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  • Chauds ou froids, frissons / Cálidos o fríos, escalofríos

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    Les premiers froids sont arrivés, soudain. Brrr. Il y a une semaine on déjeunait encore sur la terrasse...

    Derrière ma fenêtre fermée (Colette)    


     Deux courts poèmes du majorquin Antonio Rigo ( Palma de Mallorca 1957)

     

     

    Le silence de la montagne
    brisé par le son
    de l'herbe qui germe,
    le bruit de la ville
    écrasé par le silence
    de la feuille qui croît.
     
    (Trad: Colette)
     
     
    El silencio de la montaña
    roto por el sonido
    de la hierba que brota,
    el ruido de la ciudad
    aplastado por el silencio
    de la hoja que crece.
     
     
     
    En amour et
    en poésie
    l'important
    est de garder
    au chaud le
    frisson.
    (Trad: Colette)
     
     
    En el amor y
    la poesía
    lo importante
    es mantener
    caliente el
    escalofrío.
     
     
    Antonio Rigo
    Extrait /Extracto de:
    Albúm blanco
     
  • En haute mer / En alta mar

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    Aujourd'hui un poème de F. Garcia Lorca plein d'images fortes et inattendues,  qu'ajouter? 

    Hoy un poema de F. García Lorca, lleno de imágenes fuertes e inesperadas, ¿qué puedo añadir?

    Gazelle de la mort obscure
    F. García Lorca
     

    Je veux dormir du sommeil des pommes,
    et m’éloigner du tumulte des cimetières.
    Je veux dormir le sommeil de cet enfant
    qui voulait s’arracher le cœur en haute
    mer. 
     
    Je ne veux pas que l’on me répète
    que les morts ne perdent pas de sang ;
    que la bouche pourrie
    demande encore de l’eau.
    Je ne veux rien savoir des martyres que donne l’herbe,
    ni de la lune à la bouche de serpent
    qui travaille avant l’aube.
     
     
    Je veux dormir un instant,
    un instant, une minute, un siècle ;
    mais que tous sachent bien que je ne suis pas mort;
    qu’il y a sur mes lèvres une étable d’or ;
    que je suis le petit ami du vent d’Ouest ;
    que je suis l’ombre immense de mes larmes.
     
    Couvre-moi d’un voile à l’aurore
    car elle me lancera des poignées de fourmis,
    et mouille d’eau dure mes souliers
    afin que glisse la pince de son scorpion.
     
    Car je veux dormir du sommeil des pommes
    pour apprendre un pleur
    qui me nettoie de la terre;
    car je veux vivre avec cet enfant sombre
    qui voulait s’arracher le cœur en haute
    mer. 
     
    (Traduction inspirée par celle de N.Ny, mise à son goût par Colette)
     
    http://toutmontreal.tripod.com/pommes.htm

     

    Gacela de la muerte oscura

    Quiero dormir el sueño de las manzanas,
    alejarme del tumulto de los cementerios.
    Quiero dormir el sueño de aquel niño
    que quería cortarse el corazón en alta mar.
     
    No quiero que me repitan
    que los muertos no pierden la sangre;
    que la boca podrida sigue pidiendo agua.
     
    No quiero enterarme
    de los martirios que da la hierba,
    ni de la luna con boca de serpiente
    que trabaja antes del amanecer.
     
    Quiero dormir un rato,
    un rato, un minuto, un siglo;
    pero que todos sepan que no he muerto;
    que hay un establo de oro en mis labios;
    que soy el pequeño amigo del viento Oeste;
    que soy la sombra inmensa de mis lágrimas.
     
    Cúbreme por la aurora con un velo,
    porque me arrojará puñados de hormigas,
    y moja con agua dura mis zapatos
    para que resbale la pinza de su alacrán.
     
    Porque quiero dormir el sueño de las manzanas
    para aprender un llanto que me limpie de tierra;
    porque quiero vivir con aquel niño oscuro
    que quería cortarse el corazón en alta mar.
     
    Federico García Lorca
    De: “Diván del Tamarit” – 1936
  • Comme toi / Cómo tú

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    Un message d’espoir” dit Paco Ibañez avant de chanter ce poème de León Felipe (poète espagnol, exilé après la guerre civile,  Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968) et il ajoute: ‘”celui qui lutte n’est pas mort”. 
    Un poème dédié à nous tous, les petites gens.
     
