espagne, poésie, chanson - Page 4

  • Bribes estivales / Fragmentos veraniegos

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    Foto Colette / Golondrinas - Hirondelles  Mallorca 2015

     

    Balade quotidienne à 7h du matin, avant que le soleil ne rende le plaisir vivre par trop chaleureux.
    Paseo cotidiano a las 7h de la mañana, antes que el sol convierta el placer de vivir demasiado caluroso.
     
    Trois femmes et un chien noir, groupe d'âges disparates. Nous rencontrons pas mal de gens qui profitent de la relative fraîcheur du matin. Marche lente dans la campagne, rien ou presque ne nous échappe. V, la plus âgée, s'arrête souvent pour parler des choses de la terre, de la vie dans le village de sa jeunesse. Son père était berger de moutons, elle raconte si bien la vie d'alors.
     
    Tres mujeres y un perro negro, grupo de edades variadas. Nos encontramos con bastante gente que aprovecha el relativo frescor de la mañana. Paseo lento por el campo, nada o casi nada se nos escapa. V, la mayor, se para a menudo para hablar de cosas de la tierra, de la vida en el pueblo de su juventud. Su padre era pastor de ovejas, cuenta tan bien la vida entonces.

     

    De nombreux lapins cette année, des hirondelles à foison, et l'autre jour ces cochons qui ont à peine daigné ouvrir un oeil à notre passage.
    Hay numerosos conejos este año, golondrinas en abundancia y, el otro día, esos cerdos que apenas se dignaron a abrir un ojo a nuestro paso.
     

     

    Sommeil de porcs / Sueño de cerdos Mallorca 2015 Foto Colette



    Cette semaine, à l'ombre, j'ai lu ce poème qui résume si bien nos petites peurs et nos grands courages.
    Esta semana, a la sombra, leí este poema que resume tan bien nuestros pequeños miedos y nuestras grandes valentías.

     

    Valiente / Courageux

     

    GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

     

     

    Le daban miedo las pisadas
     
    las puertas entreabiertas
     
    las cortinas
     
    los pies de las esfinges
     
    la lengua de los gatos.

     

     Il avait peur des pas
     
    des portes entrouvertes
     
    des rideaux
     
    des pieds des sphinx
     
    de la langue des chats

     

    Le asustaban la risa de los viejos
     
    y las fotos de niños con corbata
     
    los osos de peluche
     
    las gaviotas de cine
     
    de los años sesenta.
     
     
    Il était effrayé par les rires des vieux
     
    et par les photos d'enfants en cravate
     
    par les ours en peluche
     
    par les mouettes au cinéma
     
    des années soixante

     

    Temía sobre todo
     
    ver llorar a su padre
     
    recorrer un pasillo
     
    cortarse con papel
     
    y morir cada noche.

      

    Il craignait surtout de
     
    voir pleurer son père
     
    de parcourir un couloir
     
    de se couper avec du papier
     
    et de mourir chaque nuit

     

    Pero era tan valiente
     
    que miraba a los ojos
     
    y derramaba el alma
     
    y decía te amo
     
    y era cierto.

     

     

    Mais il était si courageux
     
    qu'il regardait dans les yeux
     
    et qu'il épanchait son âme

    et disait je t'aime

    et c'était vrai.
     

     

    Trad: Colette

     

    Source / Fuente: http://trianarts.com/gracia-iglesias-valiente/
  • Poètes, travaillons / Poetas, trabajemos

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    Voici ma contribution au 17º printemps des poètes...un peu en retard mais ni les poètes ni le printemps ne m'en tiendront rigueur je pense.

    L'insurrection poétique

    Une poétesse espagnole, Gloria Fuertes García (Madrid, 28 juillet 1917 - 27 novembre 1998)

     

    Una contribución, con algo de retraso, al movimiento francés “La primavera de los poetas”. Este año el tema era “La insurrección poética”.

     

     

     

     

    NO PERDAMOS EL TIEMPO
    Ne perdons pas de temps

     

    Gloria Fuertes

     

     

    Si el mar es infinito y tiene redes,
    si su música sale de la ola,
    si el alba es roja y el ocaso verde,
    si la selva es lujuria y la luna caricia,
    si la rosa se abre y perfuma la casa,
    si la niña se ríe y perfuma la vida,
    si el amor va y me besa y me deja temblando...

     

    Si la mer est infinie et a des filets,
    si sa musique sort de la vague,
    si l'aube est rouge et le crépuscule vert,
    si la jungle est luxure et la lune caresse,
    si la rose s'ouvre et parfume la maison,
    si la fillette rit et parfume la vie,
    si l'amour va et me baise et me laisse tremblante....

     

    ¿Qué importancia tiene todo eso,
    mientras haya en mi barrio una mesa sin patas,
    un niño sin zapatos o un contable tosiendo,
    un banquete de cáscaras,
    un concierto de perros,
    una ópera de sarna?

     

    Quelle importance revêt tout cela,
    tant qu'il y aura dans mon quartier une table sans pattes,
    un enfant sans souliers ou un comptable qui tousse,
    un banquet de déchets,
    un concert de chiens,
    un opéra de gale?

