poèsie

  • Routine / Rutina

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    Elvira Sastre, jeune poète, écrivain, traductrice et philologue espagnole, née à 
    Ségovie en 1992, est déjà très connue et a publié plusieurs recueils de poèmes. 
    J'ai été très surprise et  frappée par la maturité dont elle fait preuve dans le 
    poème qui suit.

    Elvira Sastre, joven poeta, escritora, traductora  y filóloga española, nacida en
     Segovia en 1992, es ya muy conocida y ha publicado varios poemarios.
    Me ha sorprendido la madurez que enseña en el poema que sigue.

    L'habitude de nous habiter
     
    Je me demande si c'est ça:
    les mots qui s'ajustent aux notes,
    le calme de l'équilibre minuscule
    et le minime soubresaut qui sort du dedans,
    le
    bien d'autrui
    qui
    déjà
    est
    nôtre.
     
    Je me demande si c'est ça
    le souvenir au présent,
    la main experte tendue sans à peine effleurer,
    un silence confortable habitant entre les regards,
    la routine
    qui
    déjà
    est
    constante.
     
    Chaque nuit
    j'embrasse la réponse
     

    (Trad:Colette)

    Equilibrio Jorge Morrone

    Equilibrio, Jorge Morrone

     

    ELVIRA SASTRE
     

    EL HÁBITO DE HABITARNOS


    Me pregunto si es esto:
    las palabras encajando en las notas,
    la calma del equilibrio minúsculo
    y el mínimo sobresalto que sale de dentro,
    lo
    ajeno
    que
    ya
    es
    propio.

    Me pregunto si es esto:
    el recuerdo en presente,
    la mano experta tendida sin rozar apenas,
    un silencio cómodo habitando entre miradas,
    la
    rutina
    que
    ya
    es
    perenne.

    Cada noche
    abrazo la respuesta.

     

     

  • Nos petits rêves / Nuestros pequeños sueños

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    Poète et narrateur Irakien né en 1944, Sargon Bulous (ou Bulus)s’installa en 1967 à Beyrouth où il travailla comme journaliste et traducteur. Postérieurement il émigra aux États-Unis. Ses recueils de poèmes sont peu connus et traduits à ma connaissance.
     
    Poeta y narrador iraquí nacido en 1944, Sargón Bulus se trasladó en 1967 a Beirut, donde trabajó como periodista y traductor. Posteriormente emigró a Estados Unidos y desde 1980 vive en San Francisco. Sus libros de poemas no están, que yo sepa, traducidos al español.
     
    Le poème qui suit a été traduit en espagnol par Milagros Nuin et en français par moi.
     
     
    La femme qui volait avec le vent Sargón Bulus (o Boulus).
     
     

    Si tu voyais cette femme qui vole avec le vent
    qui porte dans les yeux
    les signes d’un orage à venir
    et les cheveux coiffés en tourbillons,
    n’hésite pas, préviens-moi,
    peut-être n’est-elle qu’un de mes désirs,
    peut-être est-elle celle que j’ai cherché par monts et par vaux…



    Je la trouverai peut-être dans une ruelle déserte,
    un enfant dans les bras, ou penchée à une fenêtre,
    ou encore la reconnaîtrai-je par un sifflotement, un fragment de chanson
    qui dirait de belles choses sur l’éloignement
    et la distance.



    Si seulement tu la voyais sur les ailes d’un papillon
    volant, collée au goudron du pavement
    les yeux troublés par les absurdes ornements de l’histoire
    et la poitrine chargée de cris de tristesse de tout un peuple
    et ses fruits solitaires,
    comme des pierres dans un panier…



    Amène-la au marché des boutiques fermées
    là où le vent souffle entre les planches,
    aux alentours du village où nous sommes nés
    et avons rêvé nos rêves,
    nos petits rêves...

    et que nous avons abandonné.

     
     (Trad:Colette)
     
    Mural-Beirut.
    Cortesía: Al Arabiya
     
     
     

    “La mujer que vuela con el viento”, de Sargón Bulus

     
     
    Si vieras a esa mujer que vuela con el viento
    llevando en sus ojos
    los signos de una tormenta venidera
    y con el pelo envuelto en torbellinos,
    no dudes, avísame,
    quizás ella sólo sea un anhelo mío,
    quizás sea ella a quien he buscado por aldeas y pueblos…
     
    Tal vez la encuentre en un callejón desierto,
    con un niño entre los brazos, o asomada a una ventana,
    o quizás la reconozca en un silbido, en un fragmento de canción
    que hable de cosas hermosas sobre el alejamiento
    y la distancia.
     
