Espagne - Page 4

  • Temps d'île / Tiempo de isla

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    Pas d'illustration accompagnant le poème d'aujourd'hui; à la lecture les images surgissent des mots, du moins dans ma tête.

     Un court recueil de Pedro Salinas “La mer lumière” reçu par la poste. Version bilingue, magnifique traduction.

     

    Temps d’île
     
    Pedro Salinas
     
    1
    Qui m’appelle de la voix
    d’un oiseau qui crie?

    Quel amour m’aime, quel amour
    m’invente des caresses,

    caché entre deux airs,
    simulant la brise?

    Le palmier, qui l’a mis
    - celui qui me rafraîchit

    avec des souffles d’ombres et de soleil -
    là où moi je le souhaitais?

    Le sable, qui l’a lissé,
    si lisse, si lisse,

    pour qu’en traits infiniment légers
    la main m’écrive,

    sur une amante que je n’ai jamais vue,
    sur une amante cachée,

    parmi la pudeur de l’écume,
    messages d’ondines?

    Pourquoi me donne-t-on tant de bleu
    sans que je le demande,

    le ciel qui l’invente,
    la mer, qui l’imite?

    Quel est le Dieu qui au huitième jour
    m’a tracé cette île,

    commerce de beautés,
    bourse sans cupidité?

    Ici, terre, ciel et mer,
    vendant

    écume. sable, soleil, nuage,
    trafiquent allègrement;

    sans fraude ils s’enrichissent,
    - des gains très purs -,

    pour des aurores ils donnent des astres,
    ils échangent des merveilles.

    Le temps des îles: on le compte
    avec des chiffres magiques;

    l’heure n’a plus de minutes:
    soixante délices;

    avril passe tel trente soleils,
    et un jour est un jour.

    Qui en emportant les angoisses,
    a donné forme au bonheur?
     
     
     
    Recueil: La mer lumière, Pedro Salinas. PUF Blaise Pascal.
    Traduction Bernadette Hidalgo Bachs.
     
     
    TIEMPO DE ISLA  Pedro Salinas
    1
    ¿Quién me llama por la voz
    de un ave que pía?

    ¿Qué amor me quiere, qué amor
    me inventa caricias,
     
    escondido entre dos aires,
    fingiéndose brisa?
     
    La palmera, ¿quién la ha puesto
    la que me abanica
     
    con soplos de sombra y sol—
    donde yo quería?
     
    La arena, ¿quién la ha alisado,
    tan lisa, tan lisa,
     
    para que en rasgos levísimos
    la mano me escriba,
     
    de amante que nunca he visto,
    de amante escondida,
     
    entre pudores de espuma,
    mensajes de ondina?
     
    ¿Por qué me dan tanto azul,
    sin que se lo pida,
     
    el cielo que se lo inventa,
    el mar, que lo imita?
     
    ¿Cuál fue el dios qué un día octavo
    me trazó esta isla,
     
    trocadero de hermosuras,
    lonja sin codicia?
     
    Aquí tierra, cielo y mar,
    en mercaderías
     
    de espuma, arena, sol, nube,
    felices trafican;
     
    sin engaño se enriquecen,
    ganancias purísimas—,
     
    luceros dan por auroras,
    cambian maravillas.
     
    Tiempo de isla: se cuenta
    por mágicas cifras;
     
    la hora no tiene minutos:
    sesenta delicias;
     
    pasa abril en treinta soles,
    y un día es un día.
     
    ¿Quién, llevándose congojas,
    dio forma a la dicha?

     

     

  • Tourne, mon coeur / Gira, corazón

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    Aujourd’hui un poème de Lorca; sous sa plume une superbe envolée d’images qui lui viennent en s’adressant à une girouette.

    J’espère qu’en traduction-français vous arriverez à percevoir le rythme et la beauté qui en ressortent.

     

     
    http://www.forging-ahead.co.uk/windvane.htm

    Girouette

    Federico Garcia Lorca



    Vent du Sud,
    brun, ardent,
    ton souffle sur ma chair
    apporte un semis de regards
    brillants et le parfum
    des orangers.
    Tu fais rougir la lune
    et sangloter
    les peupliers captifs, mais tu arrives
    trop tard!
    J'ai déjà enroulé la nuit de mon histoire
    sur l'étagère!
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Vent du nord,
    ours blanc du vent!
    Tu souffles sur ma chair,
    tout frissonnant d'aurores
    boréales,
    avec ta traîne de spectres
    capitaines,
    et riant de Dante
    aux éclats.
    Ô polisseur d'étoiles!
    Mais tu arrives trop tard.
    L'armoire est vermoulue
    et j'ai perdu la clé.
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Brises, gnomes et vents
    venus de nulle part.
    Moustiques de la rose
    pétales en pyramides.
    Vents alizés sevrés
    parmi les rudes arbres,
    flûtes dans la bourrasque,
    laissez-moi!
    De lourdes chaînes ancrent
    mes souvenirs,
    et captif est l’oiseau
    qui dessine le soir
    de ses trilles.
     