     

    Debemos inquietarnos por curar las simientes,
    por vendar corazones y escribir el poema
    que a todos nos contagie.
    Y crear esa frase que abrace todo el mundo;
    los poetas debiéramos arrancar las espadas,
    inventar más colores y escribir padrenuestros.
    Ir dejando las risas en la boca del túnel
    y no decir lo íntimo, sino cantar al corro;
    no cantar a la luna, no cantar a la novia,
    no escribir unas décimas, no fabricar sonetos.

     

    Il faut nous en soucier et guérir les semences,
    panser les cœurs et écrire le poème
    qui nous contamine tous.
    Et créer cette phrase qui embrasse le monde entier;
    nous les poètes nous devrions arracher les épées,
    inventer plus de couleurs et écrire des Notre Père.
    Laisser les rires à l'entrée du tunnel
    et ne pas dire l'intime, mais chanter en chœur;
    ne pas chanter la lune, ni la fiancée,
    ne pas écrire des dizains, ni fabriquer des sonnets.

     

    Debemos, pues sabemos, gritar al poderoso,
    gritar eso que digo, que hay bastantes viviendo
    debajo de las latas con lo puesto y aullando
    y madres que a sus hijos no peinan a diario,
    y padres que madrugan y no van al teatro.

     

    Nous devons, car nous savons, huer le puissant,
    crier ce que je dis, car il y en a assez qui vivent
    sous des tôles et mal vêtus et hurlant
    et des mères qui ne peignent pas leurs enfants tous les jours
    et des pères qui se lèvent tôt et ne vont pas au théâtre.

     

     
    Adornar al humilde poniéndole en el hombro nuestro verso;
    cantar al que no canta y ayudarle es lo sano.
    Asediar usureros y con rara paciencia convencerles sin asco.
    Trillar en la labranza, bajar a alguna mina;
    ser buzo una semana, visitar los asilos,
    las cárceles, las ruinas; jugar con los párvulos,
    danzar en las leproserías.

     

    Poetas, no perdamos el tiempo, trabajemos,
    que al corazón le llega poca sangre.

     

    Orner l'humble d'un de nos vers sur l'épaule;
    chanter pour celui qui ne chante pas et l'aider est bien.
    Assiéger les usuriers et avec une patience infinie, les convaincre sans dégoût.
    Battre le grain dans les champs, descendre dans une mine;
    être plongeur une semaine, visiter les asiles,
    les prisons, les ruines; jouer avec les enfants,
    danser dans les lazarets.

     

    Poètes, ne perdons pas de temps, travaillons,
    car peu de sang arrive au cœur.

    (Trad:Colette)

  • La guitare de F. García Lorca

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    Le piano et la guitare furent les inséparables compagnons de vie de Frederico.
    Voici deux poèmes dédiés à la guitare: pleurs et sanglots, images...reflets d'une époque.

    El piano y la guitarra fueron los inseparables compañeros de vida de Federico.
    Aquí dos poemas dedicados a la guitarra: llantos y sollozos, imágenes...reflejos de una época.

     

     

    Las seis cuerdas, F, García Lorca

    La guitarra
    hace llorar a los sueños.
    El sollozo de las almas
    perdidas
    se escapa por su boca
    redonda.
    Y como la tarántula,
    teje una gran estrella
    para cazar suspiros,
    que flotan en su negro
    aljibe de madera.


    1924

     

     

     

    Les six cordes

      

    La guitare
    fait pleurer les songes.
    Le sanglot des âmes
    perdues
    s'échappe par sa bouche
    ronde.

    Et comme la tarentule,
    elle tisse une grande étoile
    pour chasser les soupirs
    qui flottent dans sa noire
    citerne en bois.

    (Federico Garcia Lorca, Poème du Cante jondo.
    Poésies 1921-1927)

     

    (trad: Colette)

     

     

     

    Dessins de Lorca

     

     

     

    La guitarra

    Empieza el llanto
    de la guitarra.
    Se rompen las copas de la madrugada.
    Empieza el llanto de la guitarra.


    Es inútil callarla.
    Es imposible callarla.
    Llora monótona
    como llora el agua,
    como llora el viento
    sobre la nevada.
    Es imposible callarla.
    Llora por cosas
    lejanas.
    Arena del Sur caliente
    que pide camelias blancas.
    Llora flecha sin blanco,
    la tarde sin mañana,
    y el primer pájaro muerto
    sobre la rama.
    !Oh guitarra!
    Corazón malherido
    por cinco espadas. 

     

     

     Celui-ci me fait sourire...este me hace sonreir

     

     

    La guitare, Federico García Lorca




    Commence la plainte
    de la guitare.
    Les cimes de l'aube se brisent.
    Commence la plainte de la guitare. 
     
    Inutile de la faire taire.
    Impossible de la faire taire.
    Plainte monotone,
    comme le pleur de l'eau,
    comme le pleur du vent
    sur la neige.
    Impossible de la faire taire.
    Elle pleure sur des choses
    lointaines.
    Sable du Sud brûlant
    qui désire de blancs camélias.
    Elle pleure la flèche sans but,
    le soir sans lendemain,
    et le premier oiseau mort
    sur la branche.
    O guitare !
    Coeur transpercé
    par cinq épées.