     
     
     
     
    Comme toi León Felipe
     
     
    Ainsi est ma vie,
    pierre,
    comme toi. Comme toi,
    petite pierre;
    comme toi
    pierre légère;
    comme toi,
    galet qui roule
    sur les chemins
    et les trottoirs;
    comme toi,
    humble caillou des routes;
    comme toi
    qui par les jours d’orage
    t’aplatis
    dans la boue de la terre
    et puis
    scintilles
    sous les sabots
    et sous les roues;
    comme toi, qui n’as même pas servi
    à être pierre
    d’une halle de marché,
    ni pierre d’un tribunal,
    ni pierre d’un palais,
    ni pierre d’une église;
    comme toi,
    pierre aventureuse;
    comme toi
    qui, peut-être, n’es faite
    que pour une fronde,
    pierre petite
    et
    légère...
     
    (Trad: Colette)
     
     
     
    Cómo tú León Felipe ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968)
     
    Así es mi vida,
    piedra,
    como tú. Como tú,
    piedra pequeña;
    como tú,
    piedra ligera;
    como tú,
    canto que ruedas
    por las calzadas
    y por las veredas;
    como tú,
    guijarro humilde de las carreteras;
    como tú,
    que en días de tormenta
    te hundes
    en el cieno de la tierra
    y luego
    centelleas
    bajo los cascos
    y bajo las ruedas;
    como tú, que no has servido
    para ser ni piedra
    de una lonja,
    ni piedra de una audiencia,
    ni piedra de un palacio,
    ni piedra de una iglesia;
    como tú,
    piedra aventurera;
    como tú,
    que tal vez estás hecha
    sólo para una honda,
    piedra pequeña
    y
    ligera…
     
     
    Paco Ibañez
    No está muerto quien pelea”

  • Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

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     Ana Pérez Cañamares
    Santa Cruz de Tenerife, 1968

     

     

    LES ASSIETTES offertes par ma mère
    sont maintenant ternes et démodées.
     
    Quand nous faisons le ménage
    elles nous regardent tels des malades agonisants
    qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
     
    Mais ce sont les assiettes de ma mère
    qui ne m’offrira jamais plus
    rien.
    Si un jour nous nous décidions à les jeter
    j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
    les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
     
    Ma mère n’est pas dans l’assiette.
    Ma mère est dans le pain que je mange.
    Trad: Colette
     
    463
    http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

     
    LOS PLATOS que me regaló mi madre
    están ya deslucidos y pasados de moda.

    Cuando hacemos limpieza
    nos miran como enfermos agonizantes
    que no entienden qué queremos de ellos.

    Pero son los platos que me regaló mi madre
    que ya nunca volverá a regalarme
    nada.
    Si un día nos decidiéramos a tirarlos
    intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
    “las cosas, hija, son sólo cosas“.

    Mi madre no está en un plato.
    Mi madre está en el pan que como.
  • Idiote ma poule? ¿Idiota mi gallina?

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    Dans un jardin où des orangers procurent de l'ombre, un beau poulailler; une vingtaine de poules et quelques coqs.

    Depuis sa prime jeunesse une des poules, libertaire et têtue, ma préférée, a décidé que le terrain qui leur est alloué est ..monotone? Toujours est-il que ses excursions sont journalières. Dernièrement, (nous faisons des travaux de rénovation dans la maison), elle s'héberge pour pondre dans un endroit charmant...

     

    Stupides les poules? F.García Lorca semble le penser,
    Voici une partie d'un récit, un peu surréaliste, écrit par lui pour des enfants.
     
    En un jardín donde unos naranjos proporcionan sombra, un bonito gallinero; unos veinte gallinas y unos gallos.
    Desde su tierna juventud una gallina, libertaria y testaruda, mi preferida, ha decidido que el terreno que les está asignado es---¿monótono? El hecho es que sus excursiones son diarias. Últimamente (hacemos unas obras de renovación de la casa), se alberga para poner su huevo en un sitio encantador...
     

    ¿Estúpidas las gallinas? F. García Lorca parece pensarlo.
    Aquí una parte de un relato , algo surrealista, escrito por él para los niños.
     
