• Érotisme poétique / Erotismo poético

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    Le sexe et la Révolution, l'érotisme et la lutte, c'est ce que nous propose la poétesse
     
    Gioconda Belli née en 1948 au Nicaragua. Je vous parlerai d'elle la semaine prochaine, en
     
    attendant commençons l'été avec ces plaisirs charnels.
     
    El sexo y la Revolución, el erotismo y la lucha, es lo que nos propone la poetisa
     
    Gioconda Belli nacida en Nicaragua en 1948. Os hablaré de ella la próxima
     
    semana, mientras...
     
    Empecemos el verano con placeres carnales.

     

     

     

    Gioconda Belli

     

    Pequeñas Lecciones de Erotismo

    Petites leçons d'érotisme
     

    Rodin


    I


    Recorrer un cuerpo en su extensión de vela


    Es dar la vuelta al mundo


    Atravesar sin brújula la rosa de los vientos


    Islas golfos penínsulas diques de aguas embravecidas


    No es tarea fácil - si placentera -


    No creas hacerlo en un día o noche de sábanas explayadas


    Hay secretos en los poros para llenar muchas lunas 

     

    Parcourir un corps à la voile déployée

    C'est faire le tour du monde

     Traverser sans boussole la rose des vents

     Îles golfes péninsules digues d'eaux furieuses

     Ce n'est pas tâche aisée - si plaisante soit-elle -

     Ne crois pas pouvoir le faire en un jour ou une nuit de draps étalés 

     Il y a assez de secrets dans les pores pour emplir bien des lunes


    II, III

    IV

    Instálate en el humus sin miedo al desgaste sin prisa


    No quieras alcanzar la cima


    Retrasa la puerta del paraíso


    Acuna tu ángel caído revuélvele la espesa cabellera con la


    Espada de fuego usurpada


    Muerde la manzana

     

    Installe-toi dans l'humus sans crainte de l'usure, sans hâte

    N'essaye pas d'atteindre la cime

     Retarde la porte du paradis

     Berce ton ange déchu bouleverse l'épaisse chevelure avec

     L'épée de feu usurpée

     Mords la pomme

     

     

     

    Temple Konarka, Inde

     

     

     

    V, VI

    VII

    Traspasa la tierra del fuego la buena esperanza


    navega loco en la juntura de los océanos


    Cruza las algas ármate de corales ulula gime


    Emerge con la rama de olivo llora socavando ternuras ocultas


    Desnuda miradas de asombro


    Despeña el sextante desde lo alto de la pestaña


    Arquea las cejas abre ventanas de la nariz 



     
    Traverse la Terre de Feu le Cap de  Bonne Espérance

    navigue fou à la jonction des océans

    Croise le fer avec les algues arme-toi de coraux hulule gémis
     
    Émerge avec le rameau d'olivier pleure et sape les tendresses occultes
      
    Dénude les regards de surprise  
     
    Jette le sextant depuis le haut du cil
     
     Arque les sourcils ouvre les fenêtres du nez

     


    VIII

    Aspira suspira


    Muérete un poco


    Dulce lentamente muérete


    Agoniza contra la pupila extiende el goce


    Dobla el mástil hincha las velas


    Navega dobla hacia Venus


    estrella de la mañana


    - el mar como un vasto cristal azogado -


    duérmete náufrago. 

     

     

    Aspire soupire 
     
    Meurs un peu


    Doucement meurs

    Agonise contre la pupille étends la jouissance

    Double le mât gonfle les voiles

    Navigue et cingle devers Vénus

    étoile du matin

     -la mer comme un vaste cristal étamé-

     endors-toi naufragé. 

     
     


    Traduction Colette inspirée par celle de E. Dupas. Vous trouverez les autres strophes, qui me plaisaient moins ici:

    Encontraréis las otras estrofas que me gustaban un poco menos aquí.

  • De l'oubli / Del olvido

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    Elvira Alejandra Quintero (1960 - )est une poétesse colombienne dontj'ai déjà traduit un poèmeici. Celui qui suit m'a beaucoup émue. 

     
    Elvira Alejandra Quintero (1960 -   ) es une poetisa colombiana de la cual ya publiqué un poema aquí. El que sigue me conmovió mucho.



