Espaces, instants

  • Lumière d'automne / Luz de otoño

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    “L’automne a lui aussi son été, cette minute où s’incendie son or et se transforme en feu; l’air se densifie et la lumière devient pâteuse, épaisse, plus visible qu’en été, et permet, invite même à la regarder et, avant de tomber, devient pâle comme un fantôme d’elle-même, image pure de la lumière solaire; astre qui sans décadence aucune a cédé devant la requête du regard humain. C’est, plus que le printemps, l’instant d’accomplissement des noces entre le Soleil et la vie terrestre. Et une paix et une secrète douceur pénètrent partout, la vie humaine aussi; c’est le moment de l’amitié, de se sentir en amitié, même si on n’en n’a pas; de l’intimité de l’amitié, de son accomplissement, si on l’a.” (trad:Colette)

    Délire et destin ; les vingt ans d'une espagnole   MaríaZambrano

     

                            Photo Colette 17 octobre 2020

     «El otoño tiene también su verano, ese minuto en que se incendia su oro y se convierte en fuego; el aire se adensa y la luz se hace pastosa, corpórea, más visible que en el verano, y sólo permite, y hasta invita, a que se le mire y, antes de caer, se vuelve pálido como un fantasma de sí mismo, imagen pura de la luz solar; astro que sin decadencia alguna ha cedido ante el requerimiento de la mirada humana. Es, más que la primavera, el instante de cumplimiento de las nupcias entre el Sol y la vida terrestre. Y una paz y una secreta dulzura lo penetra todo, la vida humana también; es el momento de la amistad, de sentirse en amistad, aunque no se tenga; de la intimidad de la amistad, de su cumplimiento, si se la tiene».                         

     (ZAMBRANO, María. Delirio y destino: los veinte años de una española.)

     

     

  • Au sujet des plantes de tomates / Regarding the tomato plants

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     Vu le peu de traductions en français des poèmes de Louise Glück, une amie blogueuse et moi avons eu l’idée d’en traduire un . Celui que nous avons choisi parle de la Terre, de Gaia, et commence par la difficulté, que nous connaissons bien toutes les deux, de cultiver de belles tomates chaque année. Après moultes échanges, nous avons pensé que le YOU du poème est sans doute Gaia elle-même.

    Vous pouvez bien sûr intervenir pour donner votre avis….

     

    Vêpres

    Louise Glück - 1943-

     

    Durant ton absence prolongée, tu me permets

    l'usage de la terre, anticipant

    un retour sur investissement. Je dois signaler

    que j’ai failli à ma mission, principalement

    au sujet des plantes de tomates.

    Je crois qu’il ne faudrait pas m'encourager à cultiver

    des tomates. Sinon il te faudrait retenir

    les fortes pluies, les nuits froides qui arrivent

    si souvent ici, tandis que d'autres régions ont

    douze semaines d'été. Tout ceci

    t'appartient: d'autre part,

    c’est moi qui ai planté les semences, surveillé les premières pousses

    comme des ailes déchirant le sol, et ce fut mon cœur

    meurtri par la rouille, les taches noires qui si vite

    se multiplient dans les rangées. Je doute

    que tu aies un cœur, dans notre conception

    du mot. Toi qui ne fais pas la différence

    entre le mort et le vivant, toi qui es ainsi

    immunisé aux signes avant-coureurs, tu peux ne pas savoir

    quelle est la terreur que nous supportons, la feuille mouchetée,

    les feuilles rouges de l'érable qui tombent

    même en août, dans l'obscurité hâtive : je suis responsable

    de ces vignes.

    (Trad:Amie, Colette) 

     

                                                         Pekka Halonen 1913 Tomaatteja

     

     

    Vespers  (1992)


    Louise Glück - 1943-

    In your extended absence, you permit me
    use of earth, anticipating
    some return on investment. I must report
    failure in my assignment, principally
    regarding the tomato plants.
    I think I should not be encouraged to grow
    tomatoes. Or, if I am, you should withhold
    the heavy rains, the cold nights that come
    so often here, while other regions get
    twelve weeks of summer. All this
    belongs to you: on the other hand,
    I planted the seeds, I watched the first shoots
    like wings tearing the soil, and it was my heart
    broken by the blight, the black spot so quickly
    multiplying in the rows. I doubt
    you have a heart, in our understanding of
    that term. You who do not discriminate
    between the dead and the living, who are, in consequence,
    immune to foreshadowing, you may not know
    how much terror we bear, the spotted leaf,
    the red leaves of the maple falling
    even in August, in early darkness: I am responsible
    for these vines.
     

    From The Wild Iris, published by The Ecco Press, 1992. Copyright © 1992 by Louise Glück. All Rights reserved. Used with permission.

