24/06/2017

Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

 Ana Pérez Cañamares
Santa Cruz de Tenerife, 1968

 

 

LES ASSIETTES offertes par ma mère
sont maintenant ternes et démodées.
 
Quand nous faisons le ménage
elles nous regardent tels des malades agonisants
qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
 
Mais ce sont les assiettes de ma mère
qui ne m’offrira jamais plus
rien.
Si un jour nous nous décidions à les jeter
j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
 
Ma mère n’est pas dans l’assiette.
Ma mère est dans le pain que je mange.
Trad: Colette
 
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http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

 
LOS PLATOS que me regaló mi madre
están ya deslucidos y pasados de moda.

Cuando hacemos limpieza
nos miran como enfermos agonizantes
que no entienden qué queremos de ellos.

Pero son los platos que me regaló mi madre
que ya nunca volverá a regalarme
nada.
Si un día nos decidiéramos a tirarlos
intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
“las cosas, hija, son sólo cosas“.

Mi madre no está en un plato.
Mi madre está en el pan que como.

13/05/2017

Reconnaissante / Agradecida

ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)
 
ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE
 
Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
écrasant les feuilles brunies.
À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.

Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
me laissant seule
emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.

Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
me laissant là
à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.

Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
et à voir, ensommeillée, 
les troncs bordés de laines fanées. 

Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 
 
Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
moliendo las hojas tostadas.
A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.

Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
y me dejaron sola
enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 

Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
y me dejaron ahí
bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 

Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
y viendo soñolienta
los troncos bordados de lanas marchitas.

Ahora voy indemne entre las gentes. 

Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm 
 

22/04/2017

Doutes et amples horizons / Dudas y anchos horizontes

 
Quand j'arriverai à la vieillesse
-si j'y arrive-
et me regarderai dans le miroir
et compterai mes rides
comme une délicate orographie
de peau distendue.
Quand je pourrai compter les marques
qu'ont laissé les larmes
et les préoccupations,
et que déjà mon corps répondra lentement
à mes désirs,
quand je verrai ma vie enrobée
de veines bleues,
de profondes cernes,
et que je lâcherai ma chevelure blanche
pour m’endormir tôt
-comme il se doit-
quand viendront mes petits-enfants
s’asseoir sur mes genoux
rouillés par le passage de tant d’hivers,
je sais qu’encore mon cœur
sera -rebelle- à tictaquer
et que les doutes et les amples horizons
salueront aussi
mes matins.

(Trad: Colette)

*André Derain -  Madame Matisse au kimono

 

 
Desafío a la vejez Gioconda Belli
Cuando yo llegue a vieja
-si es que llego-
y me mire al espejo
y me cuente las arrugas
como una delicada orografía
de distendida piel.
Cuando pueda contar las marcas
que han dejado las lágrimas
y las preocupaciones,
y ya mi cuerpo responda despacio
a mis deseos,
cuando vea mi vida envuelta
en venas azules,
en profundas ojeras,
y suelte blanca mi cabellera
para dormirme temprano
-como corresponde-
cuando vengan mis nietos
a sentarse sobre mis rodillas
enmohecidas por el paso de muchos inviernos,
sé que todavía mi corazón
estará -rebelde- tictaqueando
y las dudas y los anchos horizontes
también saludarán
mis mañanas.
 
 
*André Derain (Chatou, 1880 - Garches, 1954) peintre fauviste, grand ami de Matisse.

15/04/2017

Fauves dorés / Doradas fieras

 
Sans doute, oui sans doute un billet sur nos 17 lapins nouveaux-nés accompagné d’adorables photos aurait-il été plus approprié en ces jours de Pâques.
Mais non, c’est un poème surréaliste d’Octavio Paz qui m’a étonnée, m'a fait sourire et me demander où il avait été chercher tant de choses à dire sur...deux yeux.
 
