silvia baron supervielle

  • Désorientation / Desorientación

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    Silvia Baron Supervielle, vous vous en souvenez? Nous en avions parlé et lu certains poèmes en 2014.

    Avant deux poèmes, courts comme tous ses poèmes en français, je vous remets en mémoire ses propres mots:


    -" J'écrivais des poèmes et des contes en espagnol, mais je ne pensais pas sérieusement à écrire. J'ai pas mal tardé à changer de langue. Pour faire plaisir à mes amis, qui voulaient lire quelque chose de moi, j'ai essayé de me traduire, mais c'était de longs poèmes, parfois des sonnets. Alors je me suis mise à écrire en français. Ça m'a beaucoup plu, je voyais les choses d'une autre façon. J'avais peur de cette nouvelle langue et je soupçonne que c'est pour cela que j'ai écrit des poèmes courts. Ce fut la révélation d'un style et avec lui, d'un univers. Ces poèmes me rendaient mon image, la solitude dans laquelle je me trouvais. L'idée me vint que je pouvais être écrivaine. Pas parce que mes poèmes étaient en français mais parce qu'ils étaient dans une autre langue. Les mots étaient lointains. La désorientation me convenait."
    S. Baron Supervielle



    "–Yo escribía poemas y cuentos en español, pero no pensaba seriamente en escribir. Tardé bastante en cambiar de lenguaje. Por complacer amigos, que querían leer algo mío, traté de traducirme, pero eran poemas largos, a veces sonetos. Entonces me puse a escribir en francés. Me gustó mucho, veía las cosas de otra manera. Le temía a la nueva lengua y sospecho que por ello escribí poemas breves. Fue la revelación de un estilo y con él, de un universo. Esos poemas me devolvían mi imagen, la soledad en la que estaba. Me vino la idea que podía ser una escritora. No porque mis poemas estuvieran en francés sino porque estaban en otra lengua. Las palabras estaban lejos. La desorientación me convenía."

    Essais pour un espace
    (extrait)


    que personne
    ne ferme mes
    paupières
     
    je veux te
    voir déranger
    l’éternité
     
     
     
    que nadie
    me cierre
    los párpados
     
    quiero
    verte molestar
    la eternidad



    fresque, flûtiste



    le flûtiste
    de l’espace
    se promène
    en scrutant
    l’accord
    disparu

    (Dans “Sur le fleuve”) 


                     el flautista

                     del espacio
                     se pasea
                     oteando
                     el acorde
                    desvanecido
     
      (trad: Colette)


    Sur le magnifique site Terres de Femmes, un court texte de S.B.Supervielle: https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/04/silvia_baron_su.html
     

  • Désorientation / Desorientación

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    Silvia Baron Supervielle, vous vous en souvenez? Nous en avions parlé et lu certains poèmes en 2014.

    Avant deux poèmes, courts comme tous ses poèmes en français, je vous remets en mémoire ses propres mots:


    -" J'écrivais des poèmes et des contes en espagnol, mais je ne pensais pas sérieusement à écrire. J'ai pas mal tardé à changer de langue. Pour faire plaisir à mes amis, qui voulaient lire quelque chose de moi, j'ai essayé de me traduire, mais c'était de longs poèmes, parfois des sonnets. Alors je me suis mise à écrire en français. Ça m'a beaucoup plu, je voyais les choses d'une autre façon. J'avais peur de cette nouvelle langue et je soupçonne que c'est pour cela que j'ai écrit des poèmes courts. Ce fut la révélation d'un style et avec lui, d'un univers. Ces poèmes me rendaient mon image, la solitude dans laquelle je me trouvais. L'idée me vint que je pouvais être écrivaine. Pas parce que mes poèmes étaient en français mais parce qu'ils étaient dans une autre langue. Les mots étaient lointains. La désorientation me convenait."
    S. Baron Supervielle



    "–Yo escribía poemas y cuentos en español, pero no pensaba seriamente en escribir. Tardé bastante en cambiar de lenguaje. Por complacer amigos, que querían leer algo mío, traté de traducirme, pero eran poemas largos, a veces sonetos. Entonces me puse a escribir en francés. Me gustó mucho, veía las cosas de otra manera. Le temía a la nueva lengua y sospecho que por ello escribí poemas breves. Fue la revelación de un estilo y con él, de un universo. Esos poemas me devolvían mi imagen, la soledad en la que estaba. Me vino la idea que podía ser una escritora. No porque mis poemas estuvieran en francés sino porque estaban en otra lengua. Las palabras estaban lejos. La desorientación me convenía."

