• Arriver et baiser le saint / Llegar y besar el santo

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    Voici le troisième billet (les 2 premiers sont ici et ) qui traite d' expressions espagnoles. Cette fois encore je me suis amusée à les traduire littéralement...trouverez-vous leur signification?

     

    Juan avait toujours parlé par les coudes (hablar por los codos), intarissable depuis son enfance. Souvent, faute de compagnie, il parlait seul et là aucune limite à ses rêves, projets.
     
    Intelligent et bon élève, ses parents lui conseillèrent de devenir avocat: “avec une telle verve, ce sera “coudre et chanter” (coser y cantar) " disaient-ils.
    Juan les avait crus.
    Une fois ses études terminées il pensa, oh erreur, que ce serait “arriver et baiser le saint”(llegar y besar el santo)
    Jamais il ne s'était imaginé qu'autant de concurrents se présenteraient au même poste d'avocat de l'entreprise BUHO. On lui donna le numéro 22, chose qui le laissa à carreaux (quedarse a cuadros).
    Dans la salle d'attente il rencontra l'ancien avocat de la boîte qui lui dit: celui qui veut des poissons qu'il se mouille le cul (el que quiera peces que se moje el culo). 

     

     

     Les autres candidats, tous fort bavards, s'approchèrent et une discussion fort animée s'ensuivit.
    Fort animée et de plus en plus bruyante, au point que l'avocat général renvoya chaque hibou à son olivier (Cada muchuelo a su olivo)

    C'est penaud que Juan rentra chez lui; il avait pris sa décison: il deviendrait oiseleur.

     

     

     

    Coupe à l'oiseleur

     

     

     

    Wiki: 

     

    Tondo d'une coupe ionienne à figures noires dite « coupe à l'oiseleur ». Provenance : Étrurie (?), fabriqué dans la Grèce de l'est v. 550 av. J.-C. Deux oiseaux, des oisillons dans un nid, une sauterelle et un serpent sont dispersés dans un décor végétal luxuriant où évolue le personnage central (peut-être Dionysos si les arbres à ramures sont identifiés à des ceps de vigne)

     

     

     

     

     

     

     

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  • La guitare de F. García Lorca

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    Le piano et la guitare furent les inséparables compagnons de vie de Frederico.
    Voici deux poèmes dédiés à la guitare: pleurs et sanglots, images...reflets d'une époque.

    El piano y la guitarra fueron los inseparables compañeros de vida de Federico.
    Aquí dos poemas dedicados a la guitarra: llantos y sollozos, imágenes...reflejos de una época.

     

     

    Las seis cuerdas, F, García Lorca

    La guitarra
    hace llorar a los sueños.
    El sollozo de las almas
    perdidas
    se escapa por su boca
    redonda.
    Y como la tarántula,
    teje una gran estrella
    para cazar suspiros,
    que flotan en su negro
    aljibe de madera.


    1924

     

     

     

    Les six cordes

      

    La guitare
    fait pleurer les songes.
    Le sanglot des âmes
    perdues
    s'échappe par sa bouche
    ronde.

    Et comme la tarentule,
    elle tisse une grande étoile
    pour chasser les soupirs
    qui flottent dans sa noire
    citerne en bois.

    (Federico Garcia Lorca, Poème du Cante jondo.
    Poésies 1921-1927)

     

    (trad: Colette)

     

     

     

    Dessins de Lorca

     

     

     

    La guitarra

    Empieza el llanto
    de la guitarra.
    Se rompen las copas de la madrugada.
    Empieza el llanto de la guitarra.


    Es inútil callarla.
    Es imposible callarla.
    Llora monótona
    como llora el agua,
    como llora el viento
    sobre la nevada.
    Es imposible callarla.
    Llora por cosas
    lejanas.
    Arena del Sur caliente
    que pide camelias blancas.
    Llora flecha sin blanco,
    la tarde sin mañana,
    y el primer pájaro muerto
    sobre la rama.
    !Oh guitarra!
    Corazón malherido
    por cinco espadas. 