Tal vez, sí tal vez una entrada sobre nuestros 17 conejitos recién nacidos , acompañada de fotos muy monas hubiera sido más apropiado en estos días de Pascua.
Pero no, es un poema surrealista de Octavio Paz que me ha sorprendido, hecho sonreír y preguntarme de dónde había sacado tantas cosas que decir sobre...dos ojos.
 
Octavio Paz ( Mexique 1914-1998)
 
Tes yeux 
 
Tes yeux sont la patrie
de l'éclair et de la larme,
silence disert,
tempêtes sans vent, mer sans vagues,
oiseaux prisonniers, fauves dorés endormis,
topazes impies comme la vérité,
automne dans une clairière
où la lumière chante sur l’épaule
d'un arbre, et où toutes les feuilles sont oiseaux,
plage que le matin trouve constellé d'yeux,
panier de fruits de feu,
mensonge nourricier,
miroirs de ce monde, porte de l'au delà,
pulsation tranquille de la mer à midi
absolu qui scintille,
désert.
 
traduction Colette (inspirée par celle d’ E. Dupas )
 
 
Silvana Canetti (Uruguay)
" Los ojos de Ariadna"
 
 
Tus ojos O. Paz
TUs ojos son la patria
del relámpago y de la lágrima,
silencio que habla,
tempestades sin viento,
mar sin olas, pájaros presos,
doradas fieras adormecidas,
topacios impíos como la verdad,
otoño en un claro del bosque
en donde la luz canta en el hombro
de un árbol y son pájaros todas las hojas,
playa que la mañana
encuentra constelada de ojos,
cesta de frutos de fuego,
mentira que alimenta,
espejos de este mundo,
puertas del más allá,
pulsación tranquila del mar a mediodía,
absoluto que parpadea, páramo.
 

08/04/2017

Souvenirs citadins / Recuerdos urbanos

Les lieux communs
 
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974

 

 
La ville se conserve dans le souvenir,
pliée et disponible,
comme une carte affective
sur qui la mémoire a signalé
d’une croix la rue
et le bar et la terrasse
et la cafétéria
et le petit bout de trottoir
où l’on a entrevu un instant
un bonheur insaisissable.
 
(Trad: Colo)
Extrait de "Las palabras y los días"
 
 
 
Antwerpen, Anvers, Amberes, ma ville natale
 
Los lugares comunes
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974
 
La ciudad se conserva en el recuerdo,
doblada y disponible,
como un mapa afectivo
en el que la memoria ha señalado
con una cruz la calle
y el bar y la terraza
y la cafetería
y el trocito de acera
donde se adivinó por un instante
una felicidad esquiva. 
 
(De Las palabras y los días)

01/03/2017

D'autres cieux / Otros cielos

Foto Colette, 27 de febreo 2017


 
Autre ciel  Mario Benedetti
 
Il n'existe pas d'éponge pour laver le ciel
mais même si tu pouvais le savonner
et ensuite lui jeter des seaux et des seaux de mer
et le tendre au soleil pour qu'il sèche
il manquerait toujours l'oiseau en silence
(Trad: Colette)
 
 

Otro cielo  Mario Benedetti

No existe esponja para lavar el cielo
pero aunque pudieras enjabonarlo
y luego echarle baldes y baldes de mar
y colgarlo al sol para que se seque
siempre faltaría el pájaro en silencio
 
                                                        


                                                                --------------
Ces vers pour vous dire aussi que ce blog prend une pause-vacances: je m'en vais vers des cieux aussi gris, je crois, mais remplis de voix, de sourires chaleureux...
 
 
Source photo
 
 
 
Estos versos para deciros que este blog coge una pausa, me voy hacia unos cielos también grises, creo, pero hacia voces y sonrisas calurosas... 