    Matías Vergara
    Matías Vergara, La danza de las invisibles
     
    Del olvido
     
    Brilla un misterio
    en los ojos de mi madre
    al navegar el aire coloreado de la mañana
    interrogando algo que existe más allá
    anterior a nosotras
    En el patio de palomas al viento
    mamá relata la leyenda de su infancia
    y sus manos de vuelo
    dibujan para mí entre sus fantasmas
    los abuelos que no conocí
    De l'oubli
    Un mystère brille
    dans les yeux de ma mère
    tandis que navigue l'air colorié du matin
    interrogeant ce qui existe plus loin,
    antérieur à nous
    Dans le patio de colombes au vent
    maman relate la légende de son enfance
    et ses mains en vol
    dessinent pour moi parmi ses fantômes
    les grands-parents que je ne connus pas.
    Madre agua de los ríos donde se lava el tiempo
    Madre lluvia
    Madre fuego de olvido
    Madre furia
    Madre grito escondido en su ternura dispersa
    Madre sombra
    Madre soledad de amor detenido en los espejos
     
    Mère eau des rivières où se lave le temps
    Mère pluie
    Mère feu d'oubli 

    Mère furie

    Mère cri caché dans une tendresse éparse

    Mère ombre
    Mère solitude d'amour arrêté dans les miroirs
    Su magia hace brotar de los baúles
    los trajes que la abuela Alejandrina
    vistió para el abuelo
    en tardes felices
    cuando su amor era un secreto y una daga
    baúl cajita de Pandora
    magia al revés
    herida oculta en el alma lacerada
    historia desviada
    Sa magie fait jaillir des coffres
    les habits que la grand-mère Alejandrina
    vêtit pour le grand-père
    lors de soirées heureuses
    quand son amour était un secret et une dague
    coffre petite boite de Pandore
    magie à l'envers
    blessure occulte dans l'âme lacérée
    histoire détournée
    La voz de mi madre
    nombra y canta las palabras de la abuela:
    adiós
    tarde gris
    verano dulce
    y su sonrisa cura espejos rotos
    y hospitales desahuciados
    pule versos
    canciones
    poemas antiguos
    y remienda lentejuelas
    de fiestas gozadas hace siglos
    Las palabras de mi madre
    señalan la falta y el remedio que no llega
    el tren que no halló la estación
    el vidrio roto
    Un hombre de sombrero
    Paraguas
    bastón y gestos elegantes ronda su leyenda
    una mujer dormida
    una niña que llora junto a la valija de la abuela
    Y yo busco la infancia de mi madre
    y la visto con mi delantal blanco
    le ofrezco mis cuadernos
    y ayudo a sus manos de niña en sus tareas
    y quisiera ser yo su madre
    para borrar su pena y protegerla


    La voix de ma mère
     
    nomme et chante les mots de la grand-mère: 
     
    adieu
    soirée grise
    doux été
    et son sourire guérit les miroirs cassés
    et les hôpitaux condamnés
    arrondit vers
    chansons
    poèmes anciens
    et rafistole les paillettes
    de fêtes célébrées il y a des siècles
    Les mots de ma mère
    signalent la faute et le remède qui n'arrive pas
    le train qui ne trouva pas la gare
    le verre cassé
    Un homme au chapeau
    Parapluie
    bâton et gestes élégants rôde dans sa légende
    une femme endormie
    une fillette qui pleure à côté de la valise de sa grand-mère
    Et moi je cherche l'enfance de ma mère
    et je l'habille de mon tablier blanc
    je lui offre mes cahiers
    et j'aide dans ses travaux ses mains de petite fille
    et je voudrais être sa mère
    pour effacer sa peine et la protéger
    Mi madre
    Entonces busco en ella
    el rostro desconocido de mi abuela
    y presiento en ambas
    el amor que atormentará mis historia
    cuando crezca
    Ma mère
    Alors je cherche en elle
    le visage inconnu de ma grand-mère
    et en elles je pressens
    l'amour qui tourmentera mes histoires
    quand je grandirai.

