Toc, toc !

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 Nous voilà en début d'Année, souhaitons pour 2021 que le tempête s'éloigne et que chacun de nous puisse donner et recevoir visites, baisers et caresses, avoir travail, logement, tout ce qui lui manque.

 

 

Foto: https://www.ultimahora.es/noticias/local/2020/12/29/1226099/tiempo-mallorca-amaina-borrasca-bella.html

 

Gioconda Belli Poeta Nicaragua 1948-

 

“Dis-moi que tu ne me façonneras jamais, 

ni ne me donneras le bonheur de la résignation 

mais celui dont souffrent les élus, ceux qui peuvent

 embrasser des yeux la mer et le ciel 

et amener l'Univers dans leurs corps.”

(Trad: Colette)

 

 

Bonne Année                          Feliz Año

 

“Dime que no me conformarás nunca, 

ni me darás la felicidad de la resignación, 

sino la felicidad que duele de los elegidos, 

los que pueden abarcar el mar y el cielo con sus ojos 

y llevar el Universo dentro de sus cuerpos.” 

 

Nota:  Poema entero aquí.

Commentaires

  • Hola Colette,

    La Gioconda de Managua, pas à dire, quel tempérament ! On entrave d’autor ce qu’elle veut, au travers de son lyrisme exalté et son style échevelé comme sa tignasse – ai lu son texte en entier, survolé sa bio (avec photos), son parcours politique, ses engagements politiques et l’on comprend, s’il en était encore besoin, pourquoi les pays d’Amérique latine ont de la peine à décoller…

    Se goinfrer l’Univers, étreindre du regard la mer et le ciel tout effusionnés , plus loin l’éternité à deux (le cauchemar non ?), quel programme, des images en cascades qui traduisent son ardeur de vie, le fuego de ses convictions… La resignación, même confortable et assurée, sûr que ce n’est pas son truc ; pas d’indécision, mais de l’action, de la passion, faut que ça pète, même si c’est pour brasser de l’air. – plus loin : « Te vendrás conmigo: Haremos un rito del amor y una explosión de cada uno de nuestros actos. » … Croyez-moi, une seule solution dans ces cas-là : se tirer vite fait, courage, fuyons ! Revolución, pasión, convicción, explosión, corrupción, concusión, desilusión, capitalización y emigración…

    Bon, je plaisante, mais un brin de cynisme ne messied pas en début d’année, histoire de conjurer le sort.

    La résignation n’est guère vertueuse et n’a pas bonne presse dans la littérature à travers des âges. De Balzac (« La résignation est un suicide quotidien ») à Camus (« Vivre, c’est ne pas se résigner »), en passant par de Beauvoir, tous l’ont vilipendée, honnie, condamnée en l’opposant à l’action de l’homme prétendument libre de ses choix et maître de son destin.
    « L'impuissance est la forme la plus courante de la résignation. » (Y. Audouard), « Il faut oser ou se résigner à tout. » (Tite-Live), « C'est une vraie lâcheté que de chercher la sûreté dans la résignation. » (G. Eliot) Et cætera, de pleins wagons de citations…
    Heureusement, quelques-uns sont plus nuancés, comme Bernanos : « Il y a dans tout homme une énorme capacité de résignation, l'homme est naturellement résigné. C'est d'ailleurs pourquoi il dure. » ; ou le vieil Horace : « La résignation adoucit tout ce que l'on ne peut pas corriger. » ; Ionesco assez ambigu : « Qui est le plus sage ? Celui qui accepte tout ou celui qui a décidé de ne rien accepter ? La résignation est-elle une sagesse ? » ; Balzac encore qui n’en est pas à une contradiction près : « Ce que la religion catholique a de beau, ce sont ses principes généreux : la résignation, le dévouement enseignés par Jésus-Christ, deux principes de sociabilité. ». Ces auteurs tempèrent les jugements péremptoires pour admettre que la résignation a parfois du bon et représente une forme de résilience, pour utiliser un mot branché, qui nous permet d’affronter les toboggans de l’existence et son inéluctable terme, sans sombrer dans le court-bouillon chronique du désespoir. Accepter son sort en quelque sorte, faire avec.