    Si sólo la vieras en las alas de una mariposa
    volando pegada al alquitrán del pavimento
    con los ojos enturbiados por los absurdos adornos de la historia
    y el pecho cargado con gritos de tristeza de todo un pueblo
    y sus frutos solitarios,
    como piedras en un cesto…
     
    Tráela al mercado de las tiendas cerradas
    donde el viento sopla entre las maderas,
    a las afueras del pueblo en que nacimos
    y soñamos nuestros sueños,
    nuestros pequeños sueños…
    y lo abandonamos.
     
     
     
    Publicado por primera vez en el periódico Al—Hayat Publicado en el periódico el 8 de octubre de 2003)
     
    Trad al español, Milagros Nuin
     
     
  • C'eût été si beau / Hubiera sido tan hermoso

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    Gioconda Belli née le 9 décembre 1948 à Managua, est une poète et romancière nicaraguayenne dont nous avons déjà parlé ici.
    Elle est peut-être connue en France pour sa sensualité ou sexualité libérée , son engagement révolutionnaire, mais pas beaucoup plus. Elle a cependant écrit de beaux romans et de nombreux poèmes sur la maternité, la vieillesse, la nature...

     

     

    https://www.philippegronon.com/fr/84-philippe-gronon/oeuvres-works/127-chateaux-de-sable-sand-castles

     

     

    Châteaux de Sable


      Gioconda Belli

    Pourquoi ne m'as tu pas dit que tu bâtissais
    ce château de sable ?

    C'eût été si beau
    pouvoir entrer par s
    a petite porte,
    parcourir ses couloirs salés,
    t'attendre aux parterres de coquillages,
    en te parlant depuis le balcon
    la bouche pleine d'écume blanche et transparente
    comme mes mots,
    ces mots frivoles que je te dis,
    qui n'ont que le poids
    de l'air entre mes dents.

    Il est si beau de contempler la mer.

    Elle aurait été si belle la mer
    depuis notre château de sable,
    pourléchant le temps
    avec la tendresse
    dense et profonde de l'eau,
    divaguant sur les histoires qu'
    on nous contait
    quand, enfants, nous étions un seul pore
    ouvert à la nature.

    Maintenant, à marée haute, l’eau a emporté
    ton château de sable.

    Elle a emporté les tours,
    les fossés,
    la petite porte par où nous
    serions passés
    à marée basse,
    quand la réalité est loin
    et qu'il y a des châteaux de sable

    sur la plage... 

     
     (Trad: Colette inspirée par celle de E. Dupas)
     
     
     Castillos de arena
    Gioconda Belli.
     
    ¿Por qué no me dijiste que estabas construyendo
    ese castillo de arena?
     
    Hubiera sido tan hermoso
    poder entrar por su pequeña puerta,
    recorrer sus salados corredores,
    esperarte en los cuadros de conchas,
    hablándote desde el balcón
    con la boca llena de espuma blanca y transparente
    como mis palabras,
    esas palabras livianas que te digo,
    que no tienen más que el peso
    del aire entre mis dientes.
     
    Es tan hermoso contemplar el mar.
     
    Hubiera sido tan hermoso el mar
    desde nuestro castillo de arena,
    relamiendo el tiempo
    con la ternura
    honda y profunda del agua,
    divagando sobre las historias que nos contaban
    cuando, niños, éramos un sólo poro
    abierto a la naturaleza.
     
    Ahora el agua se ha llevado tu castillo de arena
    en la marea alta.
     
    Se ha llevado las torres,
    los fosos,
    la puertecita por donde hubiéramos pasado
    en la marea baja,
    cuando la realidad está lejos
    y hay castillo de arena
    sobre la playa. . .
  • Je ris derrière une chaise / Me río detrás de una silla

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    D'abord lui

    Nicanor Parra (Chili 1914-2018), quel personnage! L’anti-poète que je ne dois sans doute pas vous présenter.
    Voici pour commencer un extrait d’une interview sur lui:
    Le coq à l’âne est son dada, si je puis dire. Il saute d’un sujet à l’autre sans rapport logique. Est-ce seulement un jeu auquel se livre Parra pour désarçonner son lecteur ?