    Les choses qui s'en vont jamais ne reviennent,
    tout le monde le sait,
    et dans la foule des vents
    il est vain de se plaindre.
     
    N'est-ce pas, peuplier, maître de la brise?
    Il est vain de se plaindre!
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Juillet 1920
     
    Fuente Vaqueros, Grenade.
    (Trad:Colette)
     

    Veleta


    Federico García Lorca
     
    Viento del Sur,
    moreno, ardiente,
    llegas sobre mi carne,
    trayéndome semilla
    de brillantes
    miradas, empapado
    de azahares.
    Pones roja la luna
    y sollozantes
    los álamos cautivos, pero vienes
    ¡demasiado tarde!
    ¡Ya he enrollado la noche de mi cuento
    en el estante!
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Aire del Norte,
    ¡oso blanco del viento!
    Llegas sobre mi carne
    tembloroso de auroras
    boreales,
    con tu capa de espectros
    capitanes,
    y riyéndote a gritos
    del Dante.
    ¡Oh pulidor de estrellas!
    Pero vienes
    demasiado tarde.
    Mi almario está musgoso
    y he perdido la llave.
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Brisas, gnomos y vientos
    de ninguna parte.
    Mosquitos de la rosa
    de pétalos pirámides.
    Alisios destetados
    entre los rudos árboles,
    flautas en la tormenta,
    ¡dejadme!
    Tiene recias cadenas
    mi recuerdo,
    y está cautiva el ave
    que dibuja con trinos
    la tarde.
    Las cosas que se van no vuelven nunca,
    todo el mundo lo sabe,
    y entre el claro gentío de los vientos
    es inútil quejarse.
    ¿Verdad, chopo, maestro de la brisa?
    ¡Es inútil quejarse!
    Sin ningún viento.
    ¡hazme caso!
    gira, corazón;
    gira, corazón.
     
  • Variété de syle / Variedad de estilos

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    Il y a quelques jours mourait, à 70 ans, le peintre Miguel Ángel Campano. Je n’avais jamais entendu son nom, ni vu aucun de ses tableaux, et pourtant lui, et quelques autres peintres ont été des artistes clés dans le renouvellement de la peinture après la mort de Franco. De plus il a fréquemment séjourné à Majorque. On ne peut tout connaître…
     
     
    Mistral Detalle 1982, MA Campano
     
    Vers les années ‘80 il s’est installé à Paris où il abandonne les schémas géométriques rigides pour une abstraction plus gestuelle (dans la ligne du mouvement américain Action painting). Il est très inspiré par Cézanne (et a séjourné en Provence pour réaliser une série de tableaux) et Poussin a toujours été un grand maître pour lui. Puis, vers les années 85 il pratique en même temps une peinture abstraite dépouillée et un naturalisme réaliste extrême.
    Dans les œuvres qui suivent vous verrez un mélange de styles, et c’est ce perpétuel changement, cette évolution qui m’a semblé intéressante. 
     
    1987 Naturaleza muerta
     
    Comme il le dit lui-même: “ J’ai eu en ma faveur la chance d’avoir toujours été très rebelle, très contradictoire. Je ne suis pas intéressé par ce qu’on appelle un style. Il y a des peintres qui passent leur vie à chercher le style. Ce qui compte souvent chez un artiste c’est l’attitude...”
    Il a obtenu le Prix National des Arts Plastiques en 1996
     
    1988 MA Campano
     
    Hace unos días moría, a los 70 años, el pintor Miguel Angel Campano. Nunca había oído su nombre ni visto ninguna de sus obras. Sin embargo él y otros artistas fueron importantes en el renuevo de la pintura española después de la muerte de Franco. Además pasó largas temporadas en Mallorca. No se puede conocer todo…
     
     
    1988 MA Campano
     
    Hacia los años ‘80, instalado en París, abandona los “rígidos esquemas geométricos por una abstracción gestual, en la línea de la escuela del movimiento norteamericano Action Painting.” *
    Le inspiran mucho Cézanne (viajó por la Provenza francesa para realizar cuadros) y Poussin que fue para él un gran maestro.
    Luego, hacia los ‘85 practica al mismo tiempo une pintura abstracta, despojada, y un naturalismo realista extremo.
     