     
    La Gallina                      La Poule
    Federico García Lorca  (Trad:Colette)
     
    Había una gallina que era idiota. He dicho
    idiota. Pero era más idiota todavía. Le
    picaba un mosquito y salía corriendo. Le
    picaba una avispa y salía corriendo.
    Le picaba un murciélago y salía corriendo
    .…
    Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
    idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
    piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
    piquait une abeille, elle partait en courant.
    La piquait une chauve-souris, elle partait en courant.
    ------
    La gallina idiota odiaba los huevos. Le
    gustaban los gallos, es cierto, como les
    gusta a las manos derechas de las personas
    esas picaduras de las zarzas o la iniciación
    del alfilerazo. Pero ella odiaba su propio
    huevo. Y sin embargo no hay nada más
    hermoso que un huevo.
     
    La poule idiote détestait les œufs. Elle
    aimait les coqs, c’est vrai, autant qu’aiment
    les mains droites des gens ces
    piqûres de ronces ou une
    piqûre d’épingle. Mais elle détestait son propre
    œuf. Pourtant il n’y a rien de plus
    beau qu’un œuf.
     
    Recién sacado de las espigas, todavía
    caliente, es la perfección de la boca, el
    párpado y el lóbulo de la oreja. La mejilla
    caliente de la que acaba de morir. Es el
    rostro. ¿No lo entendéis? Yo sí. Lo dicen los
    cuentos japoneses, y algunas mujeres
    ignorantes también lo saben.

      

    À peine sorti des épis, encore
    chaud, c’est la perfection de la bouche, de la
    paupière et du lobe de l’oreille. C’est le
    visage. Vous ne comprenez pas? Moi si. Les
    contes japonais le disent, et certaines femmes
    ignorantes le savent aussi.
     
    No quiero defender la belleza enjuta del
    huevo, pero ya que todo el mundo alaba la
    pulcritud del espejo y la alegría de los que se
    revuelcan en la hierba, bien está que yo
    defienda un huevo contra una gallina idiota.
    ...
    Je ne veux pas défendre la faible beauté de
    l’œuf, mais comme tout le monde loue la
    propreté du miroir y la joie de ceux qui se
    roulent dans l’herbe, il est bon que je
    défende un œuf contre une poule idiote.

     

  • Un tigre-poète / Un tigre-poeta

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    Un tigre
     
    MERCEDES ESCOLANO, Cádiz, España, 1964

     

     
    Je pense à un tigre. Il descendra en ville
    à l’heure où s’ouvrent les bars
    et se répand un intense parfum
    humain. La nuit tombe. Assoiffé
    il s’accoudera au bar et boira
    quelques verres les yeux allumés
    du brillant sinistre et métallique,
    souple sa langue, parfumé le local
    avec le va-et-vient continuel des clients.
    Du fond parvient un blues élastique et le hurlement
    endiablé des machines à sous.
    Il observe en silence et trempe ses crocs.
    La griffe que cache sa chemise le trahit.
    Personne ne dirait -à son aspect-
    que c’est un cruel assassin de la jungle,
    mais plutôt un homme peu pressé, indolent,
    incapable de s’inventer
    une autre routine.
    Chaque vendredi, tendre et solitaire,
    il commettra un crime sans autre trace
    qu’un poème oublié sur le bar.
     
    (Trad:Colette)
     
    Juan Gris, 1912, Hombre en el bar
     

     

    Un tigre 
     
    MERCEDES ESCOLANO, Cádiz 1964 
     
    Pienso en un tigre. Bajará a la ciudad
    a la hora en que abren los bares
    y se expande un intenso perfume
    humano. Anochece. Sediento
    se acodará en la barra y beberá
    unas copas con los ojos prendados
    del brillo siniestro y metálico,
    dúctil su lengua, aromado el local
    con un vaivén continuo de clientes.
    De fondo un blues elástico y el rugir
    endiablado de las máquinas tragaperras.
    Observa en silencio y remoja sus fauces.
    Le delata la garra que esconde su camisa.
    Nadie diría —por su aspecto—
    que es un cruel asesino de la selva,
    sino un hombre sin prisas, indolente,
    incapaz de inventar
    se otra rutina.
    Cada viernes, tierno y solitario,
    cometerá un crimen sin más rastro
    que un poema olvidado sobre la barra.
     
  • Un salut amical à l'ami Georges

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    Sur l’autoroute, de retour vers l’Espagne, une indication nous a fait faire un petit détour: Sète.
    Nous rêvions depuis si longtemps d’aller saluer le vieil ami Georges enterré “Sur la plage” selon la chanson, dans un cimetière “plus marin que le tien” qu'il disait à Paul Valéry.
     
