18/04/2015

Loin de la peur / Lejos del miedo

Eduardo Galeano (Uruguay), décédé la semaine dernière, était non seulement un grand poète et narrateur, mais aussi un analyste, plutôt lucide, qui nous a expliqué dans “Les veines ouvertes de l'Amérique Latine” comment s'imbriquent le pouvoir et l'Histoire. Il y raconte le passé d'un continent, c'était en 1971, une époque où Cuba n'était pas encore suspecte, ou du moins on pouvait encore croire et penser que de l'île allait venir un monde meilleur. Pas mal d'artistes, dont le poète Benedetti, l’auteur-compositeur-interpète Viglietti et Galeano reprirent le message du Che et d'autres, mais en lui ajoutant une touche plus, - comment dire?, humaine, hédoniste, romantique. Ni uniformes ni louanges à l'Union Soviétique. On aimait le vin, l'amour et...le football.
Galeano était un grand fan de foot, et quand on le lui reprochait, il répondait “Pour les intellectuels de gauche, le football empêche le peuple de penser. Pour ceux de droite, il prouve qu'il pense avec les pieds. C'est un business? Le sexe n'en est-il pas un? Et ceux qui savent m'ont dit que le sexe n'est pas mal”.
Il transforma le foot en une affaire politique.
Le général Videla le condamna à mort (il vécut en exil) et les “caudillos” de gauche se laissèrent aduler par lui. Toujours il offrit son renom pour appuyer toutes les causes justes, présentes et futures.
Peut-être lit-on certains de ses écrits avec un brin de raillerie de nos jours, peut-être s'est il parfois trompé, mais qui pas?



Eduardo Galeano, fallecido la semana pasada, era no solo un gran poeta y narrador, sino también un analista, mas bien lúcido, que nos explicó en “Las venas abiertas de América Latina” cómo se imbrican el poder y la Historia. Nos cuenta el pasado de un continente, era en 1971, una época en la que Cuba todavía no era sospechosa, o por lo menos se podía creer y pensar que de la isla iba a salir un mundo mejor. Muchos artistas, entre los cuales el poeta Benedetti, el autor y interprete Viglietti y Galeano recogieron el mensaje del Che y de otros, pero añadiéndole un toque, - ¿cómo decirlo?, más humano, hedonista, romántico. Ni uniformes ni alabanzas a la Unión Soviética. Gustaba el vino, l'amour, y...el fútbol.
Galeano era un gran fan de fútbol, y cuando se le reprochaba, respondía: «Para los intelectuales de izquierdas, el fútbol impide que el pueblo piense. Para los de derechas, prueba que piensa con los pies. ¿Que es un negocio? ¿El sexo no lo es? Y los que saben me han dicho que el sexo no está mal».
Trasformó el deporte en un asunto político.
El General Videla le condenó a muerte (vivió en el exilio) y los caudillos de izquierda se dejaron adular por él. Siempre ofreció son renombre para apoyar todas las causas justas, presentes y futuras.
Tal vez leamos algunos de sus escritos con algo de mofa hoy en día, tal vez se haya equivocado a veces, pero ¿quién no?

Sources /Fuentes:
El País :http://cultura.elpais.com/cultura/2015/04/13/actualidad/1...
La voz de Galicia : http://www.lavozdegalicia.es/noticia/opinion/2015/04/15/g...
El Mundo: http://www.elmundo.es/cultura/2015/04/13/552bbabbe2704e5f...

Signos y constelaciones enamorados / Miró /Signes et constellations amoureux.



Voici trois courts textes extraits du “Livre des étreintes” (déjà publié ici l'histoire du petit garçon et de la montre)
Aquí tres textos cortos extraídos de “El libro de los abrazos” (ya publiqué aquí la historia del niño y des reloj)

El arte y el tiempo

 ¿Quiénes son mis contemporáneos? -se pregunta Juan Gelman.

Juan dice que a veces se cruza con hombres que huelen a miedo, en Buenos Aires, París o donde sea, y siente que esos hombres no son sus contemporáneos.

Pero hay un chino que hace miles de años escribió un poema, acerca de un pastor de cabras que está lejísimos de la mujer amada y sin embargo puede escuchar, en medio de la noche, en medio de la nieve, el rumor del peine en su pelo: y leyendo ese remoto poema, Juan comprueba que sí, que ellos sí, que ese poeta, ese pastor y esa mujer son sus contemporáneos.