     
    1991 MA Campano
     
    En las obras que siguen, veréis un mezcla de estilos y es ese cambio perpetuo, esa evolución que me han interesado.

    Como dice él mismo: “He tenido a mi favor la suerte de que he sido siempre muy díscolo, muy contradictorio. No me interesa lo que llaman el estilo. Hay pintores que se pasan la vida buscando el estilo.Muchas veces lo que cuenta más en un artista es la actitud.”

    Miguel Ángel Campano obtuvo el Premio Nacional de Artes Plásticas en 1996
     
     
     
     
    Parmi ses oeuvres plus récentes / Entre sus obras más recientes:
     
    2002

     

    2001
  • Léger frémissement de la peau / Tenue temblor de la piel

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    Goytisolo, vous connaissez peut-être ce nom. Mais ils étaient trois frères dans le monde des lettres. Le plus connu est l’écrivain Juan Goytisolo, puis celui qui nous occupe aujourd’hui, José Agustín le poète, et finalement Luís le romancier.
     
    Tous trois ont connu, enfants, la guerre civile et l’horreur de voir leur mère tuée lors d’un bombardement de Barcelone par l’aviation franquiste en 1938.
    José Agustín (1928-1999) était un homme d’une très grande sensibilité, vous le verrez dans le poème, assez dépressif aussi. Mais rien de triste dans ce poème que j’ai traduit du mieux que j’ai pu.
     
    On entend les oiseaux
     
    L’aube. On entend les oiseaux
    comme perdus dans la brume;
    le silence élève leurs chants
    jusqu’à la pénombre de la pièce.
    Il perçoit un très faible tremblement
    qui fait frémir la peau qu’il aime,
    douce dans son rêve. Très lentement
    il la recouvre du drap
    pour éviter qu’elle ne s’éveille.
    Mais déjà des bras l'enveloppaient
    et s’accrochaient à son corps:
    éternité fut ici douceur
    miel et jasmin. Bien plus tard
    on entendait encore le chant des oiseaux.
     
    (Trad:Colette)
     
    Toulouse Lautrec Femme couchée au lit, lithographie        
     
     
     
    Se oyen los pájaros J.A Goytisolo
     
    El alba. Se oyen los pájaros
    como perdidos en la niebla;
    el silencio sube sus cantos
    a la penumbra de la estancia.
    El percibe un temblor muy tenue
    que estremece la piel que ama
    dulce en su ensueño. Muy despacio
    la va cubriendo con la sábana
    por evitar que se desvele.
    Pero unos brazos le envolvían
    y se ciñeron a su cuerpo:
    eternidad fue aquí lisura
    miel y jazmín. Mucho más tarde
    aún se oía el cantar los pájaros. 
     
     
    Un autre poème de lui, mis en musique/chanson par Paco Ibañez ici:
     
  • Assis ou couchés? / ¿Sentados o tumbados?

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    L'amour est une ortie qu'il faut moissonner chaque instant si l'on veut faire la sieste étendu à son ombre.”

    El amor es una ortiga que uno debe segar a cada instante si se quiere dormir tendido en su sombra.”

    Pablo Picasso
     
    Picasso La siesta 1919
     
     
     
    La sieste, ce moment délicieux pendant les après-midi d’été...
     
    Énormément de peintres de tous pays ont croqué ces endormissements:
     
    En voici quelques uns, espagnols. Tous s'intitulent La siesta ou Siesta.
     
     
    La siesta, ese momento delicioso durante las tardes de verano…
     
    Muchísimos pintores de todos los países han pintado esas somnolencias, he aquí algunos.
     
    Españoles. Todos se titulan La siesta o Siesta
     
     
    Siestes couchés, siestas tumbados
     
    Goya
     
    Joaquin Sorolla 1912          
     
    Siestes assis, siestas sentados
     
    La Migdia, Ramón Martí Alsina 1884

     

     

     

    Julio Romero de Torres 1874-1930        


    Siestes confortables? ¿Siestas confortables?

    Miguel Prieto Anguita 1947

     

    Román Ribera Cirera (1849-1935)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                




     


     Et puis cette siesta-ci  qui me plaît tant, d'un Colombien, si reconnaissable. Finalmente esta siesta que tanto me gusta del Colombiano tan reconocible.

