espagne, poésie, chanson - Page 5

  • Chair et âme / Carne y alma

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    Aujourd'hui je vous propose une sélection personnelle d'extraits de divers poèmes de Julia de Burgos.
    Hoy os propongo une selección personal de extractos de diversos poemas de Julia de Burgos.



    Le mystère est-il bleu?
    Penchée en moi même je contemple ma délivrance,
    qui me ramène à la vie dans ton éclat...

    (Du poème “ Il n'y a pas d'abandon”)



    ¿Es azul el misterio?

    Asomada en mi misma contemplo mi rescate,
    que me vuelve a la vida en tu destello...

    ( Del poema: No hay abandono)

     

    Soy ola de abandono,
    derribada, tendida,
    sobre un inmenso azul de sueños y de alas.
     
    Je suis vague d'abandon,
    abattue, tendue,
    sur un immense bleu de rêves et d'ailes.
     
    DONDE COMIENZAS TÚ (extracto)

    OÙ TU COMMENCES(extrait) J. de Burgos

     

     

    Chanson nue (extrait) J. de Burgos

     

    Réveillée des caresses,
    sur mon corps je sens encore ton étreinte.
    Frémissante et légère j'avance toujours dans ton image.
    Si profond et instinctif fut mon simple appel!
     
     
    Canción desnuda (extracto)
     
    Despierta de caricias,
    aún siento por mi cuerpo corriéndome tu abrazo.
    Estremecido y tenue sigo andando en tu imagen.
    ¡Fue tan hondo de instintos mi sencillo reclamo...
     
     

     

    Minuit (extrait) J. de Burgos
     
    Un tremblement indécis de tropique
    pénètre notre alcôve. Entretemps,
    ta vie et la mienne se sont embrassées...
    et nos âmes vont s'approchant!
     
     
    Comme je sens que je suis dans ta chair
    tel un épi à l'ombre de l'astre!
    Comme je sens que j'atteins ton âme
    et que là-bas tu m'attends!
     
    Se sont unis, mon amour, se sont unis
    nos rires plus blancs que le blanc,
    et, ô miracle! dans la lumière d'une larme
    se sont embrassés tes pleurs et mes pleurs...
     
     
    Azul de noche. Carlos E. Hergueta
     

     

    Medianoche
     
    Un temblor indeciso de trópico
    nos penetra la alcoba. ¡Entre tanto,
    se han besado tu vida y mi vida...
    y las almas se van acercando!

    ¡Cómo siento que estoy en tu carne
    cual espiga a la sombra del astro!
    ¡Cómo siento que llego a tu alma
    y que allá tú me estás esperando!

    Se han unido, mi amor, se han unido
    nuestras risas más blancas que el blanco,
    y ¡oh milagro! en la luz de una lágrima
    se han besado tu llanto y mi llanto...
     

     

    (Toutes les traductions : Colette)
  • Page blanche fort colorée / Página en blanco muy colorada

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    Peut-être vous sentez-vous d'humeur vagabonde et m'accompagnerez-vous au centre de l'île, dans le village de Sineu. Cette partie de l'île s'appelle « Es pla », vous avez compris, une zone plate, dédiée à l'agriculture.
     
    Voiture, route bucolique, musique douce, du jazz - flamenco, le saxophoniste et flutiste Jorge Pardo qui vient de recevoir au Châtelet, Paris, le prix du meilleur jazzman européen.
    Voici un morceau de flûte-jazz.



    Tal vez os sentís de humor vagabundo y os apetece acompañarme al centro de la isla, en el pueblo de Sineu. Este parte de la isla se llama « Es pla », zona llana, dedicada a la agricultura.

    Coche, ruta bucólica, música suave, jazz-flamenco, el saxofonista y flautista Jorge Pardo que acaba que recibir en el Châtelet, París, el premio del mejor jazzman europeo.
     
     
     
    Déjà, c'est un peu tôt, les premières fleurs sur les amandiers ; partout des moutons, des agneaux encore malhabiles.

    Ya, aunque es un poco pronto, las primeras flores de almendro; ovejas por doquier, corderitos todavía patosos.

     

    Le mercredi est le jour du marché à Sineu, il occupe tout le centre du village, places et rues. Un marché qui date de 1306 et où les fermiers venaient acheter et vendre des animaux vivants ; il y en a moins maintenant mais on y trouve encore poules, canards, lapins, moutons, chèvres, porcs....Concentration d'enfants, excités, suppliant leurs parents de leur offrir un jeune animal, même un petit cochon leur ferait plaisir !
     
     
    Ce marché a vraiment gardé un caractère rural et artisanal, est devenu cosmopolite aussi (beaucoup d'immigrés nord-africains travaillent dans les champs). L'ambiance y est souriante, amicale. Et tout est lent, comme la vie ici ; la lenteur fait partie du caractère des insulaires et, une fois qu'on s'y habitue, elle est fort relaxante.

    El miércoles es día de mercado en Sineu, ocupa todo el centro del pueblo, plazas y calles. Un mercado que data de 1306 y donde los agricultores venían a vender y compara animales vivos ; hay menos animales ahora pero todavía se encuentran gallinas y gallos, patos, conejos, ovejas, cabras, cerdos....Concentración de niños, excitados, suplicando a sus padres el regalo de un animalito, el que sea, incluso un cerdito !
     
    Este mercado ha guardado realmente un carácter rural y artesanal, se ha vuelto cosmopolita (muchos inmigrantes norteafricanos trabajan en el campo). El ambiente es sonriente, amistoso. Y todo es lento, al igual que la vida aquí; la lentitud forma parte del carácter insular y, una vez que uno se acostumbra a ello, es muy relajante.
     
     
     
    J'achète quelques plats en terre cuite, tout mijote si bien dans ces casseroles , un foulard rouge à un africain couleur ébène qui se fait un plaisir de se le mettre autour du cou pour me le faire admirer, des bottes d'oignons à planter et je remplis mon panier de fruits et légumes ; un beau pain majorquin, sans sel ici le pain, et quelques parts de Coca de verduras ( pâte fine recouverte d'un mélange d'oignons frais émincés et de bettes/blettes coupées).

    Compro algunas fuentes de barro, la comida se hace tan bien en esas ollas, un pañuelo rojo a un africano color ébano que, con mucha gracia, se lo pone al cuello para que lo admire, unos manojos de cebollas para plantar y lleno mi cesta de fruta y verdura ; un bonito pan mallorquín, aquí el pan es sin sal, y algunos trozos de coca de verdura.
     