    (Trad: Colette)

    De:
    Memorias de Alejandrina

  • Des plantes si étranges / Plantas tan extrañas

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    D'abord il y a cette plante, Tillandsia, qui vit de l'air, rien de plus. Difficile
     
    àcroire, mais quand je suis arrivée ici je voyais partout des boules vertes
     
    comme celles-ci. 
     
    Primero hay esta planta, Tillandsia, que vive nada mas que del aire.
     
    Resulta difícil creerlo pero cuando llegué aquí, veía por doquier bolas
     
    verdes como esta.

    (clic sur les photos) 
     

     

    Tillandsia

     


    Une voisine m'en donna un "morceau" il y a longtemps; depuis j'en ai
     
    offert beaucoup. J'ai une chance: la mienne fleurit presque chaque année.
     
    Il parait qu'il n'y a que les femelles qui, au printemps, s'ornent de ces
     
    superbes fleurs.
     
    En général elles sont suspendues dans les patios, chez moi elle se trouve
     
    collée au tronc de la vigne qui recouvre la terrasse.


    Tillandsia en fleur 

     

    Una vecina me dio un "trozo" hace tiempo; desde entonces regalé muchos.
     
    Tengo suerte, la mía florece casi cada año. Parece ser que sólo las
     
    hembras se adornan de esas preciosas flores en primavera.
     
    A menudo cuelgan en los patios, en mi casa está pegada a la parra que
     
    cubre la terraza.

     


     

     

    Ensuite il y a "mon" Cycas Revoluta. Celui-là je ne le comprendrai
     
    jamais;quand et pourquoi il décide de faire des nouvelles pousses est un
     
    mystère.
     
     Toujours est-il que cette année, quelques jours avant nos élections locales
     
     et régionales, il y a eu une poussée en force. Loin de m'indigner de son
     
    long silence, j'ai observé attentivement le développement de ces
     
    nouvelles "palmes" qui ont maintenant atteint la hauteur de leurs
     
    congénères.

     

     

    Cycas Revoluta

     


    Luego está "mi" Cycas Revoluta. A ese nunca le comprenderé; cuándo y
     
    por qué se decide en hacer nuevos brotes, es un misterio. Pero este año,
     
    unos días antes de las elecciones locales y regionales, hubo un fuerte
     
    empujón. Lejos de indignarme por su largo silencio, observé atentamente
     
    el desarrollo de esas nuevas "palmas" que han alcanzado ahora la altura
     
    de sus congéneres.
  • Qui le fera? ¿Quién lo hará?

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    Les fabulistes, on le sait, étaient des“copieurs”, ou du moins, pour être plus
    délicate, s'inspiraient largement de leurs prédécesseurs.
    Ainsi Felix María de Samaniego s'est-il imprégné de Jean de La Fontaine,
    qui lui a “bien lu” Esope et Abstémius,( humaniste italien du XVe siècle
    qui a publié une centaine de fables latines dans un recueil appelé
    l’«Hecatomythion ») entre autres.
    Voici donc une fable qui s'appelle “Conseil tenu par les rats” chez
    La Fontaine et”Congrès des souris” chez Samaniego.
    Los fabulistas, bien se sabe, eran unos “copiones”, o por lo menos,
    para ser más delicada, encontraban mucho inspiración en sus
    predecesores.
    Así Felix María de Samaniego se impregnó de jean de la Fontaine
    quien a su vez leyó atentamente a Esopo y Abstemius (humanista
    italiano del XVº que publicó une centena de fábulas latinas en una
    recopilación llamada “ Hecatomythion”
    Aquí va una fábula que en francés de La Fontaine se llama
    “Concejo tenido por las ratas”, y en español, con Samaniego
    “Congreso de ratones”

    Congrès des souris / Samaniego

     