  • Mafalda

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    Un  ami Argentin disait il y a peu que les deux personnages les plus connus dans son pays étaient Evita Perón et Mafalda “peut-être même plus cette dernière” a-t-il ajouté. Une femme, une fillette.

    Qui, ici en Europe, ne connaît cette gamine impertinente, vive, réflexive , féministe et faussement innocente, mais qui permettait à son auteur, Quino, de faire passer ses idées malgré la dictature.

    Quino qui vient de mourir et avait réalisé bien d’autres œuvres que les vignettes de Mafala “née” en 1962 et que l’auteur arrêtera de dessiner en 1973.

     

     

    A los de habla hispana, ninguna necesitad de presentaros a Quino ni a Mafalda!

    Pero con su desaparición, y como homenaje, aquí unas tiras de recuerdo. 

     

     

          (bon, ici le traducteur a un peu chopé sur l'orthographe ;-))


     

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  • Le rire de l'ail / La risa del ajo

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    Nous terminons pour le moment ce petit tour de la poésie cubiste, avec Picasso.

    Alors là inutile d'y chercher midi à 14 heures à mon avis ;  ce sont des écrits pleins de fantaisie où se côtoient réel et imaginaire, concret et abstrait. Images, couleurs et sourires.

    J’ai traduit 2 poèmes, un “en prose” et puis un autre.

     

                                              Pablo Picasso 1939 Femme avec oiseau

     

    Pablo Picasso Mai / mayo de 1936

    ah si l’oiseau tisse des guirlandes avec les heures endormies dans le ventre de l’araignée de bronze pouvait se faire une friture d’étoiles dans le fond de l’air de la mer des numéros la colère déchaînée des chevreaux vêtus de plumes et chanter sur le fil du télégraphe rose de l’œil de l’œuf bleu de l’écharpe nouée au clou ardent planté exactement au milieu du front entre les cornes de la tête du toro quel silence

    (Trad: Colette)

    ah si el pájaro teje guirnaldas con las horas dormidas en el vientre de la araña de bronce pudiera hacerse una fritura de estrellas en el fondo del aire del mar de los números la cólera desatada de los chivos vestidos con plumas y cantar sobre el tendido del telégrafo rosa del ojo del huevo azul de la bufanda anudada al clavo ardiente plantado exactamente en medio de la frente entre los cuernos de la testa del toro qué silencio

     

                                               Picasso 1936 Nature morte / Bodegón

     

    Pablo Picasso Juin / junio de 1936

     

    il rit l’ail de sa couleur d’étoile feuille sèche

    il rit de son air moqueur de la rose le poignard que sa couleur lui inflige

    l’ail de l’étoile qui est feuille sèche

    rit de son air malin du bouquet de roses l’odeur d’étoile tombante

    qui est feuille morte

    l’ail de l’aile

    (Trad: Colette)

     

    se ríe el ajo de su color de estrella hoja seca

    se ríe con su aire burlón de la rosa el puñal que su color le clava

    el ajo de la estrella que es hoja seca

    se ríe con su aire astuto del piñal de rosas el olor de la estrella caediza

    que es hoja seca

    el ajo del ala

     

    Un autre billet sur le cubisme chez Jacques Davier : https://jacquesdavier.blog.tdg.ch/archive/2020/09/29/apollinaire-poete-cubiste-309441.html?c

     

  • Fou, Picabia? ¿Loco, Picabia?

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    Picabia. Francis-Marie Martinez de Picabia Écrivain, poète, peintre... Il est né en France en 1879 de père espagnol et de mère française.

    Nous restons dans le cubisme, un poème de lui aussi biscornu que certaines de ses peintures…

    Je me suis demandé pourquoi, en mots, ces étrangetés sont moins appréciées que  dans ses peintures. Regardez ce tableau de lui, UDNI…connu, applaudi, très cher sûrement; il est au Centre Pompidou

     

                                       F. Picabia Udnie 1913

     

     

    Et maintenant lisez ce poème...

     

     

    Un fou qui est devenu fou           F. Picabia

     

    La lune s'est couchée dans une cheminée

    en rue il faisait froid

    j'entends la pluie

    je suis assis en attente de rien

    j'en ai trouvé une

    j'en cherche deux

    deux feuilles pour la couronne

    de l'héritage

    du fantasme solitaire

    qui se traîne vers l'amour

    pour vider mon cœur.

     

    (Trad: Colette, pas trouvé l'original-français sur la toile, hélas.)

     

    Un loco que se ha vuelto loco  


                                               

    La luna se ha acostado en una chimenea

    hacia frío en la calle

    oigo la lluvia

    estoy sentado a la espera de nada

    he encontrado una

    busco dos

    dos hojas para la corona

    de la herencia

    del fantasma solitario

    que se arrastra hacia el amor

    para vaciar mi corazón.