    (Poème du cante jondo)Trad: Colette

    Un site qui explique la relation de Lorca avec la guitare

  • La Terre Promise / La Tierra prometida

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    Souvent, très souvent je pense à tous les Africains qui jour après jour tentent de franchir les trois dangereuses clôtures (dont une “garnie” de lames soi-disant dissuasives mais qui entaillent profondément leurs chairs) qui séparent Melilla (enclave espagnole) du Maroc.

     

    Muchas, muchas veces pienso en todos los Africanos que día tras día, intentan franquear las tres peligrosas vallas (una de ellas “decorada” con cuchillas que se dicen disuasivas pero que cortan sus carnes) que separan Melilla de Marruecos.

     

     

     

     

     

     

    Leopoldo Díaz , fragmento Inmigración

    El viejo mundo se desploma y cruje...
    El odio, entre la sombra acecha y ruge...
    Una angustia mortal tiene la vida...

    Y como leve arena que alza el viento,
    a ti vendrán el paria y el hambriento
    soñando con la Tierra Prometida.

     

     

     

    Leopoldo Díaz, fragment
     
    Le vieux monde s'écroule et craque...
    La haine, dans l'ombre tend des pièges et rugit...
    Une angoisse mortelle tient la vie...

     

     
    Et comme un sable léger que le vent soulève,
    vers toi viendront le paria et l'affamé
    rêvant de la Terre Promise.
    (Trad: Colette)

     

     

     

     

    Fragmento de "El Sur y después" de Roberto Cossa

    ..."Allá murió la infancia,
    una caricia, una canción,
    una plaza, una fragancia.
    Los brazos viajaron, el corazón quedó.
    Pero una estrella nos llama del sur.
    Y un barco de esperanzas cruza el mar.
    Allí, a la tierra del sueño azul.
    Es un vaso de vino, es un trozo de pan."...



     Roberto Cossa, fragment

     

    ...”Là mourut l'enfance,

     une caresse, une chanson,

    une place, une odeur.

     Les bras voyagent, le cœur resta.

     Mais une étoile nous appelle du sud.

     Et un bateau d'espoirs traverse la mer.

     

    Là, sur la terre du rêve bleu.

    C'est un verre de vin, c'est un morceau de pain.”


    (Trad: Colette)


     

    Souce poèmes. http://haciadondeiremos.blogspot.com.es/2008/03/fragmentos-de-poemas-sobre-inmigracin.html
  • La plage / La playa

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    Manuel Altolaguirre (Málaga1905 - Burgos1959)

    La poésie, comme toute manifestation amoureuse, est un désir et une création, et le poète, comme tout amoureux, doit regarder d'un oeil bienveillant la vie, qui est la meilleure muse et avec qui il réalisera son oeuvre.” Fin d'un amour 1949
    "La poesía puede ser, como toda manifestación amorosa, un deseo y una creación, y el poeta, como todo enamorado tiene que mirar con buenos ojos a la vida, que es la mejor musa y con la que, al fin y al cabo, realizará su obra." 
     
     
    A Federico García Lorca
     
    PLAGE

    Deux par deux les barques
    comme sandales du vent
    mises à sécher au soleil.

    Moi et mon ombre, angle droit.
    Moi et mon ombre, livre ouvert.

    Couché sur le sable
    comme une dépouille de la mer
    un enfant endormi.

    Moi et mon ombre, angle droit.
    Moi et mon ombre, livre ouvert.

    Et plus loin, des pêcheurs
    tirant des amarres
    jaunes et saumâtres.

    Moi et mon ombre, angle droit.
    Moi et mon ombre, livre ouvert.
    (Trad: Colette)
     
     
     
    Sorolla 1863-1923


    A Federico García Lorca

    PLAYA

    Las barcas de dos en dos,
    como sandalias del viento
    puestas a secar al sol.

    Yo y mi sombra, ángulo recto.
    Yo y mi sombra, libro abierto.

    Sobre la arena tendido
    como despojo del mar
    se encuentra un niño dormido.

    Yo y mi sombra, ángulo recto.
    Yo y mi sombra, libro abierto.


    Y más allá, pescadores
    tirando de las maromas
    amarillas y salobres.

    Yo y mi sombra, ángulo recto.
    Yo y mi sombra, libro abierto.
     
     
    PS: Le peintre Valencien Sorolla sera le sujet du prochain billet. 

  • Pour Julia / Para Julia

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    Nous avons tous dans notre entourage des jeunes à encourager, à essayer de conseiller, guider.
    Ce poème a été écrit par José Agustín Goytisolo pour sa fille et adapté par Paco Ibañez. Il est généreux et sonne mieux en espagnol, c'est clair, mais …

     

    Todos tenemos cerca, claro está, unos jóvenes para animar, para intentar de aconsejar, guiar. El texto escrito por José Agustín Goytisolo para su hija y adaptado por Paco Ibañez no tiene pérdida, es generoso, da ánimos.

     

     

     

     

     

     

    Paroles pour Julia

     

     
    Tu ne peux revenir sur tes pas
    car déjà la vie te pousse
    comme un cri interminable

    Tu te sentiras traquée
    Tu te sentiras perdue ou seule
    ou voudras-tu ne pas être née

     

    Alors toujours souviens-toi
    de ce qu'un jour j'écrivis
    pensant à toi, comme maintenant.

