Poème cubiste / Poema cubista

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 La peinture cubiste est mieux connue que la poésie du même mouvement. Alors, pendant quelques semaines, partons à la découverte...

La pintura cubista es más conocida que la poesía del mismo movimiento. Entonces, y por unas semanas, vamos a descubrirla...



 

Chanson cubiste

José María Eguren (Lima, Pérou, 1874-1942)



Peupleraie de rectangles bleus.

 

La tour joyeuse

du dandy.

 

Volent

papillons photos.

 

Dans le gratte-ciel

un coq noir en papier

salue la nuit.

 

Au-delà de hollywood,

dans une distante

la ville lumineuse,

des obélisques

de nacre.

 

Dans le brouillard

la garçonne

étrangle un fantôme.

(Trad:Colette)

 

 


Fernand Léger, La ville / la ciudad, 1919 

 

 

 

Canción cubista

de José María Eguren (Lima, Perú 1874-1942)

Alameda de rectángulos azules.

La torre alegre
del dandy.

Vuelan
mariposas fotos.

En el rascacielos
un gallo negro de papel
saluda la noche.

Más allá de hollywood,
en tiniebla distante
la ciudad luminosa,
de los obeliscos
de nácar.

En la niebla
la garzona
estrangula un fantasma.

Commentaires

  • Hola amiga Colette,

    Poésie cubiste ? Pourquoi pas sérielle ou dodécaphonique tant qu’à faire et s’il faut mélanger les genres et les façons… On parle bien d’impressionnisme à propos de la musique de Debussy.

    A dire vrai, les poètes n’ont pas attendu Picasso et Braque pour déconstruire le langage, les codes et les structures de leur discipline. Rimbaud, Mallarmé (le seul auteur intraduisible, même en français prétendait Jules Renard – mais il avait mauvais esprit…), d’autres encore avaient défriché la voie. Le cubisme, ce fut l’affaire de l’Apollinaire, génie vibrionnant toujours en quête du dernier bateau, promu naturellement chef de la petite bande qui gravitait alors autour de Picasso : des peintres (Modigliani, Braque, Juan Gris, Marie Laurencin, Fernand Léger qui illustre votre billet…) et des littéraires comme Cendrars, Cocteau et l’incontournable Max Jacob qui cumulait les deux casquettes, à la fois peintre et poète.

    Faut bien le dire, les Calligrammes d’Apollinaire, toujours cités en exemple de poésie cubiste et dont le texte est dessiné pour figurer un objet ou un animal, suscitent plus de curiosité que d’émotion. Pour cela, mieux vaut aller voir du côté du Pont Mirabeau, de la Lorelei ou des Lettres à Lou, « Faut-il qu’il m’en souvienne » …

    Max Jacob, Janus à la fois farceur cynique ou pécheur en recherche de rédemption, tourmenté par son homosexualité mal vécue, auteur prolifique un peu oublié des anthologies, mais dont le souvenir perdure en raison de sa mort tragique au camp de Drancy en 1944, en attente d’un convoi pour Auschwitz. Quelques vers impromptus de la première manière, vous fais grâce de la période mystique nettement moins drôle…

    Les grands spahis tout rouges
    Confesseurs de diablesses
    Un soir d'été à
    Montrouge
    M'ont conté leurs prouesses.
    «Un jour, dit l'un, le négous
    Me fit cadeau d'un burnous
    Et d'un grand plat de couscous.
    Ses femmes qui étaient laides
    Allaient à vélocipèdes. »

    Que des laiderons à bicyclette, vraiment ?

    Poésie cubiste annonciatrice du dadaïsme et du surréalisme ? Sûrement, même si Max Jacob s’en défendait mollement dans une lettre à un familier, qu’il termine par ce cri du cœur, une pirouette bien dans sa manière « Tout ça, c’est la faute à Picasso ! »

    Bon, vous l’aurez compris, perso je préfère m’en retourner aux poètes du XVe siècle, à Mestre Villon et consorts, pas vraiment faciles à la comprenette, une autre manière de rébus, de déchiffrage pour reconnaître une langue dont la beauté des vers se mérite. Des dégoûts et des douleurs, inutile de gloser davantage, faut laisser cela aux éminents exégètes de la chose poétique, sont légion à exercer sur le portail.