    Francis Picabia

  • Poème cubiste / Poema cubista

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     La peinture cubiste est mieux connue que la poésie du même mouvement. Alors, pendant quelques semaines, partons à la découverte...

    La pintura cubista es más conocida que la poesía del mismo movimiento. Entonces, y por unas semanas, vamos a descubrirla...



     

    Chanson cubiste

    José María Eguren (Lima, Pérou, 1874-1942)



    Peupleraie de rectangles bleus.

     

    La tour joyeuse

    du dandy.

     

    Volent

    papillons photos.

     

    Dans le gratte-ciel

    un coq noir en papier

    salue la nuit.

     

    Au-delà de hollywood,

    dans une distante

    la ville lumineuse,

    des obélisques

    de nacre.

     

    Dans le brouillard

    la garçonne

    étrangle un fantôme.

    (Trad:Colette)

     

     


    Fernand Léger, La ville / la ciudad, 1919 

     

     

     

    Canción cubista

    de José María Eguren (Lima, Perú 1874-1942)

    Alameda de rectángulos azules.

    La torre alegre
    del dandy.

    Vuelan
    mariposas fotos.

    En el rascacielos
    un gallo negro de papel
    saluda la noche.

    Más allá de hollywood,
    en tiniebla distante
    la ciudad luminosa,
    de los obeliscos
    de nácar.

    En la niebla
    la garzona
    estrangula un fantasma.

  • Emmène-moi J.R. Wilcock / Llévame

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    Juan Rodolfo Wilcock, ( Argentine 1919-Italie 1978) est un poète peu connu qui écrit tant en espagnol qu'en italien et très intéressant dans ses genres variés; nous l’avons déjà croisé ici

    J. R. Wilcock, (Argentina 1919-Italia 1978) poeta poco conocido, y muy interesante en sus estilos diversos; ya lo hemos cruzado aquí.

    Le poème d’aujourd’hui est à la fois court et long car, vous le verrez: à part les 3 premiers vers, il n’est constitué que d’une seule longue phrase, presque à perdre haleine…Écrit en italien, le voici traduit en français et espagnol.

     

    Un poema a la vez corto y largo ya que, lo veréis, excepto los tres primeros versos, está constituido por una sola frase larga, para perder casi el aliento...Escrito en italiano, aquí la traducción al español por Guillermo Piro.



    Je ne dis pas viens avec moi, je dis emmène-moi

     

    Je ne dis pas viens avec moi, je dis emmène-moi.

    Devant un saint ou une vierge, qui

    dirait "viens, on va à Tunis ?".

    Et si l'image sortait faire un tour,

    qui ne voudrait l'accompagner, qui ?

    À trente mètres je vois très bien,

    je voudrais toujours te suivre à trente mètres,

    et parfois, près d'une rivière ou d’une fontaine,

    m'approcher de cet éclat fabuleux,

    quand tu dors, te reposes ou souris,

    pour, la nuit venue, me reclure dans l'obscurité

    et constater que je brille aussi par moi-même

    et qu'au-delà de l'enregistreur

    avec ta voix gravée sur la bande

    se condensent des apparences lumineuses

    qui en d'autres temps s'appelaient des anges,

    des formes suspendues, des esprits novices

    qui de toi veulent apprendre, en ces lieux étranges,

    pureté et tendresse,

    modestie, vérité et autres arts angéliques

    jamais vus réunis, ni en ces lieux-là ni ailleurs,

    ou comment une nation entière se rend

    en baissant simplement les paupières.

    (Trad Colette)

     

     Xeneize19 (Xeneize19) en Pinterest

     

     

     

    No digo ven conmigo, digo llévame

     

    No digo ven conmigo, digo llévame.

    Delante de un santo o de una virgen ¿quién

    diría: "ven ¿vamos a Túnez?".

    Y si la imagen saliera a dar vueltas

    ¿quién no querría acompañarla, quién?.

    A treinta metros veo muy bien,

    quisiera seguirte siempre a treinta metros,

    y a veces, cerca de un río o de una fuente,

    acercarme a ese fabuloso fulgor,

    cuando duermes, reposas o sonríes,

    para después a la noche recluirme en la oscuridad

    y comprobar que brillo también por mí mismo

    y que más allá del grabador

    con tu voz registrada en la cinta

    se condensan apariencias luminosas

    que en otros tiempos se llamaban ángeles,

    formas suspendidas, espíritus aprendices

    que de ti quieren en aquellos extraños parajes

    aprender pureza y ternura,

    recato, verdad y otras artes angelicales

    jamás vistas juntas, ni en aquellos lugares ni en otros,

    o cómo se rinde una nación entera

    bajando los párpados simplemente.