    Fernando Botero (1932-   )
     
  • Si j'étais.../ Si fuera...

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    Latitude

    Juan Ramón Jiménez



    Si j'étais comme un lieu de la mer ou du ciel;
    le même et un autre toujours, avec les vagues,
    le même et un autre toujours, avec les nuages;
    ferme et errant,
    hésitant et sûr de lui,
    attendant et solitaire,
    rencontré et inconnu,
    aimé et oublié, et libre et prisonnier,
    - un autre et le même toujours, avec mes nuages,
    avec mes vagues -!

     

     
     
    Sud de l'île de Mallorca

    Latitud J.R. Jimenéz
     
    ¡Si fuera yo como un lugar del mar o el cielo;
    el mismo y otro siempre son las olas,
    el mismo y otro siempre con las nubes;
    firme y errante,
    dudoso y cierto,
    aguardador y solitario,
    encontrado y desconocido,
    amado y olvidado, y libre y preso,
    -otro y el mismo siempre, con mis nubes,
     
    con mis olas-!
     
     
  • Une belle vie, adios Señora

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    María Dolores Pradera, 93 ans vient de disparaître. Une toute grande dame de la chanson et de la scène de théâtre espagnoles. Une dame à l'esprit fin et rempli d'humour et à la voix grave, qui laisse un énorme répertoire de chanson espagnole et de musiques sud-américaines. Des sujets d'hier et de toujours, des fados, coplas, rancheras, balades et boléros.
    Quelle chanson choisir? Je les aime toutes.

     




    Acaba de desaparecer, a sus 93 años, maría Dolores Pradera, la gran dama de la canción española y del teatro. Une dame fina, inteligente, llena de humor. Su voz grave nos deja un repertorio enorme, temas de ayer y de siempre, fados, coplas, rancheras, baladas y boleros.
    ¿Qué canción elegir? Me gustan todas.

  • Passion / Pasión

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    Fable de Samaniego (1745-1801)
    Les fourmis
     
     
    Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
    Étaient les hommes d'antan:
    De leurs biens propres et de ceux d'autrui
    Ils faisaient leur provision.
    Jupiter, qui depuis des siècles
    Observait cette passion,
    N'en pouvant plus,
    En fourmis les transforma:
    Ils changèrent de forme;
    Et d'habitudes? Jamais.
    (Trad: Colette)
     

     

    Photo Kwarkito "Eurogroupe fourmis"  
     
    Las hormigas 
    Fábulas, Samaniego 
     Lo que hoy las hormigas son,
     Eran los hombres antaño:
     De lo propio y de lo extraño
     Hacían su provisión.
     Júpiter, que tal pasión
     Notó de siglos atrás,
     No pudiendo aguantar más,
     En hormigas los trasforma:
     Ellos mudaron de forma;
     ¿Y de costumbres? Jamás.
    
    
     
  • Al-Andalus, l'amour des fleurs / El amor por la flores

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    J'ai lu que l'amour pour les fleurs dans la poésie (et dans l'art) de Al-Andalus se devait à ce que les berbères et les musulmans venaient de terres arides, désertiques. Une telle explosion de couleurs et d’odeurs les enchantèrent. Cela me semble une explication fort plausible.
    Voici le poème le plus connu sur le sujet.



    Leí que el amor por la flores en la poesía (y en el arte) de Al-Andalus se debía a que los musulmanes y bereberes procedían de tierras áridas, desérticas. Tal explosión de colores y olores les encantó. Eso me parece una explicación muy plausible.
    Aquí va el poema más conocido sobre el tema.

     

     

    JARDIN- JARDÍN

    Yusuf ibn Harun ar-Ramadi

     
    Le myrte, le lys, le jasmin vigoureux et la giroflée ont grand mérite et s’emparent des jardins.

    Mais bien plus grand est le mérite de la rose.

    Le myrte est-il autre chose que l’arôme qui s’éteint une fois jeté au feu? 
    La rose, même fanée, laisse dans l’eau un parfum qui dure après elle.
     Le mal du lys est très commun: après un instant il descend dans la tombe.
     Le jasmin est humble d’origine, mais son odeur est solennelle et orgueilleuse.
    Le caractère de la giroflée est perturbé, tout comme un voleur, elle s’éveille après les prières du soir.
    La rose est la dame des jardins, bien qu’elle soit la servante du rose des joues.
    (Trad.Colette)

    El mirto, la azucena, el jazmín lozano y el alhelí tienen gran mérito y con él se enseñorea el jardín.

    Pero el mérito de la rosa es aún mayor.