    M’en vais prendre le frais sur une île quelque temps, rassurez-vous pas la vôtre, une île en colère, volcanique, qui pète et crache le feu.

    Alla prossima luna, comme on dit là-bas (Patoucha, inutile de traduire…).


    20

  • @ Hola Gislebert,

    Un jour, cet été,  j'ai lu cette "chanson cubiste". Ah bon ai-je pensé, aussi étonnée que vous, 'il existe une poésie appelée cubiste. N'en suis pas restée là, vous pensez bien. Apollinaire et Max Jacob auront leur place ici bien sûr.

    Dans le poème du jour, des images surréalistes, comme l'histoire (amusante) du fantôme, mais aussi, visuellement, un tableau cubiste,  je pense. En tout cas en le traduisant, j'ai "vu" le coq noir, les gratte ciels de nacre... enfin, c'est personnel.

    Une poésie pour s'amuser ensemble. Vous ne la trouvez pas assez formelle, mais moi ces associations incongrues me font rire, planer...

    Alors, comme île, je vous recommande celle de Man. Pas un seul cas de Covid paraît-il. Bien sûr il faut aimer les vents forts, la pluie et mettre des bottes....nothing is perfect.

    Bon séjour volcanique alors et merci pour vos mots. ,

  • Certes, mais en dehors du fait qu'elle est considérée par les gêneurs comme un paradis fiscal, l'île de Man est aussi la patrie des chats sans queue. La prudence est donc de mise.
    Par contre, il y a pléthore de «Rabbit Island» sur cette planète: 14 en Australie, 6 au Canada, 3 dans les Antilles, 3 en Turquie, 2 au Royaume-Uni, 6 aux États-Unis, 1 aux Bermudes, 1 au Cambodge, 1 aux Falkland, 1 au Liban, 1 en Russie et 1 au Japon. Pas encore de «兔子岛» en Chine continentale, mais nous négocions en ce moment-même, avec le gouvernement de la province du Fujian, l'échange de la ville de Genève contre une île proche des côtes de la R.P.C., mais encore sous contrôle de Taïwan. Cela devrait intéresser l'investisseur qui sommeille en vous et l'aventurier prêt à se réveiller. Nous restons en contact.

  • @Señor Rabbit, pensez-vous que les habitants de l'île Man s'ennuient tellement qu'ils équeutent les chats pour se distraire?

  • Doña Colette, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'appendice caudal absent du Manx est condensé dans cette formule magique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Manx_(chat). C'est une Américaine qui m'en a parlé le soir du 31 décembre 1988. Je m'en souviens encore...

  • Gaffez-vous, señor Rabbit, n’ayez même pas l’ombre d’une pensée malveillante. Concernant les greffiers, suis aussi intransigeant si ce n'est plus que Tonton Georges : pas d’équeutages, d’essorillages ou autres sévices. Mon fantôme pourrait venir vous persécuter et répandre le poxvirus de la myxomatose en votre clapier. Autre affaire que le Sras-CoV-2 cézigue, la Saint-Barthélemy assurée pour la gent lapinesque…

  • Par saint Ignace de Loyola ! Ces matous-là sont victimes d'une anomalie génétique due à la consanguinité. C'est ce qui va arriver aux Suisses s'ils bouclent les frontières. Raison pour laquelle j'ai été chercher mes compagnes de plus en plus loin. Puisque Laozi a dit: «Trop loin à l'est, c'est l'ouest», Mme Rabbit est définitivement la solution optimale pour ma génération.

  • Mon lapin@

    Madame Rabbit ? Faudra nous la présenter cette perle rare, que l’on puisse lui demander comment qu’elle fait pour vous supporter. Parce que pour le moment, c’est plutôt la sœur jumelle de l’épouse du lieutenant Colombo ou l’Arlésienne de Bizet, on en cause beaucoup mais personne oncques ne l’a vue…

  • "Alla prossima luna, comme on dit là-bas (Patoucha, inutile de traduire…)."