    Brassens a grandement influencé toute une génération d’auteurs-interprètes espagnols en exil, vous connaissez sans doute Joan Manuel Serrat ou Paco Ibañez qui a traduit et interprété tant de chansons de lui, en voici une.
     
     
     
     
    La mauvaise réputation” a été chantée par, que je sache, au moins une dizaine de chanteurs et groupes espagnols, sur tous les tons. Mais saviez-vous que Brassens lui-même l’avait chantée en espagnol?
     
     
     
     
     
    Pas mal, non?
     
    Il y en a une autre, “La cane de Jeanne”, La Pata de Juana,  fort amusante chantée lui.
     

  • Tristes les armes qui ne sont la parole / Tristes armas si no son la palabra

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    C’est la courte vie, surprenante, affreusement tragique, faite de rencontres décisives et d’une production poétique très abondante de Miguel Hernández dont je voudrais vous parler aujourd’hui.
    La page du blog “Esprits nomades” sur ce poète est si belle, si complète ( http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/hernandez/hernandezmiguel.html) que je me demande comment l'aborder autrement…
     
    Es de la corta vida de Miguel Hernández, sorprendente, trágica, hecha de encuentros decisivos y de una producción poética abundante, de lo que hoy querría hablaros.
     
    Nous sommes à Orihuela, aux environs d'Alicante, en 1910. Dans une famille de chevriers naît en octobre Miguel Hernández. Une famille pauvre, une maison très modeste. Il fréquente l'école, ce qui à l'époque n'était pas obligatoire, jusqu'à 14 ans, puis aide la famille en étant berger.
    Sa vie c’est la terre, les palmiers, orangers, figuiers, et puis mettre son oreille sur le ventre plein des chèvres, brebis.
     
    Estamos en Orihuela, en los alrededores de Alicante, en 1910. Nace en una familia de cabreros. Una familia pobre, una casa muy modesta. A pesar de no ser obligatorio va a la escuela hasta los 14 años y ayuda a la familia haciendo de pastor. Si vida es la tierra, las palmeras, los naranjos, las higueras, las cabras, las ovejas.
     
    Mais, autodidacte, d’une intelligence supérieure, il lit tout ce qui lui tombe sous la main, les poètes, spécialement, et c'est fort curieux, Góngora. Curieux, car les vers de ce dernier sont cultes, compliqués, tortueux, remplis de tournures latines, de métaphores inattendues...Et vers l'âge de 16 ans, inspiré par lui et Saint Jean de la Croix, Miguel se met à écrire ses premiers poèmes.
     
    Autodidacta, dotado de gran inteligencia, lee todo lo que encuentra, poesía especialmente y curiosamente a Góngora. Curiosamente ya que los versos de este ultimo son cultos, complicados, tortuosos, llenos de formas latinas, de metáforas inesperadas… Y hacia sus 16 años, inspirado por Góngora y San Juan de la Cruz escribe sus primeros poemas.
     
     
    Si je suis sorti de la terre,
    si je suis né d'un ventre
    malheureux et pauvre,
    ce ne fut que pour devenir
    le rossignol des malheurs,
    l'écho de la malchance,
    et pour chanter et répéter
    à qui se doit de m'écouter,
    tout ce qui se réfère
    aux peines, aux pauvres et à la terre.
    (Extrait de “Assis sur les morts”)
     
     
    Si yo salí de la tierra,
    si yo he nacido de un vientre
    desdichado y con pobreza,
    no fue sino para hacerme
    ruiseñor de las desdichas,
    eco de la mala suerte,
    y cantar y repetir
    a quien escucharme debe
    cuanto a penas, cuanto a pobres,
    cuanto a tierra se refiere.
    (extracto de “Sentado sobre los muertos”)
     
     
    Très vite il est attiré par Madrid où tout se passe. Plusieurs séjours dans cette ville où il rencontre Lorca et surtout Pablo Neruda, de six ans son aîné, qui le prend sous son aile, lui fait prendre conscience de la souffrance du peuple, et peu à peu il deviendra communiste. Miguel a 21-22 ans. Ses amis poètes sont Républicains, il s’unit à eux, la guerre civile approche, il la sent venir, le vit dans ses poèmes.
     