    Essais pour un espace
    (extrait)


    que personne
    ne ferme mes
    paupières
     
    je veux te
    voir déranger
    l’éternité
     
     
     
    que nadie
    me cierre
    los párpados
     
    quiero
    verte molestar
    la eternidad



    fresque, flûtiste



    le flûtiste
    de l’espace
    se promène
    en scrutant
    l’accord
    disparu

    (Dans “Sur le fleuve”) 


                     el flautista

                     del espacio
                     se pasea
                     oteando
                     el acorde
                    desvanecido
     
      (trad: Colette)


    Sur le magnifique site Terres de Femmes, un court texte de S.B.Supervielle: https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/04/silvia_baron_su.html
     
  • La poupée russe de M. Yourcenar / La muñeca rusa de M. Yourcenar

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    Dans une interview, je ne sais plus laquelle, Marguerite Yourcenar disait qu’on met plus de soi dans la poésie que dans les romans.

    Je veux penser qu’elle était d’humeur légère et ludique quand elle a écrit ce calligramme, s’inspirant d’ Apollinaire, vers 1932.
    Petrouchka est l’équivalent russe de notre Polichinelle.
    Si vous suivez ce blog depuis un temps, vous savez qui est Silvia Barón Supervielle, c’est elle qui a traduit, tâche extrêmement compliquée, (mais elle a également traduit Borgès!), ce poème en espagnol.
    Deux bijoux.
     
    En una entrevista, no me acuerdo cual, Marguerite Yourcenar decía que en la poesía uno pone más de si mismo que en las novelas.
    Quiero creer que estaba de humor ligero y lúdico cuando escribió este caligrama, inspirado de Apollinaire, en los años ‘30
    Petroushka es el equivalente ruso de nuestro Polichinelle (Polichinela).
    La traducción al español, tan complicada (pero ella tradujo a Borges!) es de Silvia Barón Supervielle.
    Dos joyas.

    Poème pour une poupée achetée dans un bazar russe M. Yourcenar




    Je suis
    Bleu de roi
    Et noir de suie.
     
    Je suis le grand Maure
    (Rival   de    Petrouchka).
    La nuit me sert  de   troïka;
    J’ai  le   soleil pour  ballon  d’or.
     
    Presque aussi vaste que les ténèbres,
    Mais    tout    aussi    fragile    qu’un    vivant,
    Le moindre souffle émeut mon corps sans vertèbres.
     
    Je    suis    très    résigné,    car   je   suis   très    savant :
    Ne   raillez   pas    mon   teint   noir,  ni  mes  lèvres béantes,
     
    Je  suis,  comme  vous,   un   pantin   entre  des   mains   géantes.
     
     
     
    Petrouchka, source Wiki
     
     
     
     
    Poema para una muñeca comprada en un bazar ruso.




    Soy
    El rey
    Azul voy
    Negra mi ley
     
    Yo soy el gran Moro
    (Rival de Petrouchka)
    La   noche  fue  mi troica
    Y  el  sol  mi  balón  de   oro.
     
    De   las   tinieblas,   el   rellano;
    Del    aire    respirante,   el    rocío;
    Un  soplo  oscila  en  mi cuerpo vacío.
     
    Soy muy resignado porque soy muy sabio.
    No desdeñen mi tez negra o mi abierto labio:
    Soy como ustedes un juguete en la enorme mano.
     
    Versión de Silvia Barón-Supervielle
  • Quitter, pas abandonner / Marcharse, no abandonar

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    Perdre quelque chose au large...partir, quitter; ce qu'on laisse là-bas restera en suspens, au dessus des mers .