    ¿Acaso es el mirto otra cosa que aroma que se extingue arrojado al fuego?
    La rosa, aun marchita, deja en el agua perfume que perdura tras de ella.
    El mal de la azucena es muy común: tras un instante baja a la tumba.
    El jazmín es humilde en sus orígenes, pero su aroma es solemne y orgulloso.
    El carácter del alhelí está trastornado, es como un ladrón, se despierta tras la oración de la noche.


    La rosa es la señora de los jardines, aunque es sierva de la rosa de las mejillas.

    ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI también llamado ABU YENIS nació en Córdoba. Grandes tinieblas cubren la vida y obra de este autor. Ya antes de los disturbios originados por guerra civil, a finales del siglo X, se había asentado en el Reino Taifa de Zaragoza,
    Murió probablemente en el año 1022 aunque otras fuentes citan el 1013.

    ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI appelé aussi Abu Yenis est né à Cordoue. On sait fort peu de sa vie, de son œuvre, avant les grands troubles de guerriers de la fin du Xº siècle, il s'était établi dans le Royaume de Taifa de Saragosse.
    Il est mort probablement en l'an 1022, certaines sources citent 1013..

     
  • Poésie du temps de Al-Andalus

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    Pour commencer, quelques rappels historiques…

     

    Tintero nazarí /Encrier Nazarí XIVºs  .http://elpoderdelaalhambra.com/piezas-destacadas/tintero-nazari/
     

    Nous sommes un peu avant l’an 711 ; l’Espagne, à l’exception des Asturies, de la Cantabrie et du Pays basque, constituent le royaume des Wisigoths. Et l'Hispanie ne jouit pas d’une grande stabilité politique au moment où les musulmans partent à sa conquête

    La naissance et la formation de Al-Andalus se sont faites progressivement, les conquêtes se réalisèrent entre 711 et 716. Toute l’Espagne (et l'actuel Portugal) fut envahie excepté le Pays Basque et quelques régions montagneuses de Cantabrie. Les musulmans tentèrent de s’étendre en France mais, vous le savez, ils furent vaincus à Poitiers (732) et se replièrent sur la péninsule ibérique.
    Et ils décident d’établir leur capitale à Cordoue, apparemment fascinés par le Guadalquivir.



    Al-Andalus (711-1492) est devenu dès le IXº siècle un foyer de haute culture et attira de nombreux savants, artistes….
    Sur la Terre D’Islam qu’est Al Andalus, diverses populations aux cultures différentes se mêlaient : les musulmans (arabes, berbères, muladi) et européens musulmans, les slaves musulmans, puis les juifs et les chrétiens (mozarabes).

    Alors mes amis, quand j’ai décidé de me plonger dans la poésie (en arabe mais largement traduite en espagnol ;-))  datant de cette longue époque musulmane, je me suis très vite vue submergée par un nombre incalculable de poètes, de poèmes écrits en arabe pendant les différents siècles.

    On y parle d’amour, de fleurs et de parfums, de vin, de séparations, puis vers la fin, de la perte d’un paradis. Que choisir, quels poèmes traduire en français ?
    En voici deux pour commencer.

    Le poète Ibn Darray (958-1030) 
     
    Si en les jardins où il habite
    ne peux voir mon maître
    dans les jardins du rêve
    aurons notre rencontre

    (Trad: Colo, MAH)

    Le poète Ibn Baqi (m. 1145):

     

    Quand le voile de la nuit
    s’étend sur la terre,
    du vin le plus odorant
                à ma belle je lève mon verre
    .
    Tel un baudrier tombe
    sur moi sa chevelure,
    et comme le guerrier prend
    de sa main droite l’épée
    j’enlace, moi, son cou,
    qui au cygne ressemble.

           

    Mais à voir que déjà s’incline,
    fatiguée, la tête,
    doucement je sépare
    le bras dont elle m’enlace
    et je pose sur ma poitrine
    sa tempe, pour qu’elle y dorme.
    Aïe! Mon coeur heureux
    bat avec grande force.
    Que cet oreiller est agité!
    en lui ne pourra dormir.


    (Trad: Colette, MAH)

    Notes :
    Si le sujet vous intéresse, voici le lien d’une superbe émission de Arte:

    https://vimeo.com/101877438

    Et aussi, à lire:
    http://balises.bpi.fr/histoire/al-andalus------le-passe-arabo-berbere-de-leurope

    Jarrón de las gacelas, arte Nazarí. (Alhambra-Granada)
     

    Para empezar, unos datos históricos...