      

    La vie est belle, tu verras
    comment, malgré les chagrins
    tu auras des amis, de l'amour

     

    Un homme seul, une femme
    pris comme ça, un à un
    c'est de la poussière, ils ne sont rien.

     

    D'autres attendent que tu résistes
    que ta joie les aide
    que ta chanson soit parmi leurs chants.

      

    Ne te rends pas, ne t'écarte pas
    sur le chemin ne dis jamais
    je n'en peux plus, je reste là.

     

    Alors toujours souviens-toi
    de ce qu'un jour j'écrivis
    pensant à toi, comme maintenant.

     

     

    (...)

                                     (Trad: Colette)

     Pour écouter Goytisolo réciter son poème entier: ici

     

    Para escuchar al poeta recitar su poema entero: aquí

     

     

     

  • Au galop / A galopar

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    Voici la traduction d'un poème de Rafael Alberti, poème mis en musique par Paco Ibañez et qui est un peu devenu l'hymne des Républicains. 
    Rafael Alberti, membre du Parti Communiste, s'exila en France après la guerre civile; mauvaise idée car un peu plus tard le Général Pétain lui retira le permis de travail le considérant comme “dangereux”... Il partit alors pour un long exil en Amérique du sud et ne revint en Espagne qu'en 1977, après la mort de Franco.

    Au galop  Rafael Alberti

     

    Les terres, les terres, les terres d’Espagne,
    les grandes, solitaires, désertes étendues.
    Galope, cheval balzan
    cavalier du peuple
    sous le soleil et la lune

    Au galop, au grand galop,
    jusqu’à les ensevelir dans la mer!

     Son du cœur qui sonne et résonne
    résonnent sous les quatre fers les terres d’Espagne.
    Galope, cavalier du peuple,
    cheval balzan
    cheval d’écume

     Au galop, au grand galop,
    Jusqu’à les ensevelir dans la mer!

     Personne, personne, en face personne;
    car la mort n’est rien si elle chevauche ta monture.
    Galope, cheval balzan
    cavalier du peuple
    car la terre est à toi.

     Au galop, au grand galop,
    jusqu’à les ensevelir dans la mer!

     (Trad: Colette)

     

     

     

    A Galopar,  Rafael Alberti

     

    Las tierras, las tierras, las tierras de España,

    las grandes, las solas, desiertas llanuras.
    Galopa, caballo cuatralbo,
    jinete del pueblo,
    al sol y a la luna.

     ¡A galopar,
    a galopar,
    hasta enterrarlos en el mar!

     A corazón suenan, resuenan, resuenan
    las tierras de España, en las herraduras.
    Galopa, jinete del pueblo,
    caballo cuatralbo,
    caballo de espuma.

     ¡A galopar,
    a galopar,
    hasta enterrarlos en el mar!

     Nadie, nadie, nadie, que enfrente no hay nadie;
    que es nadie la muerte si va en tu montura.
    Galopa, caballo cuatralbo,
    jinete del pueblo,
    que la tierra es tuya.

     ¡A galopar,
    a galopar,
    hasta enterrarlos en el mar!

     

  • Silences III / Silencios III

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     Regarder par terre...Mirar al suelo



    Le silence F. García Lorca

    Écoute, mon fils, le silence.
    C'est un silence ondulé,
    un silence,
    où glissent vallées et échos
    et qui incline les fronts
    vers le sol.
     
    (Trad: Colette)
     
    El silencio  F.García Lorca
     
    Oye, hijo mío, el silencio.
    Es un silencio ondulado,
    un silencio,
    donde resbalan valles y ecos
    y que inclina las frentes
    hacia el suelo. 
     
     
     
     

    Après avoir beaucoup hésité, j'ai fini par aller voir la zone sinistrée. Certains endroits reverdiront vite, d'autres ne respirent que le silence: aucune cigale, pas un oiseau, odeur de feu et de tristesse.

    Después de muchas dudas, acabé yendo a la zona siniestrada. Algunas partes reverdecerán pronto, otras no respiran más que el silencio: ni una cigarra, ni un pájaro, olor a fuego y a tristeza.

     



     

  • Silences II / Silencios II

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    Une dame très cultivée, mélomane et poétesse, Tutú García Sidón est galicienne et vit actuellement à La Coruña.
    Un prénom étrange Tutú? Oui, dit-elle, en riant, que voulez-vous, quand on s'appelle “Esclavitud”... (c'était le nom de sa grand-mère)
    Sa poésie est généralement agréable et très simple ;  j'ai sélectionné cette “nana” (berceuse) pour ses quatre premiers vers.
    Et aussi en souvenir de lointaines mais innombrables, inoubliables, nuits blanches à bercer mes enfants, à leur chantonner sur un ton de plus en plus énervé, épuisé...
     
    Berthe Morisot
     
    Una señora muy culta, melómana y poetisa, Tutú García Sidón es gallega y vive en A Coruña.
    ¿Un nombre extraño Tutú? Sí, dice riéndose, qué quiere cuando una se llama Esclavitud... (era el nombre de su abuela).
    Su poesía es generalmente agradable y muy  simple; he seleccionado esta nana por sus cuatro primeros versos. 
    Y también en recuerdo de lejanas pero innumerables, inolvidables, noches en vela meciendo a mis hijos, canturreándoles en un tono cada vez más nervioso, agotado...
     
