vent

  • Plumes au vent / Plumas al viento

    Imprimer

    Un poème léger ce week-end.

    Un poema ligero este fin de semana.

     

     

    Le vent dans un poème de / El viento en un poema de
     
     Carmen Boullosa (Mexico 1954)
     
     
     
     
     No eres la pluma...(Tu n'es pas la plume...)
     

    Tu n’es pas la plume

    qui au vent s’incline

    ni le tiède cou de l’oie,

    ni la peau de la timide pêche:

    tu es la greffe de toute cette tendresse

    dans la force de la forêt,

    dans le saut d’un félin traqué.

    (Trad: Colette)

    Claude Monet.Le chêne, forêt de Fontainebleau- Claude MonetLe chêne, Fontainebleau


    No eres la pluma 
    que al aire se inclina,
    ni el cuello tibio del ganso,
    ni la piel del tímido durazno:
    eres el injerto de toda esa ternura
    en la fuerza del monte,
    en el salto de un felino acorralado.
     

     

     
  • Entre eux / Entre ellos

    Imprimer

     

    Bonne journée!
     
    ¡Qué tengáis un buen día!
     
     
    Photo Colette, Nord de Mallorca
     

     

     
    Le mur
    il ne sait rien de la mer

    La mer
    elle ne sait rien du mur

    Entre eux
    le va-et-vient du vent
     
    La pared
    no sabe nada del mar

    El mar
    no sabe nada de la pared

    Entre ellos
    el vaivén del viento

    (Trad, Colette) 
     
    extrait de Komboloï, Werner Lambersy
  • Rencontre de vents / Encuentro de vientos

    Imprimer

     

    novembre_09_030.jpg

     

    “Toda cultura nace de la mezcla, del encuentro, de los choques. Por el contrario, a raíz del aislamiento mueren las civilizaciones” Octavio Paz

     

     "Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations." Octavio Paz

     

     

     

    Hier et toujours c’est le mexicain Octavio Paz  et ses vers qui m’ont séduite, emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

    Ayer y siempre el mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a bailar en el espacio; instantes mágicos.

     

     

     

     

                               Viento          Octavio Paz

    Cantan las hojas,
    bailan las peras en el peral;
    gira la rosa,
    rosa del viento, no del rosal.

    Nubes y nubes
    flotan dormidas, algas del aire;
    todo el espacio
    gira con ellas, fuerza de nadie.

    Todo es espacio;
    vibra la vara de la amapola
    y una desnuda
    vuela en el viento lomo de ola.

    Nada soy yo,
    cuerpo que flota, luz, oleaje;
    todo es del viento
    y el viento es aire siempre de viaje.

     

    Vent   O. Paz

     

    Chantent les feuilles,

    dansent les poires sur le poirier ;

    tourne la rose,

    rose du vent, pas du rosier.

     

    Nuages et nuages

    flottent endormis, algues de l’air ;

    tout l’espace

    tourne avec eux, force de personne.

     

    Tout est espace ;

    vibre la  tige du coquelicot

    et l’un, nu,

    vole dans le vent dos de la vague.

     

    Rien je suis,

    corps qui flotte, lumière, houle ;

    tout est au vent,

    et le vent est de l’air toujours en voyage.

    (Trad. Colette)

     

    puesta de sol malgrats 007.jpg

     

     

    Extrait d’une interview d’Octavio Paz datant du 2 septembre 1992 dans le journal belge Le Soir.

     

    - De quelle époque datent vos premiers poèmes?


     - J'inventais des poèmes quand j'étais enfant mais je ne les écrivais pas de manière délibérée: des imitations, c'est normal! Aristote dit que l'homme est surtout l'animal capable d'imiter. C'est ce qui nous permet d'apprendre, et la création commence comme un pastiche: il faut l'accepter ainsi, même chez Mozart.
    Après vient la transgression.
    Et l'amour de la transgression. Ce «passage à travers» n'a pas la même importance pour tout le monde, peut-être pas pour moi, alors qu'elle en a eu tant pour les surréalistes. J'aimais beaucoup la transgression sur le plan moral, philosophique, politique, ce qu'on appelle la subversion, mais, au point de vue littéraire, je suis plus attaché à une idée de perfection, au sens de rendre perfectible.

     Les amis de Breton aimaient la poésie dans une sorte de spontanéité alors que, moi, je crois que la poésie doit pouvoir résister à l'érosion du temps, qu'elle doit se couler dans la forme d'un poème.

     

     

     Extracto de una entrevista a Octavio Paz del 2 de septiembre 1992 en el periódico belga Le Soir.

     ¿De qué época datan sus primeros poemas?

    Inventaba poemas cuando era niño, pero no los escribía de forma deliberada: imitaciones, ¡es normal! Aristóteles dice que el hombre es sobre todo capaz de imitar. Es lo que nos permite aprender, y la creación empieza como un plagio, hay que aceptarlo así, incluso con Mozart.

    Luego viene la trasgresión.

    Y el amor de la trasgresión. Ese “tránsito” no tiene la misma importancia para todo el mundo, tal vez no para mí, y sin embargo tanta para los surrealistas. Me gustaba mucho la trasgresión en el plano moral, filosófico, político, lo que se llama la subversión, pero, desde el  punto de vista literario, estoy más ligado a una idea de perfección, en el sentido de volverse perfectible.