25/02/2017

Additionner / Sumar

Ida Vitale* (poète, traductrice, essayiste, professeur et critique littéraire Uruguayenne), 93 ans, est née à Montevideo. Fuyant la dictature, elle partit au Mexique (1974) puis plus tard aux États Unis où elle réside encore.
L’exil peut être une expérience dramatique et terrible ou une chose merveilleuse. En ce qui me concerne j’ai beaucoup souffert de éloignement de mes proches, j’en ai bavé, mais au bout d’un petit moment je me suis sentie vraiment enrichie. Le Mexique m’a donné non seulement le confort d’un monde agréable, mais aussi l’occasion de me sentir utile par des traductions, des cours...et quelque chose pour laquelle je n’arrêterai jamais de remercier ce pays, qui est son énorme ouverture à celui qui venait du dehors.”(Trad: Colette)
 
Ida Vitale (poeta, traductora, ensayista, profesora y crítica literaria uruguaya) tiene 93 años y nació en Montevideo. Huyendo de la dictadura, se fue a México (1974) y más tarde a los Estados Unidos donde reside actualmente.
 
El exilio puede ser una experiencia dramática y terrible o una cosa maravillosa. En mi caso me dolió mucho alejarme de mi gente, lo pasé muy mal, pero al poco tiempo me sentí mucho más enriquecida. México me dio no solo la comodidad de un mundo agradable, sino la oportunidad de sentirme útil con traducciones, con clases… y eso es algo que jamás dejaré de agradecerle a ese país, su enorme apertura hacia el que venía de fuera”.


Additions
                                                          Cheval et cavalier sont déjà deux animaux
 
Un plus un, dit-on. Et on pense:
une pomme plus une pomme,
un verre plus un verre,
des choses toujours identiques.

 

Quel changement que
un plus un soit un puritain
plus un gamelan,
un jasmin plus un arabe,
une nonne et une falaise,
un chant et un masque,
encore une garnison et une damoiselle,
l’espérance de quelqu’un
plus le rêve de l’autre.
 
(Ne possédant pas ce livre, la traduction est de moi. Je suis sûre que Silvia Baron Supervielle a fait mieux!)
 
*Note: Ida Vitale a reçu en 2015 le prix Reina Sofía,  la plus haute distinction de la poésie ibéro-américaine qui consacre la poète uruguayenne comme une des voix les plus importantes de la poésie de langue espagnole.
 
Mural de Diego Rivera "La marcha de la humanidad"
 
Sumas
                                          caballo y caballero son ya dos animales

Uno más uno, decimos. Y pensamos:
una manzana más una manzana,
un vaso más un vaso,
siempre cosas iguales.

Qué cambio cuando
uno mas uno sea un puritano
más un gamelán,
un jazmín más un árabe,
una monja y un acantilado,
un canto y una máscara,
otra vez una guarnición y una doncella,
la esperanza de alguien
más el sueño de otro.

  De
"Reducción del infinito" 2002
 
 

19/02/2017

Le mur du doute / El muro de la duda

Le doute est un des noms de l’intelligence.
 
La duda es uno de los nombres de la inteligencia.
 
Jorge Luis Borges
 

Oui, pourtant je me doute qu'il y a certains doutes dont vous vous passeriez bien vous aussi...

 
 DOUTE
 
Combien d'insomnies me faut-il pour
abattre le mur du doute?
Combien d'ombres? Combien de luttes?
Il faut que je sache aujourd'hui -avant ton éveil-
si c'est le matin qui éclaire,
ou si c'est toi qui éclaires le matin.

(Trad Colette)

DUDA
 
¿Cuantos insomnios me hacen falta para
derrumbar el muro de la duda?
¿Cuántas sombras? ¿Cuántas luchas?
Hoy tengo que saber -antes que despiertes-
si la mañana es la que alumbra,
o si eres tú la que alumbra la mañana.

21/01/2017

L'éclat des regards / El brillo de las miradas

Comme annoncé,  José Carlos Llop . Cet écrivain et poète Majorquin contemporain dont des amies françaises et belges m’ont parlé! Je devrais sans doute passer plus de temps dans les librairies de Palma...
J’ai lu “Le rapport Stein” en Français car il n’est plus édité en espagnol. Puis on m’a offert “Solstice” (en français aussi) et, enchantée, j’ai acheté un livre de ses poèmes intitulé “La Dádiva”. (L’offrande). J’ignore s’ils sont traduits en français, mais je me suis lancée à en traduire un.
Loin d’être choisi au hasard, il introduit parfaitement les thèmes de ce bijou qu’est le roman Solstice dont nous parlerons prochainement.