 

L'art et le temps
Qui sont mes contemporains? -se demandait Juan Gelman.
Juan dit que parfois il croise des hommes qui ont une odeur de peur, à Buenos Aires, à Paris ou n'importe où, et qu'il sent que ces hommes ne sont pas ses contemporains.
Mais il y a un chinois qui, il y a des milliers d'années, écrivit un poème sur un berger de chèvres qui se trouve très loin de la femme aimée et qui pourtant peut entendre, au milieu de la nuit, au milieu de la neige, le bruit du peigne dans ses cheveux: et en lisant ce lointain poème, Juan constate que oui, que eux oui, que ce poète, ce berger et cette femme sont ses contemporains.

 

 

La función del arte /1
 
Diego no conocía la mar. El padre, Santiago Kovadloff, lo llevó a descubrirla.
Viajaron al sur.
Ella, la mar, estaba mas allá de los altos médanos, esperando.
Cuando el niño y su padre alcanzaron por fin aquellas dunas de arena, después de mucho caminar, la mar estalló ante sus ojos. Y fue tanta la inmensidad de la mar, y tanto su fulgor que el niño quedó mudo de hermosura.
Y cuando por fin consiguió hablar, temblando, tartamudeando, pidió a su padre;

- ¡Ayúdame a mirar!

 
La fonction de l'art / 1

Diego ne connaissait pas la mer. Le père, Santiago Kovadloff l'emmena la découvrir.
Ils voyagèrent cap vers le sud.
Elle, la mer, se trouvait au-delà de hautes dunes; elle attendait.

 Quand enfin l'enfant et son père atteignirent ces dunes de sable, après une longue marche, la mer explosa devant leurs yeux. Et l'immensité de la mer fut telle, tel son éclat que l'enfant resta muet de beauté.

Et quand, enfin, il réussit à parler, tremblant, bégayant, il demanda à son père:

- Aide-moi à regarder!

La desmemoria /2

El miedo seca la boca, moja las manos y mutila. El miedo de saber nos condena a la ignorancia; el miedo de hacer, nos reduce a la impotencia. La dictadura militar, miedo de escuchar, miedo de decir, nos convirtió en sordomudos.
Ahora la democracia, que tiene miedo de recordar, nos enferma de amnesia: pero no se necesita ser Sigmund Freud para saber que no hay alfombra que no pueda ocultar la basura de la memoria.

Le manque de mémoire / 2

La peur sèche la bouche, mouille les mains et mutile. La peur de savoir nous condamne à l'ignorance; la peur de faire nous réduit à l'impuissance. La dictature militaire, peur d'écouter, peur de dire, nous transforma en sourds-muets.
Maintenant la démocratie, qui a peur de se souvenir, nous rend malades d'amnésie: mais il n'est pas besoin d'être Sigmund Freud pour savoir qu'il n'existe aucun tapis qui ne peut cacher la poubelle de la mémoire.




Traductions: Colette

09/08/2014

Vie et lumière, Sorolla (suite) / Vida y luz, Sorolla

(Clic pour agrandir les photos)
 
 
 

 

 Joaquín Sorolla con su mujer y sus hijos, 1901. (Foto: Antonio García).
Cette photo a été prise par un des photographes valenciens les plus connus à l'époque, Antonio García (1863-1923), qui devint le beau-père de Sorolla.
Vous connaissez déjà le tableau qu'en a peint J. Sorolla.
Dans les archives du musée Sorolla se trouvent une trentaine de photos que le peintre a utilisées.
 
 
La familia, 1901. Joaquín Sorolla. Museo de la Ciudad, Ayuntamiento, Valencia.
Copyright © 2011 FUNDACIÓN ZULOAGA.
 
Esta fotografía fue tomada por uno de los fotógrafos más conocidos en la época, Antonio García (1863-1923), que más tarde se convirtió en el suegro de Sorolla. Ya conocéis el cuadro que pintó Sorolla. En los archivos del museo Sorolla se encuentran une trentena de fotos que el pintor utilizó.


Joaquín Sorolla et sa sœur perdirent leurs parents quand le petit garçon n'avait que 2 ans et ils furent recueillis par la sœur de leur mère et son mari. Ce dernier était serrurier et c'est en vain qu'il essaya quelques années plus tard d'enseigner la technique des clés et serrures à Joaquín: le garçon avait décidé que sa vocation était la peinture.
Joaquín Sorolla y su hermana quedaron huérfanos cuando el pintor no tenia más que dos años y fueron recogidos por su tía materna y su marido. Este último era cerrajero y años más tarde trató, en vano, que Joaquín aprendiera la técnica de las llaves y las cerraduras: el chico había decidido que su vocación era la pintura.

Son oncle l'inscrivit dans une école d'Art puis à 15 ans dans l'Académie des Beaux-Arts mais il se trouva bientôt dans l'impossibilité de continuer à payer les études de son neveu.
Su tío le inscribió en una escuela de arte y a los 15 años en la Academia de Bellas Artes pero pronto se encontró ante la imposibilidad de pagar los estudios de su sobrino.
 
