• Pataude! / ¡Patosa!

    Imprimer

    Une calita au coucher du soleil, à Banyalbufar; pas de sable mais des rochers où l'on titube, glisse, s'accroche et tombe. Derrière moi j'entends "quelle pataude!" jusqu'à ce qu'il lui arrive la même chose...Ah,tout semble si facile vu du rivage, là...dans la vie aussi.

    Una calita a la puesta del sol, en Banyalbufar; no hay arena sino rocas donde uno se tambalea, resbala, se  agarra y cae. Detrás oigo "¡Qué patosa!" hasta que le pasó lo mismo...Ha,todo parece tan fácil desde la orilla, allí...en la vida también.


    Chute qui a valu la peine car j'ai pu admirer à l'aise ces anémones de mer qui, quand la marée est basse, se recroquevillent et forment ces jolies tomates.




    Esa caída valió la pena ya que pude admirar cómodamente esas anémonas marinas que se encojen a marea baja y forman esos bonitos tomates.

  • Les jours heureux / Los hermosos días

    Imprimer

    La vie et l’œuvre (abondante) de Juan Rodolfo Wilcock sont un exemple de transculturation et de marginalité... impossible à en rendre compte en un seul billet; pas grave, nous en ferons plusieurs.

    Les difficultés sont nombreuses qui ne tiennent pas toutes à son caractère fort particulier; Argentin de père Anglais, il est mal-aimé, et donc peu/mal connu dans son pays natal, qu'il quitta et ne regretta jamais, et où il écrivit en espagnol. Silvia Baron Supervielle a traduit certains poèmes.
    Par la suite il décida de vivre en Italie et d'écrire dans cette langue....mais peu de ces poèmes sont traduits en espagnol, et en français, je l'ignore. Vous voyez le micmac!
     
    Alors, pour aujourd'hui, j'ai traduit deux poèmes de sa première période, celle où sa créativité constitue comme un processus d'introspection, un intimisme néo-romantique dont les thèmes principaux sont l'enfance, la mort et l'amour le tout dans un style classique. (ref ici). Rien d'original bien sûr, mais...vous verrez.
     
    J.R: Wilcock
     
     
    La vida y la obra (abundante) de Juan Rodolfo Wilcock son un modelo de transculturación y de marginalidad, imposible pues hablar de ello en una sola nota; no importa, haremos varias.
    Las dificultades son numerosas: Argentino de padre Inglés, es mal querido, y poco conocido, en ese país, del cual se marchó y no echó nunca de menos, y donde escribió en español...Algunos poemas son traducidos al francés por Silvia Baron Supervielle.
    Decidió luego vivir en Italia y escribir en ese idioma...no todos sus poemas (pero cada vez más) están traducidos al español (a veces por él), otros en francés, tampoco todos. ¡Un follón!
     
    Entonces, y por hoy, traduje al francés dos poemas de su primera etapa, donde su creatividad constituye un proceso de introspección, un intimismo neo-romántico; sus temas principales son la infancia, la muerte y el amor, eso en un estilo clásico. Nada original pero...veréis.
    (fuente información aquí)

    Les deux poèmes sont extraits du recueil "Les jours heureux"
    Los dos poemas pertenecen a "Los hermosos días"


    Monet peupliers / álamos 1894


    Personne ne saura pourquoi je vais si triste
    cet été, entre deux rivières de peupliers;
    personne ne comprend l'angoisse des racines
    crispées, de l'âge, des cordes
    abandonnées au vent. Pas même
    l'amour. Oh celui qui t'a vu
    sur l'horizon inondé, effeuillant
    une rose; celui qui ne trouva
    que les feuilles sur le sol, le parfum sur les pierres!
    (Trad: Colette)
     

    Nadie sabrá por qué voy tan triste
    este verano, entre dos riberas de álamos;
    nadie comprende la angustia de las raíces
    crispadas, de la edad, de las cuerdas
    abandonadas al viento. Ni siquiera
    el amor. ¡Oh aquel que te ha visto
    sobre el horizonte inundado, deshaciendo
    una rosa; aquel que sólo encontró
    las hojas en el suelo, el perfume en las piedras!
     