     
     
    Retour ; je vous laisse, comme souvent avec un étrange et délicieux poème.
    Vuelta ; os dejo, como muchas veces, con un extraño y delicioso poema.
     
     

    Page blanche   Mario Benedetti

     

    Je suis descendu au marché
     
    et j'ai rapporté
     
    tomates journaux averses
     
    endives et envies
     
    gambas croupes et amen
     
    farine monosyllabes jerez
     
    instantanés éternuements riz
     
    artichauts et cris
     
    rarissimes silences
     
     

    page blanche
     
    voilà, je te laisse tout
     
    fais-en ce que tu veux
     
    débrouille-toi
     
    ou du moins organise-toi
     
     

    moi je ferai une sieste
     
    pourvu que tu m’éveilles
     
    avec une chose originale
     
    et suggestive
     
    afin que je la signe.
     
     (Trad: Colette)

     

    Página en blanco   Mario Benedetti
     
     

    Bajé al mercado
    y traje
    tomates diarios aguaceros
    endivias y envidias
    gambas grupas y amenes
    harina monosílabos jerez
    instantáneas estornudos arroz
    alcachofas y gritos
    rarísimos silencios
     
     

    página en blanco
    aquí te dejo todo
    haz lo que quieras
    espabílate
    o por lo menos organízate
     
     

    yo me echaré una siesta
    ojalá me despiertes
    con algo original
    y sugestivo
    para que yo lo firme

  • Au fil du vent /F. García Lorca / Al filo del viento

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    Inconnu aux mille noms,
    tellement vivant,
    le vent.

    Si la poésie de Federico García Lorca est visuelle et nous emporte toujours vers des images fortes, celle du vent me semble être la plus frappante: le poète réussit à nous faire voir l'invisible.

    Dessin F.G. LorcaFederico Garcia Lorca Drawing--Death.jpg


    Voici ma traduction de:

     

    Trois histoires du vent

     

    I

     

     
    Le vent dévalait rouge
    sur le coteau allumé

    et il devint vert, vert
    du côté de la rivière.
    Après il virera au violet,
    au jaune et...
    Il sera sur les semailles
    un arc-en-ciel tendu.
     

     

    II

     

                                       Vent dormant.                                     

    En haut le soleil.
    En bas
    les algues frémissantes
    des peupliers.
    Et mon cœur
    tremblant.
     

    Vent dormant
    à cinq heures du soir
    Sans oiseaux.

     

    III

     

    La brise
    est ondulée
    comme les cheveux
    de certaines filles.
    Comme les veines
    de vieilles planches.

    La brise
    jaillit comme l'eau
    et se répand,
    comme un baume blanc,
    dans les vallons,
    et s'évanouit
    en cognant le dur
    de la montagne.

    (Trad: Colette)

     

    VIENTO- RODRIGO R.PIMENTEL.jpg

    Rodrigo R. Pimentel Viento

    Desconocido con mil nombres,
    tan vivo,
    el viento.
    Si la poesía de Lorca es visual y nos lleva siempre hacia imágenes fuertes, la del viento me parece particularmente significativa: el poeta consigue hacernos ver lo invisible.

    Tres historias de viento
    I

    El viento venía rojo
    por el collado encendido
    y se ha puesto verde, verde
    por el río.
    Luego se pondrá violeta,
    amarillo y...
    Será sobre los sembrados
    un arco iris tendido.



    II


    Viento estancado.
    Arriba el sol.
    Abajo
    las algas temblorosas
    de los álamos.
    Y mi corazón
    temblando.

    Viento estancado
    a las cinco de la tarde.
    Sin pájaros.
     
    III

    La brisa
    es ondulada
    como los cabellos
    de algunas muchachas.
    Como los marecitos
    de algunas viejas tablas.
    La brisa
    brota como el agua
    y se derrama,
    como un bálsamo blanco,
    por las cañadas,
    y se desmaya
    al chocar con lo duro
    de la montaña.

     

  • Aux îles Canaries / En las islas Canarias

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    À l'aube d'un jour blanc / En el amanecer de un día blanco

    Depuis le temps que Espaces Instants existe jamais nous n'avons débarqué sur les îles Canaries. L'année que j'y ai passée, ma première en Espagne juste après la mort de Franco, m'a laissé des souvenirs glissés dans le fond d'un tiroir, un dossier consciemment « oublié ».
    Pas par la faute des îles ni de leurs habitants, mais par celle d'un dur apprentissage de la langue, des coutumes et la découverte de ce qui pour moi s'assimilait au tiers-monde. Je n'y étais pas préparée.
    Alors trois billets vont rétablir cette injustice. À chaque fois une poétesse et un artiste.
    Desde que existe Espaces Instants nunca hemos desembarcado en las islas Canarias. El año que pasé allí, para mi el primero en España, justo después de la muerte de Franco, me dejó unos recuerdos metidos en el fondo de un cajón, un expediente conscientemente «olvidado».
    No por culpa de las islas ni de sus habitantes, sino por la de un duro aprendizaje de la lengua, de las costumbres y del descubrimiento de lo que para mí se asimilaba al tercer mundo. No estaba preparada.
    Tres entradas van a reparar esa injusticia. Cada vez una poetisa y un artista.

     

     
     
    Toi du haut du balcon... Josefina de la Torre (1907-2002)
     
    Toi du haut du balcon de ton silence
    moi dans la barque sans cap de mon mal,
    tous deux perdus sur le même chemin,
    toi qui attends ma voix et moi qui attends.
     
    Esclave toi de l'horizon inutile,
    enchaînée moi à mon passé.
    Pas une silhouette de navire dans ta pupille
    ni boussole et timon pour mes bras.

    Debout sur la haute balustrade marine
    en vain tu attendrais ma venue.
    Je devrais arriver sur l'écume
    à l'aube d'un jour blanc.
     
    Mais le haut balcon de ton silence
    oublia le signal pour mon navire.
    Et je me perdis dans le brouillard de ta rencontre
    -comme un oiseau aveugle- pour toujours.

    (Trad: Colette)

    Andrés DelgadoAndresDelgadoSintitulo7.jpg

     

    Tú en el alto balcón... Josefina de la Torre

    Tú en el alto balcón de tu silencio,
    yo en la barca sin rumbo de mi daño,
    los dos perdidos por igual camino,
    tú esperando mi voz y yo esperando.

