• Silences III / Silencios III

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     Regarder par terre...Mirar al suelo



    Le silence F. García Lorca

    Écoute, mon fils, le silence.
    C'est un silence ondulé,
    un silence,
    où glissent vallées et échos
    et qui incline les fronts
    vers le sol.
     
    (Trad: Colette)
     
    El silencio  F.García Lorca
     
    Oye, hijo mío, el silencio.
    Es un silencio ondulado,
    un silencio,
    donde resbalan valles y ecos
    y que inclina las frentes
    hacia el suelo. 
     
     
     
     

    Après avoir beaucoup hésité, j'ai fini par aller voir la zone sinistrée. Certains endroits reverdiront vite, d'autres ne respirent que le silence: aucune cigale, pas un oiseau, odeur de feu et de tristesse.

    Después de muchas dudas, acabé yendo a la zona siniestrada. Algunas partes reverdecerán pronto, otras no respiran más que el silencio: ni una cigarra, ni un pájaro, olor a fuego y a tristeza.

     



     

  • Silences II / Silencios II

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    Une dame très cultivée, mélomane et poétesse, Tutú García Sidón est galicienne et vit actuellement à La Coruña.
    Un prénom étrange Tutú? Oui, dit-elle, en riant, que voulez-vous, quand on s'appelle “Esclavitud”... (c'était le nom de sa grand-mère)
    Sa poésie est généralement agréable et très simple ;  j'ai sélectionné cette “nana” (berceuse) pour ses quatre premiers vers.
    Et aussi en souvenir de lointaines mais innombrables, inoubliables, nuits blanches à bercer mes enfants, à leur chantonner sur un ton de plus en plus énervé, épuisé...
     
    Berthe Morisot
     
    Una señora muy culta, melómana y poetisa, Tutú García Sidón es gallega y vive en A Coruña.
    ¿Un nombre extraño Tutú? Sí, dice riéndose, qué quiere cuando una se llama Esclavitud... (era el nombre de su abuela).
    Su poesía es generalmente agradable y muy  simple; he seleccionado esta nana por sus cuatro primeros versos. 
    Y también en recuerdo de lejanas pero innumerables, inolvidables, noches en vela meciendo a mis hijos, canturreándoles en un tono cada vez más nervioso, agotado...
     
    Le silence se déchaussa
     
    Le silence se déchaussa
    et passa sur la pointe des pieds
    très doucement, doucement
    pour ne pas l'éveiller.
    Mon enfant dort
    dans son berceau d'argent,
    posé et tranquille
    entre des draps blancs.
     
    La lune caresse
    son petit visage rose,
    les orangers en fleur
    parfument la pièce.
    Dors, ma vie,
    un ange veille sur toi;
    Dors et ne t'éveille pas
    jusqu'à ce que pointe l'aube.
    (Trad: Colette, Summer Watosn)
     
     
    Se descalzó el silencio 
     Tutú García Sidón
     
    Se descalzó el silencio
    y pasó de puntillas
    muy quedito, quedito
    para no despertarle.
    Es que duerme mi niño
    en su cuna de plata,
    reposado y tranquilo
    entre sábanas blancas.
     
    Le acaricia la luna
    su carita rosada,
    los naranjos en flor
    le perfuman la estancia.
    Duérmete, vida mía,
    que te vela tu ángel;
    Duerme y no te despiertes
    hasta que se asome el alba.

     
    Je suppose que beaucoup de berceuses parlent d'anges, mais la sachant mélomane, comment ne pas faire le lien avec ce poème de Lamartine, transposé en opéra dans cet air si connu: “ Berceuse de Jocelyn”?
     
    Supongo que muchas nanas hablan de ángeles, pero sabiendo que es melómana, ¿cómo no pensar en el poema de Lamartine traspuesto en ópera por Godard en este refrán tan conocido?
     
    Tant de sopranos et ténors l'ont chanté..que choisir? La version qui m'a le plus émue est celle de Summer Watson.
    Lo han cantando multitud de sopranos, tenores...¿cuál elegir? La versión que más me emocionó es la de Summer Watson.

                                    

    Berceuse de Jocelyn

    Poème de Lamartine et opéra de Benjamin Godard




        
    Oh ne t'éveille pas encor
    Pour qu'un bel ange de ton rêve
    En déroulant son long fil d'or,
    Enfant, permette qu'il s'achève.
    Dors, dors, le jour à peine a lui.
    Vierge Sainte, veillez sur lui.
    
    Sous l'aile du Seigneur loin du bruit de la foule
    Et comme un flot sacré qui doucement s'écoule
    Nous avons vu les jours passer après les jours
    Sans jamais nous lasser d'implorer son secours.
    

