• Marginalisation / Marginación

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    Mujeres - Femmes Eduardo Galeano
     
     
    Ce livre d’Eduardo Galeano intitulé “Mujeres”-Femmes, pas (encore?) traduit en français, paru en 2015, juste après son décès, est un parcours de vies de femmes à travers près de 2.500 ans d’histoire.
    Paradoxes, contradictions, luttes, sacrifices, condamnations et réussites de femmes aussi différentes que Cléopâtre, Artémise, Frida Kahlo, Eva Perón, Camille Claudel ou Marylin Monroe…
    Galeano nous amène à réfléchir sur la conception légale, philosophique et religieuse qui donna un cadre institutionnel à la marginalisation de la moitié de l’humanité. C’est ainsi qu’il nous rapporte les mots d’Aristote sur les femmes: “La femme est comme un homme difforme. Il lui manque un élément essentiel: l’âme”. Son artillerie littéraire pointe aussi le Code Civil de Napoléon édité en 1804, qui sert encore de modèle juridique dans le monde, dans lequel les femmes furent privées des droits fondamentaux, “comme les enfants, les criminels et les débiles mentaux...”*
     
    En attendant que ce livre paraisse en français, je vous traduirai au fur et à mesure quelques histoires de femmes, écrites par E.Galeano bien sûr!
     
     
    http://www.vagabunda.mx/las-mujeres-de-eduardo-galeano-de-lo-ultimo-que-escribio-antes-de-su-muerte/  
     
    Mujeres, este libro publicado justo después de la muerte de Eduardo Galeano en 2015, recorre la vida de mujeres a través de unos 2.500 años de historia.
    Paradojas, contradicciones, luchas, sacrificios, condenaciones y logros de mujeres tan diferentes como Cleopatra, Artemisa, Frida Kahlo, Eva perón, Camille Claudel ou Marylin Monroe….
     

    Galeano nos lleva a reflexionar sobre la concepción legal, filosófica y religiosa que dio un marco institucional a la marginación de la mitad de la humanidad. Así, nos trae las palabras de Aristóteles sobre las mujeres: “La hembra es como un macho deforme. Le falta un elemento esencial: el alma”. También apunta su artillería literaria contra el Código Civil de Napoleón dictado en 1804, que todavía sirve de modelo jurídico en el mundo, en el que las mujeres fueron privadas de derechos fundamentales, “como los niños, los criminales y los débiles mentales...” (Fuente: https://www.elhistoriador.com.ar/mujeres-fragmentos-de-eduardo-galeano/)

    Aquí va un retrato, publicaré unos cuantos, poco a poco.
     
     
     
    JUANA
    Tout comme Teresa de Ávila, Juana Inés de la Cruz se fit religieuse pour éviter la prison du mariage.
    Mais son talent offensait aussi au couvent. Cette tête de femme avait-elle un cerveau d’homme? Pourquoi écrivait-elle comme un homme? Pourquoi voulait-elle penser, si elle cuisinait si bien? Et elle, moqueuse, répondait:
    - Que pouvons-nous savoir, nous les femmes, si ce n’est des philosophies de cuisine?
    Comme Teresa, Juana écrivait, bien que le père Gaspar de Astete avait prévenu qu’une jeune fille chrétienne n’a pas besoin de savoir écrire, et que cela peut lui porter préjudice.
    Comme Teresa, Juana non seulement écrivait mais, pour plus de scandale, elle écrivait indubitablement bien.
    À différents siècles, et sur différentes rives de la même mer, Juana, la Mexicaine, et Teresa, l’Espagnole, défendaient en paroles et par écrit la moitié méprisée du monde.
    Comme Teresa, Juana fut menacée par l’Inquisition. Et l’Église, leur Église, les poursuivit car elles louaient l’humain autant ou plus que le divin, et obéissaient trop peu et posaient trop de questions.
    Avec du sang, et non de l’encre, Juana signa sa repentance. Et jura silence, pour toujours. Et muette, elle mourut.
    (Trad:Colette)



    JUANA
    Como Teresa de Ávila, Juana Inés de la Cruz se hizo monja para evitar la jaula del matrimonio.
    Pero también en el convento su talento ofendía. ¿Tenía cerebro de hombre esta cabeza de mujer? ¿Por qué escribía con letra de hombre? ¿Para qué quería pensar, si guisaba tan bien? Y ella, burlona, respondía:
    ¿Qué podemos saber las mujeres, sino filosofías de cocina?
    Como Teresa, Juana escribía, aunque ya el sacerdote Gaspar de Astete había advertido que a la doncella cristiana no le es necesario saber escribir, y le puede ser dañoso.
    Como Teresa, Juana no sólo escribía, sino que, para más escándalo, escribía indudablemente bien.
    En siglos diferentes, y en diferentes orillas de la misma mar, Juana, la mexicana, y Teresa, la española, defendían por hablado y por escrito a la despreciada mitad del mundo.
    Como Teresa, Juana fue amenazada por la Inquisición. Y la Iglesia, su Iglesia, la persiguió, por cantar a lo humano tanto o más que a lo divino, y por obedecer poco y preguntar demasiado.
    Con sangre, y no con tinta, Juana firmó su arrepentimiento. Y juró por siempre silencio. Y muda murió.

    E. Galeano