    Esclavo tú del horizonte inútil,
    encadenada yo de mi pasado.
    Ni silueta de nave en tu pupila,
    ni brújula y timón para mis brazos.

    En pie en el alto barandal marino
    tú aguardarías mi llegada en vano.
    yo habría de llegar sobre la espuma
    en el amanecer de un día blanco.

    Pero el alto balcón de tu silencio
    olvidó la señal para mi barco.
    Y me perdí en la niebla de tu encuentro
    –como un pájaro ciego– por los años.


     
  • Une chanson de mes étés / María Dolores Pradera / Una canción de mis veranos

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    L'été c'était Bautista et ses chansons, toujours les mêmes, il les connaissait par cœur. Il chantait bien et ses plus de quatre-vingt ans n'avaient pas altéré sa voix.
    La chanson espagnole de toujours, des airs dansants, et soudain, ¡hop ! il faisait un petit pas de côté.
    En boucle passaient “Los Panchos” que je n'appréciais que très modérément, et la merveilleuse María Dolores Pradera, une grande dame de la chanson espagnole. C'est sur l'une de ses chansons, sublime,  écrite par Mario Cavagnaro dans les années '60, « Le chapelet de ma mère » que nos vues divergeaient.
    Histoire d'une femme abandonnée/trompée par son mari qui fait preuve d'une fierté peu commune. Je vous laisse d'abord l'écouter en suivant, si vous voulez, la traduction.

    El verano era Bautista y sus canciones, siempre las mismas, se las sabía de memoria. Cantaba bien y sus más de ochenta años no habían alterado su voz.
    La canción española de siempre, aires para bailar y de repente, ¡hop! daba un pasito de lado.
    Enlazaba sin pausa “Los Panchos”, que me gustaban muy moderadamente con la maravillosa María Dolores Pradera. Es sobre una de sus sublime canciones, “El rosario de mi madre”, escrita en los años '60 por Mario Cavagnaro, donde nuestros puntos de vista divergían. Historia de una mujer abandonada/ engañada por su marido que demuestra una dignidad poco común.
    Primero os dejo escucharla.







    El rosario de mi madre / Le chapelet de ma mère

    Aunque no creas tú
    Como que me oye Dios
    Esta será la última cita de los dos
    Comprenderás que es por demás
    Que te empeñes en fingir
    Même si tu le crois pas
    Dieu m'est témoin
    Ce sera notre dernière rencontre
    Tu comprendras qu'il est inutile
    Que tu t'obstines à feindre

    Porque el dolor de un mal amor
    No es como para morir
    Pero desecha ya
    Mi más bella ilusión
    A nadie ya en el mundo
    Daré mi corazón
    Car la douleur d'un mauvais amour
    N'est pas mortelle
    Mais détruit
    Ma plus belle illusion
    À personne au monde
    Je ne donnerai plus mon coeur

    Devuélveme mi amor
    Para matarlo
    Devuélveme el cariño que te di
    Tú no eres quien merece conservarlo
    Tú ya no vales nada para mí
    Rends-moi mon amour
    Pour le tuer
    Rends-moi l'affection donnée
    Ce n'est pas toi qui mérites de la conserver
    Tu ne vaux plus rien pour moi.

    Devuélveme el rosario de mi madre
    Y quédate con todo lo demás
    Lo tuyo te lo envío cualquier tarde
    No quiero que me veas nunca más
    Rends-moi le chapelet de ma mère
    Et garde tout le reste
    Tes biens, je te les renvoie un de ces jours
    Je veux que tu ne me voies jamais plus.

    .(Répétitions)
    (Trad: Colette)

    rosario+en+palo+de+rosa.jpg


    « Rends-moi mon amour pour le tuer » , n'imagine-t-on pas ce vers déclamé avec emphase dans une grande tragédie classique ?

    Mais c'est arrivée à ce couplet que je partais immanquablement d'un grand fou rire.
    « Rends-moi le chapelet de ma mère et garde tout le reste ». Quelle dignité ! Tragiquement parfait.
    Autres temps, autres mœurs.
    Le coté tragique des chansons - j'imagine que chacun de vous, en votre langue, pense à l'une ou l'autre- devient-il souvent comique avec le temps ?

    Devuélveme mi amor para matarlo” ¿No nos imaginamos este verso declamado con énfasis en una tragedia clásica?

    Y con el siguiente verso, siempre me entraba una carcajada.
    Devuélveme el rosario de mi madre y quédate con todo lo demás.” ¡Qué dignidad! Trágicamente perfecto. Otros tiempos, otras costumbres.

    El lado trágico de las canciones -me imagino que cada uno, en su idioma, piensa en algunas - ¿se vuelve a menudo cómico con el tiempo?

  • Sans vent / Sin viento

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    Ce matin à l'aube, et cela va durer quelques mois, régnait un calme plat, le vent sommeillait encore...

    Le mot « Calme » date du XVº et signifiait cessation de vent ; il ne prendra le sens d'absence d'agitation ou tranquillité que vers 1670.

    Du grec ancien χαῦμα, khaûma « forte chaleur » par l’intermédiaire de calma dans une langue ibérique (castillan, catalan, aragonais) où, dans le langage des marins, on associa cette chaleur suffocante à l'absence de vent. .

    C'est l'absence de vent, celle qui contrarie les navigateurs à voile mais apaise les esprits qui va faire l'objet de deux billets. Commençons en poésie, nous poursuivrons par le surnom de Mallorca, «  la isla de la calma ».

    islas.jpg


    Esta mañana, al alba, y durará unos meses, reinaba una calma chica, aún reposaba el viento...
    La palabra Calma:

    Lo interesante comienza con las sorpresas que encierra la palabra calma.
    De la voz griega karma surgió la palabra latina cauma, ambas con el significado de ‘calor sofocante’.
    En el naciente castellano se dijo calma, y en el argot de los marineros, la palabra se asoció con la ausencia de viento, que hacía sentir un calor abrasador.
    Entonces, se empezó a hablar de «la mar en calma», cuando la naturaleza no cedía el viento indispensable para navegar.”
    (fuente:
    http://www.illac.com.mx/profiles/blogs/2062895:BlogPost:375.)