    Estamos en el año 711, España, a la excepción del País Vasco, de Cantábria y de Asturias constituyen el reino Visigodo. Hispania no goza de una gran estabilidad política en el momento en que los musulmanes deciden conquistarla.

     

    El nacimiento y la formación de Al-Andalus se hizo de forma progresiva, las conquistas se escalonaron entre 711 y 716. España entera, excepto el País Vasco y algunas regiones montañosas de Catabria, fue invadida.

    Los musulmanes intentaron extenderse en Francia pero, lo sabéis, fueron derrotados en Poitiers (732) y se replegaron en la península ibérica.

     

    Decidieron establecer su capital en Córdoba, fascinados, por lo visto, por el Guadalquivir.

     

    Desde el siglo IX Al-Andalus (711-1492) fue un foco de alta cultura y atrajo a muy numerosos eruditas, artistas…

    En la tierra de Islam que era Al-Andalus, se mezclaban poblaciones de diversas culturas: los musulmanes (árabes, bereberes, muladi) y europeos musulmanes, los eslavos musulmanes, finalmente los judíos y los cristianos (mozárabes).

    Entonces amigos, cuando decidí sumergirme en la poesía de esa época, me vi rápidamente desbordada por un número incalculable de poetas, de poemas escritos en árabe durante esos siglos.

     En ellos se habla de amor, de flores, de perfumes, de vino, de separaciones, y luego hacia el final, de la pérdida de un paraíso.

    ¿Cuáles elegir, cuáles traducir al francés?

    Aquí, y para empezar, dos de ellos.

     

     
     
    https://3.bp.blogspot.com/-lPAXkK0J8vw/Wulyuu7KrMI/AAAAAAAAI2Y/Z_Z98HUjeOo0V2euWTjmFX8TLFXRrumPgCLcBGAs/s1600/arquetacalifal.jpg
     
    El poeta  Ibn Darray (958-1030)
     
    Si en los jardines que habita
    me impiden ver a mi dueño,
    en los jardines del sueño
    nos daremos una cita.
     
    http://enciclopedia.us.es/index.php/Archivo:Mihrab_mezquita_persa_Kashan,_(1226).jpg



    EL poeta Ibn Baqi (m. 1145):
     
    Cuando el manto de la noche
    se extiende sobre la tierra,
    del más oloroso vino
    brindo una copa a mi bella.
    Como talabarte cae
    sobre mí su cabellera,
    y como el guerrero toma
    la limpia espada en la diestra,
    enlazo yo su garganta,
    que a la del cisne asemeja.
     
    Pero al ver que ya reclina,
    fatigada, la cabeza,
    suavemente separo
    el brazo con que me estrecha,
    y pongo sobre mi pecho
    su sien, para que allí duerma.
    ¡Ay! El corazón dichoso
    me late con mucha fuerza.
    ¡Cuán intranquila almohada!
    No podrá dormir en ella.
  • Avec du safran, la paëlla / Con azafrán , la paella

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    Trop sèches, ou insipides,  ou pâteuses. Chiches en riz. Très onéreuses, voilà des défauts communs des paellas. Ah, ça, c’est tout un art et aucune ne se ressemble !
    Demasiado secas, o insípidas, o pastosas. Escasas en arroz. Muy onerosas, ahí son los defectos comunes de las paellas. ¡Ha, es todo un arte y ninguna se parece!
     
                                                                                                     
    Un peu d’histoire...La paëlla, mot d’origine latine « patella » puis du vieux français « paele » désignait la poêle plate avec, non un manche mais deux anses que vous connaissez sans doute. De la poêle au plat, voilà la paella moderne (notez que les 2 LL se prononcent Y et non L, comme dans paya, d’accord ?)
    Son origine se trouve à Valencia aux XVº et XVIª siècles dans les zones maraîchères et humides (Albufera) où l’on cultive riz et légumes. Un plat complet auquel on ajoutait des morceaux de lapin, canard, des oiseaux, des escargots, enfin ce qu’on avait sous la main en plus des légumes de saison. La paella aux crustacés, dont on ignore si elle est contemporaine de la première, est née…au bord de la Méditerranée, oui !
    On cuisait lentement le tout sur un feu de branches d’oranger. Je pourrais vous raconter tant d’autres choses, mais il vous suffira de taper « histoire de la paella »…Mr Google vous dira tout.
    Un poco de historia…La paella, palabra de origen latina “patela” luego del francés antiguo “paele” designaba la sartén plana sin mango pero con dos asas que sin duda conocen. De la sartén al plato…
    Su origen se encuentra en Valencia en los siglos XV y XVI en las zonas hortenses y húmedas (Albufera) donde se cultiva arroz y verduras. Un plato completo al cual se añadía trozos de conejo, pato, pájaros, caracoles, en fin, lo que se tenía a mano junto con las verduras de temporada. Se ignora si la paella de mariscos data de la misma época pero nació…al borde del Mediterráneo. ¡Sí!
    Se cocía lentamente el arroz en un fuego con leña de naranjos. Les podría contar tantas otras cosas sobre este plato, pero les bastará teclear “historia de la paella” y el señor Google les dirá todo.
     
