• Bateau / Barco

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    Lisière, un site dont nous avons déjà parlé ici. Vous vous en souvenez ? Des Kinépoèmes.

     

    ¿Os acordáis de los Kinépoèmes en Lisière ?

    Esta vez, el autor del sitio web me pidió que grabará, susurrando, una frase de un

     poema de Alejandra Pizarnik. Parecía fácil...pero sude y me reí mucho.

    Podéis encontrar todo aquí.

     

    Cette fois l’auteur, Deylan Caylon, m’a demandé d’enregistrer une phrase - en 

    espagnol - d’Alejandra Pizarnik, ceci en chuchotant. Il m’avait prévenue “ c’est plus

     compliqué qu’il n'y paraît“.

    En effet, oh là, là, après moultes essais, pas mal de gouttes de sueur, de fous 

    rires aussi...c’est fini.(mon pseudo est Colo)

     

                                        (c'est plus beau en écran complet - es más bonito en plena pantalla)

     

    Vous trouverez l’ensemble sur son site, mais voilà ce qu’il écrit au-dessous du montage:

     

    Poème en mouvement réalisé par Deylan Caylon inspiré par un texte de Alejandra Pizarnik et

    une musique d’Arcangelo Corelli.

    Alejandra Pizarnik a partagé sa courte vie entre l’Argentine et Paris où elle croisa notamment Octavio Paz et Julio Cortázar. Écrivain, journaliste, poétesse, les mots étaient pour elle comme l’air qu’elle respirait.

    Deylan a choisi ce texte pour faire contrepoint (contre-pied ?) à celui d’Italo Calvino dans « Écume ». C’est pourquoi il a repris le troisième mouvement du Concerto Grosso op6 n°1 d’Arcangelo Corelli, mais dans une interprétation toute différente.

    Les mots ont emprunté la voix de Brigitte Bardou (elle-même auteure de poèmes et de pièces de théâtre) et de Colo (passionnée de culture hispanique et latino-américaine).

     

  • Un coeur triste / Un corazón triste

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    Coeur dans la nuit

    José Ángel Buesa (Cuba, 1910-1982)

     

    Une fenêtre ouverte, La pluie. Et un lointain souvenir.

    Une rue vide. Seulement une rue et le vent.

    Cœur dans la nuit sans personne qui partage un rêve.

    La pluie, un homme seul. Et la douleur des roses qui sont mortes.

    La vie passe. C’est la vie, et non le temps qui passe.

    C’est ainsi. Et c’est égal. Le reste est un long silence.

    (Trad:Colette)

    "Callejón después de la lluvia / Alley After Rain" © Gus (Fine Art)

     

     

    Corazón en la noche

    José Ángel Buesa (Cuba, 1910-1982)

    Una ventana abierta. La lluvia. Y un lejano recuerdo.
    Una calle vacía. Nada más que una calle y el viento.
    Corazón en la noche sin que nadie comparta un sueño.
    La lluvia, un hombre solo. Y el dolor de las rosas que han muerto.
    La vida está pasando. La vida es lo que pasa no el tiempo.
    Eso es así. Y no importa. Lo demás es un largo silencio.

     

     

    Pas gai le poème de la semaine, les poètes ont des moments comme ça….

    Triste el poema de esta semana, los poetas tienen momentos así…

     

                             

                               "Que llueva / Let it Rain" © Gus (Fine Art)

     

    La pluie me fait penser aux photos de cet homme (qui signe Gus) que je vois souvent amener sa petite fille à la garderie, on se salue, toujours. J’ignorais jusqu’à présent qu’il était photographe, et renommé, pourtant dans notre petit village tout est censé se savoir, non?

    La lluvia me hace pensar en las fotos de ese hombre (que firma Gus) que a menudo veo llevando a su hija a la guardería y nos saludamos, siempre. Hasta ahora ignoraba que era fotógrafo, de renombre, sin embargo en nuestro pequeño pueblo se supone que todo lo sabemos, ¿verdad?

     

     

                               "Oscuridad / Darkness" © Gus (Fine Art)

     

     

     

                              "El gran bosque / The Great Forest" © Gus (Fine Art)

     

    Voilà quelques unes de ses photos, vous pouvez en admirer beaucoup plus ici:

    Hé aquí unas fotos pero podéis ver muchas más aquí: 

     

    https://elhurgador.blogspot.com/2020/01/gus-fotografia-fotomanipulacion.html

    Et là /Y allí: https://carretedigital.com/gus-fine-art-el-fotografo-del-mes/

  • Peurs et courages / Miedos y valentías

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      Courageux

    GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

     Il avait peur des pas
    des portes entrouvertes
    des rideaux
    des pieds des sphinx
    de la langue des chats

    Il était effrayé par les rires des vieux
    et par les photos d'enfants en cravate
    par les ours en peluche
    par les mouettes au cinéma
    des années soixante

    Il craignait surtout de
    voir pleurer son père
    de parcourir un couloir
    de se couper avec du papier
    et de mourir chaque nuit

    Mais il était si courageux
    qu'il regardait dans les yeux
    et qu'il épanchait son âme
    et disait je t'aime
    et c'était vrai.