    Parra appartient à une société ou une époque où la force de l’instabilité est permanente. Sa poésie exploite à l’extrême limite les comportements contradictoires de notre monde. Il faut apprendre à vivre dans la contradiction sans conflit, dit-il, c’est une condition pour pouvoir survivre.
     
     
     
     
    Puis sa poésie.

    La montagne Russe (extrait)

    La poésie a été le paradis
    De l'idiot solennel.
    Jusqu’à ce que j’arrive
    M’y installer avec mes montagnes russes

    Montez, si ça vous chante.
    Mais je ne réponds de rien
    si vous redescendez
    en saignant de la bouche et du nez.


    Extracto de « Montaña rusa »



    La Montana Rusa
    Durante medio siglo
    La poesía fue
    El paraíso del tonto solemne.
    Hasta que vine yo
    Y me instalé con mi montaña rusa.

    Suban, si les parece.
    Claro que yo no respondo si bajan
    Echando sangre por boca y narices.


    Montañas Rusas Fabiaba Calandria
     
     
     
    Finalement un poème entier
     

    Nicanor Parra – Casse-tête

    Je ne donne à personne le droit.
    J’adore un morceau de chiffon.
    Je change des tombes de place.
    Je change des tombes de place.
    Je ne donne à personne le droit.
    Je suis un type ridicule
    Sous les rayons du soleil,
    Moi le fléau des bistrots.
    Moi je meurs de rage.
    Je n’ai plus aucun recours,
    Mes propres cheveux m’accusent
    Sur un autel d’occasion
    Les machines ne pardonnent pas.
    Je ris derrière une chaise,
    Mon visage se remplit de mouches.
    C’est moi qui m’exprime mal
    Exprime en vue de quoi.
    Je bégaye,
    Du pied je touche une espèce de fœtus.
    C’est pour quoi faire, ces estomacs ?
    Qui a fait ce méli-mélo-là ?
    Le mieux, c’est de faire l’indien.
    Je dis une chose pour une autre.

    Rompecabezas
    No doy a nadie el derecho.
    Adoro un trozo de trapo.
    Traslado tumbas de lugar.
    Traslado tumbas de lugar.
    No doy a nadie el derecho.
    Yo soy un tipo ridículo
    A los rayos del sol,
    Azote de las fuentes de soda
    Yo me muero de rabia.
    Yo no tengo remedio,
    Mis propios pelos me acusan
    En un altar de ocasión
    Las máquinas no perdonan.
    Me río detrás de una silla,
    mi cara se llena de moscas.
    Yo soy quien se expresa mal
    Expresa en vistas de qué.
    Yo tartamudeo,
    Con el pie toco una especie de feto.
    ¿Para qué son estos estómagos?
    ¿Quién hizo esta mescolanza?
    Lo mejor es hacer el indio.
    Yo digo una cosa por otra.
  • Femme nouvelle / Mujer nueva

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    Son surnom était “Nouvelle Femme” et sans aucun doute Clementina Suárez (1902-1991 Honduras) méritait ce titre. Une femme, une poésie d'avant-garde. Imaginez qu’au début du XXº siècle elle vivait librement “comme elle en avait envie”, c’est à dire de façon bohème, se baladait en shorts, avait des amitiés masculines, des amants...Il n’est pas étonnant que beaucoup l’aient critiqué, mais elle s’en fichait. Elle adorait être entourée de talents, d'énergies et d'idées nouvelles, s'intéressait surtout aux autres. 
    Se construire loin de tout modèle...ce qu'elle explique dans un extrait de poème que vous lirez ici prochainement.
    Elle fut la première femme à publier un livre de poésie au Honduras, et si son nom est essentiel dans la poésie du pays, elle n’eut pas de reconnaissance officielle à l’époque.

    Femme libre, elle a été étiquetée féministe, mais son combat était universel, hommes et femmes.

    Elle mourut dans d’atroces conditions ; elle vivait seule et à 88 ans elle fut assassinée par un délinquant.