     

     

     Celui-ci me fait sourire...este me hace sonreir

     

     

    La guitare, Federico García Lorca




    Commence la plainte
    de la guitare.
    Les cimes de l'aube se brisent.
    Commence la plainte de la guitare. 
     
    Inutile de la faire taire.
    Impossible de la faire taire.
    Plainte monotone,
    comme le pleur de l'eau,
    comme le pleur du vent
    sur la neige.
    Impossible de la faire taire.
    Elle pleure sur des choses
    lointaines.
    Sable du Sud brûlant
    qui désire de blancs camélias.
    Elle pleure la flèche sans but,
    le soir sans lendemain,
    et le premier oiseau mort
    sur la branche.
    O guitare !
    Coeur transpercé
    par cinq épées.



    (Poème du cante jondo)Trad: Colette

    Un site qui explique la relation de Lorca avec la guitare

  • Feuilles et fleurs / "Fulls i flors"

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    C'est un ami.

     Il est fleuriste, mais surtout artiste.

    Un hasard ou une chance lui ont fait trouver un superbe endroit où s'installer: un vieux patio majorquin.

     

    Pour y arriver, on se perd avec plaisir dans un dédale d'étroites rues où, visiblement, vivaient (vivent?) des familles fortunées car les patios se succèdent, ornés de plantes, voire d'arbres, de volées d'escaliers majestueuses.

     

     

    Mardi dernier donc, je le retrouve dans son nouvel environnement. Il est heureux, il y a de quoi.

     

    Chaque détail est artistique, soigné, élégant mais simple et si beau!

     

     

    Pour vous qui n'habitez pas Majorque, voici quelques photos et son site: http://www.fullesiflors.com/

     

     
    Es un amigo.

     Es florista, pero sobre todo artista.

     


     

    Una casualidad o suerte le hizo encontrar un magnífico lugar para instalarse: un patio antiguo mallorquín.

     

    Para llegar, uno se pierde con gusto en un dédalo de estrechas calles donde, visiblemente, vivían (viven?) familias afortunadas ya que se suceden los patios, adornados de plantas, árboles, escaleras majestuosas.
    El martes pasado me le encontré en su nuevo entorno. Está feliz, hay de que.

     

    Cada detalle es artístico, cuidado, elegante pero simple y precioso.

     

     

    Para vosotros que no vivís en Mallorca, aquí unas fotos y su website:

     

     

     

    Un patio

     

     

     

    Avec le soir
    se fatiguèrent les deux ou trois couleurs du patio.

     

     
    Cette nuit, la lune, le cercle clair,
    ne domine pas son espace.
    Patio, ciel endigué

     

     
    Le patio est la pente
    par laquelle le ciel se répand dans la maison.

     

     

    Sereine,
    l'éternité attend dans la croisée des étoiles.

     

     
    Il est doux de vivre dans l'amitié obscure
    d'un porche, d'une treille et d'un puits.

     

    J.L Borges / Trad: Colette

     

     

     

    Un patio

     



    Con la tarde
    se cansaron los dos o tres colores del patio.

    Esta noche, la luna, el claro círculo,
    no domina su espacio.
    Patio, cielo encauzado.

    El patio es el declive
    por el cual se derrama el cielo en la casa.

    Serena,
    la eternidad espera en la encrucijada de estrellas.

    Grato es vivir en la amistad oscura
    de un zaguán, de una parra y de un aljibe.

    Jorge Luis Borges
    Fervor de Buenos Aires (1923)


    Fotos: Dani y Colette

  • La Terre Promise / La Tierra prometida

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    Souvent, très souvent je pense à tous les Africains qui jour après jour tentent de franchir les trois dangereuses clôtures (dont une “garnie” de lames soi-disant dissuasives mais qui entaillent profondément leurs chairs) qui séparent Melilla (enclave espagnole) du Maroc.

     

    Muchas, muchas veces pienso en todos los Africanos que día tras día, intentan franquear las tres peligrosas vallas (una de ellas “decorada” con cuchillas que se dicen disuasivas pero que cortan sus carnes) que separan Melilla de Marruecos.

     

     

     

     

     

     

    Leopoldo Díaz , fragmento Inmigración

    El viejo mundo se desploma y cruje...
    El odio, entre la sombra acecha y ruge...
    Una angustia mortal tiene la vida...

