La lisière des mots / La linde de las palabras (29/12/2019)

LISIÈRES
(extrait)


Quand trop de voix familières
jonchaient le bas-côté des jours
j’écrivais
pour détourner le temps
prendre le pouls de la mémoire
dans le ravissement d’un arrêt sur image.

Mais déjà le chemin s’effaçait
à la lisière des mots

et l’on n’entendait plus que des voix
indistinctes
rudes comme la rouille
des faux abandonnées

et l’image n’était plus
qu’un obscur reflet
qui à tout moment
pouvait blesser la lumière.
 
 
 
 
 Irène Dubœuf, « Lisières » in Effacement des seuils, éditions Unicité, 2019, page 45. 
 
Poème et références trouvés sur le blog Terres de Femmes:
https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2019/12/ir%C3%A8ne-dub%C5%93uf-lisi%C3%A8res.html 
 
 
Vicente Verdú
 
 
 
 
Orillas
(Extracto)
 
Cuando demasiadas voces familiares
cubrían el arcén de los días
escribía
para desviar el tiempo
para tomar el pulso de la memoria
en el encanto de un estudio minucioso.
 
Pero el camino ya se borraba
en la linde de la palabras
 
y ya sólo se oían voces
indistintas
rugoso como el óxido
de las hoces abandonadas
 
y la imagen ya no era más
que un oscuro reflejo
que en cualquier momento
podía herir la luz.
 
(Traducción Colette)

12:22 | Tags : extrait, france, irène duboeuf, lisières, poésie, terres de femmes. | Lien permanent | Commentaires (9)