
    mais même si tu pouvais le savonner
    et ensuite lui jeter des seaux et des seaux de mer
    et le tendre au soleil pour qu'il sèche
    il manquerait toujours l'oiseau en silence
    (Trad: Colette)
     
     

    Otro cielo  Mario Benedetti

    No existe esponja para lavar el cielo
    pero aunque pudieras enjabonarlo
    y luego echarle baldes y baldes de mar
    y colgarlo al sol para que se seque
    siempre faltaría el pájaro en silencio
     
                                                            


                                                                    --------------
    Ces vers pour vous dire aussi que ce blog prend une pause-vacances: je m'en vais vers des cieux aussi gris, je crois, mais remplis de voix, de sourires chaleureux...
     
     
    Source photo
     
     
     
    Estos versos para deciros que este blog coge una pausa, me voy hacia unos cielos también grises, creo, pero hacia voces y sonrisas calurosas... 
  • Additionner / Sumar

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    Ida Vitale* (poète, traductrice, essayiste, professeur et critique littéraire Uruguayenne), 93 ans, est née à Montevideo. Fuyant la dictature, elle partit au Mexique (1974) puis plus tard aux États Unis où elle réside encore.
    L’exil peut être une expérience dramatique et terrible ou une chose merveilleuse. En ce qui me concerne j’ai beaucoup souffert de éloignement de mes proches, j’en ai bavé, mais au bout d’un petit moment je me suis sentie vraiment enrichie. Le Mexique m’a donné non seulement le confort d’un monde agréable, mais aussi l’occasion de me sentir utile par des traductions, des cours...et quelque chose pour laquelle je n’arrêterai jamais de remercier ce pays, qui est son énorme ouverture à celui qui venait du dehors.”(Trad: Colette)
     
    Ida Vitale (poeta, traductora, ensayista, profesora y crítica literaria uruguaya) tiene 93 años y nació en Montevideo. Huyendo de la dictadura, se fue a México (1974) y más tarde a los Estados Unidos donde reside actualmente.
     
    El exilio puede ser una experiencia dramática y terrible o una cosa maravillosa. En mi caso me dolió mucho alejarme de mi gente, lo pasé muy mal, pero al poco tiempo me sentí mucho más enriquecida. México me dio no solo la comodidad de un mundo agradable, sino la oportunidad de sentirme útil con traducciones, con clases… y eso es algo que jamás dejaré de agradecerle a ese país, su enorme apertura hacia el que venía de fuera”.


    Additions
                                                              Cheval et cavalier sont déjà deux animaux
     
    Un plus un, dit-on. Et on pense:
    une pomme plus une pomme,
    un verre plus un verre,
    des choses toujours identiques.

     

    Quel changement que
    un plus un soit un puritain
    plus un gamelan,
    un jasmin plus un arabe,
    une nonne et une falaise,
    un chant et un masque,
    encore une garnison et une damoiselle,
    l’espérance de quelqu’un
    plus le rêve de l’autre.
     
    (Ne possédant pas ce livre, la traduction est de moi. Je suis sûre que Silvia Baron Supervielle a fait mieux!)
     
    *Note: Ida Vitale a reçu en 2015 le prix Reina Sofía,  la plus haute distinction de la poésie ibéro-américaine qui consacre la poète uruguayenne comme une des voix les plus importantes de la poésie de langue espagnole.
     
    Mural de Diego Rivera "La marcha de la humanidad"
     
    Sumas
                                              caballo y caballero son ya dos animales

    Uno más uno, decimos. Y pensamos:
    una manzana más una manzana,
    un vaso más un vaso,
    siempre cosas iguales.

    Qué cambio cuando
    uno mas uno sea un puritano
    más un gamelán,
    un jazmín más un árabe,
    una monja y un acantilado,
    un canto y una máscara,
    otra vez una guarnición y una doncella,
    la esperanza de alguien
    más el sueño de otro.