Cómo anunciado, José Carlos Llop. Este escritor y poeta Mallorquín contemporáneo del cual amigas francesas y belgas me hablaron! Debería sin duda pasar más tiempo en las librerías de Palma…
Leí “El informe Stein” en francés pues está descatalogado en español. Luego me regalaron “Solsticio” (también en francés) y, encantada, compré uno de sus libros de poesía”La Dádiva”. Ignoro si los poemas están traducidos al francés, pero me lancé y traduje uno.
Lejos de ser elegido al azar, introduce perfectamente los temas de esa joya que es la novela Solsticio de la cual os hablaré muy pronto.
 
Lalique, femme libellule
 
 
 
 
 
Carte postale cubiste
 
L'odeur des algues est un baume
amené d'Alexandrie
par un navire romain
vu de moi seul. Une libellule
est un Lalique et un crabe qui avance,
l'ombre que trace la douleur
dans la vie des hommes.
C'est dans ces eaux que se mirèrent les dieux
comme dans les thermes de l'Olympe.
 
Les chèvres surveillent
le passage des bateaux, l'argent de l'horizon
là où finit le monde.
Les pins sont des émeraudes
dans la mine bleue de l'air.
Le temps est un
et il n'y a pas de paradis perdus,
seuls des regards
qui ont perdu leur éclat.
 
(traduction Colette)

 

 
 
Postal cubista
 
El olor de las algas es un bálsamo
traído de Alejandría
por una nave romana
que sólo yo veo. Una libélula
es un Lalique y un cangrejo que avanza,
la sombra que el dolor traza
en la vida de los hombres.
En estas aguas se miraron los dioses
como en las termas del Olimpo.
 
Las cabras vigilan
el paso de los buques, la plata del horizonte
donde el mundo se acaba.
Los pinos son esmeraldas
en la mina azul del aire.
El tiempo es uno
y no hay paraísos perdidos,
sólo miradas
que han perdido el brillo.
 
La Dádiva, p.40. Colección Calle Del Aire Sevilla Renacimiento.

15/10/2016

Soif / Sed


Septembre fut un mois d'excursions; la chaleur avait diminué.
Septiembre fue un mes de excursiones; había disminuido el calor.
 
L'une d'elles nous emmena dans le centre de l'île appelé Es Pla. Ce plat est décoré par-ci par-là de hautes collines (ou petites montagnes). Et devinez qui a édifié sa demeure en haut, jouissant d'une vue fabuleuse, d'un calme inégalable? Des moines, bien sûr.
Una de ellas nos llevó al centro de la isla llamado Es Pla. Esa llanura está decorada aquí y allá de altas colinas (o pequeñas montañas). Y adivinad ¿quién edificó allí su morada, gozando de una vista fabulosa, de una quietud incomparable? Unos monjes, claro.
 
 

C'est du haut de l'une d'elles, dont je vous parlerai dans le prochain billet, que j'ai pris cette photo panoramique; là aussi que j'ai pensé à ce poème...tout était si sec.
 
Desde lo alto de una de ellas, os hablaré de ella en la próxima entrada,  saqué esta foto panorámica; allí también pensé en este poema...todo estaba tan seco.
 
 

 

 
Épitaphe
 
Un oiseau vivait en moi.
Une fleur voyageait dans mon sang.
Mon cœur était un violon.
J'aimai et n'aimai pas. Mais parfois
on m'aima. Moi aussi me
réjouissaient: le printemps,
les mains jointes, l'heureux.
Je dis que l'homme doit l'être!
Ci-gît un oiseau.
Une fleur.
Un violon.
 