     

     
     
    Van Gogh

     

     

     

    Je porte sur le cœur un numéro, un sceau
    d'amour, comme si le silence s'inscrivait
    profondément dans la chair; et j'ai déambulé
    dans des couloirs de feuilles passionnées, sur des chemins
    qui menaient au soleil, en criant, t'arrachant,
    te raclant l'âme. Oh s'il m'était donné
    de ne pas te voir apparaître, pour que tu restes immuable,
    là où naît l'amour, comme une image
    au fond de l'eau!
     (trad: Colette)

    Llevo un número sobre el corazón, un sello
    de quererte, como si el silencio se inscribiera
    profundamente en la carne; y he discurrido
    por galerías de hojas apasionadas, por caminos
    que iban a dar al sol, gritando, arrancándote,
    raspándote del alma. Oh si me fuera dado
    no verte aparecer, inmutable,
    allí donde nace el amor, como una imagen
    en el fondo del agua!
  • Vers le haut / Hacia arriba

    Imprimer

    Pourquoi oublions-nous souvent de lever la tête, les yeux?

    Là-haut se passent des choses tout à fait intéressantes, amusantes, parfois insolites...

    ¿Por qué olvidamos a menudo levantar la cabeza, los ojos?

    Allí ocurren cosas de gran interés, divertidas, a veces insolites....

     

    Une maison, un escalier de Valldemosa,(pour E.H)

     

    Si les chauves ont toujours eu ma plus vive compassion, ma sympathie, la solution trouvée par celui-ci, aperçu lors d'une balade entre amis dans la ville de Palma, m'a fait rire.

    Si los calvos siempre tuvieron mi viva compasión, mi simpatía, la solución encontrada por este, visto en una calle de Palma, provocó mi risa.

                                      Photo Colette

      

     

    Photo TH/JPB (merci)

     

     
     
  • Accumuler le futur / Acumular el futuro

    Imprimer

    Meurent des poètes, abdiquent des rois; peut-être rêvaients-ils d'éternité...

     Difficile à imaginer cette éternité, comment la représenter? Aujourd'hui deux poètes, chacun a son idée sur le sujet.




    Mueren poetas, abdican reyes, tal vez soñaban con la eternidad...
    Difícil de imaginar esa eternidad, ¿cómo representarla?
    Hoy dos poetas, cada uno tiene su idea al respeto.

     

     

    L’éternité (1963)

     

    Eugène Guillevic

     


    L’éternité
    ne fut jamais perdue.
    Ce qui nous a manqué
    fut plutôt de savoir
    la traduire en journées,
    en ciels, en paysages,
    en paroles pour d’autres,
    en gestes vérifiables.
    Mais la garder pour nous
     n’était pas difficile
     et les moments étaient présents
    où nous paraissait clair
    que nous étions l’éternité.

     

     

     

    La eternidad

    La eternidad
    jamás fue perdida.
    Lo que nos faltó
    más bien fue saber
    traducirla en días,
    en cielos, en paisajes,
    en palabras para otros,
    en gestos comprobables.
    Pero guardarla para nosotros
    No era difícil
    Y los momentos estaban presentes
    donde nos parecía claro
    que nosotros eramos la eternidad.

    (trad: Colette)

    Peinture, Jean Claude Pirotte

     

     



    Juan Gelman, poésie en prose / poesía en prosa


    L'éternité est une idée violente / capitaliste/ accumuler du futur. La conscience se libère d'elle-même quand elle vire sa lumière dans les respirations de la rosée.
    Fulgurances des oreillers où le temps se dénude et l'ordre de l'amour se perd. La nuit mûrit / les vérités du corps se font la cour / les heures qui s'en vont.

    (trad- Colette)

    La eternidad es una idea violenta / capitalista / acumular futuro. La conciencia se libra de sí misma cuando vira su luz en las respiraciones del rocío. Fulgor de las almohadas en las que el tiempo se desnuda y el orden del amor se pierde. La noche madura / las verdades del cuerpo conocen el cortejo / las horas que se van.
    (
    In memoriam. Ciudad de México, 5 agosto 2012)