À fleur de peau / A flor de piel (09/01/2021)

Gioconda Belli, une poétesse que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois sur ce blog.

Si vos sens sont un peu engourdis par le froid, par l’apathie de ces derniers mois, je pense que

ce poème vous réveillera ...

 

Ya hemos encontrado esta poetisa varias veces en este blog.

Si tenéis los sentidos algo adormecidos por el frío o la apatía de esos últimos meses,creo que este poema os despertará...

 

 

                                      El visitante / Le visiteur  Fernando de Szyszlo (Perú)

 

Gioconda Belli

 

Je te vois comme un tremblement...

 

Je te vois comme un tremblement

dans l’eau.

Tu vas

tu viens,

et laisses des ronds dans mon imagination.



Quand je suis avec toi

j’aimerais avoir plusieurs moi,

envahir l’air que tu respires,

me transformer en un amour chaud

pour que tu me sues

et pouvoir entrer et sortir de toi.

 

Te caresser cérébralement

ou me glisser dans ton cœur et exploser

à chacun de tes battements.

 

Te semer, tel un grand arbre, dans mon corps

et soigner tes feuilles et ton tronc,

te donner mon sang de sève

et, pour toi, me convertir en terre.

 

Je sens un souffle chatouilleur

quand nous sommes ensemble,

je voudrais me transformer en rire,

pleine de plaisir,

batifoler sur plages de tendresse

récentes,

mais que j’ai toujours pressenties,

t’aimer, t’aimer

jusqu’à ce que nous oubliions tout

et ne sachions plus qui est qui.

(Trad: Colette)

 

 

 

 

Te veo como un temblor...

Te veo como un temblor
en el agua.
Te vas,
te venís,
y dejás anillos en mi imaginación.

Cuando estoy con vos
quisiera tener varios yo,
invadir el aire que respiras,
transformarme en un amor caliente
para que me sudes
y poder entrar y salir de vos.

Acariciarte cerebralmente
o meterme en tu corazón y explotar
con cada uno de tus latidos.

Sembrarte como un gran árbol en mi cuerpo
y cuidar de tus hojas y tu tronco,
darte mi sangre de savia
y convertirme en tierra para vos.

Siento un aliento cosquilloso
cuando estamos juntos,
quisiera convertirme en risa,
llena de gozo,
retozar en playas de ternuras
recién descubiertas,
pero que siempre presentí,
amarte, amarte
hasta que todo se nos olvide
y no sepamos quién es quién.

 

16:31 | Tags : féministe, gioconda belli, nicaragua, poème, politique, sensuel | Lien permanent | Commentaires (5)