    (Trad: Guillermo Piro)

     

    Vieni con me non dico, dico portami.

    Vieni con me non dico, dico portami.
    Davanti a un Santo o a una Madonna chi
    direbbe, « vieni, andiamo in Tunisia »? 
    Ma se l’immagine se ne andasse in giro
    chi non vorrebbe accompagnarla, chi?
    A trenta metri vedo molto bene,
    vorrei seguirti sempre a trenta metri,
    e a volte, presso un fiume o una fontana,
    avvicinarmi a tanto irraggiamento,
    se dormi, se riposi, se sorridi,
    per poi la sera chiudermi nel buio
    e accertare che splendo anche da solo
    e che al di sopra del registratore
    col nastro inciso con la tua voce
    si addensano apparenze luminose
    che in altri tempi si chiamavano angeli,
    forme sospese, spiriti apprendisti
    che da te vogliono in quei rari paraggi
    imparare purezza e tenerezza,
    ritegno, verità e altre arti angeliche
    mai viste insieme, né in quei luoghi né altrove,
    o come si asservisce una nazione
    abbassando le palpebre semplicemente.

  • Les cales de l'espoir / Las bodegas de la espera

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     Marine Décembre 1993

     

    Renée Ferrer Paraguay 1944-



    Marcher
    sur les sables de ta pensée
    voyager en clandestin dans les cales de l’espoir,
    et céder
    -en cette attente de toi,
    de ton désir survivant d’un cataclysme d’écumes.

    L’horizon se loge en moi
    s’appuyant
    de l’autre côté de mon front.
    La mer s’en tient aux rites du temps
    et réitère un appel secret.

    Ne me dis pas que j’ai à nouveau rêvé,
    qu’il fait déjà jour.


     (Trad:Colette)

     

     

                               Joaquin Sorolla http://museosdelmundo.com/c-espana/joaquin-sorolla/
     

     

     

    Marina

    Renée Ferrer Paraguay 1944-

    Caminar
    por las arenas de tu pensamiento,
    viajar de polizón en las bodegas de la espera,
    y ceder
    -a esa espera de ti,
    de tu deseo sobreviviente de un cataclismo de espumas.

    El horizonte se aposenta en mí
    recostándose
    del otro lado de mi frente.
    El mar se atiene a los ritos del tiempo
    reiterando un llamado secreto.

    No me digas que he soñado otra vez,
    que ya es de día.

  • Souvenir / Recuerdo

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    Idea Vilariño, Uruguay 1920-2009

     

    Comparaison


    Comme sur la plage vierge
    le vent plie
    le mince roseau vert
    qui dessine
    dans le sable un cercle délicat
    ainsi en moi
    le souvenir de toi.*

     

    https://www.bojardin.fr/article/oyat-ammophila-arenaria

     

     

    Comparación

    Como en la playa virgen
    dobla el viento
    el leve junco verde
    que dibuja
    un delicado círculo en la arena
    así en mí
    tu recuerdo.

    * 9 poèmes d’Idea Vilariño, traduits en français par Eric Sarner. Ultime anthologie. La Barque, 2017

     
  • Entre réel et imaginaire

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    Tous les romans de Juan Marsé, décédé il y a peu, sont situés dans l’après-guerre civile mais en période franquiste.

    Pour qui aime la fantaisie, l’imaginaire mêlé de réel Des lézards dans le ravin est un bijou. 

     


     

     

    Une famille pauvre aux alentours de Barcelone, le père qui s’est enfui par le ravin situé derrière la maison à l’arrivée de la police, un inspecteur qui le recherche et s’amourache de la femme enceinte du fugitif, - “la rousse” -, le fils de 14 ans qui a une imagination débordante et adore sa mère, le petit chien en très mauvais état, et l’embryon qui raconte l’histoire!

    Un rythme soutenu, une construction impeccable, des personnages solides et originaux.

    Je vous propose deux extraits, le premier illustre l’imagination débordante du gamin.

    Le second la pauvreté dans ce qu’elle a de plus réel.

    1) Dialogue entre l'inspecteur et le gamin affabulateur

    "- Ne me fais pas perdre mon temps, garçon. Tu m’as arrêté pour me dire quelque chose d’important au sujet de Mme Bartra. Allez, je t’écoute.

    Je ne sais pas si c’est important. Mais je sais que vous, ça vous intéresse…

    De quoi s’agit-il ? Allons.