    A los amigos de André Breton les gustaba la poesía como un tipo de espontaneidad mientras que, yo, creo que la poesía debe poder resistir a la erosión del tiempo, que debe moldearse en la forma de un poema.

    (Trad: Colette)

     

    (Photo 1, CM, JEA, Photo 2, CM)

    Lien permanent Catégories : littérature et poésie 4 commentaires
  • D'île en île, le vent / De isla en isla, el viento

    Imprimer

    Hiromi2 2008.jpgLe vent s’amuse-t-il à voyager d’île en île emportant avec lui espérances et tristesses ?

     

    Hiromi le croit.

    Hiromi et sa famille qui vivent sur mon île depuis longtemps, qui ont la tête sous les décombres de la leur.

     

    Hiromi me raconte, elle peint beaucoup pour l’instant.

    Elle me parle de Haïti aussi.

    Iles, îles.

     

     

    Hiromi 2008.jpg

    ¿Se divierte el viento al viajar de isla en isla llevando consigo esperanzas y tristezas?

     

    Lo cree Hiromi.

    Hiromi y su familia que viven en mi isla desde hace tiempo, que tienen la cabeza bajo los escombros de la suya.

     

    Hiromi me cuenta, pinta mucho en estos momentos.

    También me habla de Haití.

    Islas, islas.

     

     

     

     

     

     

    Une chanson de Laura López Castro, les paroles en espagnol ici. La musique est belle aussi, écoutez.

     

     

     

    Mon corps au vent  Laura López Castro

    Trad. Colette

     

    Arrive la nuit et par ma fenêtre

    Entre un vent qui m’apporte tristesse

    Noire ombre

    Qui se couche lentement sur moi

    Battements qui semblent accrus

    Par l’obscurité

     

    Mes yeux clos surveillent l’intérieur

    Essayent de calmer le battement

    J’essaye d’échapper à cette triste réalité

    Que le sommeil me mène ailleurs

     

    J’offre mon sommeil au vent

    J’offre mon sommeil à la mer

    Je voyage avec l’espoir

    A la recherche de la vérité

     

    J’offre mon temps au vent

    J’offre mon âme à la mer

    Je voyage avec l’espoir

    A la recherche de la vérité

     

    Arrive la nuit et par ma fenêtre

    Entre un vent qui m’apporte tristesse

    J’offre mon temps au vent

    J’offre mon sommeil à la mer

    Voyageant avec l’espoir

    A la recherche de la vérité

     

    …..

    (Répétitions)

     

    Bonne nuit ma vérité (bis)

     

     

  • Le vent de P.Neruda /El viento de P.Neruda

    Imprimer

    Les îles Malgrats, îlettes au sud-ouest de mon île, semblent en plein jour de simples rochers. Au coucher du soleil, fouettées par le vent, les voilà.

    Las islas Malgrats, unas minúsculas islitas al suroeste de mi isla, parecen de día simples rocas. Aquí las tienen, batidas por el viento, a la puesta del sol.

     

    puesta de sol malgrats 001.jpg

    Le vent est un cheval :

      écoute comme il court

     à travers mer et ciel.

     

    Il veut m’emmener : écoute

    comme il parcourt le monde

       pour m’emmener au loin.

                  ---------

    Laisse courir le vent

      couronné d’écume,

    qu’il m’appelle et me cherche

       galopant dans l’ombre,

       tandis que moi, submergépuesta de sol malgrats 005.jpg

       sous tes grands yeux,

      pour cette seule nuit

    je me reposerai, mon amour. (Le vent dans l’île. Pablo Neruda)

     

    El viento es un caballo:

       óyelo cómo corre

    por el mar, por el cielo.

     

    Quiere llevarme: escucha

     cómo recorre el mundo

       para llevarme lejos.

           -------

    Deja que el viento corra

      coronado de espuma,

    que me llame y me busque

      galopando en la sombra,

       mientras yo, sumergido

         bajo tus grandes ojos,

            por esta noche sola

        descansaré, amor mío. (El viento en la isla. Pablo Neruda)

     

     

     

    Ode à la mer de Pablo Neruda est un beau et long poème, il ressemble à une prière, vous le trouverez ici dans une excellente traduction de Ricard Ripoll i Villanueva.

     Oda al mar de Pablo Neruda es un poema precioso, largo, parecido a una plegaria; lo encontraréis aquí con una traducción de Ricard Ripoll i Villanueva

     

     

    puesta de sol malgrats 014.jpg

    En voici les derniers vers / Aquí tienen los últimos versos.

     

    Nous résoudrons tout

    petit à petit :

    nous t’obligerons, mer,

    nous t’obligerons, terre,

    à faire des miracles,

    car en nous-mêmes,

    dans la lutte,

    il y a le poisson, il y a le pain,

    il y a le miracle.

     

    Todo lo arreglaremos

    poco a poco:

    te obligaremos , mar

    te obligaremos, tierra,

    a hacer milagros,

    porque en nosotros mismos,

    en la lucha,

    está el pez, está el pan,

    está el milagro.