04/11/2017

Je me souviens de toi.../ Te recuerdo....

Un poème de saison aujourd’hui.
 
Pablo Neruda
 
Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
un simple béret gris, le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.

Je sens voyager tes yeux et l'automne est distant:
béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
et vers eux émigraient mes désirs si profonds
et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.

Ciel vu d'un bateau. Champs vus des collines:
lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.
 
(Traduction trouvée sur la Toile, sans nom d’auteur, modifiée par moi)
 
Photo Colette, prise près de chez moi    
 
Te recuerdo como eras en el último otoño.
Eras la boina gris y el corazón en calma.
En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
Y las hojas caían en el agua de tu alma.

Apegada a mis brazos como una enredadera,
las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
hacia donde emigraban mis profundos anhelos
y caían mis besos alegres como brasas.

Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
Hojas secas de otoño giraban en tu alma.
 

24/06/2017

Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

 Ana Pérez Cañamares
Santa Cruz de Tenerife, 1968

 

 

LES ASSIETTES offertes par ma mère
sont maintenant ternes et démodées.
 
Quand nous faisons le ménage
elles nous regardent tels des malades agonisants
qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
 
Mais ce sont les assiettes de ma mère
qui ne m’offrira jamais plus
rien.
Si un jour nous nous décidions à les jeter
j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
 
Ma mère n’est pas dans l’assiette.
Ma mère est dans le pain que je mange.
Trad: Colette
 
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http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

 
LOS PLATOS que me regaló mi madre
están ya deslucidos y pasados de moda.

Cuando hacemos limpieza
nos miran como enfermos agonizantes
que no entienden qué queremos de ellos.

Pero son los platos que me regaló mi madre
que ya nunca volverá a regalarme
nada.
Si un día nos decidiéramos a tirarlos
intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
“las cosas, hija, son sólo cosas“.

Mi madre no está en un plato.
Mi madre está en el pan que como.

08/04/2017

Souvenirs citadins / Recuerdos urbanos

Les lieux communs
 
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974

 

 
La ville se conserve dans le souvenir,
pliée et disponible,
comme une carte affective
sur qui la mémoire a signalé
d’une croix la rue
et le bar et la terrasse
et la cafétéria
et le petit bout de trottoir
où l’on a entrevu un instant
un bonheur insaisissable.
 
(Trad: Colo)
Extrait de "Las palabras y los días"
 
 
 
Antwerpen, Anvers, Amberes, ma ville natale
 
Los lugares comunes
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974
 
La ciudad se conserva en el recuerdo,
doblada y disponible,
como un mapa afectivo
en el que la memoria ha señalado
con una cruz la calle
y el bar y la terraza
y la cafetería
y el trocito de acera
donde se adivinó por un instante
una felicidad esquiva. 
 
(De Las palabras y los días)

04/02/2012

Silences et bruits d'arbres /Silencios y ruidos de árboles

Une vieille photo retrouvée, quelques arbres qui entouraient la maison de grand-mère.

Tous les étés, les jeux de ma jeunesse.

Des lieux, des arbres, des moments de vie.

Una vieja foto encontrada, unos árboles que rodeaban la casa de la abuela.

Cada verano, los juegos de mi juventud.

Lugares, árboles, momentos de vida.

 

El Bourlette.jpg

Deux rangées de marronniers devant ma maison natale en Flandres ; là c’était se rouler et donner gaiment des coups de pied dans les couches humides et colorées des feuilles tombées, et ouvrir les coques dures des fruits en se blessant les mains, et admirer les pyramides de fleurs blanches qui annonçaient les vacances.

 

Dos filas de castaños ante mi casa natal en Flandes; allí era revolcarse y dar alegres patadas a las capas húmedas y coloradas de hojas caídas, y abrir las duras cápsulas de los frutos hiriéndose las manos, y admirar las pirámides de flores blancas que anunciaban las vacaciones.

 

L'Arbre

 

L'arbre attendait.

Puis il fit sombre.

 

Il restait là-bas.

L'enfant le regardait.

 

Il dit : il fait nuit.

Et cela dit il rentra

 

On dîna. On veilla.

Et l'arbre ? dit-il.

 

Se demanda l'enfant

Sous le clair de lampe

 

L'enfant à qui l'arbre

Vint fermer les yeux.

Mohammed Dib

 

 

El árbol

 

El árbol esperaba.

Después oscureció.

 

Se quedaba allí.

El niño lo miraba.

 

Dijo: hace de noche.

Y dicho esto entró en casa.

 

Cenamos. Velamos.

¡Y el árbol? dijo.

 

Se preguntó el niño

Bajo la luz de la lámpara.

 

El niño a quien el árbol

Vino a cerrar los ojos.

Mohammed Dib

(Trad: Colette)


Dans mes souvenirs diffus de la première année passée en Espagne, aux îles Canaries, ce sont les gigantesques avocatiers chargés de fruits; puis ce fut la découverte sur une autre île, Ibiza, des amandiers et oliviers qui me suivront ici à Majorque.

En mis difusos recuerdos del primer año pasado en España, en las islas Canarias, son los gigantescos aguacates cargados de frutos; luego fue el descubrimiento en otra isla, Ibiza, de los almendros y olivos que me seguirán hasta aquí, Mallorca.

 

VERANO 2008 014.jpg

Ici …hésitation. Et puis non, pourquoi choisir? Les palmiers et les pins, tous deux habitent mon paysage quotidien.

Solitaire, le palmier aux gestes lents se suffit à lui seul, il est le décor. Tandis que ce sont les forêts de pins qui donnent la couleur générale; odeurs et bruits dans le vent.

Aquí....hesitación. Pero no,¿por qué elegir? Las palmeras y los pinos, ambos habitan mi paisaje cotidiano.

Solitaria, la palmera de gestos lentos se basta a si misma, ella es el decorado. Mientras que son los bosques de pinos que dan el color general; olores y ruidos en el viento.