• Jouer à oui et non / Jugar al sí y al no

    Imprimer

     

    Balançoire 
     
                                   Gerardo Diego 1896-1987
     
     
    À cheval sur le bord du monde
    un rêveur jouait à oui et non
     
    Les pluies de couleurs
    émigraient au pays des amours
     
     
     
    Vol de fleurs
     
     
    Fleurs du oui
     
     
    Fleurs du non
     
     
    Couteaux dans l'air
    qui lui déchirent la chair
    forment un pont
     
     
    Oui
     
     
    Non
     
     
    Chevauchait le rêveur
    Des oiseaux arlequins
     
     
    ils chantent le oui
     
     
    ils chantent le non

    (Trad: Colette)
     
     
    Une balançoire en Équateur, lisez ceci, c'est extraordinaire: http://voyagerloin.com/actualite/activites-sport/equateur-balancoire-flippante-du-monde-face-volcan-en-eruption/
     
     
     
     
     
    Columpio 
                                                    Gerardo Diego
     
    A caballo en el quicio del mundo
    un soñador jugaba al sí y al no

    Las lluvias de colores
    emigraban al país de los amores



    Bandadas de flores


    Flores de sí


    Flores de no

    Cuchillos en el aire
    que le rasgan las carnes
    forman un puente





    No

    Cabalgaba el soñador
    Pájaros arlequines


    cantan el sí


    cantan el no
  • Jouer à ne pas se perdre / Jugar a no perderse

    Imprimer

    Si la littérature s'est emparée du sablier pour signifier le temps qui passe et nous mène inexorablement vers la mort, cet objet, tombé en désuétude, avait jadis de multiples usages; navigation, cuisine, église (messe)...
     
    Si la literatura ha convertido el reloj de arena en signo del tiempo que pasa y nos lleva irremediablemente a la muerte, ese objeto, hoy en desusso, tenía antaño múltiples usos; navegación, cocina, iglesia (misa)...
     
    El reloj de arena (Le sablier) José Cirilo Henao, alcalde(maire)-artista Colombiano
     

     

     
    Le sablier
    joue
    à se remplir de lumière
    à se vider d'ombre.
    Nous le retournons
    jouons à ne pas nous perdre
    à ne pas nous vider de lumière
    à ne pas nous remplir d'ombre.
     
    (Trad: Colette)
     
     
    Jorge H Cadavid (poète et essayiste Colombien (1962-   ))
     
     
    El reloj de arena
    juega
    a llenarse de luz
    a vaciarse de sombra.
    Nosotros le damos vuelta
    jugamos a no perdernos
    no vaciarnos de luz
    no llenarnos de sombra.
     
  • Tout jeter / Tirarlo todo

    Imprimer

    Dans la série “poésie du quotidien” voici Amalia Bautista, le nettoyage est à l'honneur aujourd'hui, mais pas seulement...

    En la serie “poesía de lo cotidiano”, Amalia Bautista nos habla de la limpieza, pero no sólo de ella....

    Oceanic's kitchen Yacek Yerka      
     
                       
    On va faire un grand nettoyage

     

     
    On va faire un grand nettoyage
    et on va jeter toutes les choses
    qui ne nous servent à rien, ces
    choses que nous n'employons plus, ces
    autres qui ne font que prendre la poussière,
    celles que nous évitons de trouver car
    elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
    celles qui nous font mal, occupent de la place
    ou que nous n'avons jamais voulues proches.
     
    On va faire un grand nettoyage
    ou, mieux encore, un déménagement
    qui nous permette d'abandonner les choses
    sans même les toucher, sans nous salir,
    les laissant là où elles ont toujours été;
    c'est nous qui allons partir, mon cœur,
    pour recommencer à accumuler.
    Ou bien nous allons mettre le feu à tout
    et rester tranquilles, avec cette image
    des braises du monde devant les yeux
    et le cœur deshabité.
     
    Trad: Colette
     

    Vamos a hacer limpieza general

    Amalia Bautista

     
    Vamos a hacer limpieza general
    y vamos a tirar todas las cosas
    que no nos sirven para nada, esas
    cosas que ya no utilizamos, esas
    otras que no hacen más que coger polvo,
    las que evitamos encontrarnos porque
    nos traen los recuerdos más amargos,
    las que nos hacen daño, ocupan sitio
    o no quisimos nunca tener cerca.

    Vamos a hacer limpieza general
    o, mejor todavía, una mudanza
    que nos permita abandonar las cosas
    sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
    dejándolas donde han estado siempre;
    vamos a irnos nosotros, vida mía,
    para empezar a acumular de nuevo.
    O vamos a prenderle fuego a todo
    y a quedarnos en paz, con esa imagen
    de las brasas del mundo ante los ojos
    y con el corazón deshabitado.
  • Repasser / Planchar

    Imprimer

    Ce dimanche je reçois ce message d'une amie: “Je termine mon repassage sur la terrasse, j'ai failli m'envoler!”
    Moi aussi j'avais prévu de repasser, après ma sieste, mais dans la salle de bains, l'endroit le plus frais de la maison. En écoutant la radio.
    Certain(e)s regardent la TV, d'autres mettent de la musique en réalisant cette tâche domestique, parfois longue, toujours précise.
    Le soir, en parcourant des blogs, je suis tombée sur ce poème amusant que je vous ai traduit.
     

     

    Picasso

     

     
     
    Este domingo recibo este mensaje de una amiga: “Termino de planchar en la terraza, ¡estuve a punto de coger el vuelo!”
    Yo también había previsto planchar, después de la siesta, pero en el cuarto de baño, el sitio más fresco de la casa. Escuchando la radio.
    Unos (unas) miran la TV, otros (otras) ponen música al realizar esa tarea doméstica, a veces larga, siempre precisa.
    Por la noche encontré este poema divertido en un blog.

     

     
    Poésie domestique
     
    Par quel obscur caprice du destin
    par quelle facétie perverse du hasard
    par quelle conspiration cruelle et insoupçonnable
    par quel dessein d'un sombre pouvoir...
     
    Si je m'y efforce
    et m'organise, et me programme
    et fais tout mon possible,
    épuise la vitesse...
     
    Mais si le divin et le terrestre
    complotent
    et bien que j'aie écrit ceci un lundi
    je continue à me demander pourquoi
    je finis toujours par repasser les dimanches!
     
     
    Trad: Colette
     
     
    Poesía doméstica
    Por qué oscuro capricho del destino
    por qué broma perversa de la suerte
    por cuál conjuro cruel e insospechado
    por cuál designio de algún poder siniestro

    Si yo lo intento
    y me organizo, y me programo
    y hago hasta más de lo posible
    apuro prisas

    Pero si lo divino y terrenal
    se confabulan
    y aún cuando esto lo haya escrito un lunes
    sigo preguntándome por qué
    siempre termino planchando los domingos!