    Pronto es atraído por Madrid donde todo ocurre. Allí encuentra a Lorca y sobre todo a Pablo Neruda que, seis años mayor que él, le toma bajo su manto, le hace ser consciente del sufrimiento del pueblo y poco a poco, bajo esa influencia, se hará comunista. Miguel tiene 21 – 22 años. Sus amigos poetas son Republicanos. La guerra civil se aproxima, la siente, la vive en sus poemas.
     

     


    J’appelle la jeunesse
    Sang qui ne déborde,
    jeunesse qui n’ose,
    ni est sang, ni jeunesse,
    ni brillent, ni fleurissent.

     

    Corps qui naissent vaincus,
    vaincus et tristes meurent:
    âgés d’un siècle ils arrivent,
    et sont vieux à l’arrivée.
    (trad: Colette)
     
    Llamo a la juventud
    Sangre que no se desborda,
    juventud que no se atreve,
    ni es sangre, ni es juventud,
    ni relucen, ni florecen.
     
    Cuerpos que nacen vencidos,
    vencidos y grises mueren:
    vienen con la edad de un siglo,
    y son viejos cuando vienen.
     
     
     
    Miguel Hernández se marie et a un fils qui, pour son grand malheur et celui de sa femme, meurt à moins d’un an. Il en aura un autre, mais Miguel ne sera plus chez lui.
    Miguel Hernández se casa, tiene un hijo que desgraciadamente muere con menos de un año. Tendrá otro pero Miguel ya no estará en su casa.
     
    Il prend une part fort active dans la Guerre civile, essaye de fuir au Portugal, est arrêté à la frontière et condamné à mort. L’intervention de ses amis, dont Pablo Neruda bien sûr, font commuer cette peine en 30 ans de prison. Mais il mourra avant, de tuberculose, à 32 ans, par manque de soins.
     
    Toma parte activa en la guerra civil, trata de huir a Portugal pero es arrestado en la frontera y condenado a muerte. La intervención de sus amigos, entre los cuales Pablo Neruda, consigue rebajar la pena a 30 años de prisión. Pero morirá en prisión, a los 32 años, de una tuberculosis.
     
    Tristes guerras
    Tristes guerras
    si no es amor la empresa.
    Tristes, tristes.
    Tristes armas
    si no son las palabras.
    Tristes, tristes.
    Tristes hombres
    si no mueren de amores.
    Tristes, tristes.
     
    Tristes guerres
    Tristes guerres
    si l’amour n’en est le but.
    Tristes, tristes.
    Tristes les armes
    qui ne sont la parole.
    Tristes, tristes.
    Tristes hommes
    s’ils ne meurent d’amour.
    Tristes, tristes.
    (Tard: Colette)
     
    Ce récit de sa vie est forcément très incomplet mais vous donne une idée de l’homme, du poète.
    Este relato de su vida es, por fuerza, muy incompleto pero os dará una idea del hombre y del poeta.

    REF: Pour ceux qui comprennent un peu l’espagnol, il y a ce récit, émouvant, de sa femme: http://mujeresiluminandosombras.blogspot.com.es/2010/10/biografia-de-josefina-manresa-marhuenda.html
    Dans “J’avoue que j’ai vécu” Pablo Neruda parle longuement de Miguel Hernández. Je publierai l’extrait dans le prochain billet.
    En “Confieso que he vivido” Pablo Neruda habla mucho de Miguel Hernández, publicaré en la próxima entrada esta parte del libro.

     

     
     
  • Jouer à oui et non / Jugar al sí y al no

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    Balançoire 
     
                                   Gerardo Diego 1896-1987
     
     
    À cheval sur le bord du monde
    un rêveur jouait à oui et non
     
    Les pluies de couleurs
    émigraient au pays des amours
     
     
     
    Vol de fleurs
     
     
    Fleurs du oui
     
     
    Fleurs du non
     
     
    Couteaux dans l'air
    qui lui déchirent la chair
    forment un pont
     
     
    Oui
     
     
    Non
     
     
    Chevauchait le rêveur
    Des oiseaux arlequins
     
     
    ils chantent le oui
     
     
    ils chantent le non

    (Trad: Colette)
     
     
    Une balançoire en Équateur, lisez ceci, c'est extraordinaire: http://voyagerloin.com/actualite/activites-sport/equateur-balancoire-flippante-du-monde-face-volcan-en-eruption/
     
     
     
     
     
