• La lisière des mots / La linde de las palabras

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    LISIÈRES
    (extrait)


    Quand trop de voix familières
    jonchaient le bas-côté des jours
    j’écrivais
    pour détourner le temps
    prendre le pouls de la mémoire
    dans le ravissement d’un arrêt sur image.

    Mais déjà le chemin s’effaçait
    à la lisière des mots

    et l’on n’entendait plus que des voix
    indistinctes
    rudes comme la rouille
    des faux abandonnées

    et l’image n’était plus
    qu’un obscur reflet
    qui à tout moment
    pouvait blesser la lumière.
     
     
     
     
     Irène Dubœuf, « Lisières » in Effacement des seuils, éditions Unicité, 2019, page 45. 
     
    Poème et références trouvés sur le blog Terres de Femmes:
    https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2019/12/ir%C3%A8ne-dub%C5%93uf-lisi%C3%A8res.html 
     
     
    Vicente Verdú
     
     
     
     
    Orillas
    (Extracto)
     
    Cuando demasiadas voces familiares
    cubrían el arcén de los días
    escribía
    para desviar el tiempo
    para tomar el pulso de la memoria
    en el encanto de un estudio minucioso.
     
    Pero el camino ya se borraba
    en la linde de la palabras
     
    y ya sólo se oían voces
    indistintas
    rugoso como el óxido
    de las hoces abandonadas
     
    y la imagen ya no era más
    que un oscuro reflejo
    que en cualquier momento
    podía herir la luz.
     
    (Traducción Colette)

  • Une lettre cachetée / Una carta sellada

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    D'abord il y a une enveloppe...
    Primero hay un sobre....

     
     


    ...suivie d'un timbre,
    ...seguido de un sello,
                                                                       

     
     

    À l'intérieur ce court poème pour vous souhaiter une bonne fin d'Année.
    Y dentro este corto poema para desearos un buen fin de Año.

     

     

     
     NOCTURNE (extrait)
    JR Jimenéz

    «Que t’importe toute chose,

    si nous pouvons brûler
    chaque peine oh passion ! en chaque étoile,
    si nous pouvons faire
    de l’immense ciel noir
    notre immense joie toute illuminée ? 
     
    (Trad. Trouvée sans nom du traducteur sur le site http://emmila.canalblog.com)

    Nocturno (Extracto)
    JR Jimenéz
     
    ¡Qué te importa de todo,
    si podemos quemar
    cada pena ¡o, pasión! en cada estrella,
    si podemos hacer
    del negro cielo inmenso
    nuestra inmensa alegría iluminada?
     
     
  • Une fleur sans épines / Una flor sin espinas

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    Les longues soirées devant la cheminée, ce vague à l’âme qui peut nous envahir en laissant notre regard se perdre dans les flammes...et ce poème que j'ai lu un soir.
    Il est de Claribel Alegría, (Nicaragua, 1924-2018) nous l'avons déjà rencontrée sur ce blog; son nom m'a toujours enchantée.


     Évoquant des souvenirs
     
    Évoquant des souvenirs
    j’ai trouvé le tien.
    Il ne faisait pas mal.
    Je l’ai sorti de son étui,
    j’ai secoué ses racines
    dans le vent,
    je l’ai mis à contre-jour:
    C’était un cristal poli
    qui reflétait des poissons de couleurs,
    une fleur sans épines
    qui ne brûlait pas.
    Je l’ai jeté contre le mur
    et la sirène de mon alarme a sonné.
    Qui a éteint son feu?
    Qui a usé le fil
    de mon souvenir-lance
    que j’aimais tant?
     
    (Trad: Colette)

     

     
    In memoriam, Enrique Grau 1990, Colombia
     
     
     
    Barajando recuerdos
     
    Barajando recuerdos
    me encontré con el tuyo.
    No dolía.
    Lo saqué de su estuche,
    sacudí sus raíces
    en el viento,
    lo puse a contraluz:
    Era un cristal pulido
    reflejando peces de colores,
    una flor sin espinas
    que no ardía.
    Lo arrojé contra el muro
    y sonó la sirena de mi alarma.
    ¿Quién apagó su lumbre?
    ¿Quién le quitó su filo
    a mi recuerdo-lanza
    que yo amaba?
  • Ils brisent le mythe de la mort / Rompen el mito de la muerte

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    Les plus vieux / Los más viejos

    Rafael Felipe Oteriño (Argentina 1945)

    Acostumbrados a caminar por la sombra,
    los más viejos tienen conductas extravagantes:
    van al mercado, cultivan flores,
    como si la muerte no fuera un telón sino un reto
     

    Habitués à marcher dans l'ombre

    les plus âgés ont des conduites extravagantes:

    ils vont au marché, cultivent des fleurs,
    comme si la mort n'était pas un rideau mais un défi.


    Guardan la moneda de hoy para el concierto de mañana,
    anotan, con tinta gruesa, los números de teléfono,
    mantienen una conversación con los difuntos,
    disimulando las ofensas para que no parezcan excesivas.
     
    Ils gardent la monnaie d'aujourd'hui pour le concert de demain,
    ils notent, à l'encre épaisse, les numéros de téléphone,
    entretiennent des conversations avec les défunts,
    et dissimulent les offenses pour qu'elles ne semblent pas excessives.
     

    Adolf Humborg (1847-1921)
     
    Dicen que fueron felices,
    aunque las pruebas demuestran lo contrario,
    hablan de los hijos como si los vieran a diario,
    comienzan un tejido y aprenden computación.
     
    Ils disent qu'ils furent heureux,
    bien que les preuves démontrent le contraire,
    parlent des enfants comme s'ils les voyaient tous les jours,
    commencent un tricot et apprennent l'informatique.
     
    No hay en ellos señales de alarma
    ni sueños malos que los persigan,
    no se sienten hostigados ni piden auxilio,
    sus relojes no marcan las horas a menos que se rompan.
     
    En eux pas de signaux d'alarme
    ni de mauvais rêves qui les poursuivent,
    ils ne se sentent pas harcelés et ne demandent pas d'aide,
    à moins de se rompre, leurs montres ne marquent pas les heures.

     
    Cecilio Pla y Gallardo / Hombre en la playa

    Maestros de lo improbable,
    pasan muchas horas con las ventanas abiertas,
    están y no están en sus sillas caldeadas, son y no son.
     
    Maîtres de l'improbable,
    ils passent de nombreuses heures les fenêtres ouvertes,
    ils sont et ne sont pas sur leurs chaises chaudes, ils sont et ne sont pas.


    Barren la vereda como si nada estuviera a punto de estallar,
    como si los cuatro puntos cardinales
    no se hubieran fundido, para ellos, en uno solo.
     
    Ils balayent le trottoir comme si rien n'était sur le point d'exploser
    comme si les quatre points cardinaux
    pour eux ne s'étaient pas fondus en un seul.

    Rompen el mito de la muerte,
    sumando un anillo más al árbol que los cobija.
    Dicen que fueron felices.
     
    Ils brisent le mythe de la mort,
    ajoutant un anneau de plus à l'arbre qui les abrite.
    Ils disent qu'ils furent heureux.

    Rafael Felipe Oteriño (La Plata, 1945), Viento extranjero,

    Trad:Colette