Un mot, des mots.../ Una palabra, palabras...

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Aujourd’hui un poème abstrait, une réflexion sur les mots par Roberto Juarroz.

Hoy un poema abstracto, una reflexión sobre las palabras, por Roberto Juarroz.

(Merci Kwarkito pour la suggestion d'illustrations)

 



                                               The writer Saul Steinberg

 

 

Tout mot appelle un autre mot.

Tout mot est un aimant verbal,

un pôle d’attraction variable

qui toujours inaugure de nouvelles constellations.

 

Un mot est tout un langage,

mais aussi le fondement

de toutes les transgressions du langage,

la base où s’appuie toujours un antilangage.

 

Un mot est encore un homme.

Deux mots sont déjà l’abîme.

Un mot peut ouvrir une porte.

Deux mots l’effacent. 

(Trad: Colette)

Les Idées, Saul Steinberg 

 Roberto Juarroz.


Toda palabra llama a otra palabra.
Toda palabra es un imán verbal,
un polo de atracción variable
que inaugura siempre nuevas constelaciones.

Una palabra es todo el lenguaje,
pero es también la fundación
de todas las transgresiones del lenguaje,
la base donde se afirma siempre un antilenguaje.


Una palabra es todavía el hombre.
Dos palabras son ya el abismo.
Una palabra puede abrir una puerta.
Dos palabras la borran.

Lien permanent 9 commentaires

Commentaires

  • Hola Colette

    Déjà la semaine dernière avec Federico et sa valse surréaliste – les iris de neige, les ondes obscures de ta démarche, la danse que rêve la tortue et j’en passe… Un peu ras le caquelon de l’abstraction et des facilités imagières télescopées, les recettes chéries des surréalistes…
    Puedo decir que no me gusta demasiado ? On sait tous qu’au début était le verbe, avec sujets et compléments. N’ajoutons donc pas de mots à nos maux.

    Bonjour à Majorque.

  • @ Señor Gislebert, je savais que vous n'aimiez pas Lorca.
    Et pas Roberto Juarroz non plus, pourtant loin du surréalisme je vois.
    Ni les illustrations de l'archi connu Saul Steinberg...
    Nada.

    Que vais-je faire ?
    Pas aller me pendre en tout cas....;-))

    Bonne fin de week-end.

  • Saul Steinberg toujours aussi chic et décontracté malgré les années.

  • Meuh non, pas se pendre...ou alors aux fraisiers de votre jardin...

  • @ Rabbit, la plupart de ses dessins sont intemporels, c'est vrai.

    @Gislebert, justement nous avons des fraises en quantité cette année, petites et très parfumées.
    Quand vous pensez fraises, quel est le mot aimant qui surgit dans votre tète ? Crème fraîche ? Tarte?
    À Majorque c'est jus d'orange et chez moi feuilles de menthe finement coupées.

  • Les fraises, chère Colette, à mon âge c'est surtout important de ne pas commencer à les sucrer inopinément...

  • En contemplant les images accompagnant ce poème, me vient irrésistiblement à l'esprit ce dicton usé sur les mille mots et une image...
    Les mots peuvent être compliqués, ou incompréhensibles ou trompeurs et le poète semble s'en méfier.
    Mais ces dessins !? Ils sont si parlants et on n'a pas besoin d'une traduction.

    Ce serait intéressant de montrer ces dessins à des personnes d'autres cultures, pour voir si cela signifie quelque chose pour eux et si oui, ce que ça signifierait.
    Mais pour le savoir, on aurait besoin de comprendre leur langue ! ;-)))
    Certes, on pourrait observer leur réaction. Est-ce qu'ils sont interloqués, intrigués, amusés ?

  • Le travail de Saul Steinberg est représentatif de la ligne graphique des années 1960-70, tout comme le fut l'École de Bâle pour la typographie à cette même époque. Dans une certaine mesure, on peut comparer son travail à celui de Tomi Ungerer.

  • @Calendula, je crois aussi qu'une personne d'une autre culture, à part si elle n'a qu'une culture orale, aurait une réaction physique égale à la nôtre.

    @ Rabbit, et bien je ne connaissais pas du tout Tomi Ungerer ! Alors hier soir j’ai exploré son monde, merci beaucoup.

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