    Su mote era « Mujer Nueva » y sin duda Clementina Suárez (1902-1991 Honduras) merecía ese nombre. Imaginad que a principios del siglo XX, ella vivía libremente “como le daba la gana” , es decir de forma bohemia, llevaba pantalones cortos, tenía amistades masculinas, varios amantes...No es de extrañar que muchos le criticaron, pero le daba igual. A ella le encantaba estar rodeada de energías, talentos, ideas nuevas.
    Fue la primera mujer de su país en publicar un libro de poemas y si su nombre es esencial en la poesía Hondureña, no tuvo, en la época, reconocimiento oficial.
    Murió en condiciones atroces; vivía sola y a los 88 años fue asesinada por un delincuente.
    Combat
     
    Je suis une poète,
    une armée de poètes.
    Et aujourd'hui je veux écrire un poème,
    un poème sifflets,
    un poème fusils
    pour le coller sur les portes,
    sur les cellules des prisons,
    sur les murs des écoles.

    Je veux aujourd'hui construire et détruire,
    élever un échafaudage d'espoir.
    Réveiller l'enfant,
    archange des épées,
    être éclair, tonnerre,
    avec une stature d'héroïne
    pour trancher, ravager
     les racines pourries de mon peuple.
    (Trad: Colette)
     

    https://www.idealista.com/news/inmobiliario/internacional/2015/10/29/739762-el-arte-de-la-construccion-19-andamios-espectaculares-e-imposibles-que-te  
    Combate
    Yo soy un poeta,
    un ejército de poetas.
    Y hoy quiero escribir un poema,
    un poema silbatos,
    un poema fusiles
    para pegarlos en las puertas,
    en la celda de las prisiones,
    en los muros de las escuelas.
     
    Hoy quiero construir y destruir,
    levantar en andamios la esperanza.
    Despertar al niño
    arcángel de las espadas,
    ser relámpago, trueno,
    con estatura de héroe
    para talar, arrasar
    las podridas raíces de mi pueblo.
     

     

  • Une poignée de ta mer / Un puñado de tu mar

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    Nous poursuivons notre périple poétique au Honduras, cette fois avec une poétesse, écrivaine et professeur (licence en littérature) née en 1962.
     
     
    Seguimos con nuestro viaje en Honduras, esta vez con una poetisa, escritora y profesora nacida en 1962.
     
    Peut-être ce poème d'amour fera-t-il surgir en vous quelques souvenirs...
    Tal vez este poema de amor os recordará algún encuentro...
     

    Soledad Altamirano Murillo

     
    Ton arrivée
     
    Tu es arrivé
    avec toute la couleur
    de l’aube éveillée;
    dos au préjugé
    et seul avec moi
    tu as tissé mon corps de lumière,
    tu l’as peuplé de pollen
    et lui as donné une poignée
    de ta mer.
     
    Tu es arrivé dans ma vie
    réduisant les distances
    un jour d’avril.
     
    Je t’ai tout donné:
    terre, mer, océans,
    courants d’air
    et saisons .
    (Trad:Colette)
     

    Tu llegada

    Llegaste
    con todo el color
    de la aurora despierta;
    de espaldas al prejuicio
    y a solas conmigo
    tejiste mi cuerpo de luz,
    lo poblaste de polen
    y le diste un puñado
    de tu mar.

    Llegaste a mi vida
    acortando distancias
    un día de abril.

    Yo te otorgué todo:
    tierra, océanos,
    corrientes de aire
    y estaciones.
  • Impossible de les oublier / Imposible olvidarlos

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    Je suis un poète (j’ai eu beaucoup de mal à l’admettre) né et élevé dans le Tiers et le Quart Monde, ce qui m’impose le devoir incontournable de prendre conscience de cette circonstance sociale et humaine et de la considérer comme le point d’aller-retour en termes d’un art engagé, d’une qualité esthétique absolument liée aux secrets les plus secrets du peuple de ma patrie, Honduras.”
     
    Né en 1930 au Honduras, Roberto Sosa est considéré un des plus grands poètes d’Amérique Centrale. En 1990 la France lui a décerné le titre de “Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres”.
     
    Soy un poeta (trabajo me ha costado admitirlo) nacido y criado en el Tercer y Cuarto Mundo, lo que impone el deber ineludible de tomar consciencia de esa circunstancia social y humana y considerarla punto de ida y vuelta en términos de un arte comprometido con la calidad estética y atada indisolublemente a los secretos más secretos del pueblo de mi patria, Honduras”.
     
    Nacido en 1930 en Honduras, Roberto Sosa es considerado como uno de los mayores poetas de Centro América. En 1990 Francia le otorgó el título de "Caballero de las Artes y de las Letras”.
     
