Les cales de l'espoir / Las bodegas de la espera

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 Marine Décembre 1993

 

Renée Ferrer Paraguay 1944-



Marcher
sur les sables de ta pensée
voyager en clandestin dans les cales de l’espoir,
et céder
-en cette attente de toi,
de ton désir survivant d’un cataclysme d’écumes.

L’horizon se loge en moi
s’appuyant
de l’autre côté de mon front.
La mer s’en tient aux rites du temps
et réitère un appel secret.

Ne me dis pas que j’ai à nouveau rêvé,
qu’il fait déjà jour.


 (Trad:Colette)

 

 

                           Joaquin Sorolla http://museosdelmundo.com/c-espana/joaquin-sorolla/
 

 

 

Marina

Renée Ferrer Paraguay 1944-

Caminar
por las arenas de tu pensamiento,
viajar de polizón en las bodegas de la espera,
y ceder
-a esa espera de ti,
de tu deseo sobreviviente de un cataclismo de espumas.

El horizonte se aposenta en mí
recostándose
del otro lado de mi frente.
El mar se atiene a los ritos del tiempo
reiterando un llamado secreto.

No me digas que he soñado otra vez,
que ya es de día.

Commentaires

  • En première lecture, j’ai pensé que la meilleure partie du billet en était l’illustration… Sorolla, quel maître, avec ses scènes de plage, sa lumière, pas pour rien qu’on l’a qualifié de luministe… Réminiscence émue d’une visite du musée de Madrid à lui consacré, oui Madame.

    Et puis, en relisant, en s’accrochant un peu - cette poésie sud-américaine, luxuriante, fantastique, souvent absconse n’est pas vraiment la nôtre -, on découvre des métaphores, un style et une rythmique qui trahissent le métier. Elle a de la patte, Donã Ferrer.


    Les sables de la pensée, le ressac de la mer qui rythme le temps, autant de trouvailles heureuses. Encore que l’autre côté de son front, pour les aires cognitives, je me demande ce qu’en aurait pensé mon prof d’anatomie…
    Enfin cette femme qui émerge de son rêve comme d'un bain, ruisselante de désir inassouvi – là j’extrapole, mais c’est la liberté du lecteur après tout.
    L’horizon de l’attente, de l’espoir, c’est le même mot en castillan.

    " Le plus beau sommeil ne vaut pas le moment où l'on se réveille."
    André Gide ; Les nouvelles nourritures (1935)

    Bon, finalement je l’aime bien, ce poème, autant que la baigneuse aux pieds nus de Sorolla.

  • @Bonsoir Gislebert, contente de vous retrouver!

    Peut-être finirez-vous par vous habituer à cette poésie sud-américaine si riche en images et métaphores, oui, oui. Je suis contente que vous ayez accroché.
    Votre extrapolation est tout à fait dans le style de ses autres poèmes, très charnels, bravo.

    Je ne vais rien ajouter pour Sorolla dont j'aime toute la peinture, "à la folie"!

    Bonne semaine señor Gilbert.

  • C'est, en effet, une oeuvre qui demande une participation active du lecteur, voire un certain coup de pouce de sa part. J'ai essayé le filtre de la traduction automatique en différentes langues, m'en remettant aux bons soins d'une intelligence artificielle inconnue pour arriver à percer le mystère. Il en ressort que seule la dernière strophe peut être certifiée d'origine terrestre, puisqu'elle peut être même adaptée en mandarin : 不要告诉我我再次做梦 已经是白天了. Une expérience hors du temps et de l'espace, comme on les aime.

  • @ Rabbit, une traduction automatique en mandarin, me voilà à rire toute seule, merci!
    Essayez d'imaginer que l'horizon se loge en vous, merveilleuse expérience d'infini...

  • Pour rabbit mon héros aux grandes zoreilles : le prochain commentaire chez Doña Colette, je le ponds en langue lapinesque, promis juré, foi de cuniliculteur…

  • Là-bas, la Chine est là qui nous attire,
    comme un aimant, comme un aimant,
    cuniculi, cuniculà
    rabbit s'en vient, rabbit s'en va...

    (chanson napolitaine, 1880)

  • Fanfaronnez rabbit, gambadez dans l‘herbette tant que vous le pouvez, mais méfiez-vous quand même. Doña Colette est connue dans tout Mallorca pour être une redoutable éleveuse de lapinets : elle vous les zigouille sans plus d’états d’âme qu’un cuisinier chinois apprêtant une chauve-souris covidée et vous les mitonne aux olives, à la moutarde, en gelée ou en ragoût quand ce n’est pas aux petits oignons, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Gare à vos abattis.
    Ce n’est pas pour rien que ses voisins surnomment là-bas sa cuisine le cuniculinarium.

  • Cinq cents mille contaminations au covid-19 en Espagne ? Avec ou sans Doña Colette, je ne m'y risque pas.

  • LOL Le duel!? J'adooorrre!

  • Une peinture? Ben... en prime abord, je croyais une photo.....?

  • Patoucha, je vous recommande, si vous aimez la peinture, la lumière, de vous intéresser à ce peintre, Sorolla.
    Bonne journée.

  • Merci Colette!

    Beaux rêves

  • Le plus beau sommeil, ne vaut pas le moment oú l’on se réveille « 

    Accompagné d’un « Merci mon Dieu »...... :)

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