    Ne me harcelez pas, hein, j’ai tout un bois de chardonnerets dans l’oreille… Mais bon, je vais vous dire. Figurez-vous que ma mère a appris que mon père a remonté le Nil en compagnie du lieutenant Harry Faversham, c’était la semaine dernière, ils étaient tous les deux déguisés en indigènes de la tribu Shangali. Comme vous devez le savoir, tous les flics de la terre le savent, les Shangali ne peuvent pas parler, ils sont muets parce qu’on leur a coupé la langue par ordre du Calife, et c’est pour ça qu’ils portent une marque de feu sur le front. Bon, alors avec leurs plumes blanches dans leur sacoche et morts de soif, à l’heure qu’il est mon père et le lieutenant Faversham doivent traverser le désert pour rejoindre l’armée anglo-égyptienne du général Kitchener, qui progresse irrésistiblement vers Khartoum…

    Ça va comme ça, garçon. Tu vas finir par me les gonfler."

     

    2) La vie quotidienne:

     

    Le vieux moulin à café. La graisse de porc qui fond dans la poêle, et tant d’autres choses avec leur étrange vocation du camouflage, leur penchant obstiné à se trouver là où elles ne doivent pas : les morceaux de sucre dans la saucière ébréchée, les lentilles dans une boîte à biscuits, les patates dans une cuvette en zinc, l’ail dans une boîte de cacao.

     La pauvreté, souviens-toi, mon frère, notre fidèle compagne de ces années-là, celle que la rouquine a assumée avec tant de courage et contre laquelle elle n’a jamais râlé, la pauvreté aux mille visages qui se manifeste de mille manières, cela signifie aussi, ne l’oublie pas, qu’en dépit de la propreté et de l’ordre qu’elle impose autour d’elle avec la plus grande prestesse et la plus grande énergie, les choses ne semblent jamais à leur place, elles sont toujours ici ou là, à occuper avec une insidieuse obstination la place qui jadis revenait à d’autres. 

    Et pourtant, au milieu de leur apparent égarement, ainsi disposé dans ce monde aux apparences précaires, aucun de ces objets n’a été dépouillé de son identité, au contraire, ils semblent plus proches et plus nécessaires et leur fréquentation plus cordiale, tout comme l’image brûlée et floue du pilote, qui fut un jour là où il devait être avec les souvenirs les plus intimes peut-être et les mieux gardés de maman, et qui aujourd’hui, bien longtemps après avoir promené son impertinent sourire sur la couverture d’une revue allemande éditée en espagnol, se montre aimablement sur le mur de la chambre d’un adolescent rêveur, dans un coin perdu du Guinardó.

     

    PS: Je vous recommande également “ Teresa l’après-midi” de Juan Marsé.

    Como todas las novelas de Juan Marsé, “Rabos de lagartija” está situada en la posguerra.

    A quien le gusta la fantasía, lo imaginario mezclado de realidad, esta novela es una joya.

    Una familia pobre en los alrededores de Barcelona, el padre que ha escapado de la policía por el barranco detrás de la casas, un inspector que le busca y se enamora de la mujer embarazada del fugitivo, el hijo de 14 años que tiene una imaginación sin limites y adora a su madre, un perrito en muy mal estado y el embrión que cuenta la historia!

    Un ritmo sostenido, una construcción impecable, personajes sólidos y originales.

    Os propongo dos párrafos, el primero ilustra la fantasía del chico, el segundo la pobreza en lo que tiene de más real.

    1) El inspector con el chico

     

    No me hagas perder el tiempo, muchacho. Me has parado para contarme algo importante de la señora Bartra. Adelante, te escucho.

    No sé si es importante. Pero sé que a usted le interesa...

    A ver, de qué se trata. Venga.

    No me atosigue, oiga, que tengo un bosque de jilgueros metido en el oído... Pero bueno, le cuento. Resulta que mi madre ha sabido que papá estuvo remontando el río Nilo en compañía del teniente Harry Faversham, fue la semana pasada, iban los dos disfrazados de nativos de la tribu Shangali. Como usted ya debe saber, lo saben los polis de todo el mundo, los Shangali no pueden hablar, son mudos porque les cortaron la lengua por orden del Califa, y por eso llevan una marca de fuego en la frente. Bueno, pues con sus plumas blancas en la cartera y muertos de sed ahora mismo mi padre y el teniente Faversham ya deben estar cruzando el desierto para unirse al ejército anglo-egipcio del general Kitchener, que avanza imparable hacia Jartum...

    Ya vale, chico. Acabarás por hincharme las pelotas.

    2) la vida cotidiana

     

    El viejo molinillo de café. La grasa de cerdo fundiéndose en la sartén, y tantas otras cosas con su extraña vocación de camuflaje, su terca propensión a estar donde no deben: los terrones de azúcar en la salsera desportillada, las lentejas en una caja de galletas, los boniatos en un barreño de zinc, los ajos en un bote de cacao. 