    Nous par contre, faut bien qu’on se résigne, sin desesperar claro, à cocher dans notre petit carnet personnel de capital-vie un an de plus en moins, à moins que ce soit un an de moins en plus. Mais bon, on peut toujours se consoler avec le grand Will, toujours pétant d’optimisme : « Si les étranges vicissitudes de la fortune ne nous faisaient pas voir le peu de valeur de la vie, jamais on ne se résignerait à vieillir. » Texto dans Le Roi Lear.

    Un dernier commentaire, trop long comme à l’habitude… No importa, los blogs se van a cerrar.

    Feliz año nuevo para ti y todos los tuyos.

  • @Gislebert, une sacrée femme oui !
    Notez que quand on vit sous une dictature, se résigner n'est pas de mise...ou très compliqué.
    Une femme de tous les combats, féministes aussi.

    Merci d'avoir recherché des exemples dans la littérature, si riche sur le sujet je vois, je ne m'y étais jamais arrêtée.

    Comme vous le dites à la fin, cette période actuelle, si étrange, il nous faut l'accepter pour notre propre bien, et celui des autres bien sûr. Rien à voir avec une dictature, claro.

    Le poème du week-ed prochain est encore d'elle, de quoi éveiller nos sens ;-)

    Feliz Año y gracias.

  • Hola Colette,

    J'aime décidément beaucoup l'image en haut de votre blog.
    Bonne année pour vous et votre blog, et pour vos commentateurs et trices.
    Ne pouvant pas lire ceux qui n'écrivent pas, et pour cause, je me résigne (c'était trop tentant) à lire les autres, et c'est un régal!
    :-)

  • Ah oui, les montagnes d'ici vous rappellent des souvenirs sans doute...

    Mon blog poétique attire peu les commentateurs (à part un ou deux fidèles que je remercie ) et ce depuis toujours, mais je persiste, pas de ...haha, résignation !

    Bonne journée John, vous avez sûrement vu qu'ici il grêle, gèle neige,,,,et pas de chasse neige sur l'île bien évidemment ;-))

  • Elle souhaite donc recevoir le bonheur des élus, si je comprends bien.
    Et ces élus seraient ceux qui peuvent amener l'Univers dans leur corps, en ayant embrassé le ciel et la mer de leurs yeux.
    Je crois que c'est à notre portée !!
    Et en ayant ce regard englobant et vaste, nous échapperions peut-être à la résignation. Cela aurait pour effet secondaire de ne pas trop nous concentrer sur nous-mêmes, mais de nous ouvrir à ce qui nous entoure..
    C'est un beau programme à l'orée de cette nouvelle année.

    Reste à savoir qui est ce "tu" ... qui "donneras" et ne "façonneras" point.
    J'ai essayé de lire le reste du poème ( en italien) grâce au lien et si j'ai bien compris, ce "tu" est un bien-aimé.
    Comme vous avez choisi de nous donner que le début du poème, je'n reste à l'idée que nous pouvons décider, nous-mêmes, de n'être ni façonnés, ni résignés.

  • @Calendula, oui, je l'ai coupé ce poème voulant, comme vous le soulignez, en faire un message universel, et non pas un message personnel.
    C'est un peu de la trahison peut-être du point de vue de la poétesse, mais la poésie est ouverte, chacun y prend ce qu'il veut, non ?
    Je crois comme vous que nous pouvons tous y arriver, tous sens ouverts.
    Bonne soirée.

  • Les montagnes, oui, ces montagnes du sud avec leur végétation spécifique. Il y a qqch de la Provence, de la régions de Saou dans la Drôme, ou de quelques coins des Alpilles. Des lieux de bonheur pour moi. Mais c'est aussi l'ambiance, le ciel les nuages de beau temps, l'espace, qui me parlent.

    À part cela il fait froid aussi, ici, avec un peu de neige. Mais tout va bien, l'hiver se fait, les vents de nord-est dominent, et une dépression sur le Languedoc vous renvoie une partie de l'air froid (vu sur Ventusky).

    Bonne soirée à vous aussi.

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