    Le silence se déchaussa
     
    Le silence se déchaussa
    et passa sur la pointe des pieds
    très doucement, doucement
    pour ne pas l'éveiller.
    Mon enfant dort
    dans son berceau d'argent,
    posé et tranquille
    entre des draps blancs.
     
    La lune caresse
    son petit visage rose,
    les orangers en fleur
    parfument la pièce.
    Dors, ma vie,
    un ange veille sur toi;
    Dors et ne t'éveille pas
    jusqu'à ce que pointe l'aube.
    (Trad: Colette, Summer Watosn)
     
     
    Se descalzó el silencio 
     Tutú García Sidón
     
    Se descalzó el silencio
    y pasó de puntillas
    muy quedito, quedito
    para no despertarle.
    Es que duerme mi niño
    en su cuna de plata,
    reposado y tranquilo
    entre sábanas blancas.
     
    Le acaricia la luna
    su carita rosada,
    los naranjos en flor
    le perfuman la estancia.
    Duérmete, vida mía,
    que te vela tu ángel;
    Duerme y no te despiertes
    hasta que se asome el alba.

     
    Je suppose que beaucoup de berceuses parlent d'anges, mais la sachant mélomane, comment ne pas faire le lien avec ce poème de Lamartine, transposé en opéra dans cet air si connu: “ Berceuse de Jocelyn”?
     
    Supongo que muchas nanas hablan de ángeles, pero sabiendo que es melómana, ¿cómo no pensar en el poema de Lamartine traspuesto en ópera por Godard en este refrán tan conocido?
     
    Tant de sopranos et ténors l'ont chanté..que choisir? La version qui m'a le plus émue est celle de Summer Watson.
    Lo han cantando multitud de sopranos, tenores...¿cuál elegir? La versión que más me emocionó es la de Summer Watson.

                                    

    Berceuse de Jocelyn

    Poème de Lamartine et opéra de Benjamin Godard




        
    Oh ne t'éveille pas encor
    Pour qu'un bel ange de ton rêve
    En déroulant son long fil d'or,
    Enfant, permette qu'il s'achève.
    Dors, dors, le jour à peine a lui.
    Vierge Sainte, veillez sur lui.
    
    Sous l'aile du Seigneur loin du bruit de la foule
    Et comme un flot sacré qui doucement s'écoule
    Nous avons vu les jours passer après les jours
    Sans jamais nous lasser d'implorer son secours.
    

  • Silences I / Silencios I

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    Je vous propose une série de courts poèmes sur le silence.  Le silence et les mots. Voici le premier.

    Os propongo  una serie de poemas cortos sobre el silencio. El silencio y las palabras.

    L'équilibre
      de Orfila Bardesio

    Chaque fois que le silence
    descend son escalier de pauses
    vers des racines obscures,
    les mots couronnent
    glorieusement les tiges.
     
     (trad: Colette)
     
    http://www.pxlshots.com/contest/378/stairs.html
     

    El Equilibrio

    de Orfila Bardesio


    Cada vez que el silencio
    desciende su escalera de pausas
    hacia raíces oscuras,
    las palabras coronan
    gloriosamente los tallos.
     
     
     
    NB: je n'ai rien trouvé en français sur elle, désolée. Poétesse uruguayenne, décédée en 1999, importante figure féminine de la poésie.
  • Ode à l'été / Pablo Neruda / Oda al verano

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    L'été comme un tableau, au rythme particulier, si cher à Pablo Neruda.

    El verano como un cuadro, al ritmo que Pablo Neruda tanto afeccionaba.



    Ode à l'été Pablo Neruda
     
    Été, violon rouge,
    nuage clair,
    un vrombissement
    de scie
    ou de cigale
    te précède,
    le ciel
    voûté,
    lisse, brillant comme
    un œil,
    et sous son regard,
     été,
    poisson du ciel 
    infini,
    élytre mensonger,
    paresseux
    léthargie
    petit ventre
    d'abeille,
    soleil endiablé,
    soleil terrible et paternel,
    suant
    comme un bœuf au travail,
    soleil sec
    sur la tête
    comme un inattendu
    coup de gourdin
    soleil de la soif
    marchant
    sur le sable,
    été,
    mer déserte,
    le mineur
    du soufre
    se remplit
    se remplit
    de sueur jaune,
    l'aviateur
    parcourt
    rayon par rayon
    le soleil céleste,
    sueur
    noire
    glisse
    du front
    aux yeux
    dans la mine
    de Lota,
    le mineur
    se frotte
    le front
    noir,
    brûlent
    les semailles,
    crisse
    le blé,
    insectes
    bleus
    cherchent
    ombre,
    touchent
    la fraîcheur,
    submergent
    la tête
    dans un diamant.
     
    Oh été
    abondant,
    charrette
    de
    pommes
    mûres,
    bouche
    de fraise
    dans la verdure, lèvres
    de prune sauvage,
    chemins
    de légère poussière
    sur la poussière,
    midi,
    tambour
    de cuivre rouge,
    et le soir
    repose
    le feu,
    l'air
    fait danser
    le trèfle, entre
    dans l'usine déserte
    monte
    une étoile
    fraîche
    dans le ciel
    sombre,
    crépite
    sans brûler
    la nuit
    d'été.
     