     
     Peinture: Conrado Meseguer
    pintura-de-conrado-meseguer.jpg  
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Traditionnellement ce sont les hommes qui la préparent, enfin qui la cuisent car les petites mains qui coupent tous les ingrédients à l’avance…c’est comme pour les barbecues, vous voyez ? Mais quand on est nombreux, les dimanches en famille, un repas avec des amis, c’est un repas complet et facile, qui plaît à tous et qui s’adapte à la bourse de chacun : tout dépend des ingrédients qu’on y met.
    Mon amie italienne m’a raconté qu’invitée à un dîner chez des voisins allemands, elle a eu du mal à avaler une paella avec du poulpe et des saucisses…à chacun sa recette !
     
    Son los hombres los que tradicionalmente la preparan, bueno que la cuecen ya que, al igual que con las barbacoas, son “las pequeñas manos” las que cortan antes todos los ingredientes… ¿ven lo que quiero decir? Pero cuando hay muchos comensales, los domingos en familia, una comida entre amigos, es un plato completo y fácil, que agrada a todos y se adapta al bolsillo de cada cual: todo depende de los ingredientes elegidos.
    Mi amiga italiana me contó que, invitada a una cena en casa de unos vecinos alemanes, le costó tragar una paella con pulpo y salchichas… ¡a cada cual su receta!
     
    Suite à cela, je me suis demandé si vous aussi vous aviez mangé des paëllas spéciales, si on en trouvait surgelées ou fraîches en Belgique, au Canada, en Suisse ou ailleurs. Peut-être même en préparez-vous ? Racontez-moi.
     
    Después de eso me pregunté si ustedes también habían comido paellas especiales, si encontraban ese plato congelado o fresco en Noruega, Canadá, Suiza u otras partes. ¿Tal vez lo preparan ustedes mismos? Cuéntenme.
     
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  • Idylle / Idilio

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    Idylle
    À Enrique Durán
    Federico GARCÍA LORCA
     
    Tu voulais que je te dise
    le secret du printemps.
     
    Mais je garde le secret
    tout autant que le sapin.
     
    Arbre dont les mille doigts
    indiquent mille chemins.
     
    Je ne te dirai jamais, mon amour,
    pourquoi, lent, le fleuve coule.
     
    Mais je mettrai dans ma voix coupée
    le ciel cendré de ton regard.
     
    Tourne autour de moi, ma brune!
    Et prends soin de mes feuilles.
     
    Tourne encore, tourne toujours
    jouant à la noria de l’amour.
     
    Même si je le voulais, je ne peux te dire,
    hélas, le secret du printemps.
     
    (Trad:Colette)
     
     
     
     
    Idilio de Federico García Lorca

    A Enrique Durán

    Tú querías que yo te dijera

    el secreto de la primavera.
     


    Y yo soy para el secreto

    lo mismo que es el abeto.
     


    Árbol cuyos mil deditos

    señalan mil caminitos.
     


    Nunca te diré, amor mío,

    por qué corre lento el río.
     


    Pero pondré en mi voz estancada

    el cielo ceniza de tu mirada.
     


    ¡Dame vueltas, morenita!

    Ten cuidado con mis hojitas.
     


    Dame más vueltas alrededor,

    jugando a la noria del amor.
     


    ¡Ay! No puedo decirte, aunque quisiera,

    el secreto de la primavera.

  • Il y a cinq ans.../ Hace cinco años...

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    Il y a cinq ans donc, je publiais ce poème et j'y ai pensé en allant revoir la côte nord de l'île qui, à cette époque, avait brûlé. Calcinés les pins, les plantes, un spectacle désolant.
    Et cinq ans plus tard... 
    Hace cinco años pues, publicaba este poema y volví a pensar en él yendo a ver la costa norte de la isla que, en aquella época,se había quemado. Calcinados los pinos, la plantas, un espectáculo desolador.
    Y cinco años más tarde...
     