    La pobreza, acuérdate, hermano, nuestra fiel compañera de estos años, la que asumió con tanto coraje la pelirroja y contra la que nunca despotricó, la pobreza que tiene mil caras y se manifiesta de mil maneras, también significa eso, acuérdate: que a pesar de la limpieza y el orden que ella impone a su alrededor con la mayor presteza y energía, las cosas nunca parecen estar en su sitio, andan siempre por ahí ocupando con una porfía insidiosa el lugar que un día correspondió a otras. 

    Y sin embargo, en medio de su aparente extravío, así dispuestos en su mundo de precarias apariencias, ninguno de esos objetos ha sido despojado de su identidad, al contrario, parecen más próximos y necesarios y su trato más cordial, lo mismo que la imagen chamuscada y borrosa del piloto, que un día estuvo donde le correspondía juntamente con los recuerdos acaso más íntimos y mejor guardados de mamá, y que hoy, mucho después de haber paseado su impertinente sonrisa por las portadas de una revista alemana editada en español, se asoma amigablemente al dormitorio de un adolescente soñador en un remoto paraje del Guinardó.

  • Les yeux de ma mère / Los ojos de mi madre

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    Los ojos de mi madre lloraban hacia adentro”

    "Les yeux de ma mère pleuraient vers l'intérieur"

     

     

    Les premières pages de ce roman effraient un peu le lecteur. Le protagoniste est odieux et ses sentiments, cette attitude défiante d’un adolescent envers sa mère semblent exagérés. Il nous manque énormément d’informations au début ; en de courts chapitres superbement écrits, l’auteure nous mène peu à peu vers un renversement émouvant. Un récit dur et terriblement attachant.

    Las primeras páginas de esta novela asustan un poco al lector. El protagonista es odioso y sus sentimientos parecen una parodia de una actitud desafiante y exagerada de un adolescente hacia su madre. Nos falta muchísima información al principio; en capítulos cortos, magníficamente escritos, la autora nos lleva poco a poco hacia un vuelco conmovedor. Un relato duro y profundamente entrañable.

     

                                             ----------------------

    « Ce matin-là, alors que je la haïssais plus que jamais, maman venait d’avoir trente-neuf ans. Elle était petite et grosse, bête et laide. C’était la maman la plus inutile de toutes celles qui ont jamais existé. Je la regardais par la fenêtre, plantée comme une mendiante à la porte de l’école. Je l’aurais tuée rien que d’y penser. »

    Aquella mañana en que la odiaba más que nunca, mi madre cumplió treinta y nueve años. Era bajita y gorda, tonta y fea. Era la madre más inútil que haya existido jamás. Yo la miraba desde la ventana mientras ella esperaba junto a la puerta de la escuela como una pordiosera. La habría matado con medio pensamiento.”

                                  ---------------------------

    À ce moment je sentis-de façon douloureuse et fulminante- que grâce à ce blanc je ne la haïssais plus autant. Que la robe qu’elle portait ce matin l’avait sauvée, (…) Quand je sortis de la salle de bains, humide et effrayé, j’avais perdu la guerre. Ma haine envers ma mère, quoique pas totalement disparue, avait séché et une croûte la couvrait, comme la croûte qui couvre en trois jours toutes les blessures des personnes et en un seul jour celles des chiens”.

    En aquel momento sentí-de forma dolorosa y fulminante- que gracias a ese blanco no la odiaba ya tanto. Que el vestido que llevaba esa mañana le había salvado, (…) Cuando salí del baño, húmedo y asustado, había perdido la guerra. Mi odio hacia mi madre, aunque no había desaparecido del todo, se había secado y lo cubría una costra, como la costra que cubre en tres días todas las heridas de las personas y en un solo día las de los perros.”

     

                                ------------------------

    Il ne restait rien de mon ancienne mère, mais je ne savais pas non plus qui j’étais moi, qui j’avais été ni ce qui nous arrivait. Dans mon for intérieur j’étais sûr que, d’une manière ou d’une autre, la fin était proche, car tant de bonheur n’est concédé qu’aux enfants ou aux mourants.

    Entre-temps.

    Je pris une libellule et passai toute la journée avec elle.

    Je comptai les grains de maïs d’une rangée de maïs.

    Je bus de l’eau de pluie.

    J’aidai un papillon à naître.”

    (Trad:Colette)

     

    No quedaba nada de mi antigua madre, pero tampoco sabía quien era yo, quién había sido ni qué pasaba con nosotros. En mi fuero interno estaba seguro de que, de una manera u otra, el final estaba cerca, porque tanta felicidad solo se les concede a los niños o a los moribundos.

    Entretanto.

    Cogí una libélula y pasé todo el día junto a ella.

    Conté los granos de maíz de una hilera de maíz.

    Bebí agua de lluvia.