  • Silences I / Silencios I

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    Je vous propose une série de courts poèmes sur le silence.  Le silence et les mots. Voici le premier.

    Os propongo  una serie de poemas cortos sobre el silencio. El silencio y las palabras.

    L'équilibre
      de Orfila Bardesio

    Chaque fois que le silence
    descend son escalier de pauses
    vers des racines obscures,
    les mots couronnent
    glorieusement les tiges.
     
     (trad: Colette)
     
    http://www.pxlshots.com/contest/378/stairs.html
     

    El Equilibrio

    de Orfila Bardesio


    Cada vez que el silencio
    desciende su escalera de pausas
    hacia raíces oscuras,
    las palabras coronan
    gloriosamente los tallos.
     
     
     
    NB: je n'ai rien trouvé en français sur elle, désolée. Poétesse uruguayenne, décédée en 1999, importante figure féminine de la poésie.
  • Ode à l'été / Pablo Neruda / Oda al verano

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    L'été comme un tableau, au rythme particulier, si cher à Pablo Neruda.

    El verano como un cuadro, al ritmo que Pablo Neruda tanto afeccionaba.



    Ode à l'été Pablo Neruda
     
    Été, violon rouge,
    nuage clair,
    un vrombissement
    de scie
    ou de cigale
    te précède,
    le ciel
    voûté,
    lisse, brillant comme
    un œil,
    et sous son regard,
     été,
    poisson du ciel 
    infini,
    élytre mensonger,
    paresseux
    léthargie
    petit ventre
    d'abeille,
    soleil endiablé,
    soleil terrible et paternel,
    suant
    comme un bœuf au travail,
    soleil sec
    sur la tête
    comme un inattendu
    coup de gourdin
    soleil de la soif
    marchant
    sur le sable,
    été,
    mer déserte,
    le mineur
    du soufre
    se remplit
    se remplit
    de sueur jaune,
    l'aviateur
    parcourt
    rayon par rayon
    le soleil céleste,
    sueur
    noire
    glisse
    du front
    aux yeux
    dans la mine
    de Lota,
    le mineur
    se frotte
    le front
    noir,
    brûlent
    les semailles,
    crisse
    le blé,
    insectes
    bleus
    cherchent
    ombre,
    touchent
    la fraîcheur,
    submergent
    la tête
    dans un diamant.
     
    Oh été
    abondant,
    charrette
    de
    pommes
    mûres,
    bouche
    de fraise
    dans la verdure, lèvres
    de prune sauvage,
    chemins
    de légère poussière
    sur la poussière,
    midi,
    tambour
    de cuivre rouge,
    et le soir
    repose
    le feu,
    l'air
    fait danser
    le trèfle, entre
    dans l'usine déserte
    monte
    une étoile
    fraîche
    dans le ciel
    sombre,
    crépite
    sans brûler
    la nuit
    d'été.
     
    (Trad: Colette)
     
    Van Gogh, Été à Arles  
     
     
     
    Oda al verano

    Verano, violín rojo,
    nube clara,
    un zumbido
    de sierra
    o de cigarra
    te precede,
    el cielo
    abovedado,
    liso, luciente como
    un ojo,
    y bajo su mirada,
    verano,
    pez del cielo
    infinito,
    élitro lisonjero,
    perezoso
    letargo
    barriguita
    de abeja,
    sol endiablado,
    sol terrible y paterno,
    sudoroso
    como un buey trabajando,
    sol seco
    en la cabeza
    como un inesperado
    garrotazo,
    sol de la sed
    andando
    por la arena,
    verano,
    mar desierto,
    el minero
    de azufre
    se llena
    se llena
    de sudor amarillo,
    el aviador
    recorre
    rayo a rayo
    el sol celeste,
    sudor
    negro
    resbala
    de la frente
    a los ojos
    en la mina
    de Lota,
    el minero
    se restriega
    la frente
    negra,
    arden
    las sementeras,
    cruje
    el trigo,
    insectos
    azules
    buscan
    sombra,
    tocan
    la frescura,
    sumergen
    la cabeza
    en un diamante.

    Oh verano
    abundante,
    carro
    de
    manzanas
    maduras,
    boca
    de fresa
    en la verdura, labios
    de ciruela salvaje,
    caminos
    de suave polvo
    encima del polvo,
    mediodía,
    tambor
    de cobre rojo,
    y en la tarde
    descansa
    el fuego,
    el aire
    hace bailar
    el trébol, entra
    en la usina desierta,
    sube
    una estrella
    fresca
    por el cielo
    sombrío,
    crepita
    sin quemarse
    la noche
    del verano.