Ivresses / Embriagueces

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Quels tableaux de F. de Goya et P.Klee Alejandra Pizarnik a-t-elle regardés qui
 
 
ont inspiré ses mots? Peut-être ceux-ci…
 
 
(exposición Goya)
 
un agujero en la noche
súbitamente invadido por un ángel
 
un trou dans la nuit
soudain envahi par un ange
 
 

 

Tobía y el angel F. Goya 1787
 
 
(un dibujo de Klee)
 
cuando el palacio de la noche
encienda su hermosura
pulsaremos los espejos
hasta que nuestros rostros canten como ídolos
 
quand le palais de la nuit
allumera sa beauté
nous sonderons les miroirs
jusqu’à ce que nos visages chantent comme des idoles
 
Paul Klee
 
 
 
Terminons par cette ivresse….Acabemos con esta embriaguez….
 
un golpe del alba en las flores
me abandona ebria de nada y de luz lila
ebria de inmovilidad y de certeza
 
un coup d’aube sur les fleurs
m’abandonne ivre de rien et de lumière lilas
ivre d’immobilité et de certitude
                            
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Traductions en français : Colette
Extraits de Arbol de Diana Alejandra Pizarnik

Commentaires

  • Hola Colette,

    Dejemos esta vez a Alejandra y sus poemas.

    Elle a déjà eu à maintes reprises les honneurs de votre blog, c’est l’occasion de commenter les œuvres représentées.

    Le Goya d’abord, un tableau dit de jeunesse, de la première manière du peintre, qui fait irrésistiblement penser à l’Enfant à la pie, exposé au Met, le portrait en pied du fils d’un Grand d’Espagne, même lumière, même halo nimbé, avec en arrière-plan, tapis dans l’ombre, trois matous aux aguets visiblement intéressés par l’oiseau tenu en laisse.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Manuel_Osorio_Manrique_de_Z%C3%BA%C3%B1iga,_enfant

    Sur l’œuvre choisie qui illustre votre billet, Goya reprend la rencontre de Tobie et de l’archange Rafa, le guérisseur bienveillant, plus amène que ses collègues Michel, toujours prêt à en découdre avec les dragons ou Gabriel, annonciateur des tuiles divines… Thème biblique souvent traité chez les Italiens (Lippi le fils, Le Pérugin, Verrocchio entre autres) et par Rembrandt himself. Evidence de l’influence de Velasquez dans le rendu des détails et la composition. Avec en plus cette lumière irréelle qui nimbe l’ange et lui confère une touche de pureté irréelle ramenant cette rencontre à une vision onirique.

    Rien à voir avec le Goya tardif et sombre, cruel souvent dans sa dénonciation des mœurs du temps, amer en son exil français et muré dans sa surdité, celui des scènes de guerre (les fusillés de « Tres de Mayo ») ou des vieilles édentées du « Temps » surplombées, les pauvres, par un barbu armé d’un balai (un aide-soignant ?) avec lequel il s’apprête à les expédier d’un coup sec ad patres… Ou encore des « Deux vieillards mangeant de la soupe », celui-ci on lui donne le pompon de la noirceur. On devrait en accrocher des reproductions aux cimaises des Ems et autres Ehpads, histoire de remonter le moral des troupes…

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Vieilles

    https://deuxieme-temps.com/2018/05/15/analyse-goya-saturne-devorant-fils-1823/1024px-viejos_comiendo_sopa/


    Bon, assez d’humour noir, l’autre tableau, le Klee, période cubiste pur sucre des années 20, est aux antipodes, totalement solaire, rien à voir avec l’enfant engoncé dans son habit de gala, si ce n’est qu’il illustre (théoriquement) un homme à l’autre extrémité de son parcours de vie : Senecio (le vieil homme en latin). Ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une lampe de chevet avec un magnifique abat-jour pétant de couleurs chaudes. L’image du senecio réfléchie par un miroir à pied, cela le fait aussi, évidemment. Un peu rubicond l’aïeul, il a dû profiter des plaisirs de l’existence, il a bien fait quand on voit comment cela se termine d'après Goya. Le jeu subtil des tons vifs et la composition des formes géométriques juxtaposées, cubisme oblige,rendent assez jouissif l’effet pictural, de quoi mettre en joie les pupilles… C’est plutôt celui-ci dont on devrait accrocher des reproductions….etc etc.

    Buena semana.

  • Bonsoir Gislebert,

    D'abord merci pour ce tour d'horizon de la peinture de Goya et de Klee.

    Mon idée, celle qui dans ma tête relie poèmes et illustration, est celle "d'un coup d'aube" ou de lumière. Pizarnik, vous la connaissez maintenant, est travaillée par la mort, le suicide, les angoisses; Goya n'en parlons pas, et puis le palais de la nuit... Ces artistes ont, à de rares moments, des mots, des œuvres où, de l'ombre, surgit la lumière.

    Quant au Senecio de Klee, loin de nous les idées noires sur la vieillesse...il est lumineux, réjouissant.

    Bonne soirée y buena semana, igualmente

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