    Es la ausencia de viento, la que contraria a los navegadores a vela pero tranquiliza la mente que será el objeto de dos entradas. Empecemos con un poema, proseguiremos por el apodo de Mallorca, isla de la calma.

    barco.jpg




    Calme

    José María Hinojosa


    À Luís Buñuel

    Où finit la mer?

    Où commence le ciel?

    Les bateaux s'en vont flottant

    ou prennent leur envol?

    L'horizon s'est perdu

    dans le jeu mimétique

    du ciel et des eaux.

    Le mouvement s'est fondu,

    en une seule couleur

    bleu, le bleu calme.

    Le couleurs se fondent;

    le mouvement s'éteint.

    Ne reste qu'une seule couleur;

    aucun vent.

    Où finit la mer?

    Où commence le ciel?

    Trad: Colette


    IMG_0905.JPG


    Calma


    José María Hinojosa

    A Luis Buñuel


    ¿Dónde se acaba el mar?

    ¿Dónde comienza el cielo?

    ¿Los barcos van flotando

    o remontan el vuelo?

    Se perdió el horizonte,

    en el juego mimético

    del cielo y de las aguas.

    Se fundió el movimiento,

    en un solo color

    azul, el azul quieto.

    Se funden los colores;

    se apaga el movimiento.

    Un solo color queda;

    no existe barlovento.

    ¿Dónde se acaba el mar?

    ¿Dónde comienza el cielo?

  • Herbiers de F. Garcia Lorca / Herbarios, Lorca

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    En 2011 pas moins de cinq billets, tous fort différents, ont été consacrés ici au maestro García Lorca.

    Vous avez ainsi pu lire un texte en prose où il nous parle de son enfance, de la nature, pleurer avec les lézards qui ont perdu leur anneau de mariage, vous immerger dans ses poèmes «Nocturnes», humer la brume d'automne et les rêves perdus et finalement, il y a peu, cette Romance de la Peine Noire, vous vous en souvenez? (Clic sur les mots si l'envie vous prend de les relire)

    En 2011 no menos de cinco notas, muy diferentes, han sido dedicadas aquí al maestro García Lorca.

    Así habéis podido leer un texto en prosa donde nos habla de su infancia, de la naturaleza, llorar con los lagartos que han perdido su anillo de boda, hundiros en sus poemas «Nocturnos», oler la bruma de otoño y los sueños perdidos y finalmente, hace poco, ese Romance de la Pena Negra, ¿os acordaís?

     

    Aujourd'hui, dans une catégorie par lui appelée Herbiers, ces textes un peu mystérieux et pleins d'imagination; herbiers des rêves, des bruits...

    Hoy, en una categoría por él llamada Herbarios, estos textos un poco misteriosos y llenos de imaginación: herbarios de los sueños, de los ruidos...

     

    lll

     

    En grand secret, un ami

    me montre l'herbier des bruits.

     

    (Chut...silence!

    La nuit pend du ciel!)

     

    À la lumière d'un port perdu

    arrivent les échos de tous les siècles.

     

    (Chut...silence!

    La nuit oscille dans le vent!)

     

    (Chut...silence!

    De vieilles colères s'enroulent à mes doigts.

     

    1927 (Trad: Colette)

     

    puesta de sol malgrats 021.jpg

    lll


    En mucho secreto, un amigo

    me enseña el herbario de los ruidos.


    (¡Chist...silencio!

    ¡La noche cuelga del cielo!)


    A la luz de un puerto perdido

    vienen los ecos de todos los siglos.


    (¡Chist...silencio!

    ¡La noche oscila en el viento!)


    (¡Chist...silencio !

    Viejas iras se enroscan en mis dedos.


    1927

     

    ÉCOLE

     

    Maitre

     

    Quelle jeune fille se marie

    avec le vent?

     

    Enfantdanzarina despeinada J gonzalez.jpg

     

    La jeune fille de tous

    les désirs

     

    Maitre

    Que lui offre

    le vent?

     

    Enfant

    Tourbillons d'or

    et cartes superposées.

    Maitre

     

    Elle lui offre quelque chose?

     

    Enfant

     

    Son cœur ouvert.

     

    Maitre

     

    Dites comment elle s'appelle.

     

    Enfant

     

    Son nom est un secret.

     

    (la fenêtre de l'école a un rideau d'étoiles brillantes)

     

     

    1927 (Trad: Colette)

     

    ESCUELA


    Maestro


    ¿Qué doncella se casa

    con el viento?


    Niño


    La doncella de todos

    los deseos.


    Maestro


    ¿Qué le regala

    el viento?


    Niño


    Remolinos de oro

    y mapas superpestos.


    Maestro


    Ella ¿le ofrece algo?


    Niño


    Su corazón abierto.


    Maestro


    Decid cómo se llama.


    Niño


    Su nombre es un secreto.


    (La ventana del colegio tiene una cortina de luceros.)

    Photo: Colette

    Sculpture: Julio González, danzarina despeinada

     

     

     

  • Croquer un soupir / Dibujar un suspiro

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    A part les doux appels de la pluie, tout était silencieux: elle lisait, le chien, couché sur le canapé interdit, dormait, paisible.

    Soudain un long soupir.

    Qui?

    Excepto las dulces llamadas de la lluvia, todo estaba en silencio: ella leía, el perro, tumbado en el sofá prohibido, dormía, apacible.

    De repente un largo suspiro.

    ¿Quién?

     

     

    Oubliant l’obligation de passer inaperçu et pouvoir ainsi prolonger son confortable somme, ce souffle lui avait échappé.

    Bien-être ? Ennui ?

    Elle écarta, peut-être à tort, l’idée d’un mal d’amour ou de mélancolie.

    Olvidándose de la obligación de pasar desapercibido y poder así prolongar su confortable sueño, ese soplo le había escapado.

    ¿Bienestar? ¿Aburrimiento?

    Descartó, tal vez sin razón, la idea de un mal de amores o de melancolía.

     

    Musique de la pluie ; notes, silences, soupirs.

    Música de la lluvia; notas, silencios, suspiros.

    Le soupir entendu semblait plutôt léger….El suspiro parecía mas bien ligero….

    CLARA MONTES - A PIÉ VAN MIS SUSPIROS poème d’Antonio Gala

     

    À pied vont mes soupirs

    chemin de mon bien


     Avant qu’ils n’arrivent

    J’arriverai.


     Tiens la porte ouverte

    et ouverte l’âme aussi.