(Trad: Colette)
 
Epitafio
J. Gelman
 
Un pájaro vivía en mí.
Una flor viajaba en mi sangre.
Mi corazón era un violín.
Quise o no quise. Pero a veces
me quisieron. También a mí
me alegraban: la primavera,
las manos juntas, lo feliz.
¡Digo que el hombre debe serlo!
Aquí yace un pájaro.
Una flor.
Un violín.

17/09/2016

Jouer à ne pas se perdre / Jugar a no perderse

Si la littérature s'est emparée du sablier pour signifier le temps qui passe et nous mène inexorablement vers la mort, cet objet, tombé en désuétude, avait jadis de multiples usages; navigation, cuisine, église (messe)...
 
Si la literatura ha convertido el reloj de arena en signo del tiempo que pasa y nos lleva irremediablemente a la muerte, ese objeto, hoy en desusso, tenía antaño múltiples usos; navegación, cocina, iglesia (misa)...
 
El reloj de arena (Le sablier) José Cirilo Henao, alcalde(maire)-artista Colombiano
 

 

 
Le sablier
joue
à se remplir de lumière
à se vider d'ombre.
Nous le retournons
jouons à ne pas nous perdre
à ne pas nous vider de lumière
à ne pas nous remplir d'ombre.
 
(Trad: Colette)
 
 
Jorge H Cadavid (poète et essayiste Colombien (1962-   ))
 
 
El reloj de arena
juega
a llenarse de luz
a vaciarse de sombra.
Nosotros le damos vuelta
jugamos a no perdernos
no vaciarnos de luz
no llenarnos de sombra.
 

10/09/2016

Tout jeter / Tirarlo todo

Dans la série “poésie du quotidien” voici Amalia Bautista, le nettoyage est à l'honneur aujourd'hui, mais pas seulement...

En la serie “poesía de lo cotidiano”, Amalia Bautista nos habla de la limpieza, pero no sólo de ella....

Oceanic's kitchen Yacek Yerka      
 
                   
On va faire un grand nettoyage

 

 
On va faire un grand nettoyage
et on va jeter toutes les choses
qui ne nous servent à rien, ces
choses que nous n'employons plus, ces
autres qui ne font que prendre la poussière,
celles que nous évitons de trouver car
elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
celles qui nous font mal, occupent de la place
ou que nous n'avons jamais voulues proches.
 
On va faire un grand nettoyage
ou, mieux encore, un déménagement
qui nous permette d'abandonner les choses
sans même les toucher, sans nous salir,
les laissant là où elles ont toujours été;
c'est nous qui allons partir, mon cœur,
pour recommencer à accumuler.
Ou bien nous allons mettre le feu à tout
et rester tranquilles, avec cette image
des braises du monde devant les yeux
et le cœur deshabité.
 
Trad: Colette
 

Vamos a hacer limpieza general

Amalia Bautista

 
Vamos a hacer limpieza general
y vamos a tirar todas las cosas
que no nos sirven para nada, esas
cosas que ya no utilizamos, esas
otras que no hacen más que coger polvo,
las que evitamos encontrarnos porque
nos traen los recuerdos más amargos,
las que nos hacen daño, ocupan sitio
o no quisimos nunca tener cerca.

Vamos a hacer limpieza general
o, mejor todavía, una mudanza
que nos permita abandonar las cosas
sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
dejándolas donde han estado siempre;
vamos a irnos nosotros, vida mía,
para empezar a acumular de nuevo.
O vamos a prenderle fuego a todo
y a quedarnos en paz, con esa imagen
de las brasas del mundo ante los ojos
y con el corazón deshabitado.

09/07/2016

Une main amicale / Una mano amiga

Du seuil d’un rêve on m'appela…
C’était la bonne voix, la voix aimée.
— Dis-moi: viendras-tu avec moi visiter l’âme?…

À mon cœur parvint une caresse.
Avec toi, toujours… Et dans mon rêve j’avançai
par une galerie longue et nue,
sentant m’effleurer la robe pure,
doucement palpiter la main amicale.
(Trad: Colette)
Antonio Machado

Desde el umbral de un sueño me llamaron...
Era la buena voz, la voz querida.
-Dime: ¿vendrás conmigo a ver el alma?...
Llego a mi corazón una caricia.
-Contigo siempre...Y avancé en mi sueño
por una larga, escueta galería
sintiendo el roce de la veste pura
y el palpitar suave de la mano amiga.
 