Que fit ce dernier? Il se mit à peindre et à essayer de vendre ses toiles. Un jour il vendit une nature morte à un antiquaire et un photographe, Antonio García, qui passait par là s'émerveilla de la technique du jeune garçon, s'intéressa à lui et le prit sous son aile. Une vraie aubaine qui changea toute sa vie!
A pesar de eso, Joaquín siguió pintando y trató de vender sus telas. Un día vendió una naturaleza muerta a un anticuario y un fotógrafo, Antonio García, se maravilló de la técnica del joven, se interesó por él y le tomó bajo su protección. ¡Una verdadera suerte que cambió su vida!
 
 
Marina 1880
 
Les soucis d'argent envolés, Sorolla poursuivit ses études et entra comme apprenti dans l'atelier du photographe où il apprit la technique de la photographie (qui se devine dans sa peinture) et coloriait les photos (l'usage de la couleur n'était pas encore très répandu).
Desaparecidos los problemas de dinero, Sorolla continuó sus estudios y al mismo tiempo entra como aprendiz en el taller del fotógrafo donde aprendió la técnica fotográfica (lo que se adivina en su pintura) y coloreaba las fotos (el uso del color no era todavía muy frecuente).

Le photographe avait une fille....oui, Clotilde! Un amour durable s'installa entre les adolescents et “Clotilde fut tout pour Sorolla: son épouse, sa muse, son modèle préféré, la mère de ses trois enfants et même une comptable minutieuse (il l'appelait “mon ministre des finances”). Avec elle il trouva la paix et la stabilité que son esprit cherchait.”
El fotógrafo tenía una hija...¡Clotilde! Un amor duradero se instala entre los adolescentes y “ Clotilde lo fue todo para el pintor: su esposa, su musa, su modelo favorita, la madre de sus tres hijos y hasta su minuciosa contable (Sorolla le llamaba "mi ministro dehacienda"). Con ella encontró la paz y la estabilidad que su ánimo necesitaba”. 
Clotilde

Sa formation terminée, il se présenta, sans aucun succès, à différents concours, expositions: la peinture en vogue, officielle, était faite de scènes historiques et dramatiques. Puis, en 1881, il visita le Musée du Prado et fut fasciné par la peinture de Velázquez, du Greco et de Ribera. C'est son “étape réaliste”
Terminada su formación participó, sin éxito, a diferentes concursos y exposiciones. En 1881 visitó el Museo del Prado y quedó fascinado e influenciado por la pintura de Velázquez, El Greco y Ribera. Es su “época realista”

En 1883 et 1884 il obtient enfin des médailles, au niveau régional et national avec des peintures qui ne le comblent pas car, comme il le confia à un ami: “Ici, pour se faire connaître et gagner des médailles, il faut peindre des morts”.

En 1883 y 1884 obtiene, por fin, medallas a nivel regional y nacional con cuadros que no le satisfacen pues, como le dice a un amigo: “ Aquí para hacerse conocer y ganar medallas hay que pintar muertos”.
 

Defensa del Parque de Artillería de Monteleón

En 1885 il va à Paris et découvre les impressionnistes qui lui firent une immense ...impression, oui! À Rome, où il vécut plus d'un an avec sa femme, il connut John Singer Sargent, Giovanni Boldini y Anders Leonard Zorn.
En 1885 va a París y descubre los impresionistas que le causaron una enorme...¡impresión! En Roma, donde vivió más de un año con su mujer, conoció a John Singer Sargent, Giovanni Boldini y Anders Leonard Zorn.

Les Tableaux qui suivent font partie de la période qu'on appelle"Réalisme social", ce sont de loin ceux que je préfère.
Los cuadros siguientes forman parte del periodo llamado “Realismo social” que son mis preferidos.


Otra Margarita 1892    
Las redes / Les filets 1892


Pelando patatas 1896

Toros en el mar 1903

Installé définitivement à Madrid, il fit encore un voyage en à Paris en 1894. Dès lors il adoptera le style appelé “Luministe” qu'il gardera jusqu'à sa mort inopinée, en 1920, alors qu'il peignait le “Portrait de la señora Pérez de Ayala” et qu'il souffrit d'une crise d'hémiplégie.

Señora Perez de Ayala, 1920

 

Instalado definitivamente en Madrid hizo un ultimo viaje a París en 1894 y adopta, desde entonces el estilo llamado “Luminista”. Muere repentinamente en 1920 de un ataque hemipléjico mientras pintaba el “Retrato de la señora Pérez de Ayala".