     

    Ce poème je l'ai lu il y a longtemps et depuis je crois n'avoir jamais trouvé de plus belle et exacte expression de ce vide. Silvia Baron Supervielle, dame que vous connaissez déjà si vous suivez ce blog.

     

    Ce poème a été écrit par elle en français, je l'ai traduit en español (elle l'a peut-être fait elle-même, je l'ignore).
     

     

    Perder algo en la lejanía...partir, marcharse; lo que se deja allá quedará en suspenso, encima de los mares.

     

    Hace tiempo que leí ese poema y no creo haber encontrado después más bonita y exacta expresión de ese vacío. 
    Silvia Baron Supervielle que ya conocéis si seguís este blog.
     

     


     

    Partir no significa abandonar” 
     

     

     

     

    Silvia Baron Supervielle

     

    dans La distance de sable

     


    dans les tiroirs de l’armoire
    la valise vide les coins inanimés
    sur l’étagère dans les miroirs
    enchaînés l’escalier l’étalage
    de la rue permanente pressée
    au fond du jour du sac des poches
    d’où viennent toutes ces clefs
    le fleuve les arbres les coupoles
    qui coulent avec le vent le virage
    depuis longtemps contre le lit
    le mur revenir sur ses pas demander
    mais les gens ne sont pas d’ici
    j’ai perdu quelque chose au large
    de l’espace la mer le désert
    au seuil d’une ombre disparue 



     

    en La distancia de arena

     


    en los cajones del armario
    la maleta vacía los rincones inanimados
    en el estante en los espejos
    encadenados la escalera el escaparate
    de la calle permanente apresurada
    en le fondo del día del bolso de los bolsillos
    de dónde salen toda esas llaves
    el río los árboles las cúpulas
    que fluyen con el viento la curva
    desde hace tiempo contra la cama
    la pared volver sobre sus pasos preguntar
    pero la gente no es de aquí
    he perdido algo en la lejanía
    del espacio el mar el desierto
    en el umbral de una sombra desaparecida

     

    (Trad: Colette)
  • Vivre entre deux.../ Vivir entre dos...

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    Ce billet est long, prenez votre temps...nous poursuivons avec Silvia Baron Supervielle

    Esta nota es larga, tomad vuestro tiempo...seguimos con Silvia Baron Supervielle

     

     

     

    sans aller vers la mer
    ni venir vers le fleuve
    ni traduire le murmure
    momentané de l'ombre
    sans reprendre l'aventure
    à la dérive et l'amour
    enfoui dans la tranchée
    ni retrouver la plaine
    suspendue aux étoiles
    ni parler du territoire
    de l'espace dépris
    de son pays

     

     

     

    Sin ir hacia el mar
    ni venir hacia el río
    ni traducir el murmullo
    momentáneo de la sombra
    sin retomar la aventura
    a la deriva y el amor
    sepultado en la trinchera
    ni encontrar la llanura
    suspendida en las estrellas
    ni hablar del territorio
    del espacio abandonado
    de su país.

     

    (trad: MAH-Colette)

     

    Silvia Baron Supervielle - Autour du vide

    (les poèmes sont probablement traduits par elle-même, je n'en ai pas la traduction en espagnol et l'ai réalisée avec MAH)

     

     
    Silvia Baron Supervielle vit à Paris depuis 1961 et commença à écrire en français quelques année plus tard. Je vous l'ai dit dans le billet précédent, avec le temps elle est devenue une traductrice hors pair.

     

    Née à Buenos Aires en 1934, dans le Río de la Plata, sa mère, qui mourut quand elle avait 2 ans, était Uruguayenne d'origine espagnole, et son père Argentin d'origine française. C'est donc sa grand-mère paternelle, cousine de Jules Supervielle qui l'éleva en français. Mais c'est en espagnol qu'elle vécut son enfance et sa jeunesse.