    Voici un de ses poèmes les plus connus:
     
     

    Roberto Sosa – Les pauvres (1969)

    Les pauvres sont nombreux
    et c’est pourquoi
    il est impossible de les oublier.

    Ils voient
    certainement
    à l'aube
    de multiples édifices
    dans lesquels
    ils aimeraient vivre avec leurs enfants.

    Ils peuvent
    porter sur leurs épaules
    le cercueil d’une étoile.
    Ils peuvent
    détruire l’air tels des oiseaux furieux,
    voiler le soleil.

    Mais ignorant leurs trésors
    ils entrent et sortent par des miroirs de sang ;
    ils marchent et meurent lentement.

    Voilà pourquoi
    il est impossible de les oublier.
     
     PS: Sur l'excellent site Esprits Nomades, vous trouverez " La dignité des hommes et les larmes des choses" une longue biographie et plusieurs poèmes de Roberto Sosa.
     
     
     

    La catedral de los pobres, 1898

    La cathédrale des pauvres, 1898
    Joaquim Mir i Trinxet
     
    Los pobres
    Los pobres son muchos
    y por eso
    es imposible olvidarlos.

    Seguramente
    ven
    en los amaneceres
    múltiples edificios
    donde ellos
    quisieran habitar con sus hijos.

    Pueden
    llevar en hombros
    el féretro de una estrella.
    Pueden
    destruir el aire como aves furiosas,
    nublar el sol.

    Pero desconociendo sus tesoros
    entran y salen por espejos de sangre;
    caminan y mueren despacio.

    Por eso
    es imposible olvidarlos.
     
     

     

     
  • Ivresses / Embriagueces

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    Quels tableaux de F. de Goya et P.Klee Alejandra Pizarnik a-t-elle regardés qui
     
     
    ont inspiré ses mots? Peut-être ceux-ci…
     
     
    (exposición Goya)
     
    un agujero en la noche
    súbitamente invadido por un ángel
     
    un trou dans la nuit
    soudain envahi par un ange
     
     

     

    Tobía y el angel F. Goya 1787
     
     
    (un dibujo de Klee)
     
    cuando el palacio de la noche
    encienda su hermosura
    pulsaremos los espejos
    hasta que nuestros rostros canten como ídolos
     
    quand le palais de la nuit
    allumera sa beauté
    nous sonderons les miroirs
    jusqu’à ce que nos visages chantent comme des idoles
     
    Paul Klee
     
     
     
    Terminons par cette ivresse….Acabemos con esta embriaguez….
     
    un golpe del alba en las flores
    me abandona ebria de nada y de luz lila
    ebria de inmovilidad y de certeza
     
    un coup d’aube sur les fleurs
    m’abandonne ivre de rien et de lumière lilas
    ivre d’immobilité et de certitude
                                
    -----------------------------
     
    Traductions en français : Colette
    Extraits de Arbol de Diana Alejandra Pizarnik
  • Premier poème de l'année / Primer poema del año

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    Une amie française m'a envoyé un joli recueil de poèmes de Jean-Pierre Siméon.
     
    Déjà son titre, “La nuit respire”, inspire. En voici un poème agréable à lire.
     
     
     
    Lettre aux gens très sages
     
    À Sarah
     
    Non il n’est pas fou
    celui qui parle au vent
    aux murs aux rues aux lampadaires
     
    à l’ombre du chat sur la fenêtre
    aux mains fragiles
    qui l’aiment et le connaissent
     
    Il n’est pas fou
    celui qui voit la mer
    dans son miroir
    et des chiens bleus
    dans les nuages
     
    Non le poète n’est pas fou
    il rêve il rêve
    et nous attend
    sous le manteau de son mystère
    au coeur du monde imaginé
     
    https://www.domestika.org/es/projects/257670-bioclimatic-house-espejo-del-mar
     
    Carta a gente muy buena
    Para Sarah
     
    No, no está loco
    el que le habla al viento
    a las paredes a las calles a las farolas
     
    a la sombra del gato en la ventana
    a las manos frágiles
    que le quieren y le conocen
    No está loco
    el que ve el mar
    en su espejo
    y perros azules
    en las nubes
     
    No, el poeta no está loco
    sueña sueña
    y nos espera
    bajo el abrigo de su misterio
    en el corazón del mundo imaginado
    (Trad: Colette)
     

  • Dans les livres / En los libros

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    Un autre poème de Cristina Peri Rossi; dans son style concis qui permet de tout imaginer...Bon week-end.
     