    (Trad: Colette)
     
    Van Gogh, Été à Arles  
     
     
     
    Oda al verano

    Verano, violín rojo,
    nube clara,
    un zumbido
    de sierra
    o de cigarra
    te precede,
    el cielo
    abovedado,
    liso, luciente como
    un ojo,
    y bajo su mirada,
    verano,
    pez del cielo
    infinito,
    élitro lisonjero,
    perezoso
    letargo
    barriguita
    de abeja,
    sol endiablado,
    sol terrible y paterno,
    sudoroso
    como un buey trabajando,
    sol seco
    en la cabeza
    como un inesperado
    garrotazo,
    sol de la sed
    andando
    por la arena,
    verano,
    mar desierto,
    el minero
    de azufre
    se llena
    se llena
    de sudor amarillo,
    el aviador
    recorre
    rayo a rayo
    el sol celeste,
    sudor
    negro
    resbala
    de la frente
    a los ojos
    en la mina
    de Lota,
    el minero
    se restriega
    la frente
    negra,
    arden
    las sementeras,
    cruje
    el trigo,
    insectos
    azules
    buscan
    sombra,
    tocan
    la frescura,
    sumergen
    la cabeza
    en un diamante.

    Oh verano
    abundante,
    carro
    de
    manzanas
    maduras,
    boca
    de fresa
    en la verdura, labios
    de ciruela salvaje,
    caminos
    de suave polvo
    encima del polvo,
    mediodía,
    tambor
    de cobre rojo,
    y en la tarde
    descansa
    el fuego,
    el aire
    hace bailar
    el trébol, entra
    en la usina desierta,
    sube
    una estrella
    fresca
    por el cielo
    sombrío,
    crepita
    sin quemarse
    la noche
    del verano.
  • Du frison au flamenco / Del frisón al flamenco

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    Il y a une semaine à peine j'ignorais tout du “Frison”, cette langue parlée...en Frise bien sûr, c'est à dire le Nord des Pays Bas, et dans une petite partie de l'Allemagne. Langue indo-européenne elle ressemble à du vieil anglais, mais aussi au néerlandais et au bas-allemand.
     
    C'est beau la Frise, c'est vert, c'est surtout marin. 
     
     
     

    Et puis il y a des frisons (race de chevaux) et des frisonnes (race de vaches) ;-)
     
     
     
     
     
    Bon, bien, vous dites-vous, mais quel est le lien avec l'Espagne? J'y viens...
     
    En Frise donc habite une jeune femme à la voix superbe, qui s'appelle Nynke Laverman et vient de sortir son quatrième album intitulé “Alter”.
    La démarche originale, qu'elle avait déjà suivie avec les fados, c'est d'adapter un texte en frison à une musique étrangère, ici, le flamenco. Elle a fait appel à Javier Limón, une des figures les plus connues du flamenco en Espagne.
    Celui-ci a tenu à faire le voyage en Frise pour s'imprégner de cette terre, se familiariser avec la langue.
     
    Voici un extrait de la composition du dernier disque. Autant vous dire que je n'en comprends pas un mot, mais c'est si beau...
     
     
     
    Hace apenas una semana ignoraba todo del “Frisón” , esa lengua hablada...en Frisia, claro, es decir el Norte de los Países Bajos, y en una pequeña parte de Alemania. Idioma indo-europeo el frisón se parece al viejo inglés pero también al neerlandés y al bajo-alemán.
     
    Frisia es bonita, es verde y sobre todo es marítima.
    Y hay “frisones” (raza de caballos) y “frisonas” (raza de vacas) ;-)
     
     
    Bueno, bueno, pensaréis, pero ¿ cuál es el lazo con España ? Ahí voy...
     
    En Frisia, pues, vive una mujer joven con una voz preciosa que se llama Nynke Laverman y acaba de sacar su cuarto albúm titulado “Alter”..
     
    El procedimiento original que ya había seguido con los fados, consiste en adaptar un texto en frisón a una música extranjera, aquí el flamenco. Llamó a Javier Limón, una de la figuras más destacadas del flamenco. Este insistió en hacer el viaje a Frisia para impregnarse de aquella tierra, familiarizarse con el idioma.
     
    Aquí un extracto de la composición de su último disco. No entiendo ni una palabra, pero qué bonito...(arriba)
     
     
     
    Aquí, rubia, en un fado-frisón / ici, blonde, dans un fado-frison. 
     
     

  • Intemporel / Intemporal

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    (Si vous comprenez un peu l'espagnol, vous n'aurez aucune peine cette fois à suivre le poème chanté par le grand J. Manuel Serrat)

     
    Vaincus León de Felipe (1884-1968)
     
    Dans la plaine de La Mancha
    on revoit la figure
    de Don Quijote passer.
     
    Et maintenant, oisive et bosselée, sur le baudet va l'armure
    et va oisif le chevalier, sans cuirasse ni dossière,
    il va chargé d'amertume,
    car là-bas trouva sépulture
    son amoureux combat.
    Il va chargé d'amertume
    car là-bas “resta sa quête”
    sur la plage de Barcino, face à la mer.
     
