La lisière des mots / La linde de las palabras

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LISIÈRES
(extrait)


Quand trop de voix familières
jonchaient le bas-côté des jours
j’écrivais
pour détourner le temps
prendre le pouls de la mémoire
dans le ravissement d’un arrêt sur image.

Mais déjà le chemin s’effaçait
à la lisière des mots

et l’on n’entendait plus que des voix
indistinctes
rudes comme la rouille
des faux abandonnées

et l’image n’était plus
qu’un obscur reflet
qui à tout moment
pouvait blesser la lumière.
 
 
 
 
 Irène Dubœuf, « Lisières » in Effacement des seuils, éditions Unicité, 2019, page 45. 
 
Poème et références trouvés sur le blog Terres de Femmes:
https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2019/12/ir%C3%A8ne-dub%C5%93uf-lisi%C3%A8res.html 
 
 
Vicente Verdú
 
 
 
 
Orillas
(Extracto)
 
Cuando demasiadas voces familiares
cubrían el arcén de los días
escribía
para desviar el tiempo
para tomar el pulso de la memoria
en el encanto de un estudio minucioso.
 
Pero el camino ya se borraba
en la linde de la palabras
 
y ya sólo se oían voces
indistintas
rugoso como el óxido
de las hoces abandonadas
 
y la imagen ya no era más
que un oscuro reflejo
que en cualquier momento
podía herir la luz.
 
(Traducción Colette)

Commentaires

  • Bonjour Colette,

    C’est plus joli et plus doux en Espagnol.... à mon avis

  • C'est fort gentil de votre part Patoucha, bonne fin d'Année.

  • Merci merveilleuse Colette!

  • Ben, « merveilleuse » Colette, ¿qué pasa?  On fait tout à l’envers en cette fin d’année...Vous passez de la version au thème, comme au gymnase ?
    Remarquez, je vous comprends, les vers initiaux de M’dame Dubœuf sonnent bien, belles trouvailles les images des bas-côtés des jours, du pouls de la mémoire ou de l’arrêt sur image pour décrire le souvenir et la recherche de son temps perdu…

    Un rappel poétique – ô combien – datant de la fin du Moyen-Âge et un clin d’œil parisien malicieux  pour l’an nouveau. A cette époque la Grève évoquait une place, entre autres réservée aux exécutions, pas l’engourdissement des transports... Précisons : pas ceux de la passion amoureuse, encore heureux....

    http://www.paris-a-nu.fr/paris-en-poesie-ballade-des-femmes-de-paris-de-francois-villon/

    Tous mes vœux, merveilleuse Colette (bis).

  • Oh mais c'est Noël ici, que dis-je, c'est encore mieux que de la myrrhe ou de l'encens être qualifiée de merveilleuse! Merci à vous deux!

    Gislebert je note que dans le poème de Villon, il n'est pas question des belges...incomparables donc:-))

    Tous mes vœux à mes charmants lecteurs, prenez soin de vous señor Gislebert, pas trop d'abus en cette Saint Sylvestre...

  • @Colette,

    Comme toujours, vous avez trouvé l'illustration parfaite pour votre poème !
    Ce tableau n'est pas qu'un "obscur reflet", il explicite bien le phénomène décrit par les mots de la poétesse. Il faut bien l'admettre, les pensées ne sont pas toujours des Vermeer ou des Botticelli .
    Ces petits traits roses, bleus, blancs sont comme une écriture qui se délite, à la lisière des mots.

    Ici, on peut tout de même s'écrire pour se souhaiter, avec un optimisme mesuré et prosaïquement, plein de bonnes choses pour l'An Nouveau

  • @Calendula, un tout grand merci d'avoir détaillé ce tableau choisi, vous avez raison, avec soin.
    Lisières un peu diffuses de nos vies aussi, ce qui permet des fantaisies.

    Je vous souhaite une année 2010 agréable et rieuse.

  • Excusez moi, j'arrive comme un cheveu dans la soupe, mais ça ne serait pas le sapin aplati de Monsieur Homme Libre ?
    ;)
    Bonne année.

  • Ah je n'y avais pas pensé Frieda;)
    Le bon Père Noël se serait assis dessus...qui sait?

    Bonne année à vous aussi.

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