teun hocks

  • Paroles et silences II / Palabras y silencios II

    Imprimer

    Parmi les nombreux poèmes de Roberto Juarroz parlant du silence dans "Poésie Verticale", j’ai choisi celui-ci qui aborde les variétés de silences.
     
    L’illustration est d’un photographe hollandais, Teun Hocks. Chacune de ses photos raconte, dénonce, illustre un propos. Intéressant, très. Découvrez-le ici
     
    Teun Hocks (Cosmic surroundings)    
     
    La hauteur de l'homme n'est pas la hauteur de la pluie,

    mais son regard va plus loin que les nuages.” R. Juarroz

    "La altura del hombre no es la altura de la lluvia,

     pero su mirada suele ir más allá de las nubes"

     
    Le silence qui subsiste entre deux mots
    Le silence qui subsiste entre deux mots
    n'est pas identique au silence qui entoure une tête qui tombe,
    ni à celui qui nimbe la présence de l'arbre
    quand s'éteint l'incendie vespéral du vent.

    De même que chaque voix a un timbre et une hauteur,
    chaque silence a un registre et une profondeur.
    Le silence d'un homme est différent de celui d'un autre
    et ce n'est pas la même chose de taire un nom ou d’en taire un autre.
     
    Il existe un alphabet du silence,
    mais on ne nous a pas appris à l'épeler.
    La lecture du silence est néanmoins la seule durable,
    plus peut-être que le lecteur.

    Dans « Poésie verticale » (traduction, légèrement modifiée par moi, trouvée sans nom du traducteur, hélas)


    El silencio que queda entre dos palabras


    El silencio que queda entre dos palabras
    no es el mismo silencio que envuelve una cabeza cuando cae,
    ni tampoco el que estampa la presencia del árbol
    cuando se apaga el incendio vespertino del viento.

    Así como cada voz tiene un timbre y una altura,
    cada silencio tiene un registro y una profundidad.
    El silencio de un hombre es distinto del silencio de otro
    y no es lo mismo callar un nombre que callar otro nombre.

    Existe un alfabeto del silencio,
    pero no nos han enseñado a deletrearlo.
    Sin embargo, la lectura del silencio es la única durable,
    tal vez más que el lector.