    Y como leve arena que alza el viento,
    a ti vendrán el paria y el hambriento
    soñando con la Tierra Prometida.

     

     

     

    Leopoldo Díaz, fragment
     
    Le vieux monde s'écroule et craque...
    La haine, dans l'ombre tend des pièges et rugit...
    Une angoisse mortelle tient la vie...

     

     
    Et comme un sable léger que le vent soulève,
    vers toi viendront le paria et l'affamé
    rêvant de la Terre Promise.
    (Trad: Colette)

     

     

     

     

    Fragmento de "El Sur y después" de Roberto Cossa

    ..."Allá murió la infancia,
    una caricia, una canción,
    una plaza, una fragancia.
    Los brazos viajaron, el corazón quedó.
    Pero una estrella nos llama del sur.
    Y un barco de esperanzas cruza el mar.
    Allí, a la tierra del sueño azul.
    Es un vaso de vino, es un trozo de pan."...



     Roberto Cossa, fragment

     

    ...”Là mourut l'enfance,

     une caresse, une chanson,

    une place, une odeur.

     Les bras voyagent, le cœur resta.

     Mais une étoile nous appelle du sud.

     Et un bateau d'espoirs traverse la mer.

     

    Là, sur la terre du rêve bleu.

    C'est un verre de vin, c'est un morceau de pain.”


    (Trad: Colette)


     

    Souce poèmes. http://haciadondeiremos.blogspot.com.es/2008/03/fragmentos-de-poemas-sobre-inmigracin.html
  • Stéréotype / Estereotipo

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    La Française
    Mini conte d'Adolfo Bioy Casares (Buenos Aires 1914-1999)

    Elle me dit que les gens l'ennuient. Les conversations se répètent. Les hommes commencent toujours par l'interroger en espagnol: “Vous êtes française?” et ils poursuivent en français: “J'aime la France”*. Quand, à l'inévitable question sur son lieu de naissance elle répond ”Paris”, tous s'exclament: “Parisienne!”*, avec une admiration souriante, non exempte de grivoiserie* comme s'ils disaient “vous devez être une cochonne!”*. Tandis que je l'écoute je me souviens de ma première conversation avec elle: elle fut minutieusement identique à celle qui précède. Et pourtant elle ne se moque pas de moi. Elle me dit la vérité. Tous les interlocuteurs lui disent la même chose. La preuve c'est que moi aussi je le lui ai dit. Et moi aussi, à certain moment, je lui ai communiqué mon soupçon, à savoir que je ressens plus d'amour pour la France qu'elle. Il semble que tous, tôt ou tard, lui communiquent cette trouvaille. Je ne comprends pas – nous ne comprenons pas – que la France pour elle c'est le souvenir de sa mère, de sa maison, de tout ce qu'elle a aimé et que peut-être elle ne reverra plus.
    *en français dans le texte.
    • Trad: Colette
     
     
    Jean Béraud 1849-1935

     

    La francesa

    [Minicuento. Texto completo.] Adolfo Bioy Casares

    Me dice que está aburrida de la gente. Las conversaciones se repiten. Siempre los hombres empiezan interrogándola en español: «¿Usted es francesa?» y continúan con la afirmación en francés: « J’aime la France». Cuando, a la inevitable pregunta sobre el lugar de su nacimiento ella contesta «París», todos exclaman: «Parisienne!», con sonriente admiración, no exenta de grivoiserie como si dijeran «comme vous devez être cochonne!». Mientras la oigo recuerdo mi primera conversación con ella: fue minuciosamente idéntica a la que me refiero. Sin embargo, no está burlándose de mí. Me cuenta la verdad. Todos los interlocutores le dicen lo mismo. La prueba de esto es que yo también se lo dije. Y yo también en algún momento le comuniqué mi sospecha de que a mí me gusta Francia más que a ella. Parece que todos, tarde o temprano, le comunican ese hallazgo. No comprendo -no comprendemos- que Francia para ella es el recuerdo de su madre, de su casa, de todo lo que ha querido y que tal vez no volverá a ver.