     

     

    “–Una argentina que vive en París, escribe en francés pero se siente del Río de La Plata. ¿Por qué?
    - Une Argentine qui vit à Paris, écrit en français mais se sent du Río de la Plata. Pourquoi?

    • Al escribir en francés no varían los recuerdos de la infancia y de la adolescencia, que son esenciales. Además me siento cerca de los escritores del Río de la Plata. Por eso los he traducido. No soy una escritora francesa. Escribo en francés pero pertenezco al Río de la Plata.
      - En écrivant en français, les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence, qui sont essentiels, ne varient pas. De plus je me sens proche des écrivains du Río de la Plata. C'est pour cela que je les ai traduits. Je ne suis pas une écrivaine française. J'écris en français mais je suis du Río de la Plata.”




    Adulte elle voyage et décide de s'installer à Paris. Elle raconte:


    "–Yo escribía poemas y cuentos en español, pero no pensaba seriamente en escribir. Tardé bastante en cambiar de lenguaje. Por complacer amigos, que querían leer algo mío, traté de traducirme, pero eran poemas largos, a veces sonetos. Entonces me puse a escribir en francés. Me gustó mucho, veía las cosas de otra manera. Le temía a la nueva lengua y sospecho que por ello escribí poemas breves. Fue la revelación de un estilo y con él, de un universo. Esos poemas me devolvían mi imagen, la soledad en la que estaba. Me vino la idea que podía ser una escritora. No porque mis poemas estuvieran en francés sino porque estaban en otra lengua. Las palabras estaban lejos. La desorientación me convenía.


    - J'écrivais des poèmes et des contes en espagnol, mais je ne pensais pas sérieusement à écrire. J'ai pas mal tardé à changer de langue. Pour faire plaisir à mes amis, qui voulaient lire quelque chose de moi, j'ai essayé de me traduire, mais c'était de longs poèmes, parfois des sonnets. Alors je me suis mise à écrire en français. Ça m'a beaucoup plu, je voyais les choses d'une autre façon. J'avais peur de cette nouvelle langue et je soupçonne que c'est pour cela que j'ai écrit des poèmes courts. Ce fut la révélation d'un style et avec lui, d'un univers. Ces poèmes me rendaient mon image, la solitude dans laquelle je me trouvais. L'idée me vint que je pouvais être écrivaine. Pas parce que mes poèmes étaient en français mais parce qu'ils étaient dans une autre langue. Les mots étaient lointains. La désorientation me convenait."

     

     

    alrededor del vacío
    me desnudo
    para unirme
    al perfil
    en suspenso
    aéreo

     


     autour du vide
    je me dénude
    pour m’unir
    au profil
    en suspens
    aérien 

     

     
     
    On lui doit des traductions en français de Jorge Luís Borges, Alexandra Pizarnik, Silvina Ocampo, de Robeto Juarroz (tous originaires de Buenos Aires), puis la traduction en espagnol de Marguerite Yourcenar*

     

     

     

    –“Yo pertenezco a los ausentes”, usted ha dicho.
    -”J'appartiens aux absents” avez-vous dit.


    Tengo la casa llena de fotos de ausentes. Los que están lejos y los que se han ido mas lejos aún. Todos mis amigos están entre mis libros junto a escritores que admiro como Borges, Silvina Ocampo, Marguerite Yourcenar, etc. Sus rostros se acompañan. Estoy rodeada de ausentes maravillosos. No los cambiaría por muchos presentes.
    -J'ai la maison pleine de photos d'absents. Ceux qui sont loin et ceux qui sont partis plus loin encore. Tous mes amis sont entre mes livres à côté d'écrivains que j'admire comme Borges, Silvana Ocampo, Marguerite Yourcenar, etc. leurs visages m'accompagnent. Je suis entourée de merveilleux absents. Je ne les échangerais pas pour beaucoup`de présents.”