      De
    "Reducción del infinito" 2002
     
     
  • Le mur du doute / El muro de la duda

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    Le doute est un des noms de l’intelligence.
     
    La duda es uno de los nombres de la inteligencia.
     
    Jorge Luis Borges
     

    Oui, pourtant je me doute qu'il y a certains doutes dont vous vous passeriez bien vous aussi...

     
     DOUTE
     
    Combien d'insomnies me faut-il pour
    abattre le mur du doute?
    Combien d'ombres? Combien de luttes?
    Il faut que je sache aujourd'hui -avant ton éveil-
    si c'est le matin qui éclaire,
    ou si c'est toi qui éclaires le matin.

    (Trad Colette)

    DUDA
     
    ¿Cuantos insomnios me hacen falta para
    derrumbar el muro de la duda?
    ¿Cuántas sombras? ¿Cuántas luchas?
    Hoy tengo que saber -antes que despiertes-
    si la mañana es la que alumbra,
    o si eres tú la que alumbra la mañana.

  • L'éclat des regards / El brillo de las miradas

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    Comme annoncé,  José Carlos Llop . Cet écrivain et poète Majorquin contemporain dont des amies françaises et belges m’ont parlé! Je devrais sans doute passer plus de temps dans les librairies de Palma...
    J’ai lu “Le rapport Stein” en Français car il n’est plus édité en espagnol. Puis on m’a offert “Solstice” (en français aussi) et, enchantée, j’ai acheté un livre de ses poèmes intitulé “La Dádiva”. (L’offrande). J’ignore s’ils sont traduits en français, mais je me suis lancée à en traduire un.
    Loin d’être choisi au hasard, il introduit parfaitement les thèmes de ce bijou qu’est le roman Solstice dont nous parlerons prochainement.

    Cómo anunciado, José Carlos Llop. Este escritor y poeta Mallorquín contemporáneo del cual amigas francesas y belgas me hablaron! Debería sin duda pasar más tiempo en las librerías de Palma…
    Leí “El informe Stein” en francés pues está descatalogado en español. Luego me regalaron “Solsticio” (también en francés) y, encantada, compré uno de sus libros de poesía”La Dádiva”. Ignoro si los poemas están traducidos al francés, pero me lancé y traduje uno.
    Lejos de ser elegido al azar, introduce perfectamente los temas de esa joya que es la novela Solsticio de la cual os hablaré muy pronto.
     
    Lalique, femme libellule
     
     
     
     
     
    Carte postale cubiste
     
    L'odeur des algues est un baume
    amené d'Alexandrie
    par un navire romain
    vu de moi seul. Une libellule
    est un Lalique et un crabe qui avance,
    l'ombre que trace la douleur
    dans la vie des hommes.
    C'est dans ces eaux que se mirèrent les dieux
    comme dans les thermes de l'Olympe.
     
    Les chèvres surveillent
    le passage des bateaux, l'argent de l'horizon
    là où finit le monde.
    Les pins sont des émeraudes
    dans la mine bleue de l'air.
    Le temps est un
    et il n'y a pas de paradis perdus,
    seuls des regards
    qui ont perdu leur éclat.
     
    (traduction Colette)

     

     
     
    Postal cubista
     
    El olor de las algas es un bálsamo
    traído de Alejandría
    por una nave romana
    que sólo yo veo. Una libélula
    es un Lalique y un cangrejo que avanza,
    la sombra que el dolor traza
    en la vida de los hombres.
    En estas aguas se miraron los dioses
    como en las termas del Olimpo.
     
    Las cabras vigilan
    el paso de los buques, la plata del horizonte
    donde el mundo se acaba.
    Los pinos son esmeraldas
    en la mina azul del aire.
    El tiempo es uno
    y no hay paraísos perdidos,
    sólo miradas
    que han perdido el brillo.
     
    La Dádiva, p.40. Colección Calle Del Aire Sevilla Renacimiento.
  • Soif / Sed

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    Septembre fut un mois d'excursions; la chaleur avait diminué.
    Septiembre fue un mes de excursiones; había disminuido el calor.
     
