surréaliste

  • Tout jeter / Tirarlo todo

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    Dans la série “poésie du quotidien” voici Amalia Bautista, le nettoyage est à l'honneur aujourd'hui, mais pas seulement...

    En la serie “poesía de lo cotidiano”, Amalia Bautista nos habla de la limpieza, pero no sólo de ella....

    Oceanic's kitchen Yacek Yerka      
     
                       
    On va faire un grand nettoyage

     

     
    On va faire un grand nettoyage
    et on va jeter toutes les choses
    qui ne nous servent à rien, ces
    choses que nous n'employons plus, ces
    autres qui ne font que prendre la poussière,
    celles que nous évitons de trouver car
    elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
    celles qui nous font mal, occupent de la place
    ou que nous n'avons jamais voulues proches.
     
    On va faire un grand nettoyage
    ou, mieux encore, un déménagement
    qui nous permette d'abandonner les choses
    sans même les toucher, sans nous salir,
    les laissant là où elles ont toujours été;
    c'est nous qui allons partir, mon cœur,
    pour recommencer à accumuler.
    Ou bien nous allons mettre le feu à tout
    et rester tranquilles, avec cette image
    des braises du monde devant les yeux
    et le cœur deshabité.
     
    Trad: Colette
     

    Vamos a hacer limpieza general

    Amalia Bautista

     
    Vamos a hacer limpieza general
    y vamos a tirar todas las cosas
    que no nos sirven para nada, esas
    cosas que ya no utilizamos, esas
    otras que no hacen más que coger polvo,
    las que evitamos encontrarnos porque
    nos traen los recuerdos más amargos,
    las que nos hacen daño, ocupan sitio
    o no quisimos nunca tener cerca.

    Vamos a hacer limpieza general
    o, mejor todavía, una mudanza
    que nos permita abandonar las cosas
    sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
    dejándolas donde han estado siempre;
    vamos a irnos nosotros, vida mía,
    para empezar a acumular de nuevo.
    O vamos a prenderle fuego a todo
    y a quedarnos en paz, con esa imagen
    de las brasas del mundo ante los ojos
    y con el corazón deshabitado.
  • Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

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    Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

     

    Photo Colette, port de Valldemossa
     
     
     

     

    Marine

    Je t'ai vu, océan
    je t'ai galopé
    sur le dos d'un violon
    de bois poli
    d'un lutrin courbe
    de couleur du cerisier
    et tu étais, océan
    un champ
    d'herbe bleue
    en mouvement.

    Comme si tu étais
    l'oubli même
    je t'ai visité
    océan
    empereur des eaux
    miroir profond du ciel
    et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
    des céréales bleues et des fleurs du silence.
    (trad: Colette)
    "El sueño oscuro" 1994
     
    Photo Colette , miroirs de lune?
     
    Marina

    Blanca Andreu‏


    Te he visto, océano
    te he galopado
    a lomos de un violín
    de madera pulida
    de un potro alabeado
    del color del cerezo
    y eras, océano
    un prado
    de hierba azul
    en movimiento.

    Como si fueras
    el propio olvido
    te he visitado
    océano
    emperador de las aguas
    espejo profundo del cielo
    y he visto en tus eternas barbas de espuma
    cereales azules y flores del silencio.

    "El sueño oscuro" 1994