     Avant qu’ils n’arrivent

    J’arriverai.


     Mon cœur avec des ailes

    Mes soupirs à pied…

    Mes soupirs

    Mes soupirs à pied. (...)


    Tant de soupirs, exaspérés ou satisfaits. Quand, pourquoi soupirons-nous ? Y faisons-nous attention, parfois ?

    Tantos suspiros, exasperados o satisfechos. ¿Cuándo, por qué suspiramos? ¿A veces les prestamos atención a esos suspiros?

    Plongée dans mes réflexions j’en oubliais presque de vous donner ma  recette de biscuits secs de Manacor, village de Rafael Nadal, appelés Suspiros, un délice.

    Ingrédients:

    Farine

    150gr de sucre blanc ou brun

    le zeste d’un citron râpé

    1 cuillère à soupe de cannelle en poudre

    1 pincée de bicarbonate

    1 œuf.

     

    Allumer le four (180º)

    Battre l’œuf entier avec le sucre, le zeste râpé, le bicarbonate et la cannelle jusqu’à ce que l’ensemble soit crémeux. Y ajouter peu à peu la farine jusqu’à obtenir une pâte bien ferme.

    Avec une cuillère à café, mettre sur la plaque du four beurrée des lignes (moi je fais des petites boules) de pâte.

    Au four 10-15 minutes. Attention, ils brûlent facilement !)

     

  • García Lorca, La peine noire / Romance de la pena negra

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    Federico García Lorca, j’y reviens encore et encore...

    Aujourd’hui ce poème qui réunit ses thèmes de prédilection : les gitans,  les chevaux, la nature, la mer, la tristesse…

     

    Siempre vuelvo a Federico García Lorca.

    Hoy este poema que reúne sus temas de predilección: los gitanos, los caballos, la naturaleza, el mar, la tristeza…

     

     

     

    Romance de la peine noire

     

    Les coups de bec des coqs
    creusent, cherchent l’aurore,
    quand de la colline sombre
    descend Soledad Montoya.
    De cuivre jaune, sa chair
    sent le cheval et l’ombre.
    Ses seins, noires enclumes,
    gémissent des chansons rondes.

    Soledad: Qui cherches-tu
    seule et à cette heure?
    Je cherche qui je veux,

    dis-moi, si cela t’importe?
    Je chercher ce que je cherche,
    ma joie et ma personne.
    Soledad de mes chagrins,
    cheval qui s’emballe,
    finit par trouver la mer
    et les vagues le dévorent.
    Ne me rappelle pas la mer
    car la peine noire pousse
    au pays des olives
    sous la rumeur des feuilles.
    Soledad, comme tu es triste !
    Quelle peine désolante !
    Tu pleures du jus de citron
    si aigre à l’attente et à la bouche.
    Que ma peine est grande ! Je traverse
    ma maison comme une folle

    traînant mes nattes,

    de la cuisine à l’alcôve.

    Quelle tristesse ! Ma chair

    et mon linge deviennent noir jais.
    Aïe ! Mes chemises de fil !
    Aïe ! Mes cuisses de pavot !
    Dans la source aux alouettes
    Soledad lave ton corps
    et laisse ton cœur
    en paix, Soledad Montoya.

    ****

    Tout en bas chante le fleuve:
    volant de ciel et de feuilles.
    De fleurs de citrouille,
    l’aube se couronne.
    Oh ! Peine des gitans !
    Peine pure et toujours seule.
    Oh ! Peine de source occulte
    et d’aurore lointaine !

    (traduction CM/ MAH)

     

     

    Voici une version chantée, flamenco ; émotions.

     

     

     

     

    Romance de la pena negra

     

    Las piquetas de los gallos
    cavan buscando la aurora,
    cuando por el monte oscuro
    baja Soledad Montoya.
    Cobre amarillo, su carne,
    huele a caballo y a sombra.
    Yunques ahumados sus pechos,
    gimen canciones redondas.
    Soledad, ¿por quién preguntas
    sin compaña y a estas horas?
    Pregunte por quien pregunte,
    dime: ¿a ti qué se te importa?
    Vengo a buscar lo que busco,
    mi alegría y mi persona.
    Soledad de mis pesares,
    caballo que se desboca,
    al fin encuentra la mar
    y se lo tragan las olas.
    No me recuerdes el mar,
    que la pena negra, brota
    en las tierras de aceituna
    bajo el rumor de las hojas.
    ¡Soledad, qué pena tienes!
    ¡Qué pena tan lastimosa!
    Lloras zumo de limón
    agrio de espera y de boca.
    ¡Qué pena tan grande! Corro
    mi casa como una loca,
    mis dos trenzas por el suelo,
    de la cocina a la alcoba.
    ¡Qué pena! Me estoy poniendo
    de azabache carne y ropa.
    ¡Ay, mis camisas de hilo!
    ¡Ay, mis muslos de amapola!
    Soledad: lava tu cuerpo
    con agua de las alondras,
    y deja tu corazón
    en paz, Soledad Montoya.
    ***
    Por abajo canta el río:
    volante de cielo y hojas.
    Con flores de calabaza,
    la nueva luz se corona.
    ¡Oh pena de los gitanos!
    Pena limpia y siempre sola.
    ¡Oh pena de cauce oculto
    y madrugada remota!

     

     

  • La musique de Platero / La música de Platero

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    platero_dibujo2jpg.jpgIl est bien possible que le nom de Juan Ramón Jiménez ne vous dise pas grand-chose, mais il serait étonnant que vous n’ayez jamais entendu parler de Platero, son âne. Enfin son complice d’un livre, son ami, son confident.

    Es posible que el nombre de Juan Ramón Jiménez no le suene mucho, pero sería extraño que nunca hubiera oido hablar de Platero, su burro. Más bien su cómplice el tiempo de un libro, su amigo, su confidente.

     

    “Platero es pequeño, peludo, suave; tan blando por fuera, que se diría todo de algodón, que no lleva huesos. Sólo los espejos de azabache de sus ojos son duros cual dos escarabajos de cristal negro.

    Es tierno y mimoso igual que un niño, que una niña ... pero fuerte y seco como de piedra. Cuando paso sobre él los domingos, por las últimas callejas del pueblo, los hombres del campo, vestidos de limpio y despaciosos, se quedan mirándolo:

    --Tiene acero...

    -Tiene acero. Acero y plata de luna, al mismo tiempo.”