    Dédicace
     
    La litrature nous a séparés:
    tout ce que j’ai su de toi
    je l’ai appris dans les livres
    et à ce qui manquait,
    j’ai mis des mots.
    (Trad:Colette)

    José María Casanova Martínez-Pardo, Mujer leyendo constitucion-2.jpg

     

     
     
    Dedicatoria
    La literatura nos separó:
    todo lo que supe de ti
    lo aprendí en los libros
    y a lo que faltaba,
    yo le puse palabras.
     
     
    "Evohé" 1971
     
  • Quatre boules de cuir

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    L’art et la boxe, l’amour et la boxe.
    Sans doute parce que c’est un sport qui ne m’attire pas n’ai-je jamais trop réfléchi au lien entre ces termes. Pourtant des films, des chansons (Nougaro par exemple), des romans (Jack London dans “Cent dollars de plus” par exemple aussi), et des poèmes comme celui d’aujourd’hui existent!
     
    L’amour et la boxe seraient-ils question de danses? De distances?
     
     
     
    Cristina Peri Rossi Uruguay 1941
     
     
     
    Juste distance
     
    En amour, et dans la boxe
    tout est question de distance.
    Si tu t’approches trop je m’excite
    m’effraie
    m’obnubile        je dis des bêtises
    me mets à trembler
    mais si tu es loin
    je souffre deviens triste
    perds le sommeil
    et j’écris des poèmes.
     
    « Otra vez Eros 1994 »
    (Trad. Colette)
    Apollinaire Calligramme Terrible boxeur
     
    Distancia justa

    En el amor, y en el boxeo
    todo es cuestión de distancia
    Si te acercas demasiado me excito
    me asusto
    me obnubilo               digo tonterías
    me echo a temblar
    pero si estás lejos
    sufro entristezco
    me desvelo
    y escribo poemas.


    "Otra vez eros" 1994
     
     
     
    Quelques références / Unas referencias
    Apollinaire terrible boxeur image calligramme

  • En blanc / En blanco

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    Que faire quand l’inspiration se fait rare? 
     
    Mario Benedetti (Uruguay) m’a fait rire, voyez plutôt.




    Page blanche   Mario Benedetti

     

     

    Je suis descendu au marché
     
    et j'ai rapporté
     
    tomates journaux averses
     
    endives et envies
     
    gambas croupes et amen
     
    farine monosyllabes jerez
     
    instantanés éternuements riz
     
    artichauts et cris
     
    rarissimes silences
     
     

    page blanche
     
    voilà, je te laisse tout
     
    fais-en ce que tu veux
     
    débrouille-toi
     
    ou du moins organise-toi
     
     

    moi je ferai une sieste
     
    pourvu que tu m’éveilles
     
    avec une chose originale
     
    et suggestive
     
    afin que je la signe

     
     (Trad: Colette)
    Sleeping on a bench, Merle Citron
     


    Página en blanco   Mario Benedetti
     
     
    Bajé al mercado
    y traje
    tomates diarios aguaceros
    endivias y envidias
    gambas grupas y amenes
    harina monosílabos jerez
    instantáneas estornudos arroz
    alcachofas y gritos
    rarísimos silencios
     
    página en blanco
    aquí te dejo todo
    haz lo que quieras
    espabílate
    o por lo menos organízate
     
     
    yo me echaré una siesta
    ojalá me despiertes
    con algo original
    y sugestivo
    para que yo lo firme
  • Temps d'île / Tiempo de isla

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    Pas d'illustration accompagnant le poème d'aujourd'hui; à la lecture les images surgissent des mots, du moins dans ma tête.

     Un court recueil de Pedro Salinas “La mer lumière” reçu par la poste. Version bilingue, magnifique traduction.

     

    Temps d’île
     
    Pedro Salinas
     
    1
    Qui m’appelle de la voix
    d’un oiseau qui crie?

    Quel amour m’aime, quel amour
    m’invente des caresses,

    caché entre deux airs,
    simulant la brise?

    Le palmier, qui l’a mis
    - celui qui me rafraîchit

    avec des souffles d’ombres et de soleil -
    là où moi je le souhaitais?

    Le sable, qui l’a lissé,
    si lisse, si lisse,

    pour qu’en traits infiniment légers
    la main m’écrive,

    sur une amante que je n’ai jamais vue,
    sur une amante cachée,

    parmi la pudeur de l’écume,
    messages d’ondines?