    :))))) Bonsoir Gislebert, :) Quelle surprise......? Vaut mieux qu'elle soit pleine ou décroissante? :))))))

    Encooooorrrreeeee!? Sicile? Stromboli? Etena? Attention quand même !

    Bon retour.... :)

  • @Colette

    Je suis du même avis que Gislebet! Franchement, JMEguren ne s'est pas foulé la rate! comme dirait l'autre :)))))

  • Pour en revenir à notre péruvien cubique, sa performance réveille mon goût pour le résultat aléatoire des traductions googlériennes.
    Prenons les 6 premières lignes (sur 13) d'un célèbre poème de Li Bai:
    花間一壺酒
    獨酌無相親
    舉杯邀明月
    對影成三人
    月既不解飲
    影徒隨我身

    Google nous offre gratuitement ceci:
    Un pot de vin parmi les fleurs
    Boire seul sans rendez-vous à l'aveugle
    Toast à la lune brillante
    L'ombre devient trois personnes
    Mois à ne pas boire
    Disciple de l'ombre avec moi

    Mais, lorsqu'on demande à Mme Rabbit de choisir parmi 11 traductions en français, celle qui est la plus proche de l'original, on arrive à ça:
    Parmi les fleurs un pot de vin
    Je bois tout seul sans un ami.
    Levant ma coupe, je convie le clair de lune ;
    Voici mon ombre devant moi : nous sommes trois.
    La lune, hélas, ne sait pas boire ;
    Et l’ombre en vain me suit.

    L'avantage de la langue chinoise est permettre la compréhension d'un texte vieux de 1'270 ans, comme s'il avait été écrit la veille. Encore faut-il avoir Mme Rabbit dans les parages.

  • @Señor Rabbit, vous avez pris la peine de rechercher aux tréfonds de la poésie chinoise ces quelques vers qui m'enchantent. Un tout grand merci, c'est vrai qu'ils sont très "modernes", intemporels...
    Cubistes ou pas, qui sait et quelle importance?
    Peut-être l'ombre de sa coupe pourrait-elle lui tenir compagnie...

  • 3 x hélas ! La poésie de Li Bai était largement sublimée par la boisson. La légende veut qu'il se soit noyé en voulant attraper le reflet de la lune dans l'eau, depuis une barque.
    Par contre, plusieurs poèmes de Li Bai ont été traduits et adaptés en allemand. Gustav Mahler en a mis quatre en musique dans sa symphonie «Das Lied von der Erde» (Le Chant de la Terre). Mme Rabbit a dernièrement vu une représentation de cette symphonie à la télévision, après laquelle elle a déclaré que le résultat était plus allemand que chinois.
    So sprach Frau Rabbit...

  • Soyons sérieux hoy :

    « (Madame Rabbit) a déclaré que le résultat était plus allemand que chinois. »

    Effectivement, d’autant que les textes de la traduction ont été encore remaniés par Mahler lui-même, mais on retrouve bien l’esprit des poèmes qui célèbrent la beauté de la Nature, l’Homme tout petit qui la contemple, son passage fugace, son destin aléatoire… Traduttore, traditore c’est bien connu. Et puis l’évidence : « Prima la musica poi le parole » comme disait Signor Salieri…

    Mahler vit une page douloureuse de son existence au moment de la composition (perte de sa fille Maria, - l’Ange du concerto d’Alban Berg -, de son poste à l’opéra, antisémitisme de la société viennoise qui n’apprécie pas sa musique…).

    Ce n’est pas une œuvre « facile » en première écoute comme peuvent l’être l’Adagietto de la 5e symphonie ou la «Titan » sur le thème de "Au Clair de la lune". L’orchestration mahlérienne comme toujours flamboyante sert d’écrin aux voix du ténor et de la mezzo. Tous les grands chefs ont enregistré le Chant de la Terre, il existe de nombreuses versions, celle de Klemperer, Ludwig et Wunderlich en tête de gondole, avec celle de B. Walter, le disciple historique, pour le contralto sublime de K. Ferrier, alors en fin de vie rongée par le cancer…

    Un petit choix pour les amateurs :