    L'une d'elles nous emmena dans le centre de l'île appelé Es Pla. Ce plat est décoré par-ci par-là de hautes collines (ou petites montagnes). Et devinez qui a édifié sa demeure en haut, jouissant d'une vue fabuleuse, d'un calme inégalable? Des moines, bien sûr.
    Una de ellas nos llevó al centro de la isla llamado Es Pla. Esa llanura está decorada aquí y allá de altas colinas (o pequeñas montañas). Y adivinad ¿quién edificó allí su morada, gozando de una vista fabulosa, de una quietud incomparable? Unos monjes, claro.
     
     

    C'est du haut de l'une d'elles, dont je vous parlerai dans le prochain billet, que j'ai pris cette photo panoramique; là aussi que j'ai pensé à ce poème...tout était si sec.
     
    Desde lo alto de una de ellas, os hablaré de ella en la próxima entrada,  saqué esta foto panorámica; allí también pensé en este poema...todo estaba tan seco.
     
     

     

     
    Épitaphe
     
    Un oiseau vivait en moi.
    Une fleur voyageait dans mon sang.
    Mon cœur était un violon.
    J'aimai et n'aimai pas. Mais parfois
    on m'aima. Moi aussi me
    réjouissaient: le printemps,
    les mains jointes, l'heureux.
    Je dis que l'homme doit l'être!
    Ci-gît un oiseau.
    Une fleur.
    Un violon.
     
    (Trad: Colette)
     
    Epitafio
    J. Gelman
     
    Un pájaro vivía en mí.
    Una flor viajaba en mi sangre.
    Mi corazón era un violín.
    Quise o no quise. Pero a veces
    me quisieron. También a mí
    me alegraban: la primavera,
    las manos juntas, lo feliz.
    ¡Digo que el hombre debe serlo!
    Aquí yace un pájaro.
    Una flor.
    Un violín.
  • Jouer à ne pas se perdre / Jugar a no perderse

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    Si la littérature s'est emparée du sablier pour signifier le temps qui passe et nous mène inexorablement vers la mort, cet objet, tombé en désuétude, avait jadis de multiples usages; navigation, cuisine, église (messe)...
     
    Si la literatura ha convertido el reloj de arena en signo del tiempo que pasa y nos lleva irremediablemente a la muerte, ese objeto, hoy en desusso, tenía antaño múltiples usos; navegación, cocina, iglesia (misa)...
     
    El reloj de arena (Le sablier) José Cirilo Henao, alcalde(maire)-artista Colombiano
     

     

     
    Le sablier
    joue
    à se remplir de lumière
    à se vider d'ombre.
    Nous le retournons
    jouons à ne pas nous perdre
    à ne pas nous vider de lumière
    à ne pas nous remplir d'ombre.
     
    (Trad: Colette)
     
     
    Jorge H Cadavid (poète et essayiste Colombien (1962-   ))
     
     
    El reloj de arena
    juega
    a llenarse de luz
    a vaciarse de sombra.
    Nosotros le damos vuelta
    jugamos a no perdernos
    no vaciarnos de luz
    no llenarnos de sombra.
     
  • Tout jeter / Tirarlo todo

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    Dans la série “poésie du quotidien” voici Amalia Bautista, le nettoyage est à l'honneur aujourd'hui, mais pas seulement...

    En la serie “poesía de lo cotidiano”, Amalia Bautista nos habla de la limpieza, pero no sólo de ella....

    Oceanic's kitchen Yacek Yerka      
     
                       
    On va faire un grand nettoyage

     

     
    On va faire un grand nettoyage
    et on va jeter toutes les choses
    qui ne nous servent à rien, ces
    choses que nous n'employons plus, ces
    autres qui ne font que prendre la poussière,
    celles que nous évitons de trouver car
    elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
    celles qui nous font mal, occupent de la place
    ou que nous n'avons jamais voulues proches.
     