    Pourquoi me donne-t-on tant de bleu
    sans que je le demande,

    le ciel qui l’invente,
    la mer, qui l’imite?

    Quel est le Dieu qui au huitième jour
    m’a tracé cette île,

    commerce de beautés,
    bourse sans cupidité?

    Ici, terre, ciel et mer,
    vendant

    écume. sable, soleil, nuage,
    trafiquent allègrement;

    sans fraude ils s’enrichissent,
    - des gains très purs -,

    pour des aurores ils donnent des astres,
    ils échangent des merveilles.

    Le temps des îles: on le compte
    avec des chiffres magiques;

    l’heure n’a plus de minutes:
    soixante délices;

    avril passe tel trente soleils,
    et un jour est un jour.

    Qui en emportant les angoisses,
    a donné forme au bonheur?
     
     
     
    Recueil: La mer lumière, Pedro Salinas. PUF Blaise Pascal.
    Traduction Bernadette Hidalgo Bachs.
     
     
    TIEMPO DE ISLA  Pedro Salinas
    1
    ¿Quién me llama por la voz
    de un ave que pía?

    ¿Qué amor me quiere, qué amor
    me inventa caricias,
     
    escondido entre dos aires,
    fingiéndose brisa?
     
    La palmera, ¿quién la ha puesto
    la que me abanica
     
    con soplos de sombra y sol—
    donde yo quería?
     
    La arena, ¿quién la ha alisado,
    tan lisa, tan lisa,
     
    para que en rasgos levísimos
    la mano me escriba,
     
    de amante que nunca he visto,
    de amante escondida,
     
    entre pudores de espuma,
    mensajes de ondina?
     
    ¿Por qué me dan tanto azul,
    sin que se lo pida,
     
    el cielo que se lo inventa,
    el mar, que lo imita?
     
    ¿Cuál fue el dios qué un día octavo
    me trazó esta isla,
     
    trocadero de hermosuras,
    lonja sin codicia?
     
    Aquí tierra, cielo y mar,
    en mercaderías
     
    de espuma, arena, sol, nube,
    felices trafican;
     
    sin engaño se enriquecen,
    ganancias purísimas—,
     
    luceros dan por auroras,
    cambian maravillas.
     
    Tiempo de isla: se cuenta
    por mágicas cifras;
     
    la hora no tiene minutos:
    sesenta delicias;
     
    pasa abril en treinta soles,
    y un día es un día.
     
    ¿Quién, llevándose congojas,
    dio forma a la dicha?

     

     

  • Moudre les instants / Moler los instantes

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    Peut-être parce que l’été ici tout est immobile - l’air chaud, le ciel sans nuages, la nature figée – ai-je choisi un autre poème “qui tourne”. Cette fois c’est un moulin, non non pas celui de Don Quichotte!, nous sommes au Chili avec le poète surréaliste Vicente Huidobro.

     
     

     

    http://www.urbansketchers.org/2014/11/by-marc-taro-holmes-in-montreal-qc-ca.html
     

     

     
    Moulin, Vicente Huidobro.
     
    Plus qu’un âne, le vent est patient.
     
    Tourne tourne tourne
    Moulin qui moud les heures
    Bientôt arrivera le printemps
    Et tes ailes seront couvertes de fleurs
     
    Tourne tourne tourne
    Moulin qui moud les jours
    Bientôt arrivera l’été
    Et tu auras des fruits sur ta tour
     
    Tourne, tourne tourne
    Moulin qui moud les mois
    Bientôt viendra l’automne
    Et tu seras triste sur ta croix
     
    Tourne tourne tourne
    Moulin broyeur d’années
    Bientôt viendra l’hiver
    Et tes larmes gèleront
     
    Voici le vrai moulin
    N’oubliez jamais sa chanson
    ll fait la pluie et le beau temps
    Il fait les quatre saisons
     
    Moulin de mort, moulin de vie
    Mouds les instants comme une montre
    Eux aussi sont des grains Moulin de la mélancolie
    Farine du temps qui rendra nos cheveux blancs.
    (Trad: Colette)
     
     
     
     
    Molino V. Huidobro
     
    El viento más que un asno es paciente.
     