    Ayudé a una mariposa a nacer”

     

     

     

    Ref:artículo en español   Tatiana Tibuleac

         article  en français:   Tatiana Tibuleac

  • La musique n'est pas indiscrète / La música no es indiscreta

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     Durant ce mois d'août je publierai des extraits de romans que j'ai aimés. 

    Durante este mes de agosto, publicaré extractos de novelas que me han gustado.

     

    “...tout silence n’est fait que de paroles qu’on n’a pas dites. C’est pour cela peut-être que je devins un musicien. Il fallait quelqu’un pour exprimer ce silence, lui faire rendre tout ce qu’il contenait de tristesse, pour ainsi dire le faire chanter. Il fallait qu’il ne se servît pas des mots, toujours trop précis pour n’être pas cruels, mais simplement de la musique, car la musique n’est pas indiscrète, et, lorsqu’elle se lamente, elle ne dit pas pourquoi. Il fallait une musique d’une espèce particulière, lente, pleine de longues réticences et cependant véridique, adhérant au silence et finissant par s’y laisser glisser. Cette musique, ç'a été la mienne. Vous voyez bien que je ne suis qu’un exécutant, je me borne à traduire. Mais on ne traduit que son trouble : c’est toujours de soi-même qu’on parle.”

    Marguerite Yourcenar, Alexis ou le traité du vain combat  (cliquez et vous pourrez en lire la préface et le début)

     

     

     

     

     

     

    “...todo silencio está hecho de palabras que no se han dicho. Quizás por eso me hice músico. Era necesario que alguien expresara aquel silencio, que le arrebatara toda la tristeza que contenía para hacerlo cantar. Era preciso servirse para ello, no de palabras, siempre demasiado precisas para no ser crueles, sino simplemente de la música, porque la música no es indiscreta y cuando se lamenta no dice por qué. Se necesitaba una música especial, lenta, llena de largas reticencias y sin embargo verídica, adherida al silencio para acabar por meterse dentro de él. Esa música ha sido la mía. Ya ves que no soy más que un intérprete, me limito a traducir. Pero sólo traducimos nuestras emociones: siempre hablamos de nosotros mismos.”

    M. Yourcenar, Alexis o el tratado del inútil combate

     

  • Une nouvelle histoire / Una nueva historia

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    Rien n’est pareil        Ángel González (1925-2008 Oviedo-Madrid)

     

                                                                                 La larme fut dite…
    Oublions
    les pleurs
    et recommençons,
    avec patience,
    observant les choses
    jusqu’à y trouver la minime différence
    qui les sépare
    de leur identité d’hier
    et qui définit
    le cours du temps et son efficacité.

     

    A quoi bon pleurer le fruit
    tombé,
    l’échec
    de ce profond désir,
    compact comme une graine de semence?
    Il n’est pas bon de répéter ce qui est dit.
    Après avoir parlé,
    avoir versé des larmes,
    taisez vous et souriez:
    Rien n’est pareil.
    Il y aura des mots nouveaux pour la nouvelle histoire
    et il faut les trouver avant qu’il ne soit trop tard.

    (Trad:Colette)



    Nada es lo mismo Ángel Gonzáles
                                                                     La lágrima fue dicha...

    Olvidemos
    el llanto
    y empecemos de nuevo,
    con paciencia,
    observando a las cosas
    hasta hallar la menuda diferencia
    que las separa
    de su entidad de ayer
    y que define
    el transcurso del tiempo y su eficacia.
     
    ¿A qué llorar por el caído
    fruto,
    por el fracaso
    de ese deseo hondo,
    compacto como un grano de simiente?
     
    No es bueno repetir lo que está dicho.
    Después de haber hablado,
    de haber vertido lágrimas,
    silencio y sonreíd:
     
    Nada es lo mismo.
    Habrá palabras nuevas para la nueva historia
    y es preciso encontrarlas antes de que sea tarde.
  • Lieux propices à l'amour / Lugares propicios al amor

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    Le poème d’aujourd’hui m’a fait repenser à l’époque où, adolescente, il fallait trouver un coin tranquille pour embrasser un garçon, loin “des regards obliques des passants honnêtes”.

    Ici nous sommes à l’époque franquiste où le moindre baiser était traqué, même dans les films où, tout un temps, ils furent censurés.

     

    Ninguna duda al leer este poema, fue escrito durante la época franquista: para besarse había que esconderse, incluso en las películas, los besos fueron, durante algún tiempo, censurados.
     
     
     
    Inventaire de lieux propices à l’amour

    Ángel González (1922-2008, Espagne)
     

    Ils sont peu.

    Le printemps est très prestigieux, mais

    l’été est meilleur.

    Et aussi ces fissures que l’automne

    forme en intercédant avec les dimanches

    dans certaines villes

    elles-mêmes jaunes comme des bananes.