    (…)
     
    Combien de fois, Don Quijote, dans cette même plaine,
    aux heures de désespoir je te regarde passer!
    Et combien de fois je te crie: fais-moi une place sur ta monture
    et sur tes terres emmène-moi;
    fais-moi une place sur ta monture,
    chevalier vaincu, fais-moi une place sur ta monture
    car je suis moi aussi chargé
    d'amertume
    et batailler je ne peux!
     
    Mets-moi en croupe,
    chevalier de l'honneur,
    mets-moi en croupe avec toi,
    et emmène-moi pour être berger.
    avec toi.
     
    Dans la plaine de La Mancha
    on revoit la figure
    de Don Quijote passer...
     
    (Trad: Colette)
     
     

    VENCIDOS Léon de Felipe (1884-1968)


    Por la manchega llanura
    se vuelve a ver la figura
    de Don Quijote pasar.

    Y ahora ociosa y abollada va en el rucio la armadura,
    y va ocioso el caballero, sin peto y sin espaldar,
    va cargado de amargura,
    que allá encontró sepultura
    su amoroso batallar.
    Va cargado de amargura,
    que allá «quedó su ventura»
    en la playa de Barcino, frente al mar.

    (...)

    ¡Cuántas veces, Don Quijote, por esa misma llanura,
    en horas de desaliento así te miro pasar!
    ¡Y cuántas veces te grito: Hazme un sitio en tu montura
    y llévame a tu lugar;
    hazme un sitio en tu montura,
    caballero derrotado, hazme un sitio en tu montura
    que yo también voy cargado
    de amargura
    y no puedo batallar!

    Ponme a la grupa contigo,
    caballero del honor,
    ponme a la grupa contigo,
    y llévame a ser contigo
    pastor.

    Por la manchega llanura
    se vuelve a ver la figura
    de Don Quijote pasar...
  • Douleurs et ombres / Rosalía de Castro / Dolores y sombras

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    Rosalia de Castro est née en 1837 en Galice, à Saint Jacques de Compostelle de “parents inconnus”. Pas si inconnus que ça, mais sa mère, fille-mère comme on disait à l'époque, n'osa pas la déclarer et son père, un prêtre, ne put pas le faire. Pas facile en effet, ni alors (sacrilège), ni aujourd'hui.
    Pendant les cinq premières années de sa vie elle fut élevée par des soeurs de son père. Mais après, sa mère, affrontant la société, décida de l'éduquer elle-même.
    Un lien très étroit se crée alors entre la mère et la fille. Rosalía ne reprochera jamais à sa mère de l'avoir abandonnée et a pour elle un amour sans borne, admire son courage.
    Rosalía reçoit une éducation sommaire dans la campagne de Galice.

    Rosalía de Castro nació en 1837 en Galicia, Santiago de Compostela, de “padres desconocidos”. No tan desconocidos pero su madre, madre soltera, no se atrevió a declararla y su padre, un sacerdote, no pudo. No era fácil, ni entonces (sacrilegio) ni ahora tal vez.
    Durante los cinco primeros años de su vida fue criada por unas hermanas de su padre. Pero después, enfrentándose a la sociedad, su madre decidió educarla ella misma.
    Un lazo muy estrecho se estableció entre madre e hija y Rosalía nunca le reprochó su abandono a su madre, la adora, admira.
    Su educación escolar fue básica, en el campo gallego.



    À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
    Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants. 

    A los 19 años se marcha a Madrid, escribe su primera serie de poemas Flores, en español, de inspiración romántica. Luego encuentra y se casa con el periodista e intelectual Manuel Martínez Murguía que la introduce en el mundo, la anima a escribir, a publicar.
    Dos desgracias sucesivas, la muerte de su madre querida y la de un hijo de un año la sumergen en un inmenso dolor. Escribe varios poemas desgarradores.
     
    Pour aujourd'hui nous en resterons là de sa vie, nous en savons assez pour comprendre le poème que j'ai choisi.
    La mort déguisée en ombre noire, omniprésente.
    Ce poème est devenu une des chansons les plus emblématiques de la musique galicienne car le musicien Xoán Montés Capón (1840) a uni mots et musique.
    Luz Casals, Carlos Nuñoz, deux grands artistes pour interpréter ce poème-chanson en galicien.

    Llegados a este punto de su vida, nos pararemos, sabemos bastante para entender el poema que elegí.
    La muerte disfrazada de sombra negra, omnipresente.
    Este poema se ha convertido en una de las canciones más emblemáticas gallegas ya que el músico  Xoán Montés Capón (1840) unió palabras y música.

     



    Voici le poème en espagnol et ma traduction en français. 

    Negra sombra Rosalía de Castro

     

     

    Cuando pienso que te fuiste,
    negra sombra que me asombras,
    a los pies de mis cabezales,
    tornas haciéndome mofa.

     

    Quand je pense que tu es partie,
    ombre noire qui m'inquiètes,
    à mon chevet,
    tu reviens te moquer de moi.

     

    Cuando imagino que te has ido,
    en el mismo sol te me muestras,
    y eres la estrella que brilla,
    y eres el viento que zumba.