      Depuis le grand Zapirón, le blanc et blond,

    Qui après les eaux du déluge
    Fut père universel de tout chat,
    Ce fut Miauchat
    Qui de façon la plus sanglante
    Poursuivit la malheureuse gente souris. Ce qui est sûr c'est que, obligés par la persécution, les malheureux à Souripolis tinrent leur congrès. L'éloquent Rongefromage proposa Qu'on lui mette un grelot, et grâce au bruit de ce dernier ils échapperaient à la mort. Le projet ils approuvèrent un à un, ¿Qui devra l'exécuter? Ça, personne. J'ai la vue courte. Moi, je suis très vieux. Moi j'ai la goutte”, disaient-ils. Le conseil Se termina comme beaucoup de par le monde. On propose un projet à brûle-pourpoint: On l'approuve: on en fait un deuxième. Quel prodige! Mais, l'exécution? Voilà le conte. (Traduction: Colette)

     

     

    Congrès des souris / Granville


    Congreso de los ratones / Samaniego
    Desde el gran Zapirón, el blanco y rubio, Que después de las aguas del diluvio Fue padre universal de todo gato, Ha sido Miauragato Quien más sangrientamente Persiguió a la infeliz ratona gente. Lo cierto es que, obligada De su persecución la desdichada, En Ratópolis tuvo su congreso. Propuso el elocuente Roequeso Echarle un cascabel, y de esa suerte Al ruido escaparían de la muerte. El proyecto aprobaron uno a uno, ¿Quién lo ha de ejecutar? eso ninguno. «Yo soy corto de vista. Yo muy viejo. Yo gotoso», decían. El concejo Se acabó como muchos en el mundo. Proponen un proyecto sin segundo: Lo aprueban: hacen otro. ¡Qué portento! Pero ¿la ejecución? Ahí está el cuento.

     

     

    Voici, pour vous rafraîchir la mémoire, la fable de La Fontaine.
     

     

     

     

     

    Conseil tenu par les rats / La Fontaine

     

    Un chat, nommé Rodilardus,
    Faisait de rats telle déconfiture
    Que l'on n'en voyait presque plus,
    Tant il en avait mis dedans la sépulture.
    Le peu qu'il en restait, n'osant quitter son trou
    Ne trouvait à manger que le quart de son soû,
    Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
    Non pour un chat, mais pour un diable.
    Or, un jour qu'au haut et au loin
    Le galand alla chercher femme,
    Pendant tout le sabbat qu'il fit avec sa dame,
    Le demeurant des rats tint chapitre en un coin
    Sur la nécessité présente.
    Dès l'abord, leur doyen, personne fort prudente,
    Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard,
    Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
    Qu'ainsi, quand il irait en guerre,
    De sa marche avertis, ils s'enfuiraient sous terre ;
    Qu'il n'y savait que ce moyen.
    Chacun fut de l'avis de Monsieur le Doyen :
    Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
    La difficulté fut d'attacher le grelot.
    L'un dit : « Je n'y vas point, je ne suis pas si sot, »
    L'autre : « Je ne saurais. » Si bien que sans rien faire
    On se quitta. J'ai maints chapitres vus,
    Qui pour néant se sont ainsi tenus ;
    Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines,

    Voire chapitres de chanoines.

     

     

     

    Un gato, llamado Rodilardo,
    causaba entre las ratas tal estrago
    y las diezmaba de tal manera
    que no osaban moverse de su cueva. 
    Así, con tal penuria iban viviendo
    que a nuestro gato, el gran Rodilardo,
    no por tal lo tenían, sino por diablo.
    Sucedió que un buen día en que Rodilardo
    por los tejados buscaba esposa,
    y mientras se entretenía con tales cosas,
    reuniéronse las ratas, deliberando
    qué remedio tendrían sus descalabros.
    Habló así la más vieja e inteligente:
    -Nuestra desgracia tiene un remedio:
    ¡atémosle al gato un cascabel al cuello!
    Podremos prevenirnos cuando se acerque,
    poniéndonos a salvo antes que llegue. 
    Cada cual aplaudió entusiasmada;
    esa era la solución ¡estaba clara!
    Mas poco a poco reaccionaron las ratas,
    pues ¿cuál iba a ser tan timorata?
    ¡Quién iba a atarle el cascabel al gato! 
    Así he visto suceder más de una vez
    -y no hablo ya de ratas, sino de humanos-:
    ¿a quién no lo han golpeado los desengaños?

    Tras deliberaciones, bellas palabras,
    grandes ideas... y, en limpio, nada.