     

    « Platero est petit, doux, velu, si moelleux d'aspect qu'on le dirait tout en coton, sans ossature. Seuls les miroirs de jais de ses yeux sont durs comme deux escarboucles de cristal noir.

     Il est tendre et caressant comme un enfant, comme une petite fille... ; mais il est dur et sec, intérieurement, comme une pierre. Lorsque nous traversons, le dimanche, les dernières ruelles du village, les campagnards, lents et coquets, s'arrêtent pour le regarder :
    - On dirait de l'acier...
    De l'acier, mais oui. De l'acier mêlé d'un argent de lune. » Platero y yo (Juan Ramon  Jiménez) Traduction de Claude Couffon 

     

    Juan R. Jiménez n’a pas eu d’enfant mais il les estimait grandement. Il disait qu’il n’avait jamais rien écrit spécialement pour eux car il pensait que l’enfant peut découvrir la beauté littéraire dans les mêmes livres que les adultes. Et il est vrai que les enfants lisent « Platero et moi » avec autant de plaisir que les adultes. Il traitait les enfants comme des adultes, il ne descendait pas à leur niveau, il les élevait au sien.

    Juan R. Jiménez no tuvo hijos pero sentía un aprecio grande por los niños. Decía que nunca había escrito nada especialmente para ellos porque pensaba que el niño puede descubrir la belleza literaria en los mismos libros que los adultos. Y es verdad que los niños leen “Platero y yo” con el mismo placer que los adultos. Trataba a los niños como adultos, “no descendía él a su nivel, sino que los elevaba a ellos al suyo”

    (http://w.w.w.aureoherrero.org/cincuentenariojanramon.)

    Dessin réalisé par Ronce à qui sa grand-mère avait lu Platero. Merci!Platero Noée Ronce.JPG

    De ce récit poétique composé de 138 courts chapitres, certains ont été mis en musique par Mario Castelnuovo-Tedesco.

    De este relato poético compuesto de 138 capítulos cortos, algunos han sido puestos en música por Mario Castelnuevo-Tedesco.

     

     Je vous propose le morceau correspondant au chapitre   C X X X V - MELANCOLÍA 

    Voici les paroles récitées par la jeune femme.

     

    Esta tarde he ido con los niños a visitar la sepultura de Platero, que está en el huerto de la Piña, al pie del pino redondo y paternal. En torno, abril había adornado la tierra húmeda de grandes lirios amarillos. Cantaban los chamarices allá arriba, en la cúpula verde, toda pintada de cenit azul, y su trino menudo, florido y reidor, se iba en el aire de oro de la tarde tibia, como un claro sueño de amor nuevo. Los niños, así que iban llegando, dejaban de gritar. Quietos y serios, sus ojos brillantes en mis ojos me llenaban de preguntas ansiosas. —¡Platero, amigo!—le dije yo a la tierra—; si, como pienso, estás ahora en un prado del cielo y llevas sobre tu lomo peludo a los ángeles adolescentes, ¿me habrás, quizá, olvidado? Platero, dime: ¿te acuerdas aún de mí? , Y, cual contestando a mi pregunta, una leve mariposa blanca, que antes no había visto, revolaba insistentemente, igual que un alma, de lirio en lirio...

     

    Vous pouvez trouver le texte complet en espagnol, fort joliment présenté ici :

    Aquí el texto completo, agradablemente ilustrado.

     

     

    Un beau cadeau à faire (et à vous offrir pour voyager gaiement en Andalousie !!) avec la version audio, ici par exemple :

      

     

     

    Je termine ici la première partie. La seconde sera dédiée à « L’affaire Platero » qui eut lieu entre, d’un côté Luís Buñuel et Salvador Dali et de l’autre J.R. Jiménez qui ne comprit jamais le pourquoi de l’affaire…

    Termino aquí la primera parte. La segunda será dedicada al “asunto Platero” que tuvo lugar entre, por una parte Luís Buñuel y Salvador Dali, y por otra J.R. Jiménez que no entendió nunca el por qué del asunto…

  • Jouait mon âme.../ Jugaba mi alma...

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    Orages, coupures de courant, pluies.

    Cabrioles d’escargots, absence des libellules acrobates.

     

    Alors, simplement deux nocturnes, merveilleux, de F. García Lorca cette semaine.

     

    Tormentas, cortes de luz, lluvias.

    Cabriolas de caracoles, ausencia de las libélulas acróbatas.

     

    Entonces, simplemente dos nocturnos, maravillosos, de F. García Lorca  esta semana.

     

    Un brazo de la noche

    entra por mi ventana.

     

    Un gran brazo moreno

    con pulseras de agua.

     

    Sobre un cristal azul

    jugaba al río mi alma.

     

    Los instantes heridos

    por el reloj…pasaban.

     

     

     femme pluie.jpg

     

    Un  bras de la nuit

    entre par ma fenêtre.

     

    Un grand bras brun

    avec des bracelets d’eau.

     

    Sur une vitre bleue

    jouait mon âme à être fleuve.

     

    Les instants blessés

    par l’horloge…passaient. (Trad. Colette)

     

     

     

     

     

    Asomo la cabeza

    por mi ventana, y veo

    cómo quiere cortarla

    la cuchilla del viento.

     

    En esta guillotina

    invisible, yo he puesto

    la cabeza sin ojos

    de todos mis deseos.

     

    Y un olor de limón

    llenó el instante inmenso,

    mientras se convertía

    en flor de gasa el viento.

     

     fenetre_pluie.JPG

     

    Je passe la tête

    par ma fenêtre, et je vois

    comment veut la couper

    la lame du vent.

     

    Sur cette guillotine

    invisible, j’ai mis

    la tête sans yeux

    de tous mes désirs

     

    Et une odeur de citron

    emplit l’instant immense,

    tandis que se transformait

    en fleur de gaze le vent.

     (Trad Colette)

     

    Photo 1: http://vietnamblog.danthony.org/?2008/07/24/154-fenetre-sur-la-pluie

    Photo 2: http://bouh.wordpress.com/tag/femme/

     

     

  • D'île en île, le vent / De isla en isla, el viento

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    Hiromi2 2008.jpgLe vent s’amuse-t-il à voyager d’île en île emportant avec lui espérances et tristesses ?

     

    Hiromi le croit.