    On va faire un grand nettoyage
    ou, mieux encore, un déménagement
    qui nous permette d'abandonner les choses
    sans même les toucher, sans nous salir,
    les laissant là où elles ont toujours été;
    c'est nous qui allons partir, mon cœur,
    pour recommencer à accumuler.
    Ou bien nous allons mettre le feu à tout
    et rester tranquilles, avec cette image
    des braises du monde devant les yeux
    et le cœur deshabité.
     
    Trad: Colette
     

    Vamos a hacer limpieza general

    Amalia Bautista

     
    Vamos a hacer limpieza general
    y vamos a tirar todas las cosas
    que no nos sirven para nada, esas
    cosas que ya no utilizamos, esas
    otras que no hacen más que coger polvo,
    las que evitamos encontrarnos porque
    nos traen los recuerdos más amargos,
    las que nos hacen daño, ocupan sitio
    o no quisimos nunca tener cerca.

    Vamos a hacer limpieza general
    o, mejor todavía, una mudanza
    que nos permita abandonar las cosas
    sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
    dejándolas donde han estado siempre;
    vamos a irnos nosotros, vida mía,
    para empezar a acumular de nuevo.
    O vamos a prenderle fuego a todo
    y a quedarnos en paz, con esa imagen
    de las brasas del mundo ante los ojos
    y con el corazón deshabitado.
  • Une main amicale / Una mano amiga

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    Du seuil d’un rêve on m'appela…
    C’était la bonne voix, la voix aimée.
    — Dis-moi: viendras-tu avec moi visiter l’âme?…

    À mon cœur parvint une caresse.
    Avec toi, toujours… Et dans mon rêve j’avançai
    par une galerie longue et nue,
    sentant m’effleurer la robe pure,
    doucement palpiter la main amicale.
    (Trad: Colette)
    Antonio Machado

    Desde el umbral de un sueño me llamaron...
    Era la buena voz, la voz querida.
    -Dime: ¿vendrás conmigo a ver el alma?...
    Llego a mi corazón una caricia.
    -Contigo siempre...Y avancé en mi sueño
    por una larga, escueta galería
    sintiendo el roce de la veste pura
    y el palpitar suave de la mano amiga.
     
    Antonio Machado
     
     
     
     
    Luís Enrique Gómez (Cuba)

     

     
  • Footballeurs / Fubolistas

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    Stade Vatican

    Les joueurs de football
    retournent dans leurs loges
    pas à pas, la tête basse,
    frémissants et sanglotants
    à travers les vieilles ruines d'Occident vénérées
    et la racaille de poètes si sûrs d'eux-mêmes,
    de leveurs de poids, diplômés des gymnases,
    des rois de l'amour, de l'argent et de la santé,
    qui méchamment se moquent
    du footballeur sensible,
    législateur de la planète.

    Carlos Germán Belli de la Torre (Lima, Perou, 15 septembre 1927)
    (Trad:Colette)

    Nicolas de Staël

     Nicolas de Staël : "« Merveilleux. Entre ciel et terre, sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraisemblance », confie-t-il à René Char.""

     
     

     
    Estadio Vaticano

    Los jugadores de fútbol
    a sus camarines vuelven
    paso a paso cabizbajos,
    trémulos y sollozando
    por entre las viejas ruinas de Occidente veneradas
    y la chusma de poetas tan seguros de sí mismos,
    levantadores de pesas, diplomados en gimnasios,
    soberanos del amor, del dinero y la salud,
    que ferozmente se burlan
    del sensible futbolista,
    legislador del planeta.



    Carlos Germán Belli de la Torre (Lima, Perú, 15 de septiembre de 1927)

    *Des articles / artículos:
    Les écrivains et le foot: http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=29&nid=3169
    Football, langue et littérature: https://blogs.mediapart.fr/edition/socrates-football-club/article/200614/football-langue-et-litterature

    El fenómeno del futbol en algunos textos literarios: https://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=3851637
    Textos de futbol: https://textosdefutbol.wordpress.com/