Antonio Machado
 
 
 
 
Luís Enrique Gómez (Cuba)

 

 

02/07/2016

Footballeurs / Fubolistas

Stade Vatican

Les joueurs de football
retournent dans leurs loges
pas à pas, la tête basse,
frémissants et sanglotants
à travers les vieilles ruines d'Occident vénérées
et la racaille de poètes si sûrs d'eux-mêmes,
de leveurs de poids, diplômés des gymnases,
des rois de l'amour, de l'argent et de la santé,
qui méchamment se moquent
du footballeur sensible,
législateur de la planète.

Carlos Germán Belli de la Torre (Lima, Perou, 15 septembre 1927)
(Trad:Colette)

Nicolas de Staël

 Nicolas de Staël : "« Merveilleux. Entre ciel et terre, sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraisemblance », confie-t-il à René Char.""

 
 

 
Estadio Vaticano

Los jugadores de fútbol
a sus camarines vuelven
paso a paso cabizbajos,
trémulos y sollozando
por entre las viejas ruinas de Occidente veneradas
y la chusma de poetas tan seguros de sí mismos,
levantadores de pesas, diplomados en gimnasios,
soberanos del amor, del dinero y la salud,
que ferozmente se burlan
del sensible futbolista,
legislador del planeta.



Carlos Germán Belli de la Torre (Lima, Perú, 15 de septiembre de 1927)

*Des articles / artículos:
Les écrivains et le foot: http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=...
Football, langue et littérature: https://blogs.mediapart.fr/edition/socrates-football-club/article/200614/football-langue-et-litterature

El fenómeno del futbol en algunos textos literarios: https://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=3851637
Textos de futbol: https://textosdefutbol.wordpress.com/

14/05/2016

Garcia Lorca, l'ombre / G. Lorca, la sombra

L'ombre de mon âme

 

 Garcia Lorca

 

 

L'ombre de mon âme
s'enfuit dans un couchant d'alphabets,
brouillard de livres
et de mots.

L'ombre de mon âme !

J'ai atteint la ligne où cesse
la nostalgie,
et là, la goutte de pleur se transforme,
albâtre de l'esprit

L'ombre de mon âme !

Le flocon de la peine
s'achève,
mais il me reste raison et substance
de mon ancien midi de lèvres,
mon ancien midi
des regards.

Un trouble labyrinthe
d'étoiles voilées
emmêle mes espoirs
presque fanés.

L'ombre de mon âme !

Une hallucination
Aspire mes regards.
Je vois le mot amour
démantelé

Rossignol !
Mon rossignol !
Chantes-tu encore ?


Mix d'une traduction trouvée sur la Toile (sans nom d'auteur) et de version personnelle-Colette.
 

"Derrière chez moi" Photo Colette

 

La sombra de mi alma
 
Federico García Lorca
 
 
La sombra de mi alma
huye por un ocaso de alfabetos,
niebla de libros
y palabras.

¡La sombra de mi alma!

He llegado a la línea donde cesa
la nostalgia,
y la gota de llanto se transforma
alabastro de espíritu.

(¡La sombra de mi alma!)

El copo del dolor
se acaba,
pero queda la razón y la sustancia
de mi viejo mediodía de labios,
de mi viejo mediodía
de miradas.

Un turbio laberinto
de estrellas ahumadas
enreda mi ilusión
casi marchita.

¡La sombra de mi alma!

Y una alucinación
me ordeña las miradas.
Veo la palabra amor
desmoronada.

¡Ruiseñor mío!
¡Ruiseñor!
¿Aún cantas?