    Hiromi et sa famille qui vivent sur mon île depuis longtemps, qui ont la tête sous les décombres de la leur.

     

    Hiromi me raconte, elle peint beaucoup pour l’instant.

    Elle me parle de Haïti aussi.

    Iles, îles.

     

     

    Hiromi 2008.jpg

    ¿Se divierte el viento al viajar de isla en isla llevando consigo esperanzas y tristezas?

     

    Lo cree Hiromi.

    Hiromi y su familia que viven en mi isla desde hace tiempo, que tienen la cabeza bajo los escombros de la suya.

     

    Hiromi me cuenta, pinta mucho en estos momentos.

    También me habla de Haití.

    Islas, islas.

     

     

     

     

     

     

    Une chanson de Laura López Castro, les paroles en espagnol ici. La musique est belle aussi, écoutez.

     

     

     

    Mon corps au vent  Laura López Castro

    Trad. Colette

     

    Arrive la nuit et par ma fenêtre

    Entre un vent qui m’apporte tristesse

    Noire ombre

    Qui se couche lentement sur moi

    Battements qui semblent accrus

    Par l’obscurité

     

    Mes yeux clos surveillent l’intérieur

    Essayent de calmer le battement

    J’essaye d’échapper à cette triste réalité

    Que le sommeil me mène ailleurs

     

    J’offre mon sommeil au vent

    J’offre mon sommeil à la mer

    Je voyage avec l’espoir

    A la recherche de la vérité

     

    J’offre mon temps au vent

    J’offre mon âme à la mer

    Je voyage avec l’espoir

    A la recherche de la vérité

     

    Arrive la nuit et par ma fenêtre

    Entre un vent qui m’apporte tristesse

    J’offre mon temps au vent

    J’offre mon sommeil à la mer

    Voyageant avec l’espoir

    A la recherche de la vérité

     

    …..

    (Répétitions)

     

    Bonne nuit ma vérité (bis)

     

     

  • Larmes de lézards / Lágrimas de lagartos

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    el largarto y la lagarta.jpg

     

     

    C’est une chanson, un poème pour enfants écrit par Garcia Lorca.

    Pour ceux d’entre vous qui apprenez ou consolidez votre espagnol, pas de problème, niveau facile, ne regardez pas plus bas.

    Et interprétez l’histoire comme bon vous semblera….

     

     

     

    A Mademoiselle Teresita Guillén...tocando su piano de seis notas.

    El lagarto está llorando
    (Federico García Lorca)


    El lagarto está llorando.
    La lagarta está llorando.

    El lagarto y la lagarta
    con delantaritos blancos.

    Han perdido sin querer
    su anillo de desposados.

    ¡Ay, su anillito de plomo,
    ay, su anillito plomado!

    Un cielo grande y sin gente
    monta en su globo a los pájaros.

    El sol, capitán redondo,
    lleva un chaleco de raso.

    ¡Miradlos qué viejos son!
    ¡Qué viejos son los lagartos!

    ¡Ay cómo lloran y lloran.
    ¡ay! ¡ay!, cómo están llorando!
    À Mademoiselle Teresita Guillèn
    qui joue sur son piano à six notes

    Le lézard est tout en larmes…

    Le lézard est tout en larmes
    La lézarde est tout en larmes.

    Le lézard et la lézarde
    en petits tabliers blancs.

    Ils ont perdu par mégarde
    leur anneau de mariage.

    Aïe, leur anneau de plomb
    aïe leur joli anneau  plombé!

    Un grand ciel solitaire
    embarque à son bord les oiseaux.

    Le soleil, gros capitaine,
    porte un gilet de satin.

    Regardez comme ils sont vieux!
    Comme ils sont vieux, les lézards!

    Aïe comme ils pleurent, et pleurent!
    aïe, aïe, comme ils pleurent!

    Federico GARCIA LORCA Chansons pour enfants, trad. Colette

     

     

     

    Voici la superbe adaptation musicale et vocale de Paco Ibañez.

     

                                      

  • Un berceuse de Lorca / Una canción de cuna de Lorca

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    JUAN CARDONA Llados Mi espacio Flamenco.jpg
    Joan Cardona Llados 1877-1957 (soliloquiosflamencos.blogspot.com)

    García Lorca avait observé que, contrairement aux berceuses européennes qui sont douces et tendres, les « chansons de berceau »  espagnoles, du nord au sud (excepté au Pays Basque) étaient tristes :

    Gracía Lorca había observado que, al contrario que las nanas europeas que son dulces y tiernas, las canciones de cuna españolas, del norte al sur (excepto en el País Vasco), eran tristes:

    “Il y a quelques années, me promenant dans les alentours de Granada, j’entendis chanter une femme du village qui endormait son enfant. J’avais toujours remarqué la tristesse aiguë des berceuses de notre pays ; mais jamais je n’avais ressenti cette vérité si concrète comme ce jour-là. En m’approchant de la chanteuse pour noter la chanson j’ai observé que c’était un belle andalouse, gaie et sans le moindre tic de mélancolie ; mais une tradition vive travaillait en elle et elle exécutait fidèlement l’ordre, comme si elle écoutait les vieilles voix impérieuses qui glissaient dans son sang. Depuis lors j’ai essayé de recueillir des berceuses de partout en Espagne ; j’ai voulu savoir comment les femmes de mon pays endormaient leurs enfants, et après un temps j’ai eu l’impression que l’Espagne emploie ses mélodies pour imprégner le premier sommeil de ses enfants. »

    "Hace unos años, paseando por las inmediaciones de Granada, oí cantar a una mujer del pueblo mientras dormía a su niño. Siempre había notado la aguda tristeza de las canciones de cuna de nuestro país; pero nunca como entonces sentí esta verdad tan concreta. Al acercarme a la cantora para anotar la canción observé que era una andaluza guapa, alegre sin el menor tic de melancolía; pero una tradición viva obraba en ella y ejecutaba el mandado fielmente, como si escuchara las viejas voces imperiosas que patinaban por su sangre. Desde entonces he procurado recoger canciones de cuna de todos los sitios de España; quise saber de qué modo dormían a sus hijos las mujeres de mi país, y al cabo de un tiempo recibí la impresión de que España usa sus melodías para teñir el primer sueño de sus niños"

    Federico García Lorca -Conferencias
    Las nanas infantiles 1930.

     

     

    Avec Lorca au piano! En voici les paroles. "Galapaguito" que j'ai traduit par "petite tortue" est
    ici, un terme affectueux.

