L'odeur du jasmin / El olor del jazmín (27/03/2016)

 

Le Sud

Du fond d’un de tes patios avoir regardé
les antiques étoiles,
d’un banc de l’ombre avoir regardé
ces lumières éparses
que mon ignorance n’a pas appris à nommer
ni à ordonner en constellations,
avoir senti le cercle d’eau
dans la secrète citerne,
l’odeur du jasmin et du chèvrefeuille,
le silence de l’oiseau endormi,
la voûte du vestibule, l’humidité
– ces choses, peut-être, sont le poème.

Jorge Luis Borges, Ferveur de Buenos Aires [1923], in Éloge de l’ombre [1967-1969], L’Or des tigres, Gallimard, Collection Poésie, 1976, page 158.
( traduction trouvée sur Terre de femmes http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/)
 
 

EL SUR

Desde uno de tus patios haber mirado
las antiguas estrellas,
desde el banco de
la sombra haber mirado
esas luces dispersas
que mi ignorancia no ha aprendido a nombrar
ni a ordenar en contelaciones,
haber sentido el circulo del agua
en el secreto aljibe,
el olor del jazmin y la madreselva,
el silencio del pájaro dormido,
el arco del zanguán, la hemedad
–esas cosas, acaso, son el poema.

Jorge Luis Borges, Fervor de Buenos Aires.

 

 

13:18 | Tags : jl borges, le sud, poésie, argentine | Lien permanent | Commentaires (0)