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  • Reconnaissante / Agradecida

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    ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)
     
    ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE
     
    Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
    écrasant les feuilles brunies.
    À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.
    
    Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
    me laissant seule
    emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.
    
    Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
    me laissant là
    à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.
    
    Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
    et à voir, ensommeillée, 
    les troncs bordés de laines fanées. 
    
    Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
     
    (Trad: Colette)
     
     
     
    EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 
     
    Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
    moliendo las hojas tostadas.
    A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.
    
    Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
    y me dejaron sola
    enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 
    
    Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
    y me dejaron ahí
    bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 
    
    Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
    y viendo soñolienta
    los troncos bordados de lanas marchitas.
    
    Ahora voy indemne entre las gentes. 

    Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm 
     
  • Je m'accroche à tes pas.../ Me aferro a tu pisada

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    C'est au Vénézuela que j'ai découvert Estrella Gomes, jeune poétesse née en 1990.
    Pas un mot de trop, un beau rythme. Sa poésie m'a touchée.
    Deux poèmes trouvés sur la toile, ils n'avaient pas de titre; voici le premier.

    Je peux dire, sans trop me tromper, que ce poème un hommage à sa mère.


    Es en Venezuela que encontré a Estrella Gomes, joven poetisa nacida en 1990.
    No sobra ni una palabra, el ritmo es bonito. Su poesía me ha conmovido.
    Dos poemas encontrados en la red, no tenían título; aquí va el primero.

     

    Azalea Quiñones  / Venezuela        


     

     

    Née d'un V inversé

     déchirée par le vertige en ton ventre

     j'ai su connaître

     le silence de chaque libellule

     posée sur tes doigts

     ceux-là même qui

     me dessinèrent tant de visages

     en saison de pluie

     

    Parfois je m'arrête

     et murmure à mon ombre,

     ainsi les aubes

     ne dansent pas à mon balcon

     

     
    Aujourd'hui je me penche à la fenêtre
     
    la même

     où chaque jour

     je me vois renaître

     en un verbe jamais compris

     je colore ma descente

     de la nuance de tes yeux

     

    Peut-être sèmerai-je des prières

     dans le jardin

     afin qu'en foulant la terre

     tu te souviennes

     que je m'accroche à tes pas

     avec chaque cri

     que tu caches en tes pieds.

    (Trad: Colette)

     

     
    Azalea Quiñones

     

     

    Nacida de una V invertida
    rasgada por el vértigo en tu vientre
    he sabido conocer
    el silencio de cada libélula
    posada en tus dedos
    esos mismos
    me dibujaron tantos rostros
    en estación de lluvia


    A veces suelo detenerme
    y susurrarle a mi sombra,
    así los amaneceres
    no bailan en mi balcón


    Hoy me asomo a la ventana
    por la misma
    donde cada día
    me veo renacida
    en un verbo nunca entendido
    coloreo mi descenso
    en el matiz de tus ojos


    Quizá siembre oraciones
    en el jardín
    para que al pisar la tierra
    recuerdes
    que me aferro a tu pisada
    con cada grito
    que escondes en tus pies.