    Columpio 
                                                    Gerardo Diego
     
    A caballo en el quicio del mundo
    un soñador jugaba al sí y al no

    Las lluvias de colores
    emigraban al país de los amores



    Bandadas de flores


    Flores de sí


    Flores de no

    Cuchillos en el aire
    que le rasgan las carnes
    forman un puente





    No

    Cabalgaba el soñador
    Pájaros arlequines


    cantan el sí


    cantan el no
  • Une main amicale / Una mano amiga

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    Du seuil d’un rêve on m'appela…
    C’était la bonne voix, la voix aimée.
    — Dis-moi: viendras-tu avec moi visiter l’âme?…

    À mon cœur parvint une caresse.
    Avec toi, toujours… Et dans mon rêve j’avançai
    par une galerie longue et nue,
    sentant m’effleurer la robe pure,
    doucement palpiter la main amicale.
    (Trad: Colette)
    Antonio Machado

    Desde el umbral de un sueño me llamaron...
    Era la buena voz, la voz querida.
    -Dime: ¿vendrás conmigo a ver el alma?...
    Llego a mi corazón una caricia.
    -Contigo siempre...Y avancé en mi sueño
    por una larga, escueta galería
    sintiendo el roce de la veste pura
    y el palpitar suave de la mano amiga.
     
    Antonio Machado
     
     
     
     
    Luís Enrique Gómez (Cuba)

     

     
  • Garcia Lorca, l'ombre / G. Lorca, la sombra

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    L'ombre de mon âme

     

     Garcia Lorca

     

     

    L'ombre de mon âme
    s'enfuit dans un couchant d'alphabets,
    brouillard de livres
    et de mots.

    L'ombre de mon âme !

    J'ai atteint la ligne où cesse
    la nostalgie,
    et là, la goutte de pleur se transforme,
    albâtre de l'esprit

    L'ombre de mon âme !

    Le flocon de la peine
    s'achève,
    mais il me reste raison et substance
    de mon ancien midi de lèvres,
    mon ancien midi
    des regards.

    Un trouble labyrinthe
    d'étoiles voilées
    emmêle mes espoirs
    presque fanés.

    L'ombre de mon âme !

    Une hallucination
    Aspire mes regards.
    Je vois le mot amour
    démantelé

    Rossignol !
    Mon rossignol !
    Chantes-tu encore ?


    Mix d'une traduction trouvée sur la Toile (sans nom d'auteur) et de version personnelle-Colette.
     

    "Derrière chez moi" Photo Colette

     

    La sombra de mi alma
     
    Federico García Lorca
     
     
    La sombra de mi alma
    huye por un ocaso de alfabetos,
    niebla de libros
    y palabras.

    ¡La sombra de mi alma!

    He llegado a la línea donde cesa
    la nostalgia,
    y la gota de llanto se transforma
    alabastro de espíritu.

    (¡La sombra de mi alma!)

    El copo del dolor
    se acaba,
    pero queda la razón y la sustancia
    de mi viejo mediodía de labios,
    de mi viejo mediodía
    de miradas.

    Un turbio laberinto
    de estrellas ahumadas
    enreda mi ilusión
    casi marchita.

    ¡La sombra de mi alma!

    Y una alucinación
    me ordeña las miradas.
    Veo la palabra amor
    desmoronada.

    ¡Ruiseñor mío!
    ¡Ruiseñor!
    ¿Aún cantas?
     
  • Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

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    Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

     

    Photo Colette, port de Valldemossa
     
     
     

     

    Marine

    Je t'ai vu, océan
    je t'ai galopé
    sur le dos d'un violon
    de bois poli
    d'un lutrin courbe
    de couleur du cerisier
    et tu étais, océan
    un champ
    d'herbe bleue
    en mouvement.

    Comme si tu étais
    l'oubli même
    je t'ai visité
    océan
    empereur des eaux
    miroir profond du ciel
    et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
    des céréales bleues et des fleurs du silence.
    (trad: Colette)
    "El sueño oscuro" 1994
     
    Photo Colette , miroirs de lune?
     
    Marina

    Blanca Andreu‏


    Te he visto, océano
    te he galopado
    a lomos de un violín
    de madera pulida
    de un potro alabeado
    del color del cerezo
    y eras, océano
    un prado
    de hierba azul
    en movimiento.

    Como si fueras
    el propio olvido
    te he visitado
    océano
    emperador de las aguas
    espejo profundo del cielo
    y he visto en tus eternas barbas de espuma
    cereales azules y flores del silencio.