    Gira gira gira
    Molino que mueles las horas
    Pronto será la primavera
    Y tendrás tus alas cubiertas de flores
     
    Gira gira gira
    Molino que mueles los días
    Pronto será el estío
    Y tendrás frutos en tu torre
     
    Gira gira gira
    Molino que mueles los meses
    Pronto vendrá el otoño
    Y estarás triste en tu cruz
     
    Gira gira gira
    Molino moledor de años
    Pronto vendrá el invierno
    Y se helarán tus lágrimas
     
    He aquí el verdadero molino
    No olvidéis jamás su canción
    Él hace llover y hace el buen tiempo
    Él hace las cuatro estaciones
     
    Molino de la muerte Molino de la vida
    Muele los instantes como un reloj
    Éstos también son granos Molino de la melancolía
    Harina del tiempo que pondrá nuestros cabellos blancos.
     
    Vicente Huidobro (Chileno)
    Paris,1922
  • Tourne, mon coeur / Gira, corazón

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    Aujourd’hui un poème de Lorca; sous sa plume une superbe envolée d’images qui lui viennent en s’adressant à une girouette.

    J’espère qu’en traduction-français vous arriverez à percevoir le rythme et la beauté qui en ressortent.

     

     
    http://www.forging-ahead.co.uk/windvane.htm

    Girouette

    Federico Garcia Lorca



    Vent du Sud,
    brun, ardent,
    ton souffle sur ma chair
    apporte un semis de regards
    brillants et le parfum
    des orangers.
    Tu fais rougir la lune
    et sangloter
    les peupliers captifs, mais tu arrives
    trop tard!
    J'ai déjà enroulé la nuit de mon histoire
    sur l'étagère!
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Vent du nord,
    ours blanc du vent!
    Tu souffles sur ma chair,
    tout frissonnant d'aurores
    boréales,
    avec ta traîne de spectres
    capitaines,
    et riant de Dante
    aux éclats.
    Ô polisseur d'étoiles!
    Mais tu arrives trop tard.
    L'armoire est vermoulue
    et j'ai perdu la clé.
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Brises, gnomes et vents
    venus de nulle part.
    Moustiques de la rose
    pétales en pyramides.
    Vents alizés sevrés
    parmi les rudes arbres,
    flûtes dans la bourrasque,
    laissez-moi!
    De lourdes chaînes ancrent
    mes souvenirs,
    et captif est l’oiseau
    qui dessine le soir
    de ses trilles.
     
    Les choses qui s'en vont jamais ne reviennent,
    tout le monde le sait,
    et dans la foule des vents
    il est vain de se plaindre.
     
    N'est-ce pas, peuplier, maître de la brise?
    Il est vain de se plaindre!
     
    Même sans vent,
    crois-moi!
    Tourne, mon cœur,
    tourne, mon cœur.
    Juillet 1920
     
    Fuente Vaqueros, Grenade.
    (Trad:Colette)
     

    Veleta


    Federico García Lorca
     
    Viento del Sur,
    moreno, ardiente,
    llegas sobre mi carne,
    trayéndome semilla
    de brillantes
    miradas, empapado
    de azahares.
    Pones roja la luna
    y sollozantes
    los álamos cautivos, pero vienes
    ¡demasiado tarde!
    ¡Ya he enrollado la noche de mi cuento
    en el estante!
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Aire del Norte,
    ¡oso blanco del viento!
    Llegas sobre mi carne
    tembloroso de auroras
    boreales,
    con tu capa de espectros
    capitanes,
    y riyéndote a gritos
    del Dante.
    ¡Oh pulidor de estrellas!
    Pero vienes
    demasiado tarde.
    Mi almario está musgoso
    y he perdido la llave.
    Sin ningún viento,
    ¡hazme caso!,
    gira, corazón;
    gira, corazón.
    Brisas, gnomos y vientos
    de ninguna parte.
    Mosquitos de la rosa
    de pétalos pirámides.
    Alisios destetados
    entre los rudos árboles,
    flautas en la tormenta,
    ¡dejadme!
    Tiene recias cadenas
    mi recuerdo,
    y está cautiva el ave
    que dibuja con trinos
    la tarde.
    Las cosas que se van no vuelven nunca,
    todo el mundo lo sabe,
    y entre el claro gentío de los vientos
    es inútil quejarse.
    ¿Verdad, chopo, maestro de la brisa?
    ¡Es inútil quejarse!
    Sin ningún viento.
    ¡hazme caso!
    gira, corazón;
    gira, corazón.