    Un concert moderne enregistré en live à Paris, avec traduction française du texte allemand, ce qui ne gâte rien, le dernier lied de l’œuvre « Der Abschied » par K. Ferrier, enfin l’Adagietto de la 5e.
    Tout cela pour le plaisir, à déguster lentement comme un vieil armagnac…

    https://www.youtube.com/watch?v=9THeXCUXVfY

    https://www.youtube.com/watch?v=Nl6zRA9bYO8

    https://www.youtube.com/watch?v=yeaCjyxrgGY

  • Je n'ai pas accès. Je ne dois pas être équipé pour.
    Je ne comprends pour ainsi dire rien à la poésie. L'opéra me semble grandiloquent et fat.
    J'aime la simplicité d'un trio de jazz, la syncope qui nous surprend, l'improvisation.
    Est-ce que ça se soigne docteur ?

  • Rien à soigner, M’sieur Jenni, vous c’est le jazz, el barbudo le p’tit poète hirsute le rock, chacun ses dégoûts et des douleurs. Ceci dit, l’on peut parfaitement être « universaliste » et apprécier différentes sortes de zique.

    Au fait, ai besoin d’un taxi dimanche matin à 4h30 AM. Z’êtes libre ?

  • Ce serait un véritable honneur de pouvoir vous transporter d'un point A à un point B. Mais je ne pratique plus cet art depuis plus de deux ans déjà.
    Le mieux c'est de réserver votre taxi auprès de Taxiphone SA qui vous garantira ce transfert en vous envoyant un chauffeur 10 minutes avant l'heure prévue. Il ne mettra son compteur en route qu'à l'heure définie.

  • À défaut de cubisme, ceci devient assez surréaliste: poésie dans un taxi, pourquoi pas?

  • Surréaliste, je ne sais. Réaliste assurément avec les détails concrets de la transaction. Hyperréalisme peut-être, la vie n'est-elle pas poésie avant même d'être traduite en mots.

  • Hola Colette,

    En lisant, je n'ai pas d'émotion (qui à elle seule pourrait donner du sens si la logique texteuelle est déroutante), mais seulement des images disparates. Je n'arrive pas à me faire une représentation et à donner un sens.

    En comparaison, le tableau (bien choisi avec le texte) me parle et je peux tenter d'y voir des structures, une intention, ou lui donner une apparence cohérente.

    Avec les mots seuls je n'arrive pas à cette construction, or elle me parait d'une part naturelle et spontané et d'autre part elle permet de donner du sens.

    Conclusion de cette petite expérience: si les formes visuelles décousues peuvent prendre une apparence presque signifiante malgré leur incohérence ou leur abstraction, ce n'est pas le cas pour les mots. C'est peut-être la raison qui fait que je ne goûte pas à ce genre de poésie: je n'ai ni émotion ni sens.

    J'espère que tout cela n'est pas du chinois pour vous!

    ... :-)

    Merci Colette, bonne soirée.

  • @ Bonjour Homme Libre,

    Je crois comprendre ce que vous écrivez. Vous cherchez de l'émotion dans le poème, elle n'y est pas, c'est clair. Seules des images mises en mots. En préparant le billet je me suis dit qu'on pourrait aisément peindre un tableau à partir du poème.
    Par contre mettre en mots ce tableau de constructions-déconstructions me semble, à moi, difficile.

    La question est la même je pense pour les deux œuvres: la technique laisse-t-elle passer l'émotion? Est-ce leur but d'ailleurs?
    Regardez la Tour Eiffel: une merveille du point de vue technique (à l'époque), un emblème...mais peut-on la considérer belle? Transmetteuse de sentiments? Le cubisme en peinture me semble souvent cela. Et la poésie cubiste que je viens de découvrir, déroutante, très.

    Merci à vous et bon week-end.

  • "Regardez la Tour Eiffel: une merveille du point de vue technique (à l'époque), un emblème...mais peut-on la considérer belle? "
    Curieuse réflexion, alors que Maxime Duchamp considérait sa pissotière comme une oeuvre d'art...
    Bien sûr qu'elle est belle, parce qu'elle respecte certains archétypes, ceux de l'harmonie en nous...
    Il y a des femmes que je trouve très belles, d'autres très charmantes, et certaines laides voire repoussantes. Cette pulsion est à la base de l'esthétisme. Dans cette époque de confusion sexuelle extrême, il n'est pas étonnant que l'art en soit le reflet. Le moche et le flou sont très tendance...