     
    2013   (clic pour agrandir)                                                    2018
                                                     
     

     

     

     
     
     

     

     

     

    Des cistes en fleur, partout

     

     

     

     
     
     
     
     (poème déjà publié il y a 5 ans mais vous l'avez peut-être oublié:-)))
     
    On dit que les plantes ne parlent pas

    Rosalía de Castro 

     

     
    On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,
    Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,
    On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,
    Ils murmurent et s'exclament:
    - Voilà la folle rêvant
    De l'éternel printemps de la vie et des champs,
    Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,
    Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.
     
     
    - Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,
    Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,
    À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint
    Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,
    Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.
     
     
    Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,
    Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?
     
    (Trad: Colette) 

    Dicen que no hablan las plantas

    Rosalía de Castro



    Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
    Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
    Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
    De mí murmuran y exclaman:
    —Ahí va la loca soñando
    Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
    Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
    Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

    —Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
    Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
    Con la eterna primavera de la vida que se apaga
    Y la perenne frescura de los campos y las almas,
    Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

    Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
    Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?
  • Cris et chants dans les oliviers / Gritos y cantos en los olivos

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    Paysage
    F. García Lorca
     
    Le champ
    d’oliviers
    s’ouvre et se ferme
    comme un éventail.
    Sur l’oliveraie
    un ciel effondré
    et une pluie sombre
    d’étoiles froides.
    Tremble le jonc et pénombre
    au bord de la rivière.
    L’air gris moutonne.
    Les oliviers sont
    chargés
    de cris.
    Un vol
    d’oiseaux captifs,
    qui remuent leurs très longues
    queues dans l’obscurité.

     (Poème de la séguidilla gitana dans "Poemas de Cante Jondo")
     

    (Trad: Colette)

    La suerte de los olivos José Luís García

    Paisaje
    F, Garcia Lorca
     
    El campo
    de olivos
    se abre y se cierra
    como un abanico.
    Sobre el olivar
    hay un cielo hundido
    y una lluvia oscura
    de luceros fríos.
    Tiembla junco y penumbra
    a la orilla del río.
    Se riza el aire gris.
    Los olivos,
    están cargados
    de gritos.
    Una bandada
    de pájaros cautivos,
    que mueven sus larguísimas
    colas en lo sombrío.
     (Poema de la seguidilla gitana en "Poemas de Cante Jondo")

    Ces derniers jours ce ne sont pas des oiseaux mais des enfants qui ont chanté dans notre vieil olivier.
    Estos últimos días no son pájaros sino niños que cantaron en nuestro viejo olivo.

    Olivo blog.png

    Photo Colette, 2018, Puipunyent, Mallorca
  • Un soubresaut de gratitude / Un sobresalto de gratitud

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     Quand nous sommes arrivés elle était recroquevillée, minuscule, dans un coin de sa chaise roulante. 

    Ensuite elle a souri.
    Février, hiver. 
     
    C’est l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a fait choisir cet extrait du roman « Pleine lune » d’Antonio Muñoz Molina, un grand roman. (si vous ne l'avez pas lu, cliquez sur le lien vous en saurez plus).
     
     
    Es el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio Muñoz Molina, una gran novela.
     
    Resultado de imagen de plenilunio muñoz molina
     
     
    « Il passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond pas fort attention, de la même façon qu’il ne s'arrêtait pas à penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bonbonne de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. »
    (Trad. Colette, je ne possède pas la version en français) 
     
     
    https://i2.wp.com/www.lechangeoirdecriture.fr/wp-content/uploads/2016/11/Pleine-Lune.png

     


     
    Pasaba solo demasiado tiempo, contaminándose despacio de postergación y vejez a la que no daba crédito y a la que en el fondo no se fijaba mucho, igual que no se paraba a considerar el tedio de los alimentos sin sal, el frío de las baldosas de su cuarto, la fealdad y el mal olor de la bombona de butano con la que se calentaba, contemporánea del jarrón azul eléctrico y de los sillones y el sofá tapizados de plástico verde. No hacía caso de su pesadumbre ni se quejaba de su soledad, pero cuando reconoció al visitante que permanecía frente a él, en la luz escasa del recibidor, callado, inhábil, aún sin decir su nombre, tuvo una efusión impúdica de jovialidad, un sobresalto de gratitud que le humedeció los ojos y le despertó las emociones más escondidas de su alma, ternura antigua y nostalgia sin motivo, remordimiento más precioso y más firme que los recuerdos ya en parte borrados que lo provocaban.”