    L’hiver élimine beaucoup d’endroits:

    seuils de portes orientées au nord,

    berges des rivières,

    bancs publics.

    Les contreforts extérieurs

    des vieilles églises

    laissent parfois des renfoncements

    utilisables même s’il neige.

    Mais ouvrons les yeux: les basses

    températures et les vents humides

    rendent tout difficile.

    Les ordonnances, de plus, interdisent

    la caresse (avec exemptions

    pour certaines zones épidermiques

    - sans aucun intérêt -

    des enfants, chiens et autres animaux)

    et le “pas toucher, danger d’ignominie”

    peut se lire dans mille regards.

    Où fuir, alors?

    Partout des yeux qui louchent,

    des cornées tortueuses,

    d’implacables pupilles,

    des rétines réticentes,

    surveillent, se méfient, menacent.

    Il reste peut-être le recours de marcher seul,

    de vider l’âme de tendresse

    et de la remplir de lassitude et d'indifférence,

    en ces temps hostiles, propices à la haine.

    (Trad:Colette)

     
     
    Foto: Cuartoscuro/Archivo
     

     

    Inventario de lugares propicios al amor

     

    Ángel González (Oviedo 1922- Madrid 2008)

    Son pocos.
    La primavera está muy prestigiada, pero
    es mejor el verano.
    Y también esas grietas que el otoño
    forma al interceder con los domingos
    en algunas ciudades
    ya de por sí amarillas como plátanos.
    El invierno elimina muchos sitios:
    quicios de puertas orientadas al norte,
    orillas de los ríos,
    bancos públicos.
    Los contrafuertes exteriores
    de las viejas iglesias
    dejan a veces huecos
    utilizables aunque caiga nieve.

    Pero desengañémonos: las bajas
    temperaturas y los vientos húmedos
    lo dificultan todo.
    Las ordenanzas, además, proscriben
    la caricia ( con exenciones
    para determinadas zonas epidérmicas
    -sin interés alguno-
    en niños, perros y otros animales)
    y el «no tocar, peligro de ignominia»
    puede leerse en miles de miradas.
    ¿Adónde huir, entonces?
    Por todas partes ojos bizcos,
    córneas torturadas,
    implacables pupilas,
    retinas reticentes,
    vigilan, desconfían, amenazan.
    Queda quizá el recurso de andar solo,
    de vaciar el alma de ternura
    y llenarla de hastío e indiferencia,
    en este tiempo hostil, propicio al odio.

     

     
  • Succès et revers

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    Certaines questions amènent le sourire, -Vous n’avez pas besoin d’un coq pour 
    avoir des œufs? Ou alors,- ils s’appellent comment vos lapins? Ou encore, l'air horrifié – vous mangez vos animaux?
     
     



    Ça va faire 6 ans que le projet familial est lancé et que nous travaillons dur mais avec enthousiasme afin de nous nourrir tous les 6 et d'offrir nos produits aux amis, voisins....
    La terre (2000m2) était terre morte, peu à peu le compost et l’humus lui ont rendu vie. Retour des insectes (ça c’est bon pour les plantes, mais nous énerve et pique!). Si nous n’employons aucun produit chimique, c’est pour ne pas, c’est évident, nous empoisonner, mais nous n’employons pas le mot bio si à la mode.
    Alors cette année le confinement a été un moment privilégié pour innover, varier les cultures, garder la forme….
     
     
    Ce n’est pas moi qui vous ferai croire que tout est rose ou facile. Nous avons des échecs, des attaques de pucerons dont les coccinelles n’arrivent pas à bout, des maladies diverses sur les plantes…et puis, comme tous les agriculteurs, nous sommes tributaires du temps. Cette année le mois de mai a été très pluvieux, humide, et à chaque fois que nous plantions des graines de haricots, à peine sortaient-ils de terre qu’escargots et limaces se goinfraient.
     
    Mais il y a aussi de belles récoltes. En fait, en deux mois et demi nous faisons des provisions (conserves) pour toute l’année. Les pommes de terre, les oignons et l’ail sont déjà stockés.
     
    En ce début juillet nous récoltons surtout des haricots mais aussi des courgettes, les premières aubergines, quelques tomates et des concombres.
     
     
    Peut-être tout ceci ne vous intéresse-t-il pas particulièrement, mais voilà, vous comprendrez ainsi pourquoi mon été sur le blog sera en pointillé...
     
    Voici quelques photos de promesses de saveurs…si tout va bien. Ojalá, et Inch Allah !
     
    Figues pour septembre

     

    concombre encore mini

     

    Pastèques

     

    melon

     

     

     

    Aubergines

     

    Poivrons

     

    Tomates cherry
    Passez un bel été!