    Berceuse de Séville (F.G. Lorca)

    Cette petite tortue
    n’a pas de mère ;
    l’a enfanté un gitane,
    l’a jeté à la rue.
    N’a pas de mère, oui,
    n’a pas de mère, non ;
    n’a pas de mère,
    l’a jeté à la rue.

    Ce petit enfant
    n’a pas de berceau ;
    son père est menuisier
    et lui en fera un.

    Nana de Sevilla (F.G. Lorca)

    Este galapaguito
    no tiene mare;

    lo parió una gitana,

    lo echó a la calle.

    No tiene mare, sí,

    no tiene mare, no;

    no tiene mare,
    lo echó a la calle.


    Este niño chiquito

    no tiene cuna;

    su padre es carpintero
    y le hará una.

  • La cigale et la fourmi /La cigarra y la hormiga

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    Aucun doute, vous connaissez cette fable de La Fontaine inspirée d’Esope, mais la version de Samaniego (1745-1801), l’aviez-vous déjà lue ? En voici la traduction, vous pourrez constater…qu’il y a vraiment peu de différences.

    Conocen sin duda la fábula de Samaniego, casi copiada de J. de La Fontaine que, a su vez, se inspiró mucho de Esopo.

     

    La Cigale et la Fourmi (Samaniego)

     

    La Cigale passa

    tout l’été à chanter,

    sans faire de provisions

    là, pour l’hiver ;

    les froids l’obligèrent

    à garder le silence

    et à s’abriter

    en son étroite demeure.cigarra hormiga.jpg

    Se voyant dépourvue

    d’aliments nécessaires ;

    sans mouches, ni vers,

    sans blé et sans orge.

    La Fourmi vivait

    là, juste à côté,

    et avec mille expressions

    d’attention et de respect

    elle lui dit : « Dame Fourmi,

    comme dans votre grenier

    vous avez trop de provisions

    pour vous alimenter,

    prêtez quelque chose

    pour que vive cet hiver

    cette pauvre Cigale,

    qui, joyeuse en d’autres temps,

    ne connût jamais le mal,

    ne sût jamais le craindre.

    N’hésitez pas à me prêter

    fidèlement je promets

    sur le nom que je porte

    vous payer avec intérêts ».

    La Fourmi cupide

    répondit prestement

    cachant derrière son dos

    les clés du grenier :

    « Moi, prêter ce que je gagne

    avec un immense travail !

    Dis-moi donc, paresseuse,

    qu’as-tu fait par beau temps ? »

    « Moi, dit la Cigale,

    à tout passant

    je chantais allègrement

    sans cesser ni un moment ».

    « Ho là ! ainsi tu chantais

    tandis que je travaillais !

    Et bien maintenant que je mange

    Danse, à ton corps défendant » (Trad. Colo)

     

    La cigarra y la hormiga

    de Félix María Samaniego

     

    Cantando la Cigarra
    pasó el verano entero,
    sin hacer provisiones
    allá para el invierno;
    los fríos la obligaron
    a guardar el silencio
    y a acogerse al abrigo
    de su estrecho aposento.
    Viose desproveída
    del preciso sustento:
    sin mosca, sin gusano,
    sin trigo y sin centeno.
    Habitaba la Hormigala-cigale-et-la-fourmi.jpg
    allí tabique en medio,
    y con mil expresiones
    de atención y respeto
    le dijo: "Doña Hormiga,
    pues que en vuestro granero
    sobran las provisiones
    para vuestro alimento,
    prestad alguna cosa
    con que viva este invierno
    esta triste Cigarra,
    que, alegre en otro tiempo,
    nunca conoció el daño,
    nunca supo temerlo.
    No dudéis en prestarme,
    que fielmente prometo
    pagaros con ganancias,
    por el nombre que tengo"
    La codiciosa Hormiga
    respondió con denuedo,
    ocultando a la espalda
    las llaves del granero:
    "¡Yo prestar lo que gano
    con un trabajo inmenso!
    Dime, pues, holgazana,
    ¿qué has hecho en el buen tiempo?"
    "Yo, dijo la Cigarra,
    a todo pasajero
    cantaba alegremente,
    sin cesar ni un momento"
    "¡Hola! ¿con que cantabas
    cuando yo andaba al remo?
    Pues ahora, que yo como,
    baila, pese a tu cuerpo"

     

    Ce conte moral a-t-il encore un sens en 2010 ? Si on est né cigale, peut-on devenir fourmi ? Qui sont les fourmis aujourd’hui… ?

    De là la magnifique colère de Javier Bardem dans le film « Les lundis au soleil ». Lui, comme tant d’autres,est sans travail suite à la fermeture d’usines sidérurgiques dans le nord de l’Espagne…chômage, galère.

    ¿Tiene este cuento moral algún sentido en 2010? ¿Si se nace cigarra, es posible hacerse hormiga? ¿Quiénes son las hormigas hoy en día?

    De allí la magnífica cólera de Javier Bardem en la película “Los lunes al sol”. Él, como otros tantos, está sin trabajo después del cierre de las fábricas  siderúrgicas en el norte de España…paro, infierno.

    Regardez la vidéo!

    http://www.youtube.com/watch?v=1uJ17NHnbZI

     

    Voici la traduction du texte de la vidéo.

    Voyons, voyons.

    « Il y avait une fois un pays où vivaient une cigale et une fourmi. La fourmi était travailleuse et la cigale non ; elle aimait chanter et dormir pendant que la fourmi réalisait se travaux.

    La temps passa et la fourmi travailla et travailla tout l’été, épargna autant qu’elle put et quand l’hiver arriva la cigale mourait de faim et de froid tandis que la fourmi avait de tout. »

    -Quelle fille de p…..la fourmi.

    « La cigale frappa à la porte de la fourmi qui lui dit : « petite cigale, si tu avais travaillé comme moi, tu n’aurais ni faim ni froid » et elle ne lui ouvrit pas la porte. »

    -Qui a écrit ça ? C’est pas comme ça, c’est pas comme ça ! Cette fourni est une grande fille de p….et une spéculatrice.

    De plus ils ne disent pas ici pourquoi certains naissent cigales et d’autres fourmis. Parce que si tu nais cigale, t’es foutu. Et ici ils ne le disent pas, ils ne le disent pas !

    (Trad. Colo)