  • Avant de prendre mon zinc :

    Sans vouloir ramer dans le même deux de couple avec Géo - d’ailleurs il détesterait l’idée-, j’abonde. Enlever la Tour du paysage parisien, outre les réactions des autochtones – il en reste encore, avec l’accent d’Arletty j’en connais, ma crémière par exemple…- z’allez soulever une levée de boucliers, vous faire lapider à la sauce arabique, larder de flèches vengeresses comme saint Sébastien… Vous qui aimez les peintres, no olvide, senõra Colette los pintores que lo tomaron como tema o como modelo: Signac, Pierre Bonnard, Utrillo , Marquet, Dufy, Chagall et j’en passe, sans compter les peintres du dimanche qui exposent place du Tertre… Je la trouve belle. moi, la Tour, surtout quand elle se drape vers 22 heures de couleurs lors de l'événementiel...

  • La Tour Eiffel annonce urbi et orbi que la raison, la science et la technique sont les seuls facteurs de progrès et que le capitalisme (dans l'acception sociologique du terme) est le terreau de la société humaine. On peut donc la voir comme la cathédrale du «désenchantement du monde».

  • Allons bon, voilà la Tour devenue le symbole du concept webérien sur le désenchantement du monde… Qu’est-ce que des lapinets, à ras la luzerne, peuvent bien comprendre à la verticalité de la Dame ? Faudra que j’en cause à mes amis goupils et blaireaux qui hantent les squares parisiens, les inciter à aller faire le ménage dans les jardins des Invalides où cette espèce à grandes zoreilles pullule ….

  • «Verticalement
    Tu n'es pas une affaire
    Je sais bien
    Mais horizontalement
    C'est toi que je préfère
    Et de loin»

    Est-ce toujours la meilleure façon de parler aux dames dans les squares parisiens, Gislebert de Boisjoli ? Par contre, un ancêtre lagomorphe a bien connu le jardin des Invalides où il est mort en 1706.

  • "Le moche et le flou sont très tendance..." Les artistes sont à l'avant-garde de la société. Ils plaident pour le laid, le moche, le dégueulasse. Il convient donc de les mépriser à la hauteur du mépris qu'ils ont pour nous, qui voulons seulement vivre en paix avec nos valeurs, celles de nos parents. Et non pour une dictature fasciste soi-disant écologique...

  • "Aïe aïe je n'aurais jamais dû évoquer la Tour Eiffel. ...;-))

    Pour en revenir à ce qui nous plaît, comme disait Homme Libre, à l'émotion que provoquent -ou pas- en nous les "choses", les visages, paysages, les mots ... je pense que ce n'est ni la perfection ni la technicité, mais, vous le dites plus haut, Géo, une harmonie qui éveille quelque chose en nous. Un mouvement, des couleurs, des sujets qui nous parlent...

    Je l'ai dit plus haut je pense, le cubisme (surtout en poésie) me fait sourire, sans doute parce que je n'y comprends pas grand chose (si tant est qu'il y ait quelques chose à comprendre). Il y a pourtant certains peintres cubistes ( oui, j'aime beaucoup la peinture Gislebert) qui me touchent: Juan Gris, Marie Blanchard et certains tableaux de Fernand Léger, de Picasso, ...

    Bonne soirée à tous."

  • Gislebert: « qu’est-ce que des lapinets et........ »

    Écroulée.... MDRRRR

  • rabbit: « verticalement........ horizontalement....... » LOL si d’aucuns ne connaissent pas Jean Ferrat, ils penseraient une allusion à Madame........:)))))))))

    PS: On « allonge » souvent la Tour/Eiffel dans les mots croisés .....LOL :p

  • "La Tour Eiffel annonce urbi et orbi que la raison, la science et la technique sont les seuls facteurs de progrès et que le capitalisme (dans l'acception sociologique du terme) est le terreau de la société humaine. On peut donc la voir comme la cathédrale du «désenchantement du monde»."