     

     

    Leon Spilliaert Marine avec sillon

     

     

     

    au cours de la traversée
    la mer articula une langue
    hors des registres du son 
    et ce fut voir le sillage
    se détacher de la cabine
    et les périodes de la houle
    ouvrir un étrange miroir
    sur la surface circonscrite
    ce fut commencer à suivre
    des inflexions étonnantes
    sur le hublot hermétique 
    et ni taire ni chanter
    mais fendre le rythme 
    naturel du courant

     


     

    (Extrait de Pages de voyage)

     


     

    durante la travesía
    el mar articuló un lenguaje
    fuera del registro del sonido
    y ver la estela
    separarse de la cabina
    y los periodos de oleaje
    abrir un extraño espejo
    sobre la superficie circunscrita
    fue comenzar el rastreo
    de inflexiones sorprendentes
    sobre la hermética ventanilla
    y ni cantar ni callarse
    sino atravesar el ritmo
    natural de la corriente

     

    (Trad. MAH; Colette)




    Pour terminer, et c'est la partie de son interview qui me touche le plus, elle explique comment elle se sent toujours “entre deux” et contente de l'être:



    "-¿Podría volver a Buenos Aires a vivir?
    -Pourriez-vous revenir à Buenos Aires?
    Siempre me he dejado llevar por lo que se imponía. No creo que pueda hacer una elección. Si llega el momento, en que el regreso se impone, volveré. Si no, me quedaré en París. Ser extranjero –y ahora lo soy en todas partes– es también una manera de ser libre. La no integración es una libertad. No estoy integrada en ningún lado. Y no busco estarlo. No sé formar parte de un grupo humano. Pertenezco sólo a los que quiero que estén allí o aquí. Y Al Margen es quizá mi patria.

    - Je me suis toujours laissé porter par ce qui s'imposait. Je ne pense pas pouvoir choisir. Si arrive le moment où le retour s'impose, je reviendrai. Sinon je resterai à Paris. Être étranger – et maintenant je le suis partout- est aussi une façon d'être libre. La non intégration est une liberté. Je ne suis intégrée nulle part. Et je ne cherche pas à l'être. Je ne sais pas faire partie d'un groupe humain. Je n'appartiens qu'à ceux que je veux qu'ils soient ici ou ailleurs. Et EN MARGE est peut-être ma patrie."

     

    Source de l'interview, (2-09-2013)

    Traduction Colette

     

     * Si l'amitié qui a surgi entre elle et Marguerite Yourcenar vous intéresse, lisez ceci:

     http://www.bm-lyon.fr/spip.php?page=video&id_video=459

  • L'accord disparu / El acorde desaparecido

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    Je me suis énamourée des poèmes de Silvia Baron Supervielle; je me suis attachée à cette dame tour à tour conteuse, poétesse, traductrice hors-pair dont je vous parlerai longuement dans le prochain billet.
    Aujourd'hui deux poèmes, très courts comme le sont beaucoup des siens. J'ai trouvé le premier en espagnol, l'autre en français. Je sais qu'elle s'auto-traduit mais je ne possède pas les traductions. C'est donc avec une grande humilité que je me suis permise de le faire moi-même.


    Me he enamorado de los poemas de Silvia Baron Supervielle, me he encariñado con esa dama a la vez cuentista, poetisa, traductora fuera de serie; os hablaré de ella de manera extensa la próxima vez.
    Hoy dos poemas, muy cortos como son muchos de los suyos. Encontré el primero en español, el otro en francés. Sé que se auto-traduce pero no poseo las traducciones. Es entonces con mucha humildad que lo hice yo misma.

     

     

    le flûtiste
    de l’espace
    se promène
    en scrutant
    l’accord
    disparu 

     

    (Dans “Sur le fleuve”) 

     

     
    el flautista

     del espacio

     se pasea

     oteando

     el acorde

     desvanecido 

     

      (trad: Colette)

     


     

    César Páez (Colombie) / Instantes urbanos    

     

     
    entre el intervalo
    del relámpago
    y la explosión 
    del trueno

    me identifica

    el instante

     

     
    (extrait de “Al margen”.)

     

     
    entre l'intervalle

     de l'éclair

     et l'explosion

     du tonnerre

     

     
    m'identifie

     l'instant

     (Trad: Colette)