    "El sueño oscuro" 1994 

     

  • Une lumière musicale / Una luz musical

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    Le silence rond de la nuit
     
    Federico García Lorca
     

     

    Le silence rond de la nuit
    Sur la portée musicale
    De l'infini.
    Moi je sors nu en rue,
    Ivre de vers
    Perdus.
    Le noir,
    criblé
    Par le chant du grillon,
    Retient ce feu follet
    Mort,
    Du son.
    Cette lumière musicale
    Que perçoit
    L'esprit.
    Les squelettes de mille papillons
    Dorment dans mon enceinte.
     
    Passe une jeunesse de brises folles
    Sur la rivière.
     

    (Trad: Colette) 

    Feux follets / Fuegos fatuos          
     
    El silencio redondo de la noche
    Federico García Lorca
    El silencio redondo de la noche
    Sobre el pentagrama
    Del infinito.
    Yo me salgo desnudo a la calle,
    Maduro de versos
    Perdidos.
    Lo negro, acribillado
    Por el canto del grillo,
    Tiene ese fuego fatuo,
    Muerto,
    Del sonido.
    Esa luz musical
    Que percibe
    El espíritu.
    Los esqueletos de mil mariposas
    Duermen en mi recinto.

    Hay una juventud de brisas locas
    Sobre el río.
  • Un fil de lumière doré / Un dorado hilo de luz

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    Aujourd'hui un poème du Majorquin Jaume Mesquida, né à Palma de Mallorca (1948) mais qui a toujours vécu à Manacor (patrie de Rafael Nadal aussi).  
     Il raconte bien l'immense amour des majorquins pour la nature, le vent, la mer, leur île.
    Dans le recueil dont j'ai déjà parlé, “Majorque, l'île aux poètes”, il se trouve en Catalan, mais aussi traduit en Espagnol et en Français.
     
    Je n'ai pas résisté à l'envie d'en faire une traduction très personnelle;-))
     

    Obole de silence I
     
    La nuit battit en retraite et laissa intacte la couleur
    rouge des cerises.
    L'ombre resta prisonnière dans la jarre de terre.
    Le vent cacha le murmure odorant de la forêt dans la flûte
    que soutenaient, alanguies, des mains blanches.

    Mille petits éclats de lune étaient restés accrochés aux branches odorantes
    du citronnier.
    Dans les branches de l'oranger, devant le porche de bois,
    se prirent les mille grains vermeils du soleil
    qui approcha timidement les lèvres au bord ébréché
    de la cruche, pour boire à satiété.
    Les yeux des maisons s'étaient ouverts et regardaient surpris
    l'azur si pur de ce jour ensoleillé.

    De bon matin les vieilles se sont installées devant la mer
    tissant un souvenir sur le métier rougi de leur sang,
    tandis que le jour, d'un fil de lumière doré, cousait un tablier
    d'écume à la brise des hautes falaises.
    Là le vent du sel soufflait dans leurs cheveux gris,
    longs et lisses
    et les petites fleurs jaunes insulaires de camomille
    réunies en bouquets sauvages et odorants
    par les poings âpres des rochers.

    Chacune trouvait très facilement son aiguille de douleur
    dans le pailler de la tristesse.


    (Trad Colette)


     
    Traducción al español por el mismo Jaume Mesquida.
    Clic sur les textes catalans et espagnols pour agrandir

  • Temps et silence / Tiempo y silencio

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    Cesaria Evora, ici en espagnol avec le chanteur espagnol des îles Canaries, Pedro Guerra.


    Une maison dans le ciel

    Un jardin dans la mer
    Une alouette sur ton cœur
    Un nouveau départ

    Un désir d'étoiles
    Un soupir* de moineau
    Une île dans ton lit
    Un coucher de soleil

    Temps et silence
    Cris et chants
    Cieux et baisers
    Voix et chagrin

     Naître dans ton rire
     Grandir dans tes larmes
    Vivre sur tes épaules
    Mourir dans tes bras

    (trad:Colette)
     
    Una casa en el cielo
    Un jardín en el mar
    Una alondra en tu pecho
    Un volver a empezar
     
    Un deseo de estrellas
    Un latir de gorrión
    Una isla en tu cama
    Una puesta de sol
     
    Tiempo y silencio
    Gritos y cantos
    Cielos y besos
    Voz y quebranto
     
    Nacer en tu risa
    Crecer en tu llanto
    Vivir en tu espalda
    Morir en tus brazos
     
    * le mot exact est "battement", mais...