    (Trad: Colette)


    Valiente  
           

    GRACIA IGLESIAS LODARES
    (Madrid 1977)
     
    Le daban miedo las pisadas
    las puertas entreabiertas
    las cortinas
    los pies de las esfinges
    la lengua de los gatos.

    Le asustaban la risa de los viejos
    y las fotos de niños con corbata
    los osos de peluche
    las gaviotas de cine
    de los años sesenta.

    Temía sobre todo
    ver llorar a su padre
    recorrer un pasillo
    cortarse con papel
    y morir cada noche.

    Pero era tan valiente
    que miraba a los ojos
    y derramaba el alma
    y decía te amo
    y era cierto.

  • À fleur de peau / A flor de piel

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    Gioconda Belli, une poétesse que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois sur ce blog.

    Si vos sens sont un peu engourdis par le froid, par l’apathie de ces derniers mois, je pense que

    ce poème vous réveillera ...

     

    Ya hemos encontrado esta poetisa varias veces en este blog.

    Si tenéis los sentidos algo adormecidos por el frío o la apatía de esos últimos meses,creo que este poema os despertará...

     

     

                                          El visitante / Le visiteur  Fernando de Szyszlo (Perú)

     

    Gioconda Belli

     

    Je te vois comme un tremblement...

     

    Je te vois comme un tremblement

    dans l’eau.

    Tu vas

    tu viens,

    et laisses des ronds dans mon imagination.



    Quand je suis avec toi

    j’aimerais avoir plusieurs moi,

    envahir l’air que tu respires,

    me transformer en un amour chaud

    pour que tu me sues

    et pouvoir entrer et sortir de toi.

     

    Te caresser cérébralement

    ou me glisser dans ton cœur et exploser

    à chacun de tes battements.

     

    Te semer, tel un grand arbre, dans mon corps

    et soigner tes feuilles et ton tronc,

    te donner mon sang de sève

    et, pour toi, me convertir en terre.

     

    Je sens un souffle chatouilleur

    quand nous sommes ensemble,

    je voudrais me transformer en rire,

    pleine de plaisir,

    batifoler sur plages de tendresse

    récentes,

    mais que j’ai toujours pressenties,

    t’aimer, t’aimer

    jusqu’à ce que nous oubliions tout

    et ne sachions plus qui est qui.

    (Trad: Colette)

     

     

     

     

    Te veo como un temblor...

    Te veo como un temblor
    en el agua.
    Te vas,
    te venís,
    y dejás anillos en mi imaginación.

    Cuando estoy con vos
    quisiera tener varios yo,
    invadir el aire que respiras,
    transformarme en un amor caliente
    para que me sudes
    y poder entrar y salir de vos.

    Acariciarte cerebralmente
    o meterme en tu corazón y explotar
    con cada uno de tus latidos.

    Sembrarte como un gran árbol en mi cuerpo
    y cuidar de tus hojas y tu tronco,
    darte mi sangre de savia
    y convertirme en tierra para vos.

    Siento un aliento cosquilloso
    cuando estamos juntos,
    quisiera convertirme en risa,
    llena de gozo,
    retozar en playas de ternuras
    recién descubiertas,
    pero que siempre presentí,
    amarte, amarte
    hasta que todo se nos olvide
    y no sepamos quién es quién.

     

  • Toc, toc !

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     Nous voilà en début d'Année, souhaitons pour 2021 que le tempête s'éloigne et que chacun de nous puisse donner et recevoir visites, baisers et caresses, avoir travail, logement, tout ce qui lui manque.

     

     

    Foto: https://www.ultimahora.es/noticias/local/2020/12/29/1226099/tiempo-mallorca-amaina-borrasca-bella.html

     

    Gioconda Belli Poeta Nicaragua 1948-

     

    “Dis-moi que tu ne me façonneras jamais, 

    ni ne me donneras le bonheur de la résignation 

    mais celui dont souffrent les élus, ceux qui peuvent

     embrasser des yeux la mer et le ciel 

    et amener l'Univers dans leurs corps.”

    (Trad: Colette)

     

     

    Bonne Année                          Feliz Año

     

    “Dime que no me conformarás nunca, 

    ni me darás la felicidad de la resignación, 

    sino la felicidad que duele de los elegidos, 

    los que pueden abarcar el mar y el cielo con sus ojos 

    y llevar el Universo dentro de sus cuerpos.” 

     

    Nota:  Poema entero aquí.