    Réalisme, surréalisme, hyperréalisme, on s'y perd. La rouille mettra tout le monde d'accord. Un jour ou l'autre. Alors pourrons nous à nouveau chanter et niquer les désenchantements sans passer par les réenchantements. C'est fou ce qu'on est forts pour se compliquer la vie !

  • C'est ce que me dis en écoutant «Arcana», d'Edgard Varèse: quelle baffe aux conventions et aux habitudes ç'aura été pour 1937. Tout comme l'improvisation collective du double quartette d'Ornette Coleman, dans l'album «Free Jazz» en 1960. Vous avez une fois de plus raison, Pierre: les agents du changement sont aussi des artisans de l'insolite.

  • LOL « La rouille » ? Le savoir faire technique de l’époque n’a rien, mais alors rien à voir avec aujourd’hui! Bien de l’eau aura coulé dans la Seine avant .....Ce ne sera pas la rouille qui aura raison d’elle mais un retour explosif..... au VIIe siècle !
    Reste à espérer une très grande vigilance des ouvriers et personnes qui sont tous les jours sur place! (Wiki vous renseignera )

  • "retour au VIIe siècle"
    J'essaie de me faire le film...
    Premières conquêtes musulmanes, apogée des civilisations Maya, fondation du Tibet unifié, déclin du bouddhisme en Inde, etc...
    Si j'ai souvent dit et continue à penser que nous vivons une époque bénie sur Terre comme jamais auparavant et, semble-t-il, comme pas près de revenir, je vote tout de suite pour un retour au VI ème siècle. Mais j'ai une petite faveur à vous demander Patoucha : Laissez-moi conserver la connaissance acquise à ce jour avant de m'incarner. Merde, autant que ce soit fun un trip de ce genre !

  • Le cubisme est née d'une sorte de nécessité visuelle ou plastique. Ses inventeurs ont regardé des objets de prés et sous tous les angles et il en a résulté des tentatives de représentation simultanée et anguleuse.
    Ca donne des œuvres spectaculaires et souvent très beaux, à mes yeux. C'est un univers visuel très particulier.

    Alors peut-on transposer cette vision sur d'autres expressions artistiques ? Je trouve que ce n'est pas convaincant, en tout cas pas dans le cas de la poésie cubiste.
    A l'inverse, pourrait-on peindre des sonnets ? Ou dessiner ce qui est l'essence d'une allitération ou d'une rime, c'est à dire la sonorité.
    Peut-être !

    Il me semble que la différence essentielle entre la peinture et la parole, c'est que l'une permet la simultanéité, alors que l'autre est plus linéaire.
    Les mots évoquent bien sûr des images et vice versa, mais ils ne sont pas de même nature et les mots obligent à un déroulement, un peu comme si on égrainait un collier de perles.
    Dans le poème proposé, il n'y a pas la décomposition ou la présentation simultanée d'angles différents.
    C'est pour ça que je crois que je ne peux pas lire le poème de JM Eguren comme "cubiste", mais simplement comme une juxtaposition d'images.

    Tout ceci pour dire que je n'ai pas non plus ressenti d'émotion particulière en lisant le poème. Je n'ai fait que chercher le cubisme !

  • Il est communément admis, chez les historiens mainstream, que la période entre la chute de l'empire romain et le sacre de Charlemagne est trop gore pour en garder le souvenir. On relève toutefois l'effort admirable des moines itinérants irlandais, pour diffuser ce qui restait intact de culture européenne. La traduction arabe des textes scientifiques ou philosophiques grecs perdus, viendront plus tard compléter le corpus.

  • @ Calendula, merci pour cette remise sur la route cubiste.
    Je vous rejoins sur cette dernière question et celle que je me suis posée en parcourant un site de "poesia cubista" est "qui a décidé que ces poèmes sont cubistes"?
    Est-ce par qu'ils sont de la même époque et souvent écrits les peintres Cubistes eux-mêmes? Les a-t-on fourrés dans cette catégorie car beaucoup suivaient les modèles "poésie graphique" d'Apollinaire? Je n'ai pas la réponse, même après de nombreuses lectures, mais le critère semble fort différent en peinture et en mots...

    Bonne journée à vous.

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