     

    Quand j'imagine que tu t'en es allée,
    en plein soleil tu te montres,
    et tu es l'étoile qui brille,
    et tu es le vent qui bruit.

     

     
    Si cantan, eres tú que cantas,
    si lloran, eres tú que lloras,
    y eres el murmullo del río
    y eres la noche y eres la aurora.

     

    S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
    s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
    et tu es le murmure du ruisseau,
    et tu es la nuit et l'aurore.

     

    En todo estás y tú eres todo,
    para mí y en mi misma moras,
    ni me abandonarás nunca
    sombra que siempre me asombras.

     

    Tu es en tout et tu es tout,
    pour moi et en moi tu vis,
    jamais tu ne m'abandonneras
    ombre qui toujours m'inquiètes.  

     

     (Trad en français: Colette)

     

     

     

  • Combien je suis / Cuántos soy

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    Il est des semaines où, on ignore pourquoi, une image, une musique, un mot, une idée, s'obstinent à nous poursuivre.
    Cette semaine-ci, sur une place de Palma où je me baladais avec mon appareil, j'ai photographié ce panneau. 
    Ciertas semanas una imagen, una música, una palabra, une idea, se obstinan en perseguirnos.
    Esta semana empezó en una plaza de Palma donde paseaba con mi cámara y fotografié esta señal.

     

     

    Plaza Progreso, Palma de Mallorca

     

     
    Pourquoi ce mot, là?
    J'y pensais encore quand j'ai vu cette peinture illustrant je ne sais plus quoi...signée : Confusion Group. Espagnols, de Madrid*.
    ¿Por qué esa palabra, allí?
    Todavía pensaba en ello cuando vi esta pintura ilustrando no me acuerdo qué texto...firmada: Confusion Group. Españoles, de Madrid*.

     

    Confusion Group: Sólo son rostros

     

    Troublée par tant de confusions je me suis mise à traduire ce poème...ce qui n'a fait qu'augmenter mon chaos mental!

    Perturbada por tantas confusiones decidí publicar este poema...¡lo que no hizo más que aumentar mi caos mental!

     

    Pablo Neruda –

     

    Nous sommes beaucoup

     

    Vaguedivague (Estravagario, 1958)

    De tant d’hommes que je suis, que nous sommes,
    je ne puis en trouver aucun:
    ils se perdent sous mes vêtements,
    ils sont partis dans une autre ville.

    Lorsque tout est prêt
    pour me montrer intelligent
    le sot caché en moi
    parle par ma bouche.

    Quand une maison respectée brûle
    au lieu du pompier que j’appelle
    c'est l’incendiaire qui se précipite
    et celui-là c’est moi. Je n'y peux rien.
    Comment faire pour me choisir?
    Comment me racheter?

    Tous les livres que je lis
    célèbrent des héros éclatants
    toujours sûrs d’eux-mêmes:
    je meurs de jalousie pour eux,
    et dans les films de vents et de balles,
    je demeure à jalouser le cavalier,
    je demeure à admirer le cheval.
     
    Mais lorsque j’appelle l’intrépide
    c’est le vieux paresseux qui m’arrive,
    et ainsi je ne sais qui je suis,
    je ne sais combien je suis ou serons.

    J’aimerais appuyer sur une sonnette
    et faire sortir mon véritable moi
    car si de moi j’ai besoin
    je ne dois pas me dérober.

    (...)
    (Trad: Colette)


    PABLO NERUDA
     Muchos somos.
    Estravagario, 1958 

    De tantos hombres que soy, que somos,
    no puedo encontrar a ninguno:
    se me pierden bajo la ropa,
    se fueron a otra ciudad.

    Cuando todo está preparado
    para mostrarme inteligente
    el tonto que llevo escondido
    se toma la palabra en mi boca.

    Otras veces me duermo en medio
    de la sociedad distinguida
    y cuando busco en mí al valiente,
    un cobarde que no conozco
    corre a tomar con mi esqueleto
    mil deliciosas precauciones.

    Cuando arde una casa estimada
    en vez del bombero que llamo
    se precipita el incendiario
    y ése soy yo. No tengo arreglo.
    Qué debo hacer para escogerme?
    Cómo puedo rehabilitarme?

    Todos los libros que leo
    celebran héroes refulgentes
    Siempre seguros de sí mismos:
    me muero de envidia por ellos,
    y en los films de vientos y balas
    me quedo envidiando al jinete,
    me quedo admirando al caballo.  

    Pero cuando pido al intrépido
    me sale el viejo perezoso,
    y así yo no sé quién soy,
    no sé cuántos soy o seremos.  

    Me gustaría tocar un timbre
    y sacar el mí verdadero
    porque si yo me necesito
    no debo desaparecerme. 

     

     

     

     

    *Confusion Group es un grupo artístico que desarrolla su actividad en Madrid desde hace ocho años, en distintas disciplinas (artes plásticas, fotografía, vídeoarte, instalaciones, música, literatura…) tanto individual como colectivamente. También trabajan en colaboración con otros artistas. Confusion Group is an artistic group that develops his activity in Madrid for eight years, in different disciplines (plastic arts, photo, vídeoarte, art installations, music, literature…) both individual as collectivly. They also work incollaboration with other